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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 19:29

"Imaginons un instant deux mille prisonniers politiques en Chine engagés dans une grève de la faim depuis plusieurs semaines ; ou bien deux mille autres, mobilisés dans un mouvement similaire en Russie. Il y a peu de doute que les télévisions et les radios, si promptes à se mobiliser sur les atteintes aux droits humains dans de lointains pays, ouvriraient leurs bulletins d’information sur cette nouvelle, s’indigneraient de cette violation des droits élémentaires, appelleraient nos autorités à réagir et même à intervenir, à imposer des sanctions à Pékin ou à Moscou.". A lire ce qu'en dit Alain Gresh, directeur-adjoint de Le Monde diplomatique.

 

Palestine, ces prisonniers ignorés en grève de la faim

Par Alain Gresh 

"Il y a bien deux mille prisonniers politiques qui font la grève de la faim, mais en Palestine. Et l’information ne semble pas intéresser grand-monde. Mais nous le savons depuis longtemps, les Palestiniens, les Arabes, les musulmans ne sont pas vraiment des êtres humains comme les autres.

Revenons d’abord sur les faits, rapportés par le correspondant du Monde (« Le mou­vement de grève de la faim des pri­son­niers pales­ti­niens en Israël s’étendrait à 2 000 détenus », Lemonde.fr, 6 mai) :

« Israël éprouve des dif­fi­cultés crois­santes à contrôler le mou­vement de grève de la faim des pri­son­niers pales­ti­niens, qui ne cesse de s’étendre. Com­mencée le 17 avril pour pro­tester contre la pra­tique de la détention admi­nis­trative (qui permet de main­tenir un suspect en prison sans jugement, pendant une période de six mois renou­ve­lable), cette action regrou­perait aujourd’hui quelque 2 000 détenus, selon Addameer, l’association pales­ti­nienne de défense des droits des prisonniers. » (...)

« Deux pri­son­niers au moins sont dans un état cri­tique : Bilal Diab, âgé de 27 ans, est ori­gi­naire de Jénine, et Thaer Halahla, âgé de 33 ans, ori­gi­naire de Hébron (tous deux membres du Djihad isla­mique), ont com­mencé leur grève de la faim le 29 février. Après soixante-​​six jours sans ali­men­tation, ils sont entrés dans ce que les médecins appellent “une phase aléa­toire de survie”. Les deux hommes ont comparu, jeudi 3 mai, sur une chaise rou­lante, devant le Cour suprême d’Israël, mais celle-​​ci a renvoyé sa décision sur une éven­tuelle remise en liberté à une date ultérieure. »

« Au moins six autres pri­son­niers sont dans un état de santé jugé alarmant. Ce mou­vement de grève s’est étendu aux prin­cipaux centres de détention en Israël, et plu­sieurs chefs de file de la résis­tance pales­ti­nienne, comme Ahmad Saadat, chef du Front popu­laire pour la libé­ration de la Palestine (FPLP), l’ont rejoint. Alors que les mani­fes­ta­tions de soli­darité se mul­ti­plient dans plu­sieurs villes pales­ti­niennes, le gou­ver­nement du premier ministre israélien, Benyamin Néta­nyahou, hésite sur la conduite à adopter. »

Cette grève pose d’abord la question des détentions administratives (c’est-à-dire sans preuve et sans jugement), une pratique héritée de l’époque du mandat britannique, quand Londres luttait (1944-1948) contre le « terrorisme sioniste ». Comme je le rappelle dans De quoi la Palestine est-elle le nom ?, ces lois d’exception avaient été dénoncées par nombre de juristes, dont le docteur Moshe Dunkelblum, qui devait siéger plus tard à la Cour suprême d’Israël. Le 7 février 1946, il déclarait : « Ces ordonnances constituent une menace constante contre les citoyens. Nous, juristes, voyons en elles une violation flagrante des principes fondamentaux de la légalité, de la justice, de la discipline. Elles légalisent le plus parfait arbitraire des autorités militaires et administratives. (…) Elles dépouillent les citoyens de leurs droits et confèrent aux autorités des pouvoirs illimités. » Mais, une fois arrivés au pouvoir, les sionistes oublièrent ces critiques et retournèrent ces lois contre les Arabes.

La Cour suprême d’Israël, que certains présentent comme le garant de la démocratie dans ce pays, a rejeté l’appel de deux prisonniers administratifs en grève de la faim depuis deux mois (« Court rejects petition by Palestinian hunger strikers against detention », Haaretz, 8 mai 2012). En toute hypocrisie, elle a noté que cette pratique de la détention administrative était « une aberration dans le domaine juridique » et devait donc être utilisée « aussi peu que possible », mais les prisonniers qui avaient fait appel étaient déboutés. Il fut un temps où Israël autorisait officiellement des « pressions physiques modérées » contre les détenus palestiniens : un peu de torture, pas trop... Une décision que cette Cour suprême « humaniste » a soutenue jusqu’en 1999 (on était, à l’époque, en pleines « négociations de paix » entre Israël et l’OLP !).

La grève des prisonniers palestiniens a été relayée par les déclarations de Richard Falk, le rap­porteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, qui s’est déclaré « écœuré par les vio­la­tions continues des droits de l’homme dans les prisons israé­liennes. Depuis 1967, 750 000 Pales­ti­niens, dont 23 000 femmes et 25 000 enfants, ont été en détention dans les prisons israé­liennes, soit près de 20% du total de la popu­lation pales­ti­nienne des ter­ri­toires occupés », a-​​t-​​il rappelé (cité dans Armin Arefi, « Israël : la dernière arme des prisonniers palestiniens », AFPS).

Conclusions : silence radio dans la plupart des médias ; aucune pression sur le gouvernement israélien ; aucune indignation morale de tous ces grands intellectuels... La terre continue de tourner et certains s’étonnent que les discours européens sur la démocratie et les droits humains suscitent surtout des ricanements dans le monde arabe."

 

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Djamal Benmerad - dans La Nakba
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:51

 

http://palestine.over-blog.net/article-video-voila-comment-la-democratie-sioniste-traite-les-juifs-justes-76328348.html

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Djamal Benmerad - dans La Nakba
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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 15:57

 


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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 08:57

Cette pétition signée par plus de 500 universitaires et intellectuels d'Israël a été présentée aux Ambassades en Israël.

 

En soutien à l’appel de l’ensemble des organisations palestiniennes des droits humains à une action internationale


Comme si l’occupation ne suffisait pas – la brutale répression de la population palestinienne, la construction de colonies et les siège de Gaza – voici à présent qu’on bombarde la population civile : des hommes, des femmes, des personnes âgées et des anfants. Des centaines de morts et de blessés, des hôpitaux débordés et le dépôt central de médicaments de Gaza bombardé. Le bateau Dignity, du mouvement Free Gaza, qui transportait des fournitures médicales d’urgence et plusieurs médecins a été lui aussi pris d’assaut. Une nouvelle fois, Israël commet ouvertement des crimes de guerre, les pires que l’on ait vus depuis longtemps.

Les médias israéliens n’exposent pas leurs spectateurs aux horreurs et aux voix qui critiquent sévèrement ces crimes. L’histoire qu’on nous raconte est uniforme. Les dissidents israéliens sont dénoncés comme traîtres. L’opinion publique, y compris celle de la gauche sioniste, soutient la politique israélienne sans critique et sans réserve.

La politique destructrice et criminelle d’Israël ne cessera pas sans intervention massive de la communauté internationale. Mais à l’exception de quelques condamations officielles assez faibles, la communauté internationale rechigne à intervenir. Les États-Unis appuyent la violence israélienne et quant à l’Europe, tout en émettant quelques condamnations, elle n’est pas prête à envisager sérieusement de rétracter le “cadeau” qu’elle a offert à Israël avec le “rehaussement” de ses relations avec l’Union européenne.

Dans le passé, le monde savait pourtant combattre les politiques criminelles. Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace, mais Israël est traité avec une particulière douceur : ses relations commerciales sont florissantes, la coopération universitaire et culturelle se poursuit et s’intensifie avec le soutien diplomatique.

Ce soutien international doit cesser. C’est la seule manière de mettre fin à l’insatiable violence d’Israël.

Nous appelons le monde entier à faire cesser cette violence et à ne pas autoriser la poursuite de l’occupation brutale. Nous appelons le monde à condamner, et à ne pas se faire le complice des crimes israéliens.

En conséquence de ce qui précède, nous appelons le monde à répondre à l’appel des organisations palestiniennes des droits humains, qui demandent instamment :

- au Conseil de sécurité de l’ONU de réunir une session d’urgence et d’adopter des mesures concrètes comprenant l’imposition de sanctions, dans le but de s’assurer qu’Israël remplira ses obligations conformément au droit humanitaire international.

- aux Hautes parties contractantes de la Convention de Genève de remplir leurs obligations, au titre de l’Article commun 1er, de garantir le respect des dispositions des Conventions en prenant les mesures adaptées pour forcer Israël à répondre à ses obligations conformément au droit humanitaire international, en insistant particulièrement sur le respect et la protection des civils devant les effets des hostilités.

- aux Hautes parties contractantes de répondre à leur obligation légale au titre de l’Article 146 de la Quatrième Convention de Genève, en poursuivant les responsables d’infractions graves à la Convention.

- aux institutions et aux États membres de l’Union européenne de faire un usage efficace des directives de l’Union européenne pour la promotion de l’application du droit humanitaire international (2005/C 327/04) pour faire en sorte qu’Israël se conforme au droit humanitaire international suivant les paragraphes (b), (c) et (d) de ces directives, comprenant l’adoption de mesures et de sanctions restrictives immédiates ainsi que l’interruption de tout dialogue de rehaussement avec Israël.”

 


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:50

Qui croit encore au processus de paix ? Le journal des milieux d’affaire britanniques, le Financial Times, intitulait un éditorial du 23 août 2010 « One final act in the Middle East farce » (« Dernier acte pour la farce du Proche-Orient »).

 

Par Alain Gresh

Le scepticisme est général, et on est loin des illusions qui avaient accompagné le sommet d’Annapolis, en 2007, qui prévoyait la création d’un Etat palestinien avant la fin 2008. Seuls les protagonistes du sommet qui s’ouvre le 2 septembre à Washington veulent faire semblant d’y croire et ils ont tous de bonnes raisons pour cela :

— Le roi Abdallah II de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak, parce qu’ils ont besoin de faire croire à leurs opinions sceptiques que l’on avance vers la paix, au moment même où leur pratique autoritaire vise à empêcher tout débat et toute avancée de l’opposition dans les deux scrutins qui se dérouleront en Egypte et en Jordanie en novembre.

— Le président Obama, qui n’a pas tenu les promesses de son discours du Caire du 4 juin 2009 et qui, engagé dans un conflit difficile au Proche-Orient, veut rassurer ses alliés arabes sans déplaire à son allié israélien.

— L’Union européenne, trop lâche pour définir une politique innovante, qui veut simplement faire croire que les centaines de millions d’euros déversés sur l’Autorité palestinienne servent à autre chose qu’à financer l’occupation.

— Le président Mahmoud Abbas, dont la légitimité est de plus en plus contestée, surtout parmi les siens, et qui veut montrer que son choix d’une négociation peut porter ses fruits. D’autant qu’il n’a pas vraiment le choix, puisque tout l’appareil de l’Autorité palestinienne dépend de la manne internationale : des dizaines de milliers de fonctionnaires vivent grâce à cet argent. Et tant pis pour les Palestiniens qui critiquent la reprise des négociations : ils n’ont même pas le droit de s’exprimer, comme le confirme Benjamin Barthe dans le quotidien Le Monde du 27 août (« L’autorité palestinienne censure les opposants aux négociations avec Israël », article qui n’est pas en accès libre sur le site LeMonde.fr). Il n’y a pas que le Hamas pour avoir des pratiques autoritaires, mais celles de « nos » alliés ne nous gênent pas.

— Le premier ministre israélien Nétanyahou, qui a obtenu ce qu’il voulait, des négociations sans conditions préalables, c’est-à-dire avec la poursuite de la colonisation, notamment à Jérusalem-Est (et ailleurs, comme le prouvent toutes les études sur le terrain), avec la démolition des maisons palestiniennes. Ou, dit autrement, avec les mots d’Akiva Eldar dans le quotidien Haaretz du 23 août (« With a victory like this... »), ces négociations s’ouvrent avec des conditions préalables : celles dictées par Israël.

Ceux qui pensent que la paix est pour demain, qu’un Etat palestinien est en construction, devraient lire un autre article de Benjamin Barthe, « A Ramallah, l’impossible réforme de la poste », dans Le Monde daté du 1er septembre : de l’impossibilité de bâtir un Etat sous occupation. Et aussi, jeter un regard sur cette carte, conçue par Julien Bousac et publiée par Le Monde diplomatique, « L’Archipel de la Palestine orientale ». Un archipel peut-il être un territoire continu ?

Pour résumer l’esprit de la réunion de Washington, il faut rappeler une anecdote que l’on racontait en Union soviétique dans les dernières années de la période de Brejnev :

En 1918, un train dans lequel Lénine est installé est bloqué par la neige. Lénine descend du train, fait un discours sur le prolétariat et la révolution mondiale, mobilise tous les voyageurs qui dégagent la voie, et le train repart.

En 1936, un train dans lequel Staline est installé est bloqué par la neige. Staline descend du train, fait fusiller quinze personnes au hasard et tous les voyageurs terrifiés se mobilisent et dégagent la voie. Le train repart.

En 1978, un train dans lequel Brejnev est installé est bloqué par la neige. Brejnev ne bouge pas. Ses conseillers le voient assis, bougeant simplement d’avant en arrière. L’un d’entre eux ose enfin lui demander pourquoi. Et Brejnev répond : « Faisons comme si le train avançait ».

A Washington, les protagonistes feront pareil. Comme si la paix était en marche.


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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 22:07

 

Par CAPJPO-EuroPalestine - Publié le 27-08-2010

Fin connaisseur en matière de "races" et de racisme, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur vient de déclarer au lobby israélien que les "actions et les appels au boycott des produits israéliens constituent un crime d’incitation à la discrimination raciale ». (sic). Fin connaisseur, disions-nous à l’instant, car Hortefeux a été lui-même récemment condamné pour injure raciale par le tribunal de Paris, après ses propos sur les Arabes :"quand il y en un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes".

Voici ce que l’on trouve, à propos de Hortefeux, sous la plume de Serge Golan, sur le site sioniste hamodia :

" No 135 , Communauté Israël

Cette fois, la prise de position est officielle et sans ambigüité : le boycott des produits israéliens constitue un « crime », dénoncé voilà quelques jours par le ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Une déclaration qui tranche avec le silence prudent observé par les autorités françaises depuis le lancement en janvier 2009 de la campagne de manifestations contre les magasins de grande surface distribuant des produits israéliens et « casher ».

« Vous avez attiré mon attention sur l’importance de sanctionner les agissements du Collectif BDS [Boycott, désinvestissement, sanctions] en raison des agissement de certains de ses membres dans les magasins d’alimentation, rappelle ainsi Brice Hortefeux dans un courrier adressé au Centre Simon Wiesenthal. Tout comme vous, je considère que ces actions et les appels au boycott des produits israéliens constituent un crime d’incitation à la discrimination raciale ».

Basé aux Etats-Unis, le Centre Wiesenthal s’était en effet inquiété de la multiplication des actions de commandos boycotteurs. Filmées et diffusées sur Internet, elles mettent chaque fois en scène des groupes d’une trentaine de militants envahissant un supermarché pour en vider les rayons des tomates, avocats, fleurs et autres produits israéliens ou supposés tels. Des mises au bûcher symboliques des produits israéliens destinées à intimider la clientèle et à dissuader les grandes surfaces de commercer avec « les criminels israéliens ».

Reste que la brèche juridique permettant de « coincer » ces boycotteurs est très étroite. Ceux-ci prennent en effet bien garde de ne commettre aucun dégât, s’abritant derrière le discours antisioniste pour réfuter toute accusation d’antisémitisme.

Très engagé dans la dénonciation de cette campagne, le BNCVA (Bureau de vigilance et de lutte contre l’antisémitisme) réussit cependant parfois à traîner certains des responsables du Collectif BDS devant les tribunaux. Le 13 septembre prochain, cinq militants pro-palestiniens comparaîtront ainsi devant le tribunal correctionnel de Mulhouse (Haut-Rhin) pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » pour avoir participé en septembre 2009 à une « action coup de poing » contre un magasin Carrefour du département.

Lorsque les faits sont avérés, la justice française n’hésite d’ailleurs pas à sévir : en témoignent les 1 000 euros d’amende infligés en février dernier par un juge bordelais à une boycotteuse qui avait apposé un autocollant « Boycott Apartheid Israël » sur des jus de fruit provenant de l’Etat hébreu dans une grande surface de Mérignac (Gironde)." http://www.hamodia.fr/article.php ?id=1347

 


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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 07:41

 

Sa’id Hillis, âgé de 60 ans, s’occupe des abeilles depuis qu’il était petit garçon. Jusqu’à ce que l’agression israélienne de 2008-2009 ait tout bouleversé.

Par Info Palestine - Traduction : Nazem
 Sa’id possède 20 dunams de terres agricoles (un dunam représente 1000 mètres carrés) dans Sheyjayee, à l’est de la ville de Gaza et à environ 400 mètres de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Jusqu’à 2009, la ferme avait des centaines d’arbres et élevait plus de 10 000 poulets. « Tout a été détruit par les attaques israéliennes, » raconte Hillis.

La guerre israélienne de 2008-2009 contre Gaza et longue de 23 jours a détruit plus de 35% des surfaces agricoles du territoire assiégé, selon le fonds pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Ceci comprend les surfaces d’élevage des poulets et des bovins, et les terres cultivées.

Oxfam relève que les effets conjugués de la guerre israélienne contre Gaza et le maintien d’une zone-tampon rendent près de 46% des surfaces agricoles, inexploitables ou inaccessibles. Depuis que leurs moyens de subsistance tirées des terres ont disparu, la famille de Hillis qui est composée de 13 personnes, a survécu grâce au revenu que Ramzi, le fils aîné de Sa’id, tire de son taxi.
« Nous avions jusqu’à 250 ruches pour les abeilles, mais elles ont été écrasées au bulldozer par les Israéliens en 2004, » dit Ramzi Hillis, âgé de 29 ans, depuis sa maison située à un kilomètre de la frontière.

Marchant derrière la maison, Hillis montre les restes d’un patrimoine familial. « Après que les ruches aient été détruites il y a six ans, nous avons racheté des abeilles et avons développé l’activité. » Jusqu’à la guerre contre Gaza, ils avaient achetés au moins 80 ruches. « Quinze ruches sont mortes pendant le bombardement, » dit-il. « A cause de la fumée du phosphore. »

Ruche par ruche, Hillis montre la colonie qui a survécu. « Chaque boîte devrait contenir au moins huit cadres » dit-il. Les cadres sont des panneaux rectangulaires très légers sur lesquels les abeilles fixent leurs alvéoles de cire. Mais ils sont clairsemés et d’importance inégale. « Ces cadres sont peu chargés cette année, à cause des effets des bombardements ».

Les terres de la maison de Hillis, jusqu’à la ligne d’arbres du côté israélien de la frontière, sont une grande zone stérile malgré les courageuses tentatives des fermiers palestiniens de cultiver le blé sous les tirs presque quotidiens des soldats israéliens.

« Il y avait ainsi beaucoup d’arbres dans ce secteur, mais ils tous ont été rasés au bulldozer ou bombardés, » dit Hillis. « Les abeilles peuvent encore survivre, mais elles doivent travailler plus dur, aller toujours plus loin pour trouver leur nourriture ».
Selon Hillis, les abeilles doivent voler jusque six kilomètres dans leur recherche de fleurs.

Après un hiver avec peu de ressources naturelles et avec des suppléments d’eau sucrée, la qualité du miel est pauvre, et il se vend pour environ 70 shekels (12 euros) le kilo.
« Le miel recueilli en septembre se vend jusqu’à 116 shekels le kilo », dit Hillis, « parce que les abeilles passent l’été en cherchant au loin les fleurs sauvages et les arbres fruitier ».

Hassan Zaneen, âgé de 16 ans, apprend le métier d’apiculteur avec son père Mohamed. La famille a une petite ferme avec des ruches, quelques moutons et chèvres et quelques oliviers dispersés ici et là.
Hassan Zaneen prend des précautions pour montrer les ruches, mettant une combinaison intégrale et un masque couvrant le visage. Tenant la longue poignée d’un petit récipient, il allume l’herbe sèche qui s’y trouve puis disperse la fumée sur les ruches.
« Cela calme les abeilles » explique-t-il, « les dissuadant de nous attaquer lorsque nous nous approchons de leurs ruches ».
L’adolescent retire un cadre après l’autre, recherchant l’abeille reine. Et finalement, il montre sa forme toute dorée au milieu des petits corps rayés des ouvrières.
« Elle vit plus longtemps que les autres, jusqu’à une année. Les ouvrières vivent environ un mois » explique Zaneen. « Durant le printemps, elle pond environ 1500 oeufs chaque jour ».
Mohamed Zaneen explique que la durée de vie des abeilles est affectée par la pénurie de nourriture et les difficultés de leur survie.
« Nous avions plus de 10 dunams de terres avec des oliviers. Les abeilles ont prospéré tant que ces arbres étaient là. Leur miel était fort [au goût] et d’excellente qualité. Nous avons gagné jusqu’à plus de 8000 dollars par an juste avec les ventes du miel », dit-il. « Mais maintenant nous n’avons plus que 18 arbres, et les plus âgés ont à peine quatre ans. Aussi les abeilles sont-elles nourries avec des suppléments d’eau sucrée et elles ne produisent du miel qu’une fois par an, et non pas deux fois comme elles le faisaient auparavant »
Ils récoltent le miel en avril, mais même avant avril il y a un peu de miel à prélever. Zaneen creuse un peu dans un nid d’abeilles, mettant en évidence le miel couleur or foncé.
Le meilleur miel - Mohamed Zaneen et la plupart des habitants de Beit Hanoun sont d’accord là-dessus - vient habituellement de Beit Hanoun. Renommée pour ses citronniers et ses orangers, la région au nord de Gaza était un véritable asile pour les abeilles.

Mahdi Zaneen, âgé de 19 ans, est de Beit Hanoun et vit à deux kilomètres de la frontière au nord.
« Notre famille a élevé des abeilles pendant plus de 30 ans », dit-il.« Nous avons eu jusqu’à 500 ruches, mais elles ont été détruites au bulldozer en 2003 par l’armée israélienne ».
En 2010, la famille Zaneen a essayé de relancer son élevage d’abeilles. « Elles sont mortes, il n’y a aucune nourriture pour elles maintenant ». dit Zaneen, faisant des gestes vers un paysage vidé de ses arbres.

Abdel Latif Dabous s’est occupé d’abeilles pendant 10 ans. « Nous avons maintenant 21 ruches, mais avant la guerre israélienne contre Gaza nous en avions 75. La majorité sont mortes à cause des obus au phosphore et à cause de la violence des détonations dues aux bombardements ».

Ahmed Zohrob a appris le métier avec son père, et les pots de miel sont alignés derrière une vitre dans son magasin de Rafah. Alors qu’il est ingénieur électricien de profession, il préfère travailler avec le miel.
« Goûtez ceci », dit-il, prenant un peu de miel. « Il est léger, avec un soupçon d’orange. En automne il sera plus foncé parce que les abeilles se seront régalées de fleurs tout l’été ».

Quelques apiculteurs, en raison de rendements limités, mélangent du sucre avec le miel. Un kilo de miel mélangé se vend pour approximativement 50 shekels le kilo, mais le miel pur se vend plus de deux fois plus.


Les pots sont remplis jusqu’au bord avec le nectar que Zohrob apprécie tant. « Il peut être utilisé pour traiter plus d’une centaine de maladies ». dit-il.

Mais bien que le miel soit de qualité, il ne quittera pas Gaza soumis au blocus depuis que le mouvement du Hamas a été élu en 2006, un blocus encore renforcé à la mi-2007 à un degré tel que très peu de choses peuvent entrer et que pratiquement rien ne sort.

Vous pouvez consulter cet article dans sa version originale à :

http://ingaza.wordpress.com/2010/07

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 03:56

Mis en ligne par S. H.

 

 

Par Al Oufok

Un nouveau scandale similaire à celui d’Abou Ghraïb ? C’est qui risque d’attendre une certaine « Eden Abergil », jeune Israélienne qui a publié sur son compte Facebook des photos d’elle prenant des poses suggestives aux côtés de prisonniers palestiniens, a rapporté ce lundi France 24.
« Armée... le plus beau moment de ma vie »
Même s’il n’est plus possible d’accéder à son compte, le blog israélien « Sachim » a été le premier à révéler ces clichés présents dans un album intitulé « Armée... le plus beau moment de ma vie ». Eden Abergil, qui a terminé son service militaire il y a plus d’un an, y dévoile des photos d’elle en uniforme, seule ou avec des prisonniers palestiniens. Ces derniers ont les yeux bandés tandis qu’elle pose à côté d’eux, en souriant.
Les commentaires sous ces photos ne sont pas moins tendancieux.
Sous l’une d’entre elles, une amie de la jeune femme écrit : « C’est sûr, tu as l’air de l’exciter (parlant d’un Palestinien aux yeux bandés) ! » Eden lui répond : « Je me demande s’il est aussi sur Facebook. Je l’aurais bien tagué... »
Les clichés font immédiatement penser au scandale d’Abou Ghraïb, une prison de Bagdad devenue tristement célèbre après la publication en 2004 de photos montrant des détenus irakiens humiliés et maltraités par leurs gardiens américains.

 

Al-Oufok 

- الأفق -

"Résister à l'occupation, c'est vivre libre"

 

 


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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 02:42

 

 

Mis en ligne par Djamal Benmerad

En ce 15 mai, jour où le peuple de Palestine commémore sous occupation militaire la “Nakba”, la “catastrophe” - la “Shoah arabe en “Terre Sainte”, où, fuyant plus de 500 villages incendiés, aux populations civiles délibérément massacrées pour provoquer la Terreur et l’exode, y compris les villages chrétiens de la région de Nazareth aux églises ravagées par les flammes, 800 000 réfugiés – plus de 80% de la population locale – cherchaient un havre provisoire avant de préparer, avec patience, leur “Longue Marche” pour le Retour, nous avons choisi de rendre hommage à la dernière authentique “mère juive”, devenue mère de la Palestine nouvelle, Nurit Peled, fille d’un général israélien auteur d’une partie de horreurs de la sanglante “épuration ethnique” de 1948 devenu un partisan de la négociation et de la paix au côté de Rabin (mais échappant, lui, aux balles des tueurs du Shin Beth),  et mère d’une jeune enfant, Smadar, victime innocente d’un de ces absurdes attentats aveugles contre les civils qu’elle a choisi de pardonner, spectaculairement, aux Palestiniens – dont elle reste une des plus fidèles amies, combattante de la Justice et de la Paix.


de placer ce jour de deuil sous les couleurs, pleines de lumière, des yeux de Nurit Peled, fille d'un général sioniste converti aux valeurs de l'anti-racisme et de la paix, et mère juive exemplaire qui, chérissant sa propre enfant victime d'un absurde attentat aveugle, a choisi de maudire les vrais responsables de son malheur, Israël et ses chefs - et non les Palestiniens dont une faction ivre de haine avait répondu à la mort de civils par la mort de civils, appliquant stupidement ...la loi juive du Talion -comme les amateurs de lapidation ne font qu'appliquer une vieille coutume juive, dénoncée par le Christ, et survivant dans une tradition sommaire infiltrée dans une certaine culture coranique, superficielle.

 

 


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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 21:29



JAFFA, LA MÉCANIQUE DE
L’ORANGE

de
Eyal Sivan

Une coproduction : the Factory (France) Trabelsi Production & Alma Films (Israel) Luna Bleu Film (Belgique) WDR (Allemagne) RTBF (Belgique) Channel 8 (Israel)


Diffusion sur France 5
Version courte (52 minutes) doublée en français
Dimanche 28 mars 2010 à 21h30
*
Suivie de 6 Projections exceptionnelles
Version intégral (88 minutes) sous-titrée en français
en présence d'Eyal Sivan

 A Paris...
Jeudi 29 avril à 21h au cinéma Les 3 Luxembourg
Jeudi 6 mai à 21h au cinéma Les 3 Luxembourg


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