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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 22:22
Par
Djamal Benmerad   PUBLI-SCOOP   email site


DATE DE CRÉATION DE L'ARTICLE : 4 janvier 2013

 
A l’origine, le compagnonnage était une réaction ouvrière contre les toutes-puissantes corporations qui réservaient à la tchi-tchi (jeunesse dorée) de l’époque et aux fils de patrons, l’accession à la maîtrise.
Sans qu’on puisse préciser la date exacte de sa naissance, à quelques décennies près, il fut créé en France un réseau clandestin de sièges et de relais qui permettaient à ses adeptes de travailler et surtout de découvrir des techniques nouvelles, malgré les conditions de la clandestinité, car le simple fait de voyager sans l’autorisation de son employeur déclenchait une répression policière et des poursuites judiciaires. Chaque « spécialité » avait son association centrée sur l’entraide (1). A ce titre, le compagnonnage peut se définir comme un mouvement de solidarité. C’est pourquoi nous y voyons l’ancêtre probable du syndicalisme, de la mutualité, voire de la franc-maçonnerie qui présente, à l’évidence, beaucoup de similitudes avec le compagnonnage. D’éminents observateurs du mouvement ouvrier situent au XVIe siècle, la naissance de ce mot noble et offensif : « syndicat ». Ce mot était pris et est encore pris dans le sens de « groupement de défense des salariés ». Au XIXe siècle, c’est précisément la naissance et l’essor des syndicats qui ont enlevé au compagnonnage une grande partie de son rôle social. Nous allons voir quel processus il a pris. Rappelons, en passant, que les islamistes ont « accusé » le président algérien Boudiaf d’appartenir à la franc-maçonnerie sans que ceux-ci ne sachent ce que c’est, d’une part, et en feignant d’ignorer, dans le même temps, le plus célèbre franc-maçon du monde arabe et du continent africain, l’Emir Abdelkader, d’autre part. Les islamistes ont, on le sait, comme pires ennemis, les francs-maçons, la juiverie mondiale et les croisés (comprendre les chrétiens). Si pour ces derniers ils arguent de justifications historiques, des seconds un antisémitisme puant, on ne peut mettre la haine qu’ils ont pour la franc-maçonnerie que sur le compte de l’ignorance la plus crasse.

Du compagnonnage aux syndicats : la franc-maçonnerie

Ce type de société, clandestine vu les idées qu’elle professe et la cruelle intolérance de l’époque, rassemblant des individus qui prêchent des principes de fraternité basée sur la liberté et la tolérance, semble être apparue dans la seconde moitié du XVIIe siècle en Grande-Bretagne, au sein de sociétés secrètes (qu’on appellera plus tard les Loges ) de maçons et de tailleurs de pierre, métiers nobles s’il en est. De simples confréries professionnelles, ces sociétés se muèrent en écoles de pensée qui, toujours dans le plus grand secret, commencèrent à se fédérer à partir de 1917, sous le nom de Grande Loge de Londres. Elles fera tâche d’huile et se répandra aux Indes, aux Antilles et, surtout, dans les colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Elle passera ensuite sur le continent européen, en Espagne (1728), en Allemagne (1733), au Portugal et aux Pays-Bas (1735), en Suisse (1740). En 1773, il y eut une scission au sein de la Grande Loge de Londres, scission qui donna naissance à ce que nous connaissons sous l’appellation de Grand-Orient. Il n’est pas inintéressant de rappeler que la Révolution française, qui a durement malmené la franc-maçonnerie, s’est pourtant inspirée de l’essentiel de sa philosophie et lui a emprunté sa devise : « Liberté, égalité, fraternité ». Tout comme la franc-maçonnerie, les syndicats ont vu le jour en Grande-Bretagne qui connaissait alors la révolution industrielle. Ce n’est donc pas par hasard mais parce que ce pays, en cette moitié du XVIIIe siècle, était le plus développé du monde, à l’époque où la France était ce qu’on appelle aujourd’hui le tiers-monde. A l’origine, ils prirent le nom de trade-union ou « union de métiers ». Les premières associations ouvrières se constituèrent parmi les travailleurs de l’industrie lainière, dans l’ouest de l’Angleterre, et chez les tisserands du centre. Tolérées, puis fortement réprimées, les trade-unions, à force de luttes ouvrières, furent reconnues par une loi de 1825, mais uniquement pour traiter des problèmes de salaires et de temps de travail. Dans cette situation, les trade-unions décidèrent de se fédérer et tinrent ainsi leur premier congrès national à Manchester en 1884. De ce congrès naquit le premier syndicat au monde.
Toute cette odyssée pour aboutir, dans les pays occidentaux, à l’obstruction capitaliste de l’exercice du droit syndical, et dans les pays du tiers-monde à l’incarcération de nombreux syndicalistes. Il faut signaler que dans le tiers-monde, les autorités craignent davantage les syndicats libres que les partis dits « d’opposition » qui sont en fait une clientèle de leur pouvoirs respectifs.
1 - A l’exemple de notre fameuse touiza, maintenant quasi disparue en Algérie.
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 11:11

Par Jennifer Persoon - Le Soir - vendredi 10 juin 2011

 

Le 3 juin 2011, M. O’leary, le patron de Ryanair, envoyait dix roses à un syndicat portugais, le « remerciant » ainsi pour l’apport de clientèle provoqué par des actions de grève menées par le personnel naviguant de Tap Portugal. Jugeant inacceptable cette attitude, la CNE (la centrale nationale des employés) a décidé de réagir.

Le 3 juin 2011, les personnels navigants de la TAP ont déposé un préavis de grève de dix jours, répartis du 18 juin au 29 juillet. Ils protestent contre une réduction des équipages décidée par la direction dans le cadre du plan d‘économie imposé par le gouvernement aux entreprises publiques. Le patron de Ryanair, connu pour ses provocations, demande la suppression au niveau européen du droit de grève pour les contrôleurs aériens. Pour « remercier « de chaque jour de grève prévu d‘ici la fin juillet, Ryanair a donc envoyé « dix roses » au syndicat des personnels navigants de TAP Portugal. Ce qui fait bondir la CNE. Son secrétaire-général adjoint, Tony Demonte, s’en explique.

Comment jugez-vous l‘attitude de M. O‘leary, le patron de Ryanair ?

« Cela correspond à son attitude habituelle qui est foncièrement provocatrice. On sait aussi qu‘il hait les syndicats : dès qu‘un travailleur se fait syndiquer, il se fait licencier de l‘entreprise. D‘une part, c‘est un bon moyen pour lui de se faire un peu de publicité et d‘autre part de se moquer ouvertement des travailleurs et des syndicats. C‘est odieux de s‘en prendre à des gens qui se battent pour des conditions de travail meilleures. »

Une action syndicale européenne contre Ryanair est-elle possible ?

« On a d‘ores et déjà pris contact avec l‘ETF (syndicat européen du transport par air) pour coordonner une action au niveau européen et, par ailleurs, nous irons bloquer les avions de Ryanair avant la fin de la période des vacances, mais nous ne dirons évidemment pas quand. J‘espère surtout que cette nouvelle démonstration va permettre de coordonner une action entre les différents aéroports. Les contacts sont pris en tout cas. Et si nous n‘arrivons pas à le faire au niveau européen, nous le ferons seuls. »

Quelle est la revendication de la CNE ?

« Qu‘une législation européenne soit mise en place. Ryanair ne respecte pas le droit social belge pour les travailleurs.(ndlr : Le siège social de Ryanair se trouve à Dublin, la compagnie applique donc les conventions irlandaises.) Pour être engagé chez Ryanair, il faut accepter les conditions salariales irlandaises (non-paiement des heures supplémentaires, flexibilité maximale…) ainsi que des droits en sécurité sociale (maladie, pensions, allocations familiales…) limités. C‘est absolument inacceptable pour les travailleurs et aussi pour les autres sociétés qui, elles, paient leurs cotisations sociales et respectent les droits des travailleurs. »

Pourtant, les passagers pourraient ressentir cette action comme une prise d‘otage…

« En quelque sorte oui. Mais il faut que les gens qui partent en vacances comprennent que les employés de Ryanair subissent des conditions de travail inacceptables. La grève, c‘est le seul et le meilleur moyen. On pourrait ne pas en arriver là si les politiques prenaient leur responsabilité. Ils sont au courant de la situation. Les Écolos ont d‘ailleurs déposé une proposition de loi il y a plus de trois ans de cela, mais elle n‘a même pas été en première lecture au niveau de la Commission. Ce sont les politiques qui, en n‘agissant pas, prennent les passagers en otage. De notre côté, on essaie simplement de faire face à 270 personnes qui travaillent pour Ryanair, attachée à l‘aéroport de Charleroi, et qui sont dans une zone de non-droit. »

Pourquoi les politiques n‘agissent-ils pas alors ?

« Ils ont peur, parce qu‘il suffit que le patron de Ryanair menace de quitter Charleroi pour semer le trouble. Appliquer le droit social belge aux personnes qui vivent en Belgique, comme la loi, le prévoit ne mettrait pas la compagnie en faillite. Ryanair se mettrait dans les mêmes conditions que toutes les autres compagnies low-cost qui sont attachées à un aéroport belge. »



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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 16:23

Le SYNDICAT NATIONAL AUTONOME DES PROFESSEURS DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET TECHNIQUE

Communique

 

Suite à l agression dont est victime Mr Hadjem Achour, coordinateur de wilaya (département) de tizi ouzou  du  S n a p e s t, par un syndiqué du cnapest, le 14 juillet 2010 à tadmait , lui causant avec une barre de fer plusieurs jours  d’incapacité de  travail   proscrit par le médecin légiste, .le bureau national condamne avec rigueur ce genre de procédé du moyen   age , qui n’honore ni son auteur ni sa structure ni le corps enseignant, le bureau national appel tous ses syndiqués à rester vigilants , et rester mobiliser pour la défense des intérêts socio- professionnels des pest .

Rien à notre sens  ne peut justifier un acte d une telle  violence. Sachant que pour  le pénal la violence est un délit, une plainte est déposée au commissariat de Draa ben kheda, elle  sera  suivie par une plainte auprès du procureur de la république   du  tribunal de tizi ouzou.

 

Pour le Bureau national  Le coordinateur national
Meriane Meziane
Samedi 17 juillet 2010 13h21
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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 23:51

 

 

Envoyé par

 

Nous, syndicats et les organisations de la société civil, présents au premier forum syndical maghrébin tenu le 14 et le 15 mai 2010 a Alger déclaront notre satisfaction quand a la réussite de ce forum qui a connu la présence de plusieurs organisations syndicales et civiles, et des discutions riches et importantes. A cet effet, nous saisissons cette occasion pour :

 

1-  dénoncer la décision arbitraire relative a la fermeture de la maison des syndicats d’Alger « Algérie » 

 

2-  nous solidariser d’une manière inconditionnelle avec les travailleur licenciés victime de violation des droits et liberté syndicales, notamment a Rdeyf  (Tunisie), Sidi Ifni (Maroc) Les cheminots (Algerie), les dockers (en Mauritanie).

 

3-  Dénoncer les violences, discrimination et harcèlement a l’encontre des femmes de Hassi Messaoud en Algérie.

 

4-  Soutenir les revendications légitimes des femmes grévistes de la faim Rabat (Maroc) pour le droit au regroupement familial.

 

5-  Réclamer la levée de l’état d’urgence  en Algérie et la libre circulation des peuples maghrébins.

 

6-  Réclamer le respect de la convention internationale qui interdise et criminalise toute sorte de discrimination a l’égard des femmes.

  

       Nous soutenons la proposition des syndicats marocain concernant la tenue du 2ème  session du forum syndical maghrébin au Maroc et la 3ème session en Mauritanie.


 

Vive la solidarité syndicale Maghrébine 


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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 02:32

 

 

 

 

 
Rabat : Soyons nombreux le dimanche 09 Mai 2010 à la marche populaire suite a l'appel de la CDT

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 10:18
De
 



La Haute Cour pénale d’Ankara, en Turquie, a condamné la dirigeante syndicale Seher Tümer à plus de sept années de prison, la jugeant coupable d’appartenir à une organisation kurde illégale et de « faire de la propagande » en participant à des manifestations publiques. Seher Tümer est déjà incarcérée depuis près d’un an. Ses avocats soutiennent que ces accusations sont sans fondement. L’Internationale des Services Publics estime que Seher Tümer est prise pour cible à cause de ses activités au sein du mouvement syndical et de défense des femmes en Turquie. Une solidarité internationale sans relâche s’impose pour favoriser une procédure d’appel accélérée.
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 18:47

Adressée aux Partis Communistes et Ouvriers





Par le KKE (Parti comuniste de Grèce)
le Le capital et ses gouvernements lancent dans toute l'Europe une nouvelle offensive en pleine crise économique capitaliste. La diminution drastique des salaires et des retraites, la mise en place de nouvelles taxes, le démantèlement progressif des systèmes de Sécurité Sociale et l'attaque contre le Code du travail sont mis en avant dans le cadre de cette offensive. On défend ces mesures en prenant la crise comme prétexte et elles ne sont pas temporaires; elles sont permanentes et elles ont été décidées il y a des années sur la base des Traités de l'UE, le premier étant le Traité de Maastricht, et de la Stratégie de Lisbonne.


Dans ces conditions, les forces qui ont fait le choix de la compromossion au sein du monde du travail, le mouvement syndical qui défend auprès des travailleurs une ligne de partenariat social et de collaboration de classe prétend hypocritement s'opposer à ces attaques et combattre la mise en œuvre de ces mesures. Ces forces sont la CSI et la CES, ainsi que les confédérations qui font le choix de la compromission que sont la GSEE, la Confédération des travailleurs du secteur privé en Grèce, et l'ADEDY, la confédération des travailleurs du secteur public, qui ont participé officiellement aux discussions avec l'UE et les autres organisations impérialistes pendant des décennies, collaborant et décidant aux côtés des monopoles de la manière dont on pourrait mettre en œuvre ces mesures anti-populaires dans chaque pays. Ces efforts ont aussi reçu les subventions de plusieurs « fondations », telle la « fondation Ebert » social-démocrate, qui cherchent à infléchir les positions des syndicats vers la recherche du consensus social.

Tous se sont rangés du côté de la ploutocratie européenne, la laissant faire tout son possible pour désarmer le mouvement social et s'attaquer aux droits des travailleurs. Pendant des années, ils ont signé avec les capitalistes des accords pour la diminution des salaires et des retraites, pour la réalisation de plans sociaux, pour des exonérations fiscales pour le patronat. Ils ont semé des illusions sur le fait qu'un capitalisme à visage humain était possible, que les marchés pouvaient être régulés et contrôlés et qu'ils pourraient s'attaquer à la spéculation qui est un élément inhérent et la norme de ce système d'exploitation. Ils proposent des revendications qui servent les intérêts du patronat et sa recherche de profits maximaux tandis qu'ils adoptent pleinement une ligne qui permet donc l'optimisation des profits réalisés par le capital: l'opposition de façade. Les forces réformistes et opportunistes, les forces du syndicalisme jaune que soutient la CSI voient les mobilisations qu'elle organisent pour le 24 Mars, qui sont totalement en phase avec les objectifs du capital européen, comme une « étape ».

Néanmoins, il ne s'agit pas seulement de constater que ces forces soient incapables d'organiser la résistance des travailleurs. Elles cherchent aussi à faire passer l'idée de collaboration de classe dans les rangs des travailleurs, de les désorienter; ils se retournent contre les intérêts du peuple, ils sont de l'autre côté de la barrière. Cette position doit être démasquée même s'ils font des manœuvres hypocrites sous la pression de la position des forces de classe et des travailleurs qui mèneront in fine à la désillusion et à la démobilisation des masses laborieuses et populaires.

L'expérience du KKE et sa lutte en Grèce soulignent que l'émancipation et le rassemblement du ouvrier rend nécessaire le renforcement de la lutte contre les représentants du capital au sein du mouvement syndical. Les travailleurs doivent renforcer les forces qui luttent sur des positions de classe, renforcer l'organisation sur les lieux de travail et la lutte contre la ploutocratie et les politiques anti-populaires. Le mouvement populaire ne devrait s'attendre à rien d'autre de la part de la CSI et de la CES. Ils ont été au service du capital et ils agiront encore ainsi à l'avenir. Leurs interventions, leurs mobilisations visent à s'assurer le contrôle de la riposte des travailleurs, de manipuler les travailleurs et de faire obstacle au développement de la lutte de classes.

La nécessité de la constitution d'une stratégie unifiée des forces sur des positions de classe et leur coordination à une échelle internationale à travers la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) est désormais à l'ordre du jour. Le conflit entre les forces sur des positions de classe et les forces du consensus « du partenariat social » et du « réformisme » mènent à cela. Ce conflit renforcera de manière décisive la FSM et mènera à l'émancipation des forces sur des positions de classe.

L'expérience acquise souligne la nécessité de coordonner les actions de masse menées sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires afin d'apporter une réaction résolue à l'attaque coordonnée du capital Européen et du gouvernement bourgeois. Les travailleurs sont ceux qui produisent les richesses et devraient revendiquer d'en reprendre possession

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:05


 
Par le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien – CISA
comintersaa@gmail.com – 0033 6 29 64 66 33

La défense des droits des travailleurs n’est nulle part une tâche aisée. En Algérie plus qu’ailleurs, être syndicaliste est aujourd’hui un combat difficile de tous les instants. Les dispositions de l’état d’urgence en vigueur depuis le coup d’État de janvier 1992 et l’interruption du processus électoral compliquent très sérieusement l’action quotidienne des syndicalistes authentiques, membres des divers « syndicats autonomes » de la fonction publique. Ceux-ci sont apparus au tout début des années 1990 – à la faveur d’une brève ouverture démocratique – pour défendre les intérêts des fonctionnaires, rôle que n’assurait plus, de longue date, le syndicat unique UGTA (Union générale des travailleurs algériens), devenu dès 1963 un simple rouage du régime.

 

Être syndicaliste en Algérie


Dans l’Algérie des années 2000, animer un syndicat autonome consiste autant à défendre lestravailleurs qu’à esquiver les manoeuvres incessantes de déstabilisation, d’infiltration et decorruption du pouvoir – qui le tolère sans le reconnaître officiellement. Les organisations syndicales indépendantes, en refusant toute sujétion autre que celle due à leurs adhérents, sont la cible principale de l’action des services de la police politique de l’armée, le DRS (Département de Renseignements et de Sécurité, ancienneSécurité Militaire). Venus combler l’absence totale de représentation des travailleurs, les syndicats autonomes sont depuis leur création la cible permanente d’entreprises d’intimidation, de division de leurs rangs et de corruption de leurs dirigeants, dans le but d’éliminer toute forme d’expression revendicative.

En effet, le maintien de l’ordre politique passe par l’émiettement de toutes les contestations etla vassalisation de tous ceux qui prétendent se poser en tant qu’interlocuteurs responsables. La démarche est constante dès les premiers jours de l’indépendance. Il est significatif à cet égard d’observer que le premier congrès de l’UGTA, en janvier 1963, a été la première victime de cette stratégie de mise en coupe réglée de tous les acteurs sociaux. Les délégués au congrès ont été arrêtés pour permettre à des individus relevant des appareils sécuritaires de tenir le congrès à leur place et d’« élire » une direction choisie par le pouvoir. Aucune structure ne doit exister en dehors de celles qui sont au service du régime.

Comme ce fut le cas juste après l’indépendance, l’élimination du champ social de toute organisation autonome par rapport au pouvoir réel, c’est-à-dire les chefs du DRS, est la préoccupation constante des dirigeants algériens depuis la fin de la brève période d’ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Derrière une façade institutionnelle destinée à la consommation externe, le système politique algérien est une dictature dont les leviers exclusifs sont la rente pétrolière et un appareil répressif omniprésent.


Une dictature masquée


Cette dictature militaro-policière se camoufle derrière des institutions qui, de la justice au Parlement en passant par le président de la République, ont une existence formelle mais qui ne sont nulle part et ne constituent à aucun moment des cadres d’autorité effective ni des centres de régulation politique. Sans substance, animées tant bien que mal par un personnel coopté, elles ne s’avèrent en définitive que les courroies de transmission des directives du groupe effectivement dirigeant. Issues d’élections frauduleuses, soigneusement mises en scène, les institutions croupions ne doivent leur existence qu’à la nécessité de se conformer au modèle qui rassure les Occidentaux, principaux partenaires étrangers, soucieux d’un minimum de formalisme.

De fait, la gestion du pays est entre les mains d’un groupe d’individus au sommet des appareils sécuritaires, qui n’apparaissent pas sur la scène politique officielle et ne rendent de comptes à personne. Cette dictature « honteuse » ne peut tolérer, pour durer, la moindre contestation organisée et sa pérennité repose donc sur un contrôle social tatillon, interdisant l’émergence de toute expression libre et de toute organisation susceptible de la mettre en question.

La scène politique algérienne est parfaitement verrouillée, les partis récalcitrants sont privés d’expression, réduits à une existence végétative, dans l’impossibilité de se déployer, ne recueillant dans les urnes que ce que le pouvoir effectif veut bien leur concéder. À de très rares exceptions, le mouvement associatif, témoin d’une « société civile » également préfabriquée, est constitué d’une myriade d’associations subventionnées regroupant pour l’essentiel, quelques individus sans relais dans la société.

Les syndicats autonomes face à la répression


Héritage vivace de la période d’ouverture, de la Constitution de 1989 et des lois promulguées en 1990, les syndicats autonomes sont en première ligne de la répression et des manoeuvres déstabilisatrices de l’appareil sécuritaire et de ses relais. Si l’aventurisme politique a entraîné le démantèlement des principaux garde-fous de l’État de droit, le rééchelonnement de la dette en 1994 a permis le basculement dans l’économie de bazar et la corruption généralisée. L’orientation libérale et l’annihilation de la politique sociale ont provoqué le basculement de catégories entières dans la précarité et la misère.

Aujourd’hui, dans un pays qui se targue de sa santé financière, exclusivement due à la rente pétrolière, la moitié de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. L’affairisme des clientèles du régime et la corruption aux niveaux les plus élevés des hiérarchies de pouvoir sont facilités par l’affaiblissement des structures de l’État et le désordre entretenu par ceux-là mêmes qui dirigent l’appareil répressif. L’ajustement structurel et la pression sur les salaires ont frappé de plein fouet les fonctionnaires de tous les secteurs et les travailleurs en général. L’éducation et la santé ont notamment payé au prix fort la thérapie à courte vue et globalement inopérante du FMI.

Ce recul social n’est aujourd’hui combattu que par les syndicats autonomes. L’UGTA, ancienne organisation de masse du parti unique, caporalisée dès les premiers jours de l’indépendance par la police politique, n’est plus qu’un instrument, totalement discrédité, de contrôle social. Privée de toute représentativité , dirigée par des hommes notoirement impliqués dans des scandale financiers, la vieille centrale est l’ombre spectrale du syndicat fondé dans le feu de la guerre d'indépendance par Aïssat Idir.

L’UGTA, l’un des rarissimes syndicats au monde à avoir approuvé un programme d’ajustement structurel du FMI, n’est plus qu’un sigle commode, convoqué par le gouvernement pour figurer l’illusoire « adhésion des masses laborieuses » aux gesticulations d’une « Algérie Potemkine » cachant de plus en plus difficilement la réalité de la dictature. Les sections combatives qui subsistent encore sont laminées par les coups de boutoir de la direction nationale de l’UGTA, qui les fragilisent en leur ôtant la protection syndicale et les offrent comme victimes expiatoires à l’administration.

Les syndicats autonomes sont aujourd’hui les seules organisations qui défendent les travailleurs, les seules qui échappent à la mainmise de la police politique. Les mouvements sociaux dans la fonction publique ont démontré les capacités de mobilisation des syndicats libres et la limite des capacités d’intimidation de la police politique. Arrestations arbitraires,gardes à vue illégales de militants syndicaux alternent avec les fermetures de locaux, toutes les formes de brimades et de harcèlements.


Des méthodes éprouvées pour stériliser le champ politique


Depuis les années 1990, le pouvoir poitique déploie, vis-à-vis des syndicats autonomes, tout l’éventail des techniques de manipulation mises en oeuvre dès 1962 pour stériliser le champ politique et renouvelées, après la fermeture de la « parenthèse démocratique » de 1989-1991. Les partis alors légalisés, ayant encore une base réelle et une direction indépendante du pouvoir, ont été systématiquement depuis l’objet de manoeuvres de division interne. Scénario classique : des militants « dissidents », agissant sur ordre, décident d’un congrès de « redressement ». Une « direction » est élue dans les conditions les plus illégales et le parti passe sous la coupe du pouvoir. La victime la plus illustre de ce genre de « redressement » – le mot arabe tas’hihiyya est passé dans le langage courant pour désigner ce type de coup d’État téléguidé – fut, en  janvier 1996, le vénérable Front de libération nationale

Face à ce type de manoeuvres, dans une situation d’état d’urgence structurel et d’omnipotence de la police politique, tout recours à la justice est inévitablement voué à l’échec. Dans l’organisation politique algérienne, la justice n’est pas une institution, elle n’est qu’unappareil obéissant. Et le paysage est ainsi modelé : de nombreuses organisations factices – partis, syndicats, associations –, sans base ni programme crédible, occupent le terrain médiatique quand le besoin d’une agitation politique est ressenti par le système. On le voit bien à l’occasion des élections présidentielles, quand des structures virtuelles sont fugacement ranimées pour servir de faire-valoir et jouer le rôle d’une opposition de pure figuration.


L’organisation de la confusion : le « clonage


Vis-à-vis des syndicats autonomes, ces méthodes ont été utilisées jusqu’à la nausée par le pouvoir. Arrestations arbitraires succèdent aux suspensions de salaires, aux carrières bloquées, aux mises à pied injustifiées. L’arsenal des brimades, des vexations, des brutalités et des manipulations policières est entièrement mobilisé. Avec une prédilection pour ce que les militants syndicaux ont appelé le « clonage ». Une manoeuvre visant à susciter la confusion auprès des bases en dupliquant une organisation jugée indésirable. La démarche est simple : il s’agit de créer à l’intérieur de syndicats authentiquement autonomes une « dissidence » qui débouchera rapidement sur une scission, en manipulant les militants les plus opportunistes ou les plus fragiles, par la technique du bâton et de la carotte et accessoirement, par le chantage exercé sur ceux qui traînent des « casseroles ». Si la dissidence au sein des organisations syndicales autonomes est un phénomène connu et pris en compte dans leurs pratiques et leurs stratégies, elle change de nature lorsqu’elle est instrumentalisé e dans le but d’annihiler toute ligne syndicale et toute autonomie. En effet, la pratique couramment utilisée est de faire croire que certains militants ne sont plus d’accord avec la prétendue « radicalité » de leur syndicat et décident en quelque sorte de corriger le tir en pratiquant un « redressement » – la fameuse tas’hihiya. Le seul objectif sera de mettre au-devant de la scène une organisation nouvelle, clone de l’original, prête en réalité à tous les compromis avec le régime, y compris en mettant en scène des initiatives « ultraradicales » mais absurdes et vouées à l’échec : autre manière d’affaiblir la volonté collective de revendication. Pour être efficace, cette pratique exige que la nouvelle direction se présente comme étant issue d’un nouveau congrès, pour installer le désarroi au sein des adhérents et même des analystes, puisque, après la scission de facto, deux syndicats portent le même nom (ou, dans certains cas, un nom à peine différent). La méthode a été appliquée au SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel del’administration publique) en mai 2004 – après une première tentative du même ordre enfévrier 2002, qui fit long feu. Ses dirigeants ayant refusé de soutenir la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d’avril, un « dissident » isolé organisa un congrès qui bénéficia du soutien actif de l’administration. Immédiatement ce SNAPAP-bis reçut une subvention, alors que le SNAPAP n’ eut droit qu’à de dérisoires soutiens conjoncturels despouvoirs publics. Au mépris de la loi et de la réalité factuelle, la justice a attribué au SNAPAP-bis le petit appartement (avec la documentation et le matériel entreposés) qui servait de siège au syndicat. L’expulsion manu militari des occupants légitimes s’est effectuée avec brutalité et sans aucun recours possible. Le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) a vécu la même manoeuvre. Actif depuis le début des années 2000, le CNAPEST n’a obtenu son agrément que 10 juillet 2007, quasiment en même temps que son clone, le « SNAPEST » (les prétendus dissidents ont en effet – après hésitations dues à l’adoption tardive d’une « stratégie » – légèrement modifié le nom de l’organisation) .

Le clonage concerne même les regroupements de syndicats autonomes. Créée en avril 2006, l’intersyndicale de la fonction publique (IAFP), réunissant les authentiques syndicats autonomes, s’est vue immédiatement dupliquée par un clone dénommé « coordination des syndicats de la fonction publique ». D’autres syndicats autonomes, comme celui des pilotes de ligne, existent théoriquement mais n’ont plus d’activités sur le terrain. Pour cette catégorie, le pouvoir ne juge pas utile de créer des clones.

On pourrait ainsi multiplier les exemples…

Pour éclairer le lecteur, il a paru important d’établir, avec les informations dont le CISA a eu connaissance, une « table de correspondance » entre les « vrais » syndicats autonomes et leurs clones.

Tableau de correspondance entre syndicats autonomes et syndicats clones

Syndicats d'origine Clones

SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique ; président : Rachid Malaoui ; secrétaire général : Nassira Ghozlane)

SNAPAP- bis (dirigé par BelkacemFelfoul, ex-député retraité)

CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique ; coordonnateur : Larbi Nouar)

SNAPEST (dirigé par Mériane Meziane)

SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation ; secrétaire

général : Mohand-Salem Sadali)

SATEF- bis (dirigé par Abdelmadjid Basti)

CNES (Conseil national des enseignants du supérieur, coordination des sections CNES ;

porte-parole : Kaddour Chouicha)

CNES- bis (dirigé par Abdelmalek Rahmani)

SNTE (Syndicat national des travailleurs de l'éducation ; secrétaire général : Mohamed Bennoui )

SNTE- bis (dirigé par Abdelkim Boudjnah)

Intersyndicale de la fonction publique (IAFP) coordination des syndicats de la fonction publique

Toutes ces manoeuvres bénéficient du soutien automatique du ministère du Travail, chargé en principe de veiller au respect de la réglementation en matière de libre exercice du droit syndical. Ce ministère est dirigé depuis juin 2002 par le même individu, Tayeb Louh, lui même ancien syndicaliste autonome. La carrière de Tayeb Louh est révélatrice des stratégies antisyndicales du DRS. Magistrat, Tayeb Louh avait été l’un des fondateurs en 1993 d’un syndicat autonome des magistrats (Syndicat national de la magistrature) , qui avait fait l’objet de harcèlements ayant défrayé la chronique et d’un « redressement » en bonne et due forme.

C’est avec étonnement que les syndicalistes avaient appris la nomination, en qualité de ministre du Travail, de ce transfuge des luttes sociales. Sans surprise, ils constatent depuis que le ministre converti se livre avec constance aux pratiques dont il avait été un temps victime.

Ainsi, chaque fois qu’un clone est créé à l’initiative du pouvoir, le ministère du Travail refuse d’intervenir pour clarifier la situation. Pour enfoncer le clou, d’autres instances officielles –mais aucunement habilitées à intervenir en matière syndicale – se chargent de désigner le « bon » syndicat, celui avec lequel toutes les autorités doivent coopérer, ce qui suppose l’exclusion de celui qui n’a pas été désigné. Un exemple notoire est l’affaire du télégramme émis le 17 janvier 2009 par le ministère de l’Intérieur pour choisir le clone du SNAPAP : les administrations avaient été sommées de refuser de travailler avec les sections légitimes (élues par les adhérents) au prétexte de l’existence de représentants du clone, désignés par l’administration et n’ayant aucune légitimité élective. Quant aux décisions de justice, elles sont évidemment toujours à l’avantage des clones…


L’impératif de la solidarité


Ces pratiques n’ont pas la même influence sur tous les travailleurs. Car si pour les plus engagés d’entre eux, les enjeux sont clairs et les acteurs identifiés, pour d’autres, le retrait et la prudence sont de mise tant qu’une clarification n’intervient pas. En effet, le pouvoir et ses relais médiatiques tentent en permanence de discréditer le vrai syndicat en présentant le conflit entre celui-ci et son clone comme l’expression d’une lutte pour des strapontins. De plus, pour beaucoup de travailleurs, l’engagement dans un syndicat ne supposait pas une prise  de risques aussi importante (opposition au DRS), ce qui a contribué à éloigner nombre d’entre eux des luttes syndicales.

Dans ces conditions, la détermination, l’opiniâtreté des militants des authentiques syndicats autonomes n’en sont que plus respectables. Avec courage, ils se battent depuis des années contre la détérioration croissante des conditions de vie et de rémunération des travailleurs algériens et contre les manoeuvres de désintégration de leurs organisations syndicales représentatives. Après la meurtrière « éradication » des opposants – , ils restent aujourd’hui les seuls à lutter pied à pied, de façon structurée à partir de la fonction publique, contre une situation sociale dramatique, face à laquelle la majorité désespérée des citoyens n’a plus comme unique moyen d’expression que l’émeute. Apparues au début des années 2000, les émeutes qui secouent périodiquement les grandes villes comme les moindres douars pour tous les motifs possibles liés à la « malvie » – pénuries d’eau, de logements, d’infrastructures, etc. – se sont multipliées depuis 2004 et sont devenues quotidiennes en 2009, au point de faire de l’Algérie, de l’est à l’ouest, un chaudron social en permanence au bord de l’explosion généralisée.

Mais, jusqu’à présent, la combinaison du quadrillage omniprésent des hommes du DRS, de la répression policière et d’une justice aux ordres, toujours prompte à sanctionner lourdement les émeutiers, a réussi à maintenir ces révoltes populaires en deçà du seuil de cette explosion. Car les détenteurs du pouvoir, Bouteflika, les généraux et leurs affidés, sont particulièrement déterminés pour briser toutes les initiatives collectives qui permettraient de structurer ces révoltes, au risque de menacer sérieusement leur principal objectif : poursuivre à leur seul profit – comme ils le font depuis l'arrivée de Bouteflika au pouvoir – l’accaparement des richesses du pays, par la corruption et les prélèvements de commissions sur les exportations d’hydrocarbures comme sur les importations des biens de consommation ou d’équipements, que l’Algérie ne produit plus.

Dans ce sombre contexte, il est donc essentiel que cesse l’isolement international des militants des syndicats autonomes de la fonction publique, les seuls en Algérie à se battre de façon collective face aux manoeuvres, aux « clonages » et à la répression – et, plus globalement, contre l’atroce malvie imposée à tout le peuple par le pouvoir. La grève dure, massivement suivie, en est une illustration vivante. Qui plus est, le combat que mènent les syndicats autonomes est aussi celui des Algériennes pour leur émancipation : les femmes sont nombreuses à participer activement aux luttes et à assumer des responsabilité s à la tête de ces syndicats – et elles sont souvent les premières à subir les pressions, les harcèlements et les tentatives d’intimidation dupouvoir.

C’est pourquoi, en septembre 2009, des syndicalistes français et des militants, algériens et français des droits de l’Homme ont créé le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA), dans le but d’informer l’opinion sur la réalité des luttes syndicales algériennes, de les soutenir et de lever les équivoques entretenues par un système qui n’a plus que la violence et la coercition comme leviers sur la société.

 

Le Président du CISA

François Della Sudda


CISA, 21ter rue Voltaire 75011 Paris, France - comintersaa@gmail.com







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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 15:21

Le PTB tient à exprimer son indignation devant la proposition du ministre Daerden de prolonger les carrières des travailleurs de 3 ans. Ce 2ème pacte des générations ne tient pas la route.

Service de presse PTB

Raoul Hedebouw, porte-parole du parti de gauche : «  Alors que la crise bat son plein et que le nombre de sans-emploi explose en Belgique, le gouvernement vient avec une proposition sur la table pour maintenir les gens plus longtemps au travail… c’est vraiment incompréhensible. Il faudrait plutôt inverser la logique et permettre aux personnes qui le désirent de partir en prépension afin de laisser place aux jeunes ».

Le PTB soutient bien entendu les propositions tendant à augmenter le taux d’emploi mais ne comprend pas la logique des partis de la majorité. «  La meilleure manière d’augmenter le taux d’emploi en Belgique … c’est de créer de l’emploi ! Tout comme ce n’est pas en chassant les chômeurs qu’on chassera le chômage, ce n’est pas en gardant les travailleurs les plus âgés au travail, qu’on créera de l’emploi non plus. Si le gouvernement veut assurer une carrière complète aux travailleurs, qu’il empêche d’abord les entreprises en restructuration qui font des bénéfices de casser des milliers de carrières !  » dénonce Raoul Hedebouw. Et de rappeler que le PTB a déposé une proposition allant dans ce sens à travers sa proposition de loi inbev.

Quant au financement des pensions, le PTB est préoccupé de la situation. « La situation actuelle est intenable. La pension des générations futures n’est pas garantie. Pourtant, avec les hausses de productivité de nos sociétés industrialisées, l’augmentation de richesses produites devrait permettre un financement proportionnellement plus élevé de nos pensions ». Selon le parti de gauche, c’est dans la répartition de ces richesses que le bât blesse. Et de proposer concrètement : «  En septembre de l’année passée, nous avons lancé une proposition de taxe des millionnaires. Cette taxe de 1% sur les fortunes de plus d’1 millions d’euros rapporterait 8 milliards. Nous proposons que 3 milliards soient investis dans le financement des pensions et 3 milliards dans la création d’emplois publics, ce qui augmenterait le taux d’emploi »


Pour plus d’informations veuillez consulter le dossier pension du PTB

Contact presse :
Raoul Hedebouw (porte-parole) 0477/986510

 

 

 

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 10:26
Paris, le 20 janvier 2010,

 

DELEGUES ET ELUS DE TOUS MEDIAS

 

Les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SGJ-FO, SJ-CFTC, SNJ-FO s’adressent à vous, délégués et élus, dans une démarche, certes peu habituelle, mais que nous avons voulu commune et solennelle tant la sauvegarde des droits des journalistes pigistes nous paraît importante et urgente

Nous attirons en effet votre attention sur ces problèmes et nous vous demandons de tout faire dans vos rédactions respectives pour qu’enfin les droits des pigistes soient respectés.

En tant que délégués syndicaux, élus au CE ou délégués du personnel, vous avez toute légitimité pour porter leurs revendications et obtenir que vos directions se mettent en conformité avec le Code du travail et la convention collective des journalistes qui s'appliquent à tous les journalistes y compris les journalistes pigistes.

Au cours des réunions mensuelles obligatoires des IRP ou des négociations, notamment celle du protocole préélectoral, vous devez rappeler à vos employeurs que :

- le Code du travail stipule que tous les salariés doivent être comptabilisés dans les effectifs notamment pour les élections professionnelles y compris les pigistes sans carte. Aucun minimum de salaire ne peut  être exigé pour être électeur et éligible Le TGI de Paris, appelé à juger de la validité d’une clause prévoyant un seuil minimal de revenu l’a jugée illicite.

- le Code du travail stipule aussi que tous les salariés doivent être inscrits dans le registre unique du personnel avec leur date d'entrée dans l'entreprise. Le TGI a souligné qu’établir un listing mensuel des pigistes n’exonérait pas l’employeur de l’inscription dans ce registre

- les journalistes pigistes font donc partie des effectifs et par voie de conséquence si le titre auquel ils collaborent disparaît, l’employeur doit les comptabiliser dans les emplois supprimés et les reclasser. Ils ont droit aux indemnités conventionnelles et négociées en cas de licenciement

- toute rupture de la collaboration d’un journaliste pigiste régulier du fait de l’employeur, doit entraîner le respect de la procédure de licenciement (entretien préalable, motif, lettre recommandée, préavis, indemnités, certificat de travail, feuille “jaune” pour pôle emploi)

- toute baisse de commande de piges doit être compensée. A défaut, elle constitue une modification du contrat de travail qui doit être motivée et peut entrainer, si elle n’est pas acceptée, une rupture du contrat de travail correspondant à un licenciement

- les journalistes pigistes doivent bénéficier de barèmes minimaux et des augmentations annuelles négociées aux niveaux des entreprises et des différentes formes de presse

- les journalistes pigistes doivent bénéficier des accords de participation, intéressement, etc. s’ils ont l’ancienneté requise par l’accord (trois mois maximum)

- les journalistes pigistes doivent bénéficier des primes d’ancienneté conventionnelles. Ces primes d'ancienneté doivent leur être versées en plus de leur salaire de base (barèmes de piges)

- les articles 36 et 42 de la CCNTJ sur le maintien du salaire en cas de maladie et maternité s’appliquent à tous les journalistes, permanents ou pigistes. Le TGI a précisé que la Convention doit s’appliquer même si une amélioration du régime de prévoyance intervient

- les journalistes pigistes doivent être convoqués aux visites médicales.

Les journalistes pigistes, souvent isolés y compris quand ils représentent une fraction importante des rédactions, méconnaissent parfois leurs droits. Même quand ils les connaissent, ils peuvent difficilement les défendre seuls sous peine de mettre leur collaboration en péril, Plus encore que les autres salariés, ils ont besoin de vous et de la solidarité des journalistes titulaires.

Nous comptons sur vous pour tisser les solidarités nécessaires et faire de la défense des droits des journalistes pigistes une priorité. Nous sommes à votre disposition pour vous apporter tout conseil et aide dans vos initiatives.

 


Les Syndicats SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SGJ-FO, SJ-CFTC, SNJ-FO


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