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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 22:07
 par Djamal Benmerad <le.brasier@yahoo.fr> lundi 15 juillet 2013
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Plusieurs années avant son AVC, Bouteflika, qui n’eut durant son règne pas une once d’humanité pour son peuple, était déjà un fossile, puisqu’en trois mandats il a été hospitalisé (toujours en France) 4 fois - dont une pour un cancer de l’œsophage, mais un fossile qui voudrait emmener dans sa tombe le fauteuil présidentiel. C’est surtout un fossile qui a gardé une énorme capacité de nuisance, vu les relais dont il dispose au sein des institutions, à commencer par le Conseil constitutionnel qui lui est entièrement dévoué.

La majeure partie du microcosme politique algérois (et non algérien car la base sociale de la majorité des partis ne dépasse généralement pas les limites de la capitale) est en émoi depuis l’accident vasculaire cérébral (AVC) survenu à Bouteflika, l’indus occupant de la Présidence de la République.
Certains, qui ne durent leur existence qu’à la Présidence, et pour qui nous reprenons l’appellation coloniale de Béni oui-oui, se mirent à redoubler de déclarations de vœux et de soutien à celui qui n’est désormais qu’un fossile. D’autres demeurent dans l’expectative. Tandis que d’autres, rares comme Mohamed Mechati, survivant des 22 historiques qui déclenchèrent la guerre d’indépendance ou le Front national algérien de Moussa Touati ou encore Me Ali-Yahia Abdennour, président d’honneur de la Ligue algérienne des Droits de l’Homme, demandent l’application sans tarder de l’article 88 de la Constitution. Cet article de la Constitution que nous reproduisons dans son intégralité, stipule que :
« Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil Constitutionnel, se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement.

Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du Président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’Etat, pour une période maximale de quarante cinq (45) jours, le Président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 90 de la Constitution.
En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux aliénas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article.
En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil Constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République.
Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit.
Le Président du Conseil de la Nation assume la charge de Chef de l’Etat pour une durée maximale de soixante (60) jours, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées.
Le Chef de l’Etat, ainsi désigné, ne peut être candidat à la Présidence de la République.
En cas de conjonction de la démission ou du décès du Président de la République et de la vacance de la Présidence du Conseil de la Nation, pour quelque cause que ce soit, le Conseil Constitutionnel, se réunit de plein droit et constate à l’unanimité la vacance définitive de la Présidence de la République et l’empêchement du Président du Conseil de la Nation. Dans ce cas, le Président du Conseil Constitutionnel assume la charge de Chef de l’Etat dans les conditions fixées aux alinéas précédents du présent article et à l’article 90 de la Constitution. Il ne peut être candidat à la Présidence de la République » . Fin de citation
Sauf qu’en Algérie, où le sport préféré du régime est de contourner les lois, cet article de la Constitution s’annule de lui-même car :
- Premièrement, L’article 88 ne peut être appliqué qu’avec l’assentiment du clan de Bouteflika.
- Deuxièmement, La procédure d’empêchement ne serait lancée que s’il y a consensus sur le nom du prochain président au sein du régime.
Après un premier volet consacré à l’interprétation théorique de l’article, voici un deuxième volet expliquant la réalité de l’application (ou plutôt de la non-application) de la procédure d’empêchement en Algérie.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un empêchement ? Dans son sens commun, c’est une impossibilité d’agir, une difficulté ou encore un obstacle à surmonter. Nul ne peut contester qu’Abdelaziz Bouteflika soit dans une situation d’empêchement du fait de son état de santé. Il ne peut assurer ses fonctions à la présidence à El Mouradia. Et quand bien même il serait juste convalescent aux Invalides à Paris avec toutes ses facultés mentales et physiques, il ne peut y traiter des dossiers relevant de la souveraineté du pays au risque de mettre en péril des secrets de l’Etat algérien. Et la visite à son chevet à Paris du Premier Ministre Abdelmalek Sellal et du Chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah ne lève pas toutes les interrogations à ce sujet.
Dans son sens politique, le mot empêchement désigne une mesure, votée par un parlement ou un jugement décidé par une juridiction spéciale, visant à destituer ou suspendre un chef d’État ou une haute personnalité du pouvoir exécutif. C’est l’objet de l’article 88 de la constitution algérienne qui stipule qu’en cas de maladie grave et durable, le président peut être suspendu de ses activités pendant une durée de 45 jours. Et s’il n’est pas apte à reprendre sa fonction à la fin de ce délai, l’état de vacance est alors déclaré.
Ouvrons une parenthèse pour dire que si cette décision d’empêchement était virtuellement décidée aujourd’hui même, l’absence de Bouteflika peut techniquement totaliser 90 jours - soit le quart de sa dernière année de mandat - sans qu’il se retrouve destitué ! Il lui suffirait alors de revenir à El Mouradia couler ses derniers jours de Chef d’Etat. Mais fermons vite cette parenthèse toute virtuelle. En théorie, c’est le Conseil constitutionnel (CC) qui est chargé de s’assurer que la constitution - le texte fondamental de la république - soit bel et bien respecté. Cette haute juridiction aurait du s’autosaisir afin de garantir la bonne marche des institutions de l’Etat. Nul besoin d’envoyer une délégation en France, le CC peut constater la carence du pouvoir directement au palais d’El Mouradia à Alger. C’est bien moins loin !
Mais dans le contexte algérien, le CC n’est qu’une vitrine légaliste sans crédibilité. Avec la crise politique générée par la maladie du président, le CC attend les instructions avant de réagir. Loin d’être un gardien du temple, le CC n’est qu’un rouage du pouvoir. Une autre absurdité : les mandats de l’ancien président Boualem Bessaih et de plusieurs autres membres du CC s’étaient terminés au mois de septembre 2011. Ils ont quand même continué à siéger. Et cela ne les a pas empêchés d’entériner des lois organiques comme la loi sur les partis politiques ou le code de l’information début 2012. Un travestissement du texte fondamental qui aurait été frappé du sceau de la nullité dans toute démocratie qui se respecte. Le successeur de Boualem Bessaih n’est autre que l’ancien ministre de la Justice Tayeb Belaïz. Aussitôt nommé en mars 2012, il se fait remarquer au mois de mai suivant en battant un record qui devrait figurer dans les annales. Il a fait valider les "résultats des élections législatives" sans avoir techniquement les données détaillées pour le faire. Avec lui, le Conseil Constitutionnel devient une simple chambre d’enregistrement. Une mission qu’il avait déjà réussie au ministère de la Justice de 2003 à 2012.
Pas d’indépendance de la justice, pas de respect de la constitution. Pourquoi se gêner avec la légalité !
Le Conseil Constitutionnel est verrouillé. Parmi ses neuf membres, on retrouve d’anciens députés et sénateurs des partis du pouvoir FLN et RND. La stabilité du pays réside dans son immobilisme. Il ne faut pas espérer d’initiative autonome de ce côté là.
Et quand bien même, même si le CC s’autosaisit et lance la procédure d’empêchement, il lui faut passer par un vote à la majorité des deux tiers des membres du parlement, assemblée nationale populaire et conseil de la nation réunis. Et sur les 606 parlementaires - 462 députés et 144 sénateurs - combien doivent leur situation personnelle à leur asservissement à un clan du pouvoir ? Bref, une situation de blocage à ce niveau n’est pas une hypothèse à écarter. Moins pour des raisons politiques que pour assouvir leur cupidité. La plupart des parlementaires étant passés maîtres dans la monétisation de leur statut, il faut s’attendre à une surenchère de demandes sonnantes et trébuchantes ou d’avantages matériels. La notion d’intérêts supérieurs du pays étant d’ailleurs particulièrement étrangère à la culture de certains "élus" vus les conditions dans lesquelles ils ont été sélectionnés.
Ensuite, imaginons que toutes ces entraves soient finalement surmontées, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim. Il s’agit de Abdelkader Bensalah. Un autre proche du clan Bouteflika. Ce qui laisse augurer que rien de toute cette procédure ne serait possible sans l’approbation des proches du président actuel.
Tous cela fait dire aux observateurs qu’Abdelaziz Bouteflika avait verrouillé l’article 88 à l’avance, de peur d’avoir un coup d’état médical à la Bourguiba. Le politologue Mohamed Chafik Mesbah, un ancien colonel des services secrets, le résume ainsi :
« On peut reprocher à Abdelaziz Bouteflika de ne pas avoir de stratégie, mais sur le plan tactique, il est imbattable. Ce n’est pas pour rien qu’il a placé Tayeb Belaïz au Conseil constitutionnel. Tant que la situation sera contrôlable, Belaïz refusera d’appliquer les dispositions constitutionnelles ».
Il lui suffirait alors au fossile de revenir à El Mouradia couler ses derniers jours de Chef d’Etat.
Une succession présidentielle n’est pas une affaire simple dans les coulisses du pouvoir algérien. Le consensus est souvent obtenu à l’usure après un long processus. Pour le moment, il semble qu’aucun candidat ne fait l’unanimité. Mais si jamais l’article 88 est enclenché, sur initiative principale des services secrets et de l’armée, et approbation des différents clans du pouvoir, dîtes- vous bien que le deal a été entériné et que le poulain présidentiel est déjà choisi.
Maintenant, en attendant le retour d’Abdelaziz Bouteflika ou sa peu probable destitution, il faut s’habituer aux habituels manquements à la légalité constitutionnelle. Ainsi en est-il du ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci qui reçoit les copies figurées des lettres de créance de plusieurs nouveaux ambassadeurs en Algérie. En totale contradiction avec l’article 78 de la constitution qui stipule que seul le Chef de l’Etat "reçoit les lettres de créance et de rappel des représentants diplomatiques étrangers," un pouvoir qu’il ne peut aucunement déléguer en vertu de l’article 87. La situation politique actuelle en Algérie est un coup anticonstitutionnel permanent, mais cela n’est pas nouveau. Cela fait des années que cela dure.
Cependant, et croyant connaître les mœurs du pouvoir, cela ne se passera pas ainsi.
Certains partis, ou plutôt clients du pouvoir, avaient déjà déclaré leur soutien à la quatrième et non moins illégitime candidature de Bouteflika à la Présidence car, rappelons-le, la précédente Constitution limitait les mandats présidentiels à deux (02). A cette occasion, rappelons que Bouteflika, prenant soin de multiplier le salaire des députés par 300, demanda au Parlement d’amender la Constitution auparavant pour une durée illimitée des mandats. Comme on ne proteste pas la bouche pleine, les députés votèrent avec les deux mains - et même avec leurs deux fesses - le nouvel amendement.

Mais revenons au début de la débâcle nationale...
Tout commença en 1998 lorsque l’armée présenta Bouteflika, qu’elle avait « importé » auparavant des Emirats Arabes Unis où il s’était réfugié fuyant la Justice algérienne, aux prédentielles. En effet, suite à la mort en 1979 du Président Houari Boumediene, dont Bouteflika était ministre des Affaires étrangères, la cour des comptes découvrit que ce dernier avait « prélevé » pour son compte personnel des milliards de dollars sur des fonds destinés aux chancelleries algériennes à l’étranger, somme qu’il avait placé sur deux comptes en Suisse. Par crainte d’être jugé et, éventuellement condamné, Bouteflika prit la fuite vers les Emirats Arabes Unis qui n’avait pas de traité d’extradition avec l’Algérie.
Cette même armée, après avoir assassiné en direct des écrans télé le Président Boudiaf, présenta Bouteflika aux élections présidentielles en tant que candidat unique, les autres postulants s’étant retirés de la course pour dénoncer les conditions d’organisation du vote. A l’aide d’une fraude massive, il fut « « élu » » avec le score brejnévien de 74 % de voix. C’est là que s’aggrava la régression de l’Algérie, commencée sous la présidence de Chadli Benjedid et que débuta l’à-plat-ventrisme de Bouteflika, à-plat-ventrisme idéologique face aux USA et économique vis-à-vis de la France.
Dès son arrivée au pouvoir, Bouteflika entreprit le démantèlement de l’héritage de Boumediene timidement commencé à l’ère Chadli. En matière sociale, il commença par abolir ce qui faisait, entre autres, la fierté des Algériens : la médecine et l’éducation gratuites, ainsi que la subvention étatique du livre soudain considéré comme un produit de luxe. Puis il s’en prit au secteur public industriel qui représentait l’écrasante majorité de l’infrastructure économique, allant jusqu’à dénationaliser le géant Sider, le plus grand complexe sidérurgique d’Afrique qui se permettait, au-delà de satisfaire l’autosuffisance nationale, d’exporter vers l’étranger ses produits.
Profitons de ce passage pour rappeler que Boumediene faisait payer à des pays du Tiers-Monde la moitié du prix international du pétrole, ce qu’on appelle un tarif préférentiel.
Pour parachever sa besogne, Bouteflika supprima le monopole de l’Etat sur le Commerce extérieur, ouvrant la porte à une faune de nouveaux riches qui, bénéficiant d’un registre d’import-export que l’humour algérien surnomma import-import - car ces spéculateurs ne produisant rien n’avaient n’avait rien à exporter - qui importaient des produits africains via la France. La France est le passage obligé, même pour l’importation de produits africains ! Le célèbre dramaturge Abdelkader Alloula, assassiné (par les islamistes, semble-t-il), en fit une pièce de théâtre pourfendant ces nouveaux riches intitulée « Les sangsues ».
Tout cela se fit sur recommandation du FMI alors qu’un pays riche tels que l’Algérie pouvait se permettre d’ignorer cette institution, aussi internationale soit-elle. Et pour ce faire il s’est adjoint son frère Saïd, véritable Raspoutine, en le nommant Conseiller à la Présidence.
Et, comble d'indignité, il débaptisa les rues d’héroïnes martyres de la guerre d’indépendance. C’est pour se guérir d’un complexe, surtout s’agissant de femmes. Cela se comprend de la part d’un homme qui a fait la guerre dans les cabarets d’Oujda et qui ne participa à la guerre d’indépendance qu’en tant que secrétaire administratif de Boumediene, alors chef d’Etat-major de l’Armée de Libération Nationale. Contrairement à ce que dit sa biographie officielle, Bouteflika n’a eu, durant la guerre d’indépendance, aucun grade militaire dans l’Armée de Libération Nationale, Un grade se gagne au combat et Bouteflika n’a jamais participé à aucun combat. Il n’a jamais touché une arme, sauf peut-être en tant que Président, au Musée de L’Armée.
Né à Oujda, bourg marocain frontalier de l’Algérie, et peu doué pour les études, il fut renvoyé de l’école pour manque d’assiduité. Dans cette même ville était stationnée l’ « « armée des frontières » » composée de bataillons de l’Armée de Libération Algérienne (ALN). La mère de Bouteflika, qu’il continue à appeler affectueusement El Walida, possédait dans cette ville un hammam qui avait deux entrées, l’une donnant sur le hammam et l’autre, plus discrète, sur une maison close qu’elle avait faite enregistrer comme dépendance dudit hammam, les maisons closes étant sévèrement taxées. Les soldats de l’ALN qui fréquentaient l(es)’établissement(s) de Mme Bouteflika chargeaient son fils de différentes petites courses : tabac, sandwichs, etc.
Intrigant précoce, Bouteflika grâce ces petites courses, réussit à se faufiler au sein de l’ALN et à se faire recruter comme secrétaire administratif de son chef d’état-major : Houari Boumediene.
Avec le temps et pour des raisons ignorées, où que nous voulons ignorer parce qu’il s’agit de la vie privée de la mère Bouteflika et de Boumediene, celui-ci en fit son confident et c’est ainsi que Bouteflika, sans compétences particulières, se retrouva, à l’indépendance de l’Algérie, ministre de la Jeunesse, puis ministre des Affaires étrangères.

Une répression multiforme
Voici, par exemple, ce que déclarait la Coordination Nationale pour le Changement Démocratique (CNCD ) dont le président est M. Ali Yahia Abdennour, doyen des Droits de l’Homme en Algérie dans sa « plate-forme de sortie de crise » : « Le changement aura lieu dans la rue, d’une manière pacifique mais résolue » a averti Maître Ali Yahia Abdenour à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la CNCD (composée essentiellement d’acteurs de la société civile). Le président d’honneur de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) n’a pas été complaisant et a dressé un tableau très sombre de la situation politique en Algérie. Pis, l’Algérie toute entière serait dans une « phase dangereuse » », estime le conférencier qui soutient « qu’une tempête est en train de se préparer et va emporter le régime, comme cela s’est passé en Tunisie et en Egypte ». Cela c’était le 15 juin 2012.
Ali Yahia Abdenour propose de « destituer » le chef de l’Etat en s’appuyant sur la Constitution, notamment dans son article 88 qui prévoit, ajoute-t-il, « le remplacement du président de la République en cas de maladie grave ». Le président d’honneur de la LADDH dira qu’il a trouvé le discours à la nation de Bouteflika « pathétique ». Tous les changements à l’intérieur du système ne seront d’aucun effet, estime encore l’avocat qui soutient que « le départ du président de la République doit être un préalable à tout changement ». Les réformes annoncées par le chef de l’Etat ne sont que de la « « poudre aux yeux » » pense Ali Yahia Abdenour qui remontera dans l’histoire en affirmant qu’entre le colonialisme et le pouvoir actuel rien n’a vraiment changé. « « Les citoyens algériens sont restés des sujets, comme lors de la colonisation » » dira-t-il en soulignant que « la révolution algérienne a été détournée de son sens depuis 1962 ».
Pour sortir de cette « crise », la CNCD propose une série de mesures, contenues dans une plate- forme distribuée aux journalistes, en marge d’une conférence de presse organisée à Alger. Le premier préalable c’est l’organisation d’une conférence nationale et qui aura pour mission de désigner un conseil national de transition démocratique (CNTD), est-il expliqué. Composé de personnalités « résolument engagées pour le changement démocratique », le CNTD aura un mandat qui ne devrait pas dépasser les 12 mois, ajoute- t-on encore en soulignant que la commission doit veiller à « dissoudre toutes les assemblées élues » », « « nommer un gouvernement de transition pour gérer les affaires courantes » et enfin « se préparer pour engager le pays dans une refondation nationale dont la clé de voûte sera la rédaction d’une Constitution qui sera proposée au peuple algérien par voie référendaire ». « Le CNTD mettra en place une commission indépendante qui proposera les modalités de restitution du sigle FLN à la mémoire collective. Cette commission aura pour mission d’établir la vérité et la justice sur toutes les atteintes subies par les Algériennes et les Algériens après l’indépendance » est-il stipulé dans le cinquième point de la « plate- forme pour le changement démocratique ». Cette dernière, propose par ailleurs que durant cette phase de transition « l’armée et l’ensemble des services de sécurité seront placés sous l’autorité du CNTD et auront pour mission la défense du territoire et du caractère républicain et démocratique de l’Etat ».
Interrogé sur la faible participation des citoyens aux « marches hebdomadaires » de la CNCD, le député du RCD, Besbès Tahar incombe cela au dispositif sécuritaire déployé chaque samedi. Par ailleurs, la représentante du parti pour la liberté et la démocratie (PLD), Mme Aouicha, est intervenue au sujet de l’assassinat d’Ahmed Kerroumi, l’enseignant universitaire, militant au sein du MDS et membre de la CNCD d’Oran. « « C’est un assassinat politique dont l’objectif est de nous faire taire » » a-t-elle déclaré. A noter qu’en dehors de l’action de samedi, c’est la première fois que la CNCD organise une conférence publique. Plusieurs personnalités politiques nationales et des ambassadeurs ont été invités et les représentants des chancelleries basées à Alger, des USA, d’Espagne et d’Italie sont venus participer à la rencontre.
Le violent Bouteflika ne pardonne qu’à la violence, pour preuve il a amnistié plusieurs milliers de terroristes, dont leurs chefs, reconnus coupables de massacres et de viols.
Bouteflika accordait au parti qui le demande un agrément d’Etat, dont il ferait plus tard un « client », tout en l’infiltrant par ses services secrets (le DRS). Cependant, durant ces trois mandats éprouvant pour le peuple algérien, il rejeta toutes les demandes d’officialisation demandée avec insistance par divers syndicats qui ont pourtant démontré, par leurs actions, leur représentativité. Au contraire, ces syndicats furent réprimés et plusieurs de leurs membres, dont des grévistes de la faim, furent incarcérés. Cette répression nous rappelle celle dont fut l’objet le CNCD. La marche organisée par le CNCD le nous donne un aperçu sur la réceptivité du pouvoir de toute forme de contestation.
La marche du 12 février 2011
Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis à Alger, le 12 février 2011 autour de la place du 1er mai, pour manifester contre le pouvoir algérien à l’appel de la CNCD, qui rassemble des partis d’opposition, des représentants de la société civile et des syndicats non officiels. Le rassemblement, interdit par les autorités, s’est cantonné à la place, sous la surveillance d’un impressionnant dispositif de répression - 30.000 policiers, selon les chiffres officiels - qui a dispersé la foule.

 

Mais auparavant, il y eut le massacre d'avril 2001
Lors de la commémoration en avril 2001 du Printemps berbère par des militants qui revendiquaient l’amazighité (berbérité) de l’Algérie, par une marche pacifique, Bouteflika fit tirer sur la foule à l’aide de balles explosives qui firent 126 morts et plusieurs milliers de blessés. La majorité des victimes ont reçu les balles dans le dos et à hauteur de la nuque : l’armée avait donc tiré pour tuer et elle ne pouvait le faire si elle n’en avait reçu l’ordre du Commandant suprême des forces armées, à savoir le chef de l’Etat. Ce massacre restera dans la mémoire collective sous le nom du Printemps noir. Pour moins que ça des chefs d’Etats furent jugés par la Cour pénal international pour crimes contre l’humanité, mais on ne traduit pas en justice, fut-elle internationale, un protégé de Washington. Au lieu de cela, Bouteflika reçut les félicitations du Fonds Monétaire International pour sa « bonne gestion » de l’économie algérienne, alors que ce même FMI était au fait des émeutes contre la cherté de la vie qui avaient régulièrement lieu dans les principales villes du pays telles que Bougie, Tizi-Ouzou, Annaba, Constantine…
Mais il y a pire : Au mois d’octobre 2012, l'Algérie a accordé un prêt cinq milliards de dollars 2013 à ce même FMI, alors que des dizaines de milliers d’enfants de paysans algériens souffrent, selon l’OMS, de malnutrition. C’est une manifestation de prestige international alors que le prestige premier et véritable est de bien nourrir - et de bien éduquer - sa population.

 

Israël, Israël !
Les relations - officieuses mais fructueuses pour l’Etat hébreu - avec l’Etat d’Israël commencèrent lors du premier mandat de Bouteflika. Alors qu’il avait déjà entrepris des relations avec l’Etat d’Israël, le Président prononça cette phrase d’apparence anodine lors d’un de ses nombreux discours : « Lorsqu’un médecin me prescrit un médicament je ne veux pas connaître la nationalité du pharmacien ». Cette phrase qui préfigurait les relations algéro-israéliennes échappa dans un premier temps au peuple algérien, sauf aux initiés. Mais de quelle maladie souffrait l’Algérie – hormis celle de l’incurie de son Président ? - pour que lui soit prescrite la relation avec l’Etat d'Israël tueur d’enfants palestiniens ?
Cette relation qui faisait suite à une injonction des Etas-Unis commença par l’importation d’Israël …de tests de grossesses. En dehors de son aspect politiques, non nombre d’économistes furent ahuris : qu’est-il besoin d’aller chercher aussi loin des tests de grossesses alors qu’il était possible de les acquérir plus vite et moins cher moins cher et dans pays proches, ce qui reviendrait moins cher ?
Ensuite il y eut les œufs. Bouteflika les faisait importer d’Israël via l’Espagne où ils changeaient l’estampille de provenance.
Tout cela n’était que l’introduction à une autre forme, de collaboration, celles des services de répression.
A dater de l’an 2000 - nous n’avons pas la date plus précise - le Shin Beit, service de la sécurité intérieure israélien, prit en charge à la demande de Bouteflika, la formation des officiers supérieurs de la police et du service de sécurité intérieur algériens …
Puis on passa, de 2005 à 2012, à l’achat de matériel militaire israélien que par souci de discrétion on fit transiter par la Grande-Bretagne. Cette information a été révélée par le quotidien Haaretz. Cette même source affirme que des armes ont été également livrées au Maroc, aux Emirats Arabes Unis et à l’Egypte. L’Algérie n’a ni démenti ni confirmé ces révélations.

*

 *      *

Plusieurs années avant son AVC, Bouteflika était déjà un fossile, un fossile utile, certes, pour la bourgeoisie arriviste, mais aussi un fossile qui voulait emmener dans sa tombe le fauteuil présidentiel
En cas de son décès - que nous ne lui souhaitons pas - il y aura toujours des chiens, et leurs maïtres qu'ila couvés, pour le pleurer.
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Djamal Benmerad - dans Oppression
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 23:46

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/nouvelle-video-degradante-pour-les-palestiniens_925209.html

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 22:02

 

Par la LADDH

Le Bureau de la LADDH de la Wilaya d’El-Bayadh a reçu la plainte de la famille Djelaili habitant le quartier de Ouled Yahia, dans la ville de l’El-Bayadh, au sujet de la torture subie par l’un de ses membres de fait d'agents de la police.

En effet, le vendredi 13 aout 2010 correspondant au troisième jour de Ramadhan, et au moment de la rupture du jeûne, huit policiers sans uniformes ont investi la maison familiale en fracassant la porte d’entrée à la recherche d’une drogue qu'ils n’ont pu trouver sur les lieux. Les policiers n'ont pas présenté de mandat de perquisition, ni indiqué la nature de leur opération. Suite à ça, les policiers interpellent M. Djelaili Belaid Ouadi, un des membres de la famille pour l’emmener au poste de police pour être roué de coups par 6 policiers alors qu’il était menotté à la rampe des escaliers du poste. Ces coups lui ont causé des blessures importantes au visage, et la victime risque de perdre l’usage de son œil.

Par la suite la victime a été emmener au commissariat central, et ce n’est qu’ au quatrième jour de son arrestation, le mardi 17 août, que M.Delaili sera présenté au procureur de la république contrairement ce que stipule la procédure judiciaire. Aussi, une fois examiné par le médecin légiste, la victime a été auditionnée par le juge d’instruction lui et ses deux frères à la suite du dépôt d’une plainte par deux policiers pour violence.

Par ailleurs, et selon les déclarations de M.Djelaili, ce dernier était présenté chaque jour à un médecin de l’hôpital de la ville qui rédigeait un certificat médical qu’il remettait au policier sans ausculter le patient ni même lui adresser la parole, alors même que les traces des coups paressaient apparentes sur le visage du patient. Cette attitude peut s’apparenter à un comportement contraire aux règles de déontologie et à la loi.

La LADDH dénonce l’intrusion brutale et non justifiée des agents de la police dans le domicile des Djelaili et leur comportement contraire à la loi. Elle condamne avec force la torture pratiquée dans le commissariat avec la participation de plusieurs policiers.

La LADDH demande aux autorités judiciaires l’ouverture d’une enquête sérieuse concernant les circonstances de cette affaire, et de poursuivre tous ceux qui ont participé à ce comportement hors la loi. Elle demande aussi aux autorités judiciaires et celles de la santé, une enquête sur la pratique qu’auraient certains médecins, qui délivrent des certificats médicaux à la demande des policiers sans examiner les personnes ramenées.

 

 

Alger le 25 août 2010

Le Comité Directeur

 
LADDH:
5 Rue Pierre Viala (Frères Alleg)
hauteur 101 Didouche Mourad-Alger
tel/fax: 00213 21 23 80 86
mail: contact@la-laddh..org
site: www.la-laddh.org


 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:25

La 20ème chambre de la Cour d’appel civil de Liège a prononcé jeudi un arrêt dans lequel elle condamne l’Etat belge à verser un dédommagement de 2000 euros à quatre altermondialistes blanchis de leur appartenance à une organisation criminelle. La Cour a stigmatisé le recours abusif à des méthodes particulières.



Par MisSurEcoute

Le 22 septembre 2001, quatre militants altermondialistes avaient organisé, en concertation avec les autorités, une manifestation intitulée "S22 vers D14", à Liège, à l’occasion d’un sommet européen Ecofin. Deux années plus tard, ces organisateurs avaient été informés qu’un dossier judiciaire était ouvert contre eux et qu’ils étaient suspectés d’appartenir à une organisation criminelle. Une instruction les concernant, utilisant des méthodes particulières d’enquête, avaient été lancée.

Ces quatre jeunes altermondialistes avaient constaté que, dans le contexte particulier de l’époque, leurs GSM avaient été placés sous écoute, que leurs SMS avaient été interceptés au même titre que leurs courriers électroniques. C’est uniquement dans le cadre de la loi sur le terrorisme et l’organisation criminelle qu’un juge d’instruction avait ordonné l’instauration de ces méthodes particulières de recherche.

Les quatre altermondialistes se défendaient de ces accusations, soulignant qu’ils avaient organisé une manifestation dans le cadre d’un mouvement social qui ne pouvait être assimilé aux activités d’une organisation criminelle. Ils dénonçaient une atteinte à leurs droits fondamentaux, l’utilisation abusive d’une loi que le législateur avait pourtant spécialement voulu encadrer, un acharnement judiciaire et des méthodes d’intimidation.

Ils ont été blanchis à deux reprises par les juridictions d’instruction avant d’intenter une action au civil en réparation de leur dommage contre l’Etat belge.

Jeudi, la Cour d’appel a confirmé le jugement qui condamne l’Etat belge à leur verser quatre fois 2000 euros de dommages et intérêts. L’arrêt confirme que les écoutes téléphoniques ont été réalisées hors du champs d’application de la loi et qu’un appel du parquet n’était pas justifié. Mais elle pousse sa réflexion en estimant que la demande de mise à l’instruction de cette affaire constituait initialement une faute.

 

Belga


Crédit photo : Archive EPA - image d’illlustration
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 00:47


Pascual Pichún Collonao est un étudiant de 27 ans qui a été arrêté par des  policiers le 26 février dans la ville de Temuco et est actuellement dans la prison de Traiguén (IX Région) au Chili. Pascual est membre du Peuple Nation Mapuche et était réfugié 5 ans en Argentine en raison de la persécution politique et judiciaire de la part de l'état chilien. Différentes organisations des deux côtés de la Cordillère exigent sa libération.


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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:35






Malgré les progrès de la condition féminine, la discrimination envers les travailleuses enceintes demeure un problème constant dans la société québécoise.

Des observateurs remarquent même une hausse récente des cas de congédiement illégal en raison de la crise économique.



La Presse (Quebec)


Bon an, mal an, la Commission des normes du travail traite entre 300 et 350 plaintes de femmes enceintes qui ont été congédiées ou qui ont subi des représailles en raison de leur grossesse, selon les données obtenues par La Presse. Environ 250 autres plaintes contestent un congédiement à la suite d'un congé de maternité ou d'un congé parental.

«Depuis 10 ans, le nombre de plaintes est constant», a indiqué le porte-parole de la Commission, Jean-François Pelchat. La grossesse figure parmi les motifs les plus invoqués, dit-il.

Et ces chiffres sont loin de refléter l'ampleur de la problématique, selon des organismes de défense des droits des travailleurs.

«Ce n'est que la pointe de l'iceberg», résume Carole Henry, porte-parole d'Au bas de l'échelle. Même si cette pratique contrevient aux normes du travail et à la Charte des droits et libertés, la majorité des travailleuses choisissent de ne pas porter plainte, souligne Mme Henry.

Mélissa, 28 ans, ne s'est pas adressée à la Commission des normes du travail lorsque son employeur l'a congédiée, en octobre dernier.

«Les gens qui portent plainte veulent réintégrer leurs fonctions, dit-elle. Moi, je n'ai pas envie de retourner travailler pour un employeur qui m'a renvoyée de cette façon.»

Mélissa est dessinatrice. Cette résidante de la Rive-Nord travaillait depuis cinq ans pour la même PME lorsqu'elle est partie en congé de maternité, à l'été 2008, pour la naissance de son premier garçon.

Un an plus tard, elle est rentrée au travail... pour cinq semaines seulement. À la mi-octobre, un superviseur de l'entreprise l'a convoquée dans son bureau pour lui annoncer qu'elle était renvoyée.

«Il m'a dit que l'entreprise procédait à une restructuration», se souvient la jeune mère. Étrangement, un seul poste a été aboli: le sien.

À mots couverts, son supérieur lui a fait comprendre qu'elle était moins disponible qu'avant. Depuis son retour au travail, Mélissa s'était absentée à quatre ou cinq reprises pour prendre soin de son fils, qui était malade à répétition.

«Au fond, on a voulu se débarrasser de moi parce que j'avais un jeune enfant à la maison», s'indigne-t-elle.

Hausse?

Selon Mme Henry, de l'organisme Au bas de l'échelle, les employeurs invoquent souvent de faux motifs lorsqu'ils veulent se débarrasser d'employés qui coûtent trop cher ou qui ne sont pas assez disponibles à leur goût.

Ces jours-ci, la crise économique est un prétexte en or, dit-elle. D'ailleurs, Au bas de l'échelle et le mouvement Action Chômage de Montréal reçoivent de plus en plus d'appels de femmes enceintes qui disent avoir été congédiées injustement.

«Depuis 18 mois, le chômage est en hausse et les litiges concernant les femmes enceintes semblent également augmenter», constate l'intervenant Jacques Beaudoin, du mouvement Action Chômage. La Commission des normes du travail n'a pas de données préliminaires pour l'année 2009-2010.

«Cette discrimination perdure et se retrouve dans tous les milieux, y compris dans les professions libérales», remarque pour sa part Nathalie Goulet, directrice du Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail.

Pour Mélissa, la crise économique est un couteau à deux tranchants. Quatre mois et plusieurs CV plus tard, la jeune mère est toujours sans emploi.

«Dans le domaine du dessin, plusieurs entreprises ont fait faillite en raison de la crise économique, souligne-t-elle. Jusqu'à maintenant, je n'ai passé qu'une seule entrevue téléphonique.»

Entre-temps, elle doit puiser dans ses économies pour se maintenir à flot. Au Canada, les femmes qui perdent leur emploi au terme d'un congé de maternité d'un an n'ont pas droit aux prestations de l'assurance emploi.

C'est d'ailleurs pour ne pas nuire à ses recherches que Mélissa a préféré taire son nom de famille et le nom de son ex-employeur. «Je ne voudrais pas que l'on sache que j'ai un jeune enfant à la maison, parce que ça pourrait me désavantager», soupire-t-elle.

 

 


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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 13:11

 

Pour alimenter la discussion sur la politique et les symboles d'aliénation et les violences faites aux femmes, une expression du PCOI une des organisations agissant et portant un point de vue et une pratique communiste.

I
nterdit en Iran, où son organisation est clandestine, le Parti communiste-ouvrier d'Iran est également présent dans la diaspora iranienne. Il dispose officiellement de comités en Allemagne, en Angleterre, au Canada, au Danemark, en Finlande, en France, en Norvège, aux Pays-bas et en Suède.


Cher(e)s camarades, 

Nous avons appris que le NPA, Nouveau Parti Anti-capitaliste, présentait une candidate voilée dans le Vaucluse. 

Militant(e)s du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, nous ne savons que trop ce que signifie le voile islamique. Dès 1979, le cri ddu régime islamique qui se mettait en place était « le voile ou les coups », et très vite cela s’est traduit par « le voile ou la mort ». Depuis 30 ans, le voile est obligatoire en Iran. Ce n’est pas un simple morceau de tissu, c’est pour les islamistes un moyen pour marquer les femmes, imposer toutes sortes de discriminations et le symbole de l’apartheid sexiste. D’ailleurs, après l’Iran, partout où l’Islam politique est devenu influent, ce courant a tenté d’imposer le voile aux femmes, que ce soit en Algérie, en Irak, en Afghanistan ou ailleurs. Dans tous ces pays, des femmes ont été agressées, martyrisées et même assassinées pour avoir refusé de porter un voile. Nous avons trop porté ces voiles ou vu celles que nous aimons y être forcées, pour considérer qu’il ne s’agirait que de simples vêtements. 

Depuis le mois de juin, les femmes d’Iran sont aux premiers rangs des protestations pour renverser le régime islamique et le peuple d’Iran a parlé et dit clairement qu’il ne veut plus de la République Islamique, de son apartheid sexiste et du voile obligatoire. Pourtant, c’est alors que des Iraniennes risquent leurs vies pour affronter les forces de répression d’un régime misogyne, que votre parti, qui se revendique pourtant du marxisme et du féminisme, décide de présenter une candidate qui porte le hidjab. Comment peut-on se prétendre féministe et internationaliste et montrer si peu de solidarité avec les femmes qui, en Iran comme ailleurs, se battent pour retirer ces prisons de tissu ? Comment peut-on laisser entendre que le voile ne serait pas incompatible avec l’émancipation des femmes, alors que la première mesure de Khomeiny fut de le rendre obligatoire, et qu’il a été suivi en cela par les islamistes du monde entier ? Comment banaliser ainsi ce symbole de l’apartheid sexiste que subissent des millions de femmes qui ne rêvent que de brûler les hidjab, tchador et autre burqa ? 

Au nom de toutes les femmes victimes de lcet islamisme, qui n'a rien à voir avec l'Islam, nous demandons à votre parti de revenir sur cette décision choquante. On ne joue pas avec la liberté des femmes ni avec ce symbole d’oppression qu’est le hidjab. 

Salutations communistes, 

PCOI


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