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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 15:02

Les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien.





Propos recueillis par Elodie Bécu - http://www.bastamag.net

Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique - comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction -  ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !


Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.

Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.


Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.


La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

 

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 17:39

 

L'Expression, 28 avril 2012

Trois grévistes de la faim au complexe Cevital de Béjaïa ont été évacués en urgence jeudi dernier, vers le CHU Khelil-Amrane de Béjaïa, a rapporté hier, le journal on line TSA citant des sources locales.
Sur les vingt-sept employés ayant été traduits devant la commission de discipline suite à un mouvement de grève, dix-sept ont été licenciés par la direction du complexe.
Contestant cette décision de la direction du groupe, les employés licenciés ont entamé une grève de la faim à l'entrée de l'usine pour protester contre leur licenciement qu'ils considèrent «arbitraire».
Le Parti socialiste des travailleurs (PST) et le Parti des travailleurs (PT) ont exprimé leur solidarité envers les grévistes de la faim de Cevital.
Dans une déclaration officielle, le parti de Louisa Hanoune «dénonce et condamne énergiquement de telles pratiques qu'on croyait révolues et demande la réintégration des travailleurs licenciés».
Dans un communiqué, la direction générale de la filiale agro-industrie du groupe Cevital a reproché à ces travailleurs licenciés «des entraves graves à l'exercice du travail et au déroulement de l'activité de production».
«Ces entraves ont été enregistrées et constatées par l'exploit d'huissier en présence de l'Inspection du travail», a indiqué Cevital.
Le 18 janvier dernier, les travailleurs de Cevital avaient observé une grève d'une journée pour réclamer notamment des augmentations de salaire et le droit de créer un syndicat.

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 17:28

 

Par Mao Tse Tung - Mars 1927 - Le Drapeau rouge (Canada) n°236 du 17 juillet 2010

Devenues l'autorité suprême, les unions paysannes ferment la bouche aux propriétaires fonciers; elles ont réduit en poussière leur prestige - cela revient à dire qu'on a jeté à terre le propriétaire foncier et qu'on lui a mis le pied dessus. [...] La foule fait irruption dans les maisons des despotes locaux et des mauvais hobereaux qui sont contre les unions paysannes; on égorge les cochons, on rafle le grain. Il arrive que les paysans viennent chez les despotes locaux et les mauvais hobereaux et se prélassent un moment sur les lits incrustés d'ivoire de leurs filles et de leurs brus. Ils arrêtent des gens à la moindre occasion, les coiffent de grands bonnets de papier et les promènent à travers le village, en disant: «Tu sais à présent à qui tu as affaire, sale hobereau! » Les paysans font ce qu'ils veulent.

C'est le monde renversé, et une espèce de terreur règne ainsi à la campagne. C'est ce que certains appellent commettre des «excès», «courber en sens inverse aux fins de redresser», «commettre des actes scandaleux». En apparence, de tels jugements semblent raisonnables; en réalité, ils sont tout aussi erronés. En premier lieu, si les paysans ont commis de tels actes, c'est qu'ils ont été poussés à bout par les despotes locaux, les mauvais hobereaux, les propriétaires fonciers coupables de forfaits.

Ces gens ont de tout temps usé de leur pouvoir pour tyranniser et écraser les paysans; c'est pourquoi ceux-ci ont réagi avec tant de force.
Les révoltes les plus violentes, les désordres les plus graves se sont invariablement produits là où les despotes locaux, les mauvais hobereaux, et les propriétaires fonciers coupables de forfaits se sont livrés aux pires outrages. L'œil du paysan voit juste. [...]

Deuxièmement, la révolution n'est ni un dîner de gala ni une œuvre littéraire, ni un dessin ni une broderie; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. [...] Pour redresser quelque chose, on est obligé de le courber en sens inverse; sinon, on ne peut le rendre droit. Bien que l'opinion de ceux qui critiquent les «excès» se distingue apparemment de celle du premier groupe, elle procède au fond du même point de vue: c'est la théorie même des propriétaires fonciers, au service des seuls intérêts des classes privilégiées. Aussi devons-nous combattre résolument cette théorie qui fait obstacle à l'essor du mouvement paysan et qui, en dernière analyse, sape la révolution.

Mao Tse Tung (mars 1927)

 


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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 01:47

 

 

Ceci est le deuxième papier - après celui du 1er Mai - que Djamal ait écrit depuis sa guérison.

Nous le portons à l'appréciation des camarades.

 

 

Par Djamal Benmerad - Mis en ligne par Suzannah Horowitz

C’est, assurément, la plus grande action de masse depuis la fameuse « Marche blanche » qui a eut lieu il y a plus d’une décennie. Ils étaient, selon notre propre estimation, plus de cinq mille. La police nous a donné le chiffre de 3.000, mais comme toutes les polices des régimes capitalistes, la police belge tend à réduire le nombre des manifestants de gauche.

A l’initiative de la communauté grecque de Belgique*, et en réponse à l’appel lancé par le KKE (Parti communiste de Grèce), un rassemblement eut lieu aujourd’hui au rond point Schuman, lieu situé au centre de Bruxelles, élu pour les rassemblements publics. Plusieurs organisations (voir ci-dessous) ont répondu à l’appel qui a été, cela dit en passant, l’occasion de la réconciliation dans l’action, d’Attac francophone et Attac flamande, mais qui a permis à certains observateurs de remarquer l’absence du Parti communiste de Belgique qui, selon des militants qui en ont démissionné, se « droitise » chaque jour davantage, phagocyté par un « Front de gauche » aux contours mal définis donc de droite, et qui, fait significatif, était absent lors de ce rassemblement. La présence, cependant, de la Fédération générale des travailleurs de Belgique (FGTB), le plus important syndicat de Belgique, est tout aussi significative, syndicat qui se défend pourtant de « faire de la politique ».


Le rassemblement s’est mué en marche sur le Conseil européen où une délégation, composée de trois adolescents (deux filles et un garçon) ont réussi à se faire recevoir, puis à la Commission européenne où la même délégation a déposé le cahier de doléance portant le titre de « Pour une Europe sociale », mot d’ordre générique et non moins fédérateur du rassemblement dont la moyenne d’âge était de 30 ans et qui  a réhabilité au yeux des européens le  sens du mot « Révolution ». Yiogos Vassalos, coordonnateur du rassemblement, ne s’est pas embarrassé de langue de bois pour nous affirmer que « Nous ne sommes pas ici pour la Grèce, mais pour tous les peuples d’Europe…Nous sommes venus dire notre refus du rackett du FMI, de la Banque mondiale de l’OMC et de leur relais en Europe, l’Union européenne… Et nous sommes sûr que notre mouvement aura un effet de contagion ». C’est au square de Mers, où siège le Lobby des Banquiers  qu’eut lieu l’incident : une altercation entre la délégation et des membres du lobby, altercation rendue brève par l’intervention de la police.

La marche a commencé à se disloquer vers 17 heures.


*Initiative of Solidarity to the Greek people – Brussels (http://solidarity-greece.blogpot.com)

 

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Ont participé à cette action :

Pour la société civile :

Rosa Luxembourg Fondation ,Trades Unions (Centrale des Employés), Attac Bruxelles, Attac de l’université de Bruxelles, Attac Vlaanderen, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), Marches Européennes Contre le Chômage, la Précarité et les Exclusions (MECPE)

 


Pour les formations politique :

Parti du Travail de Belgique (PTB), Partij van de Arbeid van België (PTB-PVDA), Front de Gauches (Comité pour une Autre Politique – CAP), La Ligue Communiste Révolutionnaire de Belgique (LCRB) le Parti Humaniste (PH), Synapsimo-Bruxelles,, MEP, GUE, Oikologoi Prasinios (GreekGreens)

 

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 19:10

 


"Il n'y a pas de politique sociale sans mouvement social capable de l'imposer".  (Pierre Bourdieu)

 


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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 15:32

 


Quelle est la place du syndicat dans la société, force d’appoint ou force décisive ? Le droit de grève et les libertés syndicales sont reconnus par la Constitution, l’OIT et le BIT. C’est par les grèves que les travailleurs détiennent une force sociale.Le Snapap a déposé auprès du BIT à Genève une plainte contre le gouvernement pour infraction aux lois du travail et le non-respect des conventions internationales. Le gouvernement a mis en avant une répression d’une rare violence, frappant tout ce qui bouge ou manifeste. Il a inventé la répression judiciaire. Le droit de grève est bafoué par la justice qui n’est plus confiée aux juges, priés d’obéir et de se taire. C’est inadmissible ! Là est la question, une belle question pour le Conseil constitutionnel. L’épreuve de force sociale, d’ampleur nationale, a voulu faire de la grève de véritables purges sociales : révoquer les grévistes et les remplacer.

 

 

Les syndicats autonomes

Ils sont les représentants authentiques des salariés, leur principale fonction est celle de leur porte-parole et de défenseurs de leurs intérêts. Les impulsions et les initiatives sont venues de leurs bases qui ne se sont pas résignées à la condition infantile que leur réservait le gouvernement. Les syndicats libres sont l’indispensable contrepoids aux abus du pouvoir. Ses leaders authentiques, combatifs et responsables, sont apparus dans les grèves menées par les médecins et les enseignants et ont affirmé leur identité. Ils se sont révélés d’une étoffe résistante et persévérante. Leur vigilance ne doit pas être relâchée à aucun moment ; au contraire, elle doit être redoublée à l’égard du pouvoir. Ils ont été entendus lorsqu’ils ont appelé les salariés à refuser la résignation, la passivité, l’acceptation des maux qu’ils subissent. Ils refusent la mise au pas des syndicats autonomes, leur neutralisation par le pouvoir qui veut leur imposer sa volonté. Les syndicats autonomes gardent leur fonction originelle de force d’impulsion démocratique, le contrôle contre l’injustice et l’arbitraire, et de protection des salariés. Ils n’acceptent pas de se laisser enfermer dans des contraintes qui limiteraient leur action. C’est un syndicalisme de protestation et de contestation. Seul le dialogue préalable à la décision doit devenir plus que jamais la règle essentielle. Il est l’émanation réelle de la volonté des travailleurs, le moteur et l’instrument de la promotion sociale. Les médecins et les enseignants veulent connaître le pourquoi des décisions qui les concernent, veulent être consultés et associés à leur élaboration. Le droit à la santé est durement entamé, menacé dans ses fondements-mêmes.


L’unité des syndicats autonomes

Les syndicats autonomes sont une grande école de vie, de fraternité et de solidarité. Ils sont un instrument de libération des salariés. Les derniers mouvements sociaux ont fait la preuve concrète de l’efficacité et de l’exigence de l’unité et de la démocratisation dans l’action. Les syndicats libres sont restés unis et ont été les décideurs et les acteurs de leurs luttes. L’unité, la démocratie, la liberté, la justice sociale, apparaissent autant une aspiration des salariés que la condition essentielle de leur engagement et de l’efficacité de leur action. La démocratie syndicale doit résulter de l’établissement d’un véritable débat interne afin d’accroître la capacité d’information, de réflexion et de rassemblement autour des syndicats autonomes. Le mode de fonctionnement et les méthodes de direction de cette nouvelle centrale syndicale doivent répondre à cette exigence. Il faut qu’à travers les instances de cette union s’exprime et soit véritablement prise en compte la diversité qui compose cette organisation. L’indépendance que les salariés recherchent dans une telle organisation syndicale qui les a accompagnés efficacement dans leurs luttes est à ce prix. Cette réflexion indispensable sur la réalité de ce qu’est et pense la diversité du monde du travail ne peut être que le résultat d’un véritable débat démocratique. L’avenir du syndicalisme est fonction de la capacité des syndicats libres à porter ce débat pour devenir une centrale syndicale puissante et déterminée que les salariés souhaitent. Cette centrale veut créer avec ceux qui veulent un espace syndical unitaire une unité d’action concrète, un effort de recherche de convergences, une volonté constante de dépasser les blocages, de faire front ensemble dans le dialogue et l’enrichissement réciproque. L’utilité et la nécessité de cette centrale doivent mieux apparaître. Les syndicats agissent dans le même sens, se retrouvent ensemble, cherchent tout ce qui peut les rassembler. Il n’y a d’autre voie que le combat syndical, et il faut agir dans ce sens. C’est un combat pour les libertés qui concerne non seulement les salariés mais tous les démocrates. Il faut élargir les espaces de liberté afin de permettre à la conscience populaire de se développer, aux forces sociales de jouer leur rôle.

La cécité du pouvoir est frappante

Il ne reste au pouvoir qui a renoncé à tout effort de réflexion et fait uniquement confiance à la force, à l’argent et à ses intérêts, son mépris des idées puisqu’il n’est pas en mesure de comprendre la société qu’il est censé gérer ni lui apporter le projet dont elle a besoin. Quel projet ? Quel avenir pour les jeunes, les femmes, les chômeurs, les retraités ? La capacité à résoudre les questions sociales, donc à assurer la concorde entre les citoyens est faible. L’avenir n’appartient ni à ceux qui se cramponnent à des privilèges injustifiés ni à ceux qui caressent l’illusion de conserver longtemps encore le pouvoir. Le gouvernement a choisi son camp, celui des injustices sociales maintenues, de l’argent et des inégalités aggravées. L’idéologie sécuritaire lui permet de trouver une cohérence pour combattre les dirigeants syndicaux socialement repérés. Il porte une lourde responsabilité dans la détérioration du climat social. Il est plus préoccupé d’assurer et de préserver des situations de rente et de monopole que de promouvoir les libertés. Il se refuse à la négociation, préfère la dérive anti-syndicale. Il est clair qu’il ne peut vivre en harmonie avec le peuple : œuvrer pour que tous les Algériens, hommes et femmes, soient regardés et traités comme égaux en droits et en devoirs. Chacun et chacune constatent l’échec de la politique du pouvoir en examinant l’école, l’emploi, les logements, la santé. Le monde du travail a exprimé le ras-le-bol à l’égard d’un système politique dépassé.


La politique sociale est injuste et inefficace

Les salariés ressentent l’absence de liberté syndicale comme la privation d’un droit naturel, comme une humiliation qui est contraire à la dignité humaine. Quand des catégories de gens gagnent en un mois ce que les salariés ne gagnent même pas en un an, il faut voir dans un tel écart de revenus un danger pour la paix sociale. Qu’a fait le gouvernement pour atténuer les inégalités et les injustices sociales ? Comment se fait la répartition du revenu national ? Qui a la part du lion ? Pourquoi ? Les inégalités sociales sont excessives, l’éventail des salaires est très large, les riches sont toujours plus riches et puis il y a les pauvres qui observent l’insolence du luxe, le non-respect de la dignité du travail, des valeurs humaines et du sens de la vie, qui demandent la satisfaction de leurs revendications les plus légitimes. Le contraste est saisissant entre l’avalanche de bienfaits pour les privilégiés et la rigueur imposée aux salariés. Privilèges c’est, disent les dictionnaires littré et Robert : « Un droit particulier accordé à une catégorie d’individus en dehors de la loi commune ». Il faut prendre en compte le énormes disparités sociales qui mènent le pays à la léthargie et conduisent les salariés à supporter à eux seuls les poids des charges et des sacrifices. Le gouvernement a oublié de prévoir pour ces derniers leur place pour le banquet de la vie. Augmenter les salaires bas et moyens, c’est appliquer la politique de l’accordéon qui réduit les inégalités par les deux bouts. Les gros salaires peuvent se priver de leur superflu pour aider ceux qui n’ont pas un revenu minimum garanti pour vivre. Il ne s’agit même pas de justice sociale, tant la situation est scandaleuse, mais d’obtenir les conditions minimales d’existence. Il est inconcevable, inacceptable que le smig ne soit pas indexé sur le coût de la vie. La tétine vide que l’on tend au bébé pour le calmer un moment, est-ce la solution entre la faim et le biberon ? Inflation et hausse galopante des prix se conjuguent. Les prix augmentent, alors que le niveau de vie de la population ne cesse de se dégrader. On ne peut masquer la réalité de l’inflation qui sacrifie le pouvoir d’achat. L’augmentation des salaires ne sert à rien, si l’inflation qui est à 5,5% reprend le gain obtenu. Les salariés sont déçus et amers, rien n’a changé à leur situation avec les augmentations des salaires annulées par l’inflation et la cherté de la vie. Le pouvoir d’achat fond du fait de l’inflation. Il s’agit de ne pas pénaliser les femmes dans leur emploi et dans leur carrière. Dans ce pays qui se fracture, craque de partout, le silence des intellectuels sur le plan social témoigne-t-il de leur indifférence, de leur incompréhension, de leur impuissance, ou de la satisfaction d’eux-mêmes ? Celui qui n’a pas développé en lui-même la capacité de compatir, de ressentir la souffrance d’autrui, est un être malheureux.

 


 


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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 00:10

 


Appel à une «journée sans achat» le 7 avril
 

 

 

Un mouvement de protestation pacifiste et apolitique a lancé un appel à une «journée sans achat» à travers le territoire national, fixée au 7 avril pour boycotter différents produits alimentaires, même ceux de première nécessité.

 

 

Par Fella Midjek - L'appel, lancé par courrier électronique, fait état du boycott de plusieurs produits de large consommation comme le lait en poudre, le sucre, le café, l'huile de table et l'huile d'olive, les viandes et la sardine mais aussi les fruits et légumes, les produits en conserve, y compris le thon, les boissons gazeuses et les jus ainsi que les légumes secs.

Ledit mouvement, composé de journalistes et d'intellectuels algériens, se dit être «un groupe de citoyens organisateur de ce boycott pour dénoncer l'inflation en perpétuelle progression ainsi que l'inertie des pouvoirs publics».

 

Interrogé hier par Le Temps d'Algérie sur cette initiative, une première en Algérie, Zoubir Fadel, coordinateur du mouvement et détenteur d'un magistère en sciences de la communication et de l'information, répondra : «Nous sommes des journalistes et des intellectuels qui pensent vraiment à l'avenir des Algériens, loin des partis politiques et des associations de protection des consommateurs qui ne font rien en réalité.» Il a noté que «la société civile a le droit absolu de faire changer les choses».  

Quant à l'origine de ce mouvement, il trouve sa source dans un constat quotidien de la cherté de la vie. A ce sujet, il a indiqué, en tant que journaliste chargé de la rubrique «Aswak» (marchés) dans une publication nationale pour rendre compte de la mercuriale quotidienne, que «tout d'abord la hausse des prix des légumes et du sucre se poursuit face à un pouvoir d'achat très faible», ajoutant que «même si les prix sur le marché international ont leur effet sur certains produits comme le sucre, l'absence de contrôle en Algérie a aussi son effet». C'est pourquoi ce mouvement a décidé cet «acte de civisme pour dire non». 

Le coordinateur de ce mouvement dira que «ce ne sont pas les études qui manquent en Algérie sur l'inflation. Mais n'importe quel citoyen remarque la flambée des prix quotidiennement. Par exemple le prix du sucre a augmenté de 30 DA en une semaine. Et comme il y a des spéculateurs partout, le citoyen se trouve face à une situation dramatique. L'oignon est à 100 DA le kilo, l'ail à 350 DA, voire jusqu'à 600 DA, le sucre à 100 DA, etc.» En effet, en l’absence de réseau de distribution, les intermédiaires et les grossistes imposent leur loi, jouant sur «la liberté des prix» avec «l'ouverture de l'économie de marché».  



Rassemblement à Alger le 6 avril

 
La veille, soit le 6 avril, un rassemblement est prévu à la maison de la presse Tahar Djaout (1er Mai) à Alger. Le mouvement, à l'origine de l'appel de cette «journée sans achat» chaque année jusqu'à ce que les pouvoirs publics agissent en conséquence, adressera à cet effet une pétition signée par un million d'Algériens à la présidence de la République et au premier ministère.

En 2009, l'inflation en Algérie a atteint 5,7% alors qu'elle était de 4,7% en 2008. Elle devrait se situer entre 3 et 3,5% en 2010, a tablé le ministre des Finances, Karim Djoudi.

 


 


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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:57

 


Travailleurs, étudiants, féministes, syndiqués et démunis descendent dans la rue pour dénoncer le gouvernement Charest


Quelques milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier pour dénoncer le gouvernement Charest.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir


Par Lisa-Marie Gervais - 2 avril 2010 - Québec
 
Le Devoir.com
 
  
Quelques milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier pour dénoncer le gouvernement Charest.
Une grande vague populaire a déferlé sur le centre-ville de Montréal hier après-midi alors que plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour dénoncer avec une rare ferveur la privatisation des services publics et les hausses de tarifs. Même si le rassemblement était prévu depuis longtemps, le budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, a fourni en munitions ces marées de travailleurs, d'étudiants, de femmes, de représentants syndicaux et des classes sociales les plus démunies qui ont fustigé le gouvernement libéral de Jean Charest.

Défilant sous un soleil radieux dans une atmosphère bon enfant, portant pancartes et slogans à bout de bras, les protestataires portaient pour l'essentiel tous le même message de justice sociale. « La richesse existe! Prenons-la où elle est ! » pouvait-on lire sur la banderole verte tenue par les membres de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics, qui ouvraient la marche.

«On constate que le gouvernement a complètement ignoré nos revendications. Son message est clair. Les vaches sacrées, ce n'est pas Hydro-Québec, la santé et l'éducation, c'est les impôts, les grandes entreprises et les plus riches», a déploré Marie-Ève Rancourt, porte-parole du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MEPACQ).


Présente à la manifestation, Manon Massé, ancienne candidate pour Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, a vertement critiqué le gouvernement Charest pour l'impact «dévastateur» qu'auront ces nouvelles hausses de tarifs, notamment celles d'Hydro-Québec et dans le milieu de la santé. «Les femmes vont en être victimes premièrement parce qu'elles y travaillent, mais aussi parce qu'elles vont se retrouver à faire gratuitement des tâches dans des domaines dans lesquels on a fait des gains historiques. Ça ne devait pas être les femmes qui devaient porter sur leurs épaules la santé et les services de garde, par exemple», a souligné celle qui travaille au Centre des femmes de Laval.


Au-delà du fait que les orientations du gouvernement écorchent le modèle éconmique québécois, Mme Massé condamne de façon plus pragmatique l'impact de la hausse de la TVQ, qui n'aura pas le même impact pour tous. «Les plus grands économistes savent qu'une hausse de taxe de vente, c'est régressif. Mais ça se fait quand même alors qu'on aurait pu choisir une répartition par l'impôt, a-t-elle noté.
«l'État a un rôle à jouer dans la répartition de la richesse, c'est une question de justice fiscale. C'est ça que Bachand est en train de faire basculer, on n'est pas d'accord et on est venu le dire.»

Un budget injuste


Plusieurs comités et regroupements pour le logement social venus de différents endroits au Québec étaient aussi de la partie pour manifester leur désaccord avec le budget Bachand. La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, a trouvé ridicule l'offre de 3000 logements sociaux sur cinq ans proposée dans le budget, alors «qu'une personne sur cinq n'arrive pas à se loger convenablement». Selon elle, les besoins sont plutôt à une hauteur de 50 000 logements sociaux. Coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain, François Saillant a qualifié le budget «de profondément injuste», notamment en regard de la nouvelle franchise santé que veut imposer le gouvernement aux utilisateurs des soins de santé. «Charger 200 $ en contribution pour la santé, c'est le même 200 $ pour tous. Que tu gagnes moins de 25 000 $ avec deux enfants ou que tu gagnes 250 000 $», a-t-il insisté.

Quant aux étudiants, l'annonce de la hausse des droits de scolarité dès 2012 leur est restée en travers de la gorge. Christian Pépin, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), ne peut pas se résoudre à voir s'envoler en fumée un projet de société qui ne devait pas rendre l'école inaccessible pour une question d'argent. «On est là pour dire qu'il y a des alternatives pour renflouer les coffres de l'État. La richesse existe et on va aller la prendre là où elle est», a-t-il dit. C'est-à-dire dans les poches des entreprises, des grandes sociétés minières, des contribuables à plus haut revenu avec un nouveau palier d'imposition et d'autres mécanismes de redevances, explique M. Pépin. «Aujourd'hui, la contestation prend son envol comme jamais», s'est-il réjoui.


Les manifestants sont partis du carré Phillips au centre-ville et ont suivi la rue Sainte-Catherine jusqu'au siège social d'Hydro-Québec pour terminer leur «chemin de croix» devant le carré Victoria, entre le Centre de commerce mondial qui abrite les bureaux montréalais du ministre des Finances et la tour de la Bourse. Aucun incident majeur ne s'est produit, sinon qu'une poignée de manifestants ont fracassé une porte du Centre de commerce mondial. 
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 14:17



 

Cliquez ICI pour être dirigé-e vers la pétition en ligne !



Chers amis, chers camarades et sympathisants,

Cela fait un moment que nous suivons les batailles des salariés de GOODYEAR à AMIENS NORD, et notamment les combats du syndicat majoritaire CGT, contre la rapacité du patronat et des actionnaires.

Vous regarderez ICI le reportage qui a été fait par Arte il y a quelques mois sur cette usine.

Vous verrez leurs conditions de travail proches de celles de pays du tiers monde, vous entendrez les mensonges du patronat, des actionnaires, vous constaterez à quel point leurs luttes sont difficiles.

Mais vous comprendrez mieux encore pourquoi leurs combats acharnés et quotidiens sont exemplaires et doivent être soutenus.

A ce stade, nous ne pouvons pas faire grand-chose d’autre que de construire la solidarité et de SOUTENIR, par tous les moyens que nous jugerons appropriés, cette lutte pour l’emploi et la dignité, lutte qui est passée encore "un cran au-dessus" depuis plus de 3 ans .

Derrière les luttes des GOODYEAR Amiens, ce sont plus de 3000 emplois GOODYEAR/DUNLOP qui sont en jeu en France.

Pouvons nous rester les bras croisés et muets face à la nouvelle vague de dés-industrialisation qui frappe notre pays depuis le début de "la crise"?

Un pays sans OUVRIERS, SANS USINES, SANS INDUSTRIES, est un pays à genoux, mort, une économie FRAGILE, FOUTUE, à la merci des pires pratiques du capitalisme financier.

Sans usines, sans ouvriers, TOUT LE MONDE TRINQUERA, salariés du tertiaire, artisans, TPE compris !

POURQUOI PRIVER LA FRANCE DE SES USINES ET DE SES OUVRIERS, DE SA PRODUCTION, QUAND ON SAIT QUE TOUT CE QUI A ÉTÉ RETIRE DE NOTRE PAYS A ÉTÉ RECONSTRUIT AILLEURS, DANS DES PAYS DITS "A BAS COUTS" ET RÉINTRODUIT ENSUITE SUR LE MARCHE EUROPÉEN COMME DE L’IMPORTATION?

C’EST BIEN QUE LES BESOINS EXISTENT !

MAIS LE PATRONAT ET LES ACTIONNAIRES NE VEULENT PAS INVESTIR NI PRÉSERVER LES DROITS DES SALARIES, CAR ILS VEULENT SIMPLEMENT MAINTENIR LEUR TAUX DE PROFIT ET ACCROITRE LEURS DIVIDENDES.

Ça suffit !

Alors, ce n’est pas grand chose, un simple SOUTIEN, la signature d’une pétition, "c’est peu", diront certains.

Peut être.

Mais d’une part, rien n’oblige à en rester là

et surtout, d’autre part, si nous ne faisons pas d’abord acte public de solidarité envers nos frères de lutte et nos camarades de cette usine, qui se battent comme des chiens enragés contre le patronat et la finance internationale depuis des années, sur tous les fronts, avec tous les instruments de lutte de classe à leur disposition, et qui ne reculent JAMAIS sur RIEN, si nous ne faisons pas au moins ces actes de solidarité somme toute minimes, mais qui leur fera chaud au cœur pour continuer la lutte, si nous ne leur disons pas PUBLIQUEMENT que "Nous sommes toutes et tous à leurs côtés" et que leurs combats sont aussi les nôtres, du privé, du public, salariés, actifs, chômeurs, retraités, avec ou sans papiers, des usines, des bureaux, des magasins, des chantiers, des écoles... si nous ne faisons rien, à quoi servons-nous? A eux, et A NOUS MÊMES?

Voilà donc le but de cette pétition, simplement de dire à nos amis et camarades en lutte de chez GOODYEAR à Amiens, et derrière eux à tous les salariés GOODYEAR DUNLOP FRANCE :

Nous soutenons votre action du 30 mars 2010 au Tribunal de Nanterre pour empêcher les actionnaires de dépouiller la filière française, que nous puissions être sur place ou pas.

Vous êtes, comme d’autres lutteurs partout dans le monde, une partie de notre fierté, des porteurs de flambeaux.

ON NE VOUS LAISSERA PAS TOMBER

 


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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 23:41


Par Danielle Bleitrach -

Ce que je craignais pour cette élection est arrivé, le résultat mais  surtout ce dont elle témoigne sur l’état d’esprit de la population française est là devant nous. Et pour le voir, il faudrait rapporter le pourcentage des exprimés à celui des inscrits, le parti socialiste par exemple que l’on présente comme le grand vainqueur est environ à 15% de l’électorat. Ce qui est clair c’est que tout a été fait pour qu’il en soit ainsi, la campagne a été construite dans les grands médias « populaires » que sont la radio et la télévision pour amplifier le mouvement qui détourne des urnes.

Cet entraînement vers l’abstention est voulu , il participe comme j’ai tenté de l’expliquer d’un mouvement plus général du capital se débarrassant de la citoyenneté, du politique, balayant toute illusion sur « l’intérêt général » de son hégémonie, et n’en conservant qu’une caricature « démocratique » pour empêcher les révoltes populaires. Comme dans l’entreprise est mis en place un management qui isole jusqu’au suicide et inhibe la protestation par la destruction des individus, ce qui est visé est la fin de l’intervention populaire, l’écoeurement, le repliement.

On peut considérer qu’il y a dans ce refus d’aller voter un véritable péril pour la République, mais il a été construit, et il le sera toujours plus. J’y vois d’abord une avancée inquiétante vers le bi-partisme, comme aux Etats-Unis, le pays dont les institutions sont le plus adéquates au développement du capitalisme financier. Il y a la composante européenne,  avec un vote protestataire qui adhère à la haine fascisante et faussement nationale de Le Pen. Ce vote dit quelque chose de simple : je vote contre les immigrés et les banquiers « apatrides ». A la seule différence que l’immigré est bel et bien français, c’est le jeune des cités sur lequel on s’excite comme le témoignage de tout ce qui met en péril « l’identité française » comme l’a voulu le leurre lancé par l’UMP à la veille de la campagne.

Il est facile de s’indigner mais tant que l’on aura pas le courage de regarder en face ce qui se passe, on pourra toujours stigmatiser des comportements au lieu de mener un vrai combat pour qu’il en soit autrement.

Au niveau national, plus d’un inscrit sur deux ne s’est pas déplacé dans les bureaux de vote ! Ce n’est pas un hasard c’est un choix résolu et conscient de tout ceux qui n’y sont pas allé. Il s’est avéré que hier j’avais changé de bureau de vote et je ne le trouvais pas, tous les gens que j’interrogeais éclataient de rire en apprenant que j’allais voter, les uns ricanaient et les autres m’expliquaient qu’ils étaient tous pourris, tous des vendus, que cela ne servait à rien. Ce que ces gens manifestaient c’était non seulement un mépris de la classe politique mais aussi que ce vote témoignait de leur propre inutilité, il ne péserait en rien sur leur propre vie, celle de leur quartier, de leur famille. Est-ce que vous croyez rééllement qu’ils n’ont pas subi jusqu’à plus soif la démonstration de cette inutilité politique depuis le mépris de leur vote sur la consitution européenne en passant par cette crise dont ils ont l’impression, non sans raison, qu’elle provient de centres de décision financiers qui leur échappent et que de toute manière, « ils » (le personnel politique) se débrouillera bien pour les faire payer?

Alors là il ne s’agit pas seulement d’une campagne où l’on parle de n’importe quoi sauf de l’essentiel. Nous sommes au coeur d’une crise profonde, la pire depuis celle des années trente, et qui parle de quoi? Qu’il ne se soit pas trouvé un parti politique pour réclamer la nationalisation des secteurs clés, la fin de la BCE et de l’euro, et que dans le même temps on ait lancé un débat sur l’identité nationale, un autre sur la burqa n’était-ce pas la véritable méthode pour aboutir à ce résultat:  une abstention massive dans laquelle il reste le bi-partisme et un grelot protestataire fascisant qu’est le Front national.

Pire je crains qu’aujourd’hui la manière dont on va stigmatiser ce vote ne le fasse enfler parce qu’il témoigne bien de la rupture entretenue dans notre pays entre différentes catégories de salariés. Le vote en faveur du PS ou son équivalent Europe écologie est celui que nous connaissons bien, depuis trente ans les salaires baissent, mais avec la désindustrialisation de la France, les couches populaires n’ont pas disparu, elles se sont transformées. Elles sont allées vers les services, employés, personnel de service, les ouvriers existent mais les grands bastions syndicaux ont été remodelés, des techniques de management ont isolé les salariés y compris jusqu’au suicide. Tout cela a abouti au fait que les conditions des couches populaires se sont profondément dégradé sans qu’il y ait des forces pour les défendre. C’est le moment où le PCF s’est lui-même transformé renonçant à rester à la base dans les entreprises et les quartiers. Le vote PS n’a pas récupéré, du moins pas en totalité ces catégories de plus en plus attaquées dans leur emploi et leur niveau de vie. Le vote PS a été de plus en plus celui de couches moyennes, diplomées, en rupture avec ces classes populaires, les méprisant plus ou moins et les accusant parfois de racisme et de fascisme. En ce sens le Falstaff d’Europe Ecologie, Cohn Bendit est bien l’héritier de la haine de 1968 pour la classe ouvrière et son parti, la possibilité pour les couches moyennes de s’en sortir en acceptant l’écrasement du peuple.

L’Europe, mais la région n’est pas une réalité éloignée de l’Europe – et la réforme des collectivités territoriales en est une preuve supplémentaire- a accru ce sentiment d’un pouvoir politique sur lequel il n’y avait plus aucune prise, les dirigeants politiques et parfois syndicaux, les « banquiers » apatrides, tout cela non sans raison est vécu comme une nouvelle féodalité sur laquelle rien n’a de prise surtout pas le bulletin dans l’urne.

On peut déplorer l’abstention, s’inquiéter du bi-partisme, et du vote protestataire front national mais si on ne comprend pas qu’il y a quelque chose à changerdans notre propre conception de la politique, si l’on veut qu’il existe une force révolutionnaire , nous irons de mal en pis. Il ne suffit pas de réclamer une politique de proxiimité si nous ne sommes pas capables de recréer un parti qui construise ou reconstruise cette politique de proximité.

Il ne suffit pas de pleurer en entendant jean Ferrat chanter « Ma France » et de ne pas être capables de dire ce qu’est l’Europe, de défendre une autre conception de la nation , celle des communistes, celle qui refuse cette Europe des financiers mais est capable d’un véritable internationalisme des opprimés.

Alors même que notre peuple a le sentiment que des forces internationales qu’il ne peut maîtriser alourdissent son destin, nous sommes incapables de l’aider à se situer dans ce monde, de montrer qu’il existent des forces anti-impérialistes,  nous en sommes incpables au niveau mondial et même en Europe, alors que le peuple Grec est en train de lutter contre ce qui nous concerne tous. Nous sommes incapables de dénoncer l’incroyable guerre d’Afghanistan, son coût, mais aussi les crimes qui s’y commettent contre les populations civiles.

La politique pour l’immense majorité des gens n’a de sens que tout autant qu’elle crée sécurité et communauté de destin de ceux qui vivent ensemble, si vous ne répondez pas à cette exigence ce sera le fascisme, la haine de l’autre, nous n’en sommes pas loin. Parce que nous n’avons ni le sens de la nation, ni celui qui va avec de l’internationalisme.
 
Ou vous serez capables de prendre le relais du combat du CNR, le Conseil National de la résistance, celui que le patronat désigne encore aujourd’hui comme l’ennemi ou ne vous étonnez pas de ce qu’il arrivera.

Je n’ai pas envie d’appeler à « la mobilisation des forces de progrès » pour battre Sarkozy, lutter contre le danger Le Pen, chacun fera comme il l’entend mais en revanche je voudrais que le Parti Communiste français ou ce qu’il en reste entende mon appel à agir, à recréer une force révolutionnaire, pendant et hors élection. Le premier choix est de recréer partout dans les cités, les quartiers , les entreprises une force politique de proximité qui redonne à nos concitoyens le sens de leur propre utilité sur ce qui les concerne le plus et les aide de ce fait à mieux percevoir ce qui se passe dans le vaste monde, qu’il en perçoive les dangers mais aussi les luttes communes. Notre peuple français est malheureux, écoeuré, il a besoin des communistes.

 

 


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