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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:08

Audrey Pulvar a écrit une lettre ouverte à l'adresse de Jean-Paul Guerlain, intitulée « Nègre je suis, nègre je resterai ». La journaliste de la matinale de France Inter revient sur la phrase du parfumeur, prononcée vendredi 15 octobre sur le plateau du JT de 13 heures de France2: «J'ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin...».

Audrey Pulvar, d'origine martiniquaise, dénonce « le crachat, que ce très distingué Monsieur Guerlain a jeté à la figure non pas seulement de tous les Noirs d'aujourd'hui, mais surtout, cher Monsieur Guerlain, sur la dépouille des millions de morts, à fond de cale, à fonds d'océan, déportés de leur terre natale vers le nouveau monde ».

 

Négritude

C'est aussi l'absence de réaction de la part du monde médiatique et politique qui indigne la présentatrice. « On a bien cherché, on a bien attendu pendant tout le week-end, dans la bouche de tous ces responsables politiques, un début de condamnation, d'émoi, d'indignation (...). En France, on peut donc prononcer des paroles racistes à une heure de grande écoute, sur un média national sans qu'aucune grande voix, politique, intellectuelle ou artistique ne s'en émeuve ».

Et après avoir cité quelques vers d'Aimé Césaire, chantre de la négritude, elle rappelle la façon dont le poète répondit un jour : «Eh bien le nègre, il t'emmerde !»

 


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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 10:55


L’affaire Bettencourt-Woerth, qui occupe l’avant-scène politique depuis juin dernier, devrait s‘appeler plus justement l’affaire L’Oréal. Le Monde, dans son numéro du 8 juillet, ne s‘y est pas trompé. En effet, le quotidien consacre une page entière à la saga de cette entreprise de cosmétiques, titrée : « Un siècle de beauté trouble ».

Par le Front Syndical de Classe  

Mis en ligne par Djamal Benmerad

"canempechepasnicolas »* a soulevé, à plusieurs reprises, un coin du voile masquant la proximité permanente de L’Oréal avec la droite la plus dure, celle qui engendra l’organisation terroriste de la Cagoule avant-guerre et qui se vautra dans la Collaboration avec l’occupant. Le patron, Eugène Schueller, et ses dirigeants d’alors auraient dû être l’objet d’une poursuite pour « intelligence avec l’ennemi ».

Mais laissons Le Monde nous rappeler les faits.Après s’être longuement étendu sur les succès industriels et financiers du groupe, on peut lire :

« Le groupe a également une part d’ombre liée à la Collaboration. Eugène Schueller a été, dans les années 1930, membre actif du mouvement clandestin d’extrême droite le Comité Secret d’Action Révolutionnaire (CSAR), plus connu sous le nom de la Cagoule. Il fut l’un des principaux donateurs de cette organisation qui se définissait comme « raciste » et « autoritaire », dirigée par Eugène Deloncle. Ce dernier et Eugène Schueller fonderont ensuite le Mouvement Social Révolutionnaire, avec l’approbation personnelle du chef de la Gestapo. Son programme ? :

‘Construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste (…), régénérer racialement la France et les Français(…), donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer la race’

Le père de Liliane Bettencourt engagera par la suite, au sein du groupe de cosmétiques, des collaborateurs notoires, d’anciens activistes, plusieurs cagoulards dont le plus connu est Jacques Corrèze, soupçonné d’avoir participé à certains assassinats, aux persécutions des juifs, accusé d’intelligence avec l’ennemi et condamné à dix ans de travaux forcés après guerre**.

Homme politique plusieurs fois ministre, le mari de Liliane, André Bettencourt, qui ne cachait pas son admiration pour Eugène Schueller, traîne, lui aussi, un passé peu glorieux (…) André Bettencourt avait tenu dans sa jeunesse une chronique régulière, de 1940 à 1942, dans l’hebdomadaire La Terre française, publié par l’occupant, qui soutenait la politique collaboratrice et pro-nazie du régime de Vichy.

Le gendre du fondateur de l’Oréal a signé des brûlots antisémites comme dans le numéro 13 de décembre 1941 : ‘Un juif sera plus facilement avare qu’un chrétien’ Il prône aussi ‘la dénonciation active des ennemis du régime de Vichy’. (…) André Bettencourt, grâce à son amitié avec François Mitterrand et François Dalle ***, qui tous trois demeuraient au 104 rue de Vaugirard à Paris chez les frères maristes, avaient ‘contribué à sauver Eugène Schueller de l’épuration’, raconte Bruno Abescat dans La Saga des Bettencourt. »

Et comme le note en conclusion Le Monde :

« Ce passé n’a pas entamé la croissance du groupe » Ni ses profits. Ni la fortune, la troisième de France, de madame Liliane Bettencourt, qui vient d’être évaluee à 17 milliards d’euros.

La « saga des Bettencourt », la « saga de L’Oréal » continue donc avec ses financements occultes, sa proximité avec le pouvoir politique, toujours de la droite extrême. Ce qui fait dire au Monde :

« La gestion et le modèle ‘l’oréalien’ fonctionnent comme une machine à cash bien huilée »

Et question gestion, pourquoi les médias, si prolixes en révélations, ne rappellent-ils pas que le « porte-parole du gouvernement », par ailleurs ministre de l’Education nationale, Luc Chatel était, avant ses dernières promotions, DRH de …L’Oréal ?

NOTES

* Quand l’affaire Woerth-Liliane Bettencourt-L’Oréal n’est que le signe avant coureur d’une longue et fatale maladie

(1/2) Les symptômes

(2/2) La maladie

** Jacques Corrèze avait été, en 1944, fort opportunément mis à l’abri des poursuites comme « représentant de L’Oréal en Espagne », chez Franco….

*** François Dalle, le PDG de L’Oréal

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 14:43

Le ministre de l'Immigration a présenté, hier, son projet de loi sur l'"immigration, l'intégration et la nationalité" qui prévoit de durcir la procédure d'éloignement des sans-papiers, de sanctionner leurs employeurs et de récompenser l'intégration.
 

AFP - Le ministre de l'Immigration Eric Besson a présenté mercredi en Conseil des ministres un projet de loi "relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité", qui durcit les conditions d'entrée en France et crée une zone d'attente spéciale en cas d'arrivée massive de réfugiés.

Lorsqu'il est manifeste qu'un groupe d'étrangers vient d'arriver en France en dehors d'un point de passage frontalier, la zone d'attente pourra s'étendre "du lieu de découverte des intéressés jusqu'au point de passage frontalier le plus proche", est-il prévu.

Portant de 30 à 45 jours la durée de rétention des étrangers expulsables, le texte prévoit la possibilité d'assortir l'expulsion d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée pouvant aller jusqu'à trois ans.

La mesure est prise par l'autorité administrative qui peut aussi décider de reconduire à la frontière un étranger dont "le comportement a constitué une menace pour l'ordre public" pendant la durée de validité de son visa.

Par ailleurs, l'acquisition de la nationalité française sera conditionnée à la signature d'une "charte des droits et devoirs du citoyen" résultant du séminaire gouvernemental sur l'identité nationale.

Le non-respect du Contrat d'accueil et d'intégration par lequel le migrant s'engage notamment à apprendre la langue française et à respecter les valeurs républicaines peut entraîner le non-renouvellement du titre de séjour d'un an.

Les étrangers qui auront accompli des efforts d'intégration vont, en revanche, pouvoir bénéficier d'une procédure accélérée d'accès à la nationalité française.

Concrétisation de la politique d'immigration "choisie" du président Nicolas Sarkozy, le texte introduit le premier titre de séjour européen au bénéfice des travailleurs "hautement qualifiés" (minimum bac+3), valable dans les 27 pays de l'UE.

Pour permettre à certains mineurs étrangers isolés de rester en France, le texte prévoit la délivrance d'une carte de séjour avec la mention "salarié" ou "travailleur temporaire", à condition que le jeune ait été confié à l'aide sociale à l'enfance entre 16 et 18 ans et qu'il ait suivi une formation sérieuse.

Cerise sur le gâteau, le texte prévoit des sanctions administratives, financières et pénales contre les employeurs des sans-papiers.


 

 


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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:15

Lettre ouverte au ministre de l’immigration

Monsieur le ministre,

La Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) tient à vous faire part de sa plus profonde indignation quant aux pratiques des autorités françaises à l’égard des migrants du Nord-Ouest de la France et de son inquiétude quant aux conséquences de celles-ci sur leur intégrité physique et mentale.

En septembre 2008, dans son rapport « La loi des "jungles" : La situation des exilés sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord », la CFDA décrivait la situation précaire de ces personnes et faisait dix-neuf recommandations aux autorités françaises.

Un an plus tard, vous avez voulu « démanteler » les « jungles » et la situation des migrants présents dans la région va en s’aggravant depuis cette opération, comme le constate lui-même le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, présent sur place pour venir en aide aux réfugiés.

En effet, depuis de nombreuses semaines, les forces de police se rendent coupables d’atteintes sérieuses et graves à la dignité et à l’intégrité des migrants.

Chaque jour, chaque nuit, en agissant sur ordre des autorités administratives françaises, elles empêchent les migrants, dont de nombreux mineurs, de dormir en les délogeant systématiquement des lieux où ils peuvent tenter de le faire, que ce soit des abris de fortune en pleine nature ou des tentes. Des témoignages concordants font état de pratiques consistant à déchirer les duvets des migrants, et ce alors même que le froid sévit.

Cette pression constante, qui finit par priver ces personnes du besoin essentiel de repos et les expose sans protection à la rigueur du froid, aggrave leur situation déjà extrêmement difficile et n’a plus rien à voir avec une politique digne et respectueuse des êtres humains.

L’action des associations est par ailleurs entravée. En effet, une partie du matériel de survie distribué aux migrants est régulièrement confisqué ou détruit par la police.

Monsieur le ministre, vous connaissez la situation, vous avez validé les instructions données aux forces de police. Vous êtes responsable du drame humain quotidien qui en découle. Nul désormais parmi les autorités administratives ne peut l’ignorer.

Tant que vous continuerez de ne penser qu’en termes de « flux », « d’appel d’air », « d’arrivées massives », de « clandestins » et de « réseaux », cette situation, comme d’autres potentiellement, continuera de perdurer, parce que les êtres humains, les vies humaines sont parfaitement occultés de toutes les décisions.

L’Etat français a l’obligation de protéger les personnes présentes sur son territoire en s’abstenant de leur infliger des conditions de vie indignes et inhumaines, quel que soit leur statut. Il a l’obligation de protéger particulièrement les personnes qui fuient les persécutions et recherchent une protection. Les textes internationaux qu’elle a signés le lui imposent. Le ministre de l’Immigration en est par définition l’autorité responsable et devrait d’urgence s’en souvenir.

Contrairement au message que votre ministère et les autorités françaises diffusent régulièrement en direction du grand public, ces personnes, hommes, femmes et de plus en plus d’enfants seuls, sont avant tout des êtres humains qu’il est impératif que les autorités traitent et respectent comme tels. Nombre d’entre eux ont fui leur pays du fait des violences et des persécutions subies. Ils sont aussi pour la plupart désireux d’entrer dans une procédure légale pour que leur statut et leur histoire soient reconnus et pour être protégés comme la loi le prévoit.

Dans son rapport de septembre 2008, la CFDA rappelait que « le respect de la dignité de toute personne se traduit au quotidien par un ensemble de droits. Les migrants ne sont pas exclus de la protection de ces droits. Leur statut administratif ne peut et ne doit pas constituer un prétexte pour ne pas respecter leurs droits ou ne pas les protéger. Les lieux où les étrangers en situation d’errance sont amenés à vivre ne doivent en aucun cas être régis par des normes d’exception et l’absence de droits ».

Aujourd’hui, la CFDA, particulièrement inquiète de l’évolution de la situation sur le terrain, vous demande de faire cesser ces graves atteintes aux droits des personnes migrantes et réaffirme ses revendications les plus urgentes ;

  • le respect des conditions de vie des migrants : même démunis de document d’identité ou de titre de séjour, ils ne doivent plus faire l’objet d’interpellations répétitives, de violences physiques, de mesures de harcèlement, de dégradations de leurs biens, de perturbation systématique de leur sommeil, etc..
  • en amont, il est du devoir des parquets de contrôler le comportement des forces de police. En aval, dès lors qu’existent des indices de dérives ou d’abus, il est de la mission de la hiérarchie policière et des préfets de s’assurer que des enquêtes administratives soient ouvertes et menées à bien ;
  • le respect du travail des acteurs humanitaires : l’action des associations qui viennent en aide aux exilés ne doit plus être entravée. Les obstacles administratifs, les menaces et les intimidations à l’encontre de ces associations et des citoyens qui portent assistance aux exilés doivent cesser ;
  • les mineurs étrangers isolés doivent être protégés en étant mis à l’abri et pris en charge comme le droit français et le droit international le prévoient ;
  • les plaintes des personnes concernant des violences policières doivent pouvoir être enregistrées ;
  • les migrants, quel que soit leur statut, doivent pouvoir bénéficier d’un hébergement, d’une aide alimentaire et d’un accès aux soins, dans le respect de la dignité humaine ;
  • l’Etat et les collectivités territoriales doivent mettre en place des dispositifs d’accueil suffisants avec des conditions décentes, notamment dans les villes situées sur le littoral.




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