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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 16:02

Les Etats-Unis félicitent la France pour son intervention au Mali

 

Le tout nouveau secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a profité de son premier entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour saluer l’action militaire “couronnée de succès” de la France contre les groupes islamistes présents dans le nord du Mali, jeudi 14 février.

Si les Etats-Unis ne sont pas intervenus directement dans un premier temps, ils ont déployé des moyens de transport aériens pour appuyer l’effort de guerre français depuis le 21 janvier. Ils contribuent également à hauteur de 50 millions de dollars à une aide militaire d’urgence, également destinée aussi au Tchad.

“Tiédeur” 

L’administration Obama est pourtant critiquée aux Etats-Unis pour ne pas s’être engagée plus directement dans cette intervention militaire. Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, Ed Royce, a récemment fustigé la “tiédeur” de la réaction initiale américaine “pour répondre à l’appel de notre allié”.

Paris “est un allié de l’OTAN combattant des terroristes liés à Al-Qaida, cela n’aurait pas dû être trop difficile” à soutenir, a attaqué M. Royce, se faisant l’écho de ce qui se murmurait côté français il y a un mois, à savoir que Washington aurait mis un peu trop de temps à se décider.

Plusieurs mois avant l’intervention française au Mali, des responsables américains avaient exprimé leurs réticences eu égard à une intervention militaire “antiterroriste” dans le nord du Mali qui ne s’accompagnerait pas d’un volet politique à Bamako. M. Kerry a répété, jeudi, qu’un retour de la démocratie au Mali après le coup d’Etat de mars 2012 était une priorité.

Sur place, l’armée française poursuit “la phase de sécurisation” des zones où elle est présente dans le nord du Mali, en particulier dans l’extrême Nord-Est, vers Tessalit, près de la frontière algérienne.

C’est dans cette région qu’ont trouvé refuge une partie des chefs et combattants jihadistes – notamment du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes qui ont occupé pendant plus de neuf mois ces zones avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar Dine.


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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 15:56

Le tout nouveau secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a profité de son premier entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour saluer l’action militaire “couronnée de succès” de la France contre les groupes islamistes présents dans le nord du Mali, jeudi 14 février.

Si les Etats-Unis ne sont pas intervenus directement dans un premier temps, ils ont déployé des moyens de transport aériens pour appuyer l’effort de guerre français depuis le 21 janvier. Ils contribuent également à hauteur de 50 millions de dollars à une aide militaire d’urgence, également destinée aussi au Tchad.

“Tiédeur” 

L’administration Obama est pourtant critiquée aux Etats-Unis pour ne pas s’être engagée plus directement dans cette intervention militaire. Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, Ed Royce, a récemment fustigé la “tiédeur” de la réaction initiale américaine “pour répondre à l’appel de notre allié”.

Paris “est un allié de l’OTAN combattant des terroristes liés à Al-Qaida, cela n’aurait pas dû être trop difficile” à soutenir, a attaqué M. Royce, se faisant l’écho de ce qui se murmurait côté français il y a un mois, à savoir que Washington aurait mis un peu trop de temps à se décider.

Plusieurs mois avant l’intervention française au Mali, des responsables américains avaient exprimé leurs réticences eu égard à une intervention militaire “antiterroriste” dans le nord du Mali qui ne s’accompagnerait pas d’un volet politique à Bamako. M. Kerry a répété, jeudi, qu’un retour de la démocratie au Mali après le coup d’Etat de mars 2012 était une priorité.

Sur place, l’armée française poursuit “la phase de sécurisation” des zones où elle est présente dans le nord du Mali, en particulier dans l’extrême Nord-Est, vers Tessalit, près de la frontière algérienne.

C’est dans cette région qu’ont trouvé refuge une partie des chefs et combattants jihadistes – notamment du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes qui ont occupé pendant plus de neuf mois ces zones avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar Dine.

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:30
Par Mustapha Hammouche Liberté |27 Décembre 2012
Le président Hollande a été bien accueilli en Algérie. Dans la plus pure tradition tiers-mondiste, des employés ont été transportés des wilayas [circonscriptions administratives] limitrophes de la capitale contre paiement de la journée chômée et des étudiants et des écoliers ont été déplacés pour jalonner son itinéraire. Cet accueil populaire "organisé" nous aura privés d'une occasion d'apprécier le réel sentiment populaire qu'un tel événement aurait dû susciter.
Pourtant, la visite de Jacques Chirac, en 2001, à Bab El-Oued, avait montré que les Algériens pouvaient, malgré les rancœurs exprimées ou contenues, recevoir avec considération un chef d'Etat français. Avant que le réflexe policier du contrôle de l'expression populaire n'ait repris le dessus à son retour, en 2003. La perception actuelle de la France par la rue et par la jeunesse algérienne surtout, puisqu'on en fait l'objet de tous ces empressements bilatéraux, reste donc à reconstituer.
Si l'Etat algérien a su, par ses méthodes éprouvées, faire "parler le peuple", il n'a pas laissé filtrer son appréciation sur la manière dont il fallait juger les messages de la France officielle à notre intention. Hollande n'est tout de même pas venu pour signer des contrats commerciaux et faire une déclaration d'amitié qui ne nous engage que pour la durée de son mandat et... en termes si creux ! Dans son discours politique, il n'a pas récusé "l'injustice et la brutalité" de la colonisation et n'est pas allé jusqu'à faire amende honorable quant à la responsabilité de la France dans cette tragédie.
Des applaudissements oui, mais aucune prise de parole
Si le caractère criminel du fait colonial n'a pas besoin d'être démontré, on peut considérer que chacun doit se faire son idée sur le traitement politique de son passé par un Etat. Il restera au partenaire concerné à se faire la sienne et à agir en conséquence. Or, au cours de la visite de François Hollande, cruciale de ce point de vue mémoriel, l'Etat algérien est resté muet. On avait l'impression d'une visite de chef d'Etat et de sa délégation, entourés de figurants qui n'étaient là que pour céder à l'exigence protocolaire.
Or, si la signature de contrats et d'accords devait signifier la fin de la controverse sur la question de la repentance, cela supposait que les préalables politiques fussent résolus. Sinon, peut-être fallait-il dissocier le domaine de la coopération et celui du contentieux mémoriel, puisque jusqu'ici il y en avait un et que les dirigeants algériens n'avaient rien fait pour le réduire. Elle est étrange, cette façon d'organiser l'accueil : il y a deux chefs d'Etat quand il s'agit de cérémonials et de bains de foule et un seul quand il s'agit de s'exprimer. Tout se passe comme si notre Etat était là quand il s'agit pour nous d'applaudir et qu'il n'y avait plus que l'Etat invité quand il s'agit de l'interpeller. On veut bien, mais à partir de quelle position algérienne officielle ?
La France a dit ce qu'elle avait à dire sur la question de la mémoire coloniale alors que les autorités algériennes ont tu la demande de repentance sans nous dire si elles s'en... repentent ou s'il s'agit d'un simple repli tactique. A partir de maintenant, les Algériens auront à se débrouiller avec le message clair, et peut-être insuffisant, de l'Etat Français et la non-position de leur Etat. En campagne pour 2014, notre pouvoir n'a pas le temps de s'occuper de mémoire.
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:24

La visite du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela, le 9 janvier 2012, a fait l’objet d’une couverture médiatique internationale. L’Agence France-Presse (AFP) a également couvert l’événement par le biais, entre autres, de sa chaîne de télévision AFPTV. Néanmoins, l’AFPTV s’est rendue coupable d’une grave dérive en publiant et en manipulant une vidéo tronquée du discours du Président vénézuélien Hugo Chávez, contrevenant à l’éthique journalistique qui impose à la presse de transmettre une information véridique et non biaisée à l’opinion publique. Cette affaire conduit inévitablement à se questionner sur le rôle des médias dans nos sociétés.

 

Par Salim Lamrani* Le Monde diplomatique (espagnol)

L’AFP est la toute première agence mondiale d’information puisque son histoire remonte à la création en 1835 de l’agence Havas, « pionnière des agences de presse internationales ». En 1944, un groupe de journalistes résistants reprit le contrôle de l’Office Français d’Information – alors sous contrôle du régime de Vichy pendant l’occupation nazie – et le rebaptisa Agence France-Presse[1].

L’institution se qualifie d’« agence de presse indépendante », même si une partie substantielle de son budget dépend des abonnements des services publics, c’est-à-dire de l’Etat. Ses principes fondamentaux, définis dans le statut de 1957, sont néanmoins censés garantir « l’indépendance de l’agence et la liberté d’action de ses journalistes ». D’après son article 2, « l'Agence France-Presse ne peut en aucune circonstance tenir compte d'influences ou de considérations de nature à compromettre l'exactitude ou l'objectivité de l'information; elle ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d'un groupement idéologique, politique ou économique ». Ainsi, l’AFP revendique son impartialité et son objectivité[2].

L’AFP dispose d’un réseau conséquent de 2 900 collaborateurs de 80 nationalités différentes, répartis dans 165 pays, lesquels rendent compte en six langues différentes (français, anglais, espagnol, allemand, portugais et arabe) « de la marche de la planète, 24 heures sur 24, en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie[3] ». L’agence diffuse ainsi 5 000 dépêches par jour dans tous les domaines de l’actualité et dispose, en plus du texte, d’un service photo international (2 000 photos par jour et 8 millions de photos d’archives), d’une chaîne de télévision AFPTV (500 vidéos par mois) et d’une palette multimédia[4].

L’AFP revendique une marque de fabrique qui fait, selon elle, sa renommée dans le monde entier : la crédibilité. Elle est illustrée par la maxime suivante : « La fiabilité est notre absolue priorité ». L’organisme est composé de « journalistes professionnels expérimentés » qui « exercent leur métier dans la plus grande rigueur », « trient, hiérarchisent les informations, vérifient les faits pour les mettre en perspective ». Selon l’entité de presse, elle fournit « une information rapide, vérifiée et complète sur les événements qui font l'actualité internationale[5] ».

La visite du Président Ahmadinejad au Venezuela  

Lors de la visite officielle du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela, l’AFPTV a publié une vidéo de 58 secondes sous le titre « Ahmadinejad et Chávez ‘attaqueront Washington’ », dans lequel les journalistes L. Ramirez et L. de Suremain retranscrivent un extrait du discours du Président Hugo Chávez sur le perron du Palais présidentiel. Les deux présidents se trouvent côte à côte, entourés d’officiers militaires. La voix off traduit donc les propos de Chávez et l’extrait se lit comme suit : « Ahmadinejad et moi, depuis le perron du Palais présidentiel, viserons Washington avec des canons et des missiles. Parce que nous allons attaquer Washington[6] ».           

Ainsi, dans le reportage réalisé par l’AFPTV, il semble que le Président Chávez menace les Etats-Unis d’une attaque militaire. Les propos semblent assez étranges et surprennent l’opinion publique. S’agit-il d’une déclaration de guerre à l’encontre de la puissance américaine, sachant que les relations entre les deux nations sont conflictuelles depuis plus d’une décennie ? Impossible d’en savoir davantage en raison du caractère succinct de l’extrait.             

Une analyse de l’ensemble du discours de Chávez permet néanmoins de découvrir une toute autre réalité. En effet, le discours a été délibérément tronqué par l’AFPTV, qui en a sélectionné un passage afin de faire croire à l’opinion publique que Chávez menaçait explicitement les Etats-Unis. En réalité, les propos du président vénézuélien stigmatisaient la diabolisation de l’Iran et du Venezuela par les Etats-Unis et une grande partie de la presse occidentale. La déclaration complète est totalement différente :

« Les porte-paroles de l'impérialisme disent, les médias de l’impérialisme affirment, et leurs laquais présents dans ce pays le répètent tels des perroquets, que l’Iran se trouve au Venezuela, qu'Ahmadinejad est à Caracas, car en ce moment même, à 2h30 de l'après-midi, comme si nous allions, Ahmadinejad et moi, depuis les sous-sols [du palais présidentiel] de Miraflores, ajuster notre tir en direction de Washington, et que vont sortir de là de grands canons et des missiles car nous allons attaquer Washington. C'est quasiment ce qu'ils disent. Ou que la colline où se trouvent les journalistes, là, va s'ouvrir, et qu'une grande bombe atomique va en sortir. C’est quasiment ce qu’ils affirment. Il faut en rire mais il faut également être attentifs[7] ».

La volonté de manipulation et de tromperie est manifestement évidente, sans compter les erreurs – délibérées ? – de traduction. Face au tollé suscité sur Internet, l’AFP a modifié le titre initial et l’a remplace par « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA[8] ». L’Agence a également publié le commentaire suivant sur son compte Facebook :

« L’AFP a publié une version corrigée d’une vidéo sur des déclarations du président vénézuélien Hugo Chavez lors de la récente visite à Caracas de son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad. Sur les six versions de cette vidéo AFP, la version en français comportait une erreur par défaut de mise en contexte d’une déclaration de M. Chavez. Une nouvelle version de cette vidéo, avec mise en contexte, a été diffusée[9] ».

Mais là encore, le nouveau titre – seul changement dans la nouvelle vidéo – est trompeur. En effet, le Président Chávez n’ironise pas sur une éventuelle attaque contre les Etats-Unis mais fustige les déclarations des médias qui prétendent que le Venezuela et l’Iran sont sur le point de déclarer la guerre à Washington. Ainsi, l’AFP transforme une critique de la presse occidentale en un discours belliqueux anti-américain.

Par ailleurs, cet ajustement n’a guère convaincu les internautes, outrés par le comportement de l’agence de presse comme l’illustrent certains commentaires : « C'est l'AFP qui envoie des missiles sur l'information et sur l'opinion publique ! », « La vidéo originale est une preuve irréfutable de calomnie et de manipulation du peuple Français », « agence de propagande », « À croire que le monde veut vraiment la guerre contre l'Iran et le Venezuela », « C'est la nouvelle PRAVDA[10] », « Ce que vous faites est d'une extrême gravité. Vous faites une propagande de guerre », « Comment les "journalistes" de l'AFP ont-ils osé, avec un ce grotesque mensonge prendre un tel risque, surtout à l'ère d'internet où tout peut être contrôlé et vérifié[11] ? ».

En réalité, le discours du président Chávez, qui a duré près d’une demi-heure et qui a été réduit à ces 58 secondes par l’AFP, était davantage un plaidoyer pour la paix mondiale qu’une déclaration de guerre contre les États-Unis comme l’illustrent ces extraits :  

-Chávez : « La plus grande aspiration de nos peuples est la paix et on nous accuse de belliqueux ou de va-t-en-guerre. Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. L’Iran n’a envahi personne. La révolution islamique d’Iran n’a envahi personne. La révolution bolivarienne n’a envahi personne. Nous n’avons jamais bombardé quiconque. Qui a envahi des pays et des peuples entiers depuis plus de 100 ans ? Qui a jeté des milliers de bombes sur des peuples sans défense, y compris des bombes atomiques ? Qui a favorisé des coups d’Etat, des massacres et des génocides ? Qui a utilisé la guerre chimique, la guerre biologique et la guerre bactériologique contre des peuples entiers ? Ce n’est pas nous. Nous autres faisons partie des peuples qui ont été agressés. Et nous continuons à être agressés. Et on prétend nous présenter comme étant les agresseurs. Comme le dit Eduardo Galeano : « C’est l’histoire du monde à l’envers ».

            De la même manière, le discours du président iranien n’était pas forcément hostile aux Etats-Unis :

-Ahmadinejad : « Nous aimons tous les peuples, y compris le peuple américain qui souffre sous la domination des arrogants. Nous sommes aux côtés de tous les peuples pour qu’ils parviennent à conquérir leurs droits inaliénables. Notre arme est la logique, notre arme est la culture, nos armes sont les valeurs humaines. Nos armes sont l’effort et le travail qui permettront de conquérir les droits de ceux qui souffrent. Notre arme est l’amour, la tendresse et l’amitié pour lesquels nous serons unis à jamais[12] ».

Conclusion

Le cas d’AFPTV est emblématique des dérives journalistiques de plus en plus fréquentes. En effet, de nombreux médias ne jouent plus leur rôle d’informateurs et d’analystes, mais se contentent d’un rôle de propagandiste au service de l’idéologie dominante et de l’ordre établi. La concentration des médias au sein de grands groupes économiques et financiers porte gravement atteinte à l’impartialité et l’indépendance de cette même presse qui répond à un agenda politique bien précis, au détriment de la diffusion d’une information fiable.

Pourtant, la Charte d’éthique professionnelle des journalistes « tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles[13] ».

Au lieu de respecter cette profession de foi, l’AFP s’est rendue coupable d’une dramatique faute professionnelle, trompant l’opinion publique et bafouant les principes fondamentaux de la profession journalistique, en particulier son propre statut. Dans ce cas précis, l’agence s’est comportée comme une officine de propagande destinée à diaboliser le président vénézuélien Hugo Chávez, outrageant ainsi la mémoire de ses pères fondateurs, qui eux avaient choisi, sous le joug nazi, de lutter contre la désinformation, « de passer la vérité en contrebande » si cela était nécessaire – pour reprendre les propos de Robespierre –, afin de la faire parvenir aux citoyens.  

* Salim Lamrani : Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

[1] Agence France-Presse, « Notre histoire ». http://www.afp.com/afpcom/fr/content/afp/historique  (site consulté le 15 janvier 2012).

[2] Ibid.

[3] Agence France-Presse, « Nos missions ». http://www.afp.com/afpcom/fr/content/afp/nos-missions  (site consulté le 15 janvier 2012).

[4] Agence France-Presse, « Nos services ? ». http://www.afp.com/afpcom/fr/content/afp/nos-services (site consulté le 15 janvier 2012).

[5] Agence France-Presse, « Qui sommes-nous ? ». http://www.afp.com/afpcom/fr/content/afp  (site consulté le 15 janvier 2012).

[6] Agence France-Presse TV, « Ahmadinejad et Chávez ‘attaqueront Washington’ », 12 janvier 2012. http://www.dailymotion.com/video/xnmnx0_ahmadinejad-et-chavez-attaqueront-washington_news  (site consulté le 15 janvier 2012).

[7] Vincent Lapierre, « l’AFP en flagrant délit de manipulation sur Chavez et Ahmadinejad », Agora Vox, 12 janvier 2012. http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/l-afp-en-flagrant-delit-de-33296  (site consulté le 15 janvier 2012).

[8] AFPTV, « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA », 12 janvier 2012. http://www.dailymotion.com/video/xnmo85_chavez-ironise-en-disant-qu-il-va-attaquer-les-usa_news (site consulté le 15 janvier 2012).

[9] Agence France-Presse, https://www.facebook.com/notes/agence-france-presse/birmanie-le-pouvoir-signe-un-cessez-le-feu-avec-les-karens/350015721677140  (site consulté le 15 janvier 2012).

[10] Ibid.

[11] AFPTV, « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA », op. cit.

[12] Vincent Lapierre, op. cit.

[13] Syndicat national des journalistes, « Charte d’éthique professionnelle des journalistes », mars 2011. http://www.snj.fr/spip.php?article1032  (site consulté le 13 septembre 2011).


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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 18:28

Syrie : le Qatar favorable à une intervention militaire


 

 
        


 
 
Par oumma.com le 14 janvier 2012
Dans un entretien accordé  à la  chaîne américaine CBS News, l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani a proposé l'envoi en Syrie   de  plusieurs unités  militaires arabes  "pour mettre fin aux meurtres et à l'effusion de sang". Cette proposition  n'est rien d'autre qu'une ingérence militaire, prônée également par certains experts proches des milieux israéliens et américains. Mais l'émir ne dit rien sur la provenance de ces unités. Quel pays arabe pourrait  accepter de prêter ces troupes pour  une telle expédition militaire ?
Certainement  le Qatar,  comme pour la guerre contre la  Libye,   avec  bien sûr l'aide  incontournable de l'OTAN.   Le Qatar avait  en effet reconnu   avoir envoyé 5.OOO soldats des Forces spéciales en soutien aux rebelles libyens qui ont renversé, avec les forces militaires de l'OTAN,  le régime de Kadhafi. Le chef d’état-major qatarien, le général-major Hamad bin Ali al-Atiya, avait  déclaré à ce sujet à  l'AFP : « Nous étions parmi eux et le nombre de Qatariens sur le terrain se chiffrait par centaines dans chaque région. La formation et les communications étaient gérées par des Qatariens. Le Qatar a supervisé les plans des rebelles parce c’était des civils qui n’avaient pas suffisamment d’expérience militaire. Nous avons assuré la liaison entre les rebelles et les forces de l’OTAN. »

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 11:48
Embarras au Maroc après des révélations dans la presse israélienne: Quand lépouse de M6 offre des diamants à Tzipi Livni

 

La nouvelle fait sensation au Maroc. Lalla Salma, l’épouse du Roi Mohammed VI, a offert à l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni en visite secrète à Rabat en 2009 un collier serti de diamants de très grande valeur.

En fait, la visite au Maroc de Tzipi Livni, qui dirigeait au moment de son séjour au Maroc le parti d’opposition Kadima, n’était pas tout à fait secrète. Elle avait été invitée au Forum MEDays organisé à Tanger par Amadeus, un « think tank » que dirige le jeune Brahim Fassi Fihri, le fils du ministre marocain des Affaires étrangères Taib Fassi Fihri.

De là à penser qu’il s’agissait d’une invitation officielle déguisée, il n’y a qu’un pas… franchi par de nombreuses associations de la société civile marocaine qui avaient dénoncé une visite qui se déroulait alors qu’un mandat était lancé en Grande-Bretagne contre Livni pour «crimes de guerre» à Ghaza.

 

Trois avocats et une ONG marocains avaient condamné la visite de Mme Livni et porté plainte contre elle devant un tribunal de Rabat pour «crimes de guerre» pendant l’intervention israélienne à Gaza de fin 2008-début 2009. L’ancien bâtonnier Abderrahmane Benameur avait qualifié cette visite «d’événement dangereux », «qui cache mal l’intention de normaliser (les relations) avec l’entité sioniste».

Tzipi Livni était en effet ministre des Affaires étrangères lors du grand carnage commis par l’armée israélienne contre Ghaza entre décembre 2008 et janvier 2009. L’affaire du collier de Lalla Salma reprise par certains sites d’informations marocains suscite un grand embarras chez les officiels et les partis institutionnels. Certains refusent de commenter une information qui concerne directement le Roi. Ou bien s’en font les défenseurs par principe.

A l’instar du parti islamiste agréé le PJD (Parti de la justice et du développement) dont un des responsables, Mustapha Ramid, cité par le site lakome.com affirme ne pas «croire» qu’une telle chose se soit produite avant d’ajouter qu’il attendait que le «palais rende public un communiqué» avant de s’exprimer sur l’affaire.

Un autre responsable politique, Khalid Soufiani, appelle à prendre l’information avec «précaution » tout en considérant que «toute forme de normalisation avec une femme telle que Tzipi Livni, qu’on considère comme une terroriste, est à condamner».


QUAND M6 FAISAIT CHEVALIER DU TRÔNE UN PUISSANT LOBBYISTE SIONISTE

L’embarras des politiques marocains est d’autant plus grand que le roi Mohammed VI a lui-même été derrière un geste très controversé en septembre 2009.

Il avait remis le titre de Chevalier de l’ordre du trône du royaume du Maroc à Jason F. Isaacson, directeur de gouvernement et d’affaires internationales du Comité américano-juif (AJC), un puissant groupe de lobbying sioniste très introduit dans l’administration américaine. Jason F. Isaacson avait, sans surprise, appuyé avec force les massacres contre Ghaza. L’information sur la remise du titre n’avait pas été annoncée officiellement au Maroc, c’est un site communautaire juif aux Etats-Unis qui l’a révélée.

Il faut dire que la « sacralité » de la personne du Roi qui a été préservée dans la Constitution révisée sous le terme « d’inviolabilité » ne permet pas aux politiques marocains de trop se prononcer sur un sujet délicat. Le fait que des sites d’informations marocains rapportent l’information n’en est que plus méritoire.


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 19:19

Par  Contrainjerencia - traduit de l’espagnol par Marc Harpon - 13 juin 2011   
                                                                   

« C’est un honneur pour nous d’avoir les cendres de cet homme enterrées avec nous » a affirmé l’agent de la CIA Félix « El GAto » Rodríguez, une des assassins de Che Guevara et terroriste lié à Luis Posada Carriles. 

 

L’association des mercenaires de Playa Girón [connue hors de Cuba sous le nom de Baie des Cochons, ndt]de Miami, présidée par l’agent de la CIA Félix « El Gato » Rodríguez, assassin connu pour ses activités terroristes en relation avec Luis Posada Carriles, annonce qu’elle « va installer une niche » pour y déposer les cendres du « dissident » cubain Orlando Zapata Tamayo, dans le Mausolée de cette organisation.

A la fin de février 2009, des agences de presse et des gouvernements se sont empressées de condamner Cuba pour la mort en prison, le 23 de ce mois, de Zapata, un prisonnier de droit commun qui a revêtu les habits du « prisonnier politique » alors que son casier judiciaire était déjà très lourd.

Zapata a commencé sa carrière de délinquant en 1988. Jugé pour délits de « violation de domicile » (1993), « blessures légères» (200), « escroquerie » (2000), « blessures et port d’arme blanche » (2000 : blessures et fractures du crâne à l’encontre du citoyen Leonardo Simón, avec emploi d’un coutelas), « trouble à l’ordre public » et « désordre public » (2002) entre autres choses sans lien aucun avec la politique.

C’est la première fois que ce groupe rassemblant des nostalgiques de l’invasion ratée contre Cuba, une initiative mortifère de la CIA, confère se « privilège » à un cubain qui n’a pas appartenu à la Brigade 2506, qui s’est illustrée par une défaite extraordinaire en avril 1961.

« C’est un honneur pour nous d’avoir les cendres de cet homme enterrées avec nous », a affirmé Félix Rodríguez, président de l’Association. « Nous considérons Tamayo comme un héros »

L’assassin du commandant Ernesto « Che » Guevara, « El GAto » Rodríguez est aussi un complice de Luis Posada Carriles dans le scandale d’échange de drogue contre des armes Iran-Contra et un bandit du scandale du Watergate, en plus d’avoir été l’homme « de confiance » de George Bush père.

Le mausolée est situé dans le Cimentière Memorial Park, 14200 SW 117 Avenue, à Miami. Les cendres seront déposées le 25 juin, lors d’une cérémonie du réseau de l’organisation terroriste Municipios de Cuba en Exilio.

Les membres d’organisations « anticastristes »comme Vigilia Mambisa, connue pour ses interventions violentes dans la rue, le Directoire Démocratique Cubain, financé par l’USAID, et la succursale locale subventionnée des « Dames en blanc », de même que le député républicain de Miami David Rivera se rejoindront à l’aéroport pour recevoir les restes du dit délinquant « héroïque ».


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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 02:00


Un document secret U.S., dont Ennahar détient une copie, révèle l’espionnage du gouvernement égyptien, par l’intermédiaire de son ministre des affaires étrangères au début des années quatre-vingt dix, avec la complicité des Etats Unis d’Amérique, sur le réacteur nucléaire algérien de Aïn Oussera, dans le sud algérien.

Par Ennahar/Algerie - http://ennaharonline.com/fr/news/4540.html

Le document, publié par Ennahar, révèle le contenu des discussions entre le responsable américain Richard A. Clarke, lors de sa visite au Caire au mois de mai 1991 et sa rencontre avec le ministre égyptien des affaires étrangères à l’époque. 

   
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Selon le contenu du document classé top secret, envoyé par les services de l’ambassade américaine au Caire, au secrétariat de l’Etat américaine au mois de mai de l’année 1991, à propos de la visite de la délégation américaine au Caire, ces dernières entre les responsables égyptiens et américains ont tourné autour de l’armement dans la région du proche orient, avant de tourner autour de l’affaire du réacteur nucléaire algérien à Aïn Oussera dans la wilaya de Djelfa. Le responsable américain avait alors demandé l’aide du ministre égyptien des affaires étrangères en leur fournissant des informations supplémentaires sur le réacteur qui, selon le document était en cours de réalisation.   

Le responsable américain qui occupait le poste de ministre adjoint du secrétaire d’Etat, chargé des affaires politiques et militaires à l’époque, avait demandé au ministre égyptien des affaires étrangères, dont le nom a été caché sur le document, de fournir Washington en informations sur le réacteur nucléaire construit par l’Algérie avec l’aide de la chine.  


Mais la surprise vient du fait que le ministre égyptien ait exprimé sa compréhension des inquiétudes des américains avant de donner sa promesse au responsable américain d’étudier la demande.


 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:40

Francis Delattre et le Big Bazar des fichiers policiers

 

 

Francis Delattre est l’un des principaux responsables des dérives que connaît la France en matière de fichage policier. Et il est fort probable qu’il soit aujourd’hui victime du grand bazar qu’il a lui-même cautionné lorsque, en 2004, député et membre de la CNIL, il a "libéralisé" la création des fichiers policiers.

En accusant Ali Soumaré, tête de liste PS aux élections régionales dans le Val-d’Oise, d’être un “délinquant mutirécidiviste chevronné“, Francis Delattre a démontré le peu de fiabilité que l’on pouvait attendre des fichiers policiers, dès lors que l’on s’en sert servilement, sans vérifier ce qu’il y a d’écrit dedans.

Le Monde rapporte en effet que “selon plusieurs sources policières et judiciaires, les allégations divulguées par M.Delattre pourraient provenir du fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées)“.

Ce fichier, qualifié de “casier judiciaire bis” par la CNIL, répertorie plus de la moitié de la population française, décomposée comme suit : près de 6 millions de “suspects“, et plus de 28 millions de “victimes“.

Problème : en 2001, la CNIL, seule habilitée à y contrôler la véracité des fichiers, à la demande de ceux qui y sont fichés (ce qu’on appelle le “droit d’accès indirect“, mode d’emploi) y répertoriait 25% d’erreurs. En 2004, le taux d’erreurs était de 44%, en 2005 de 53%, et, en 2008, de 83%. Et plus d’un million de personnes y sont encore considérées comme “suspectes” alors qu’elles ont été blanchies par la justice.


En 2008, la CNIL a constaté 83% d’erreurs dans les fichiers policiers.


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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 12:40



Connaissez-vous Bernard Thibault ? C’est probable. Il est, comme on dit une des figures du syndicalisme français. Que l’évolution de plus en plus réformiste de la CGT provoque l’ire grandissante d’une partie de sa base n’a finalement que peu d’importance., Même quand on est favorable à une collaboration de classe, de vieux restes de centralisme démocratique peuvent toujours être utile. “Peu importe que le chat soit blanc ou que le chat soit gris pourvu qu’il attrape la souris”, disait déjà le vieux président Deng 

 

Par Martin Terrier - Causeur
Repris de http://danactu-resistance.over-blog.com/

Au dernier congrès de la CGT, à Nantes, on a à peine entendu l’opposition. Des représentants d’unions locales et d’organisations syndicales CGT d’entreprises avaient pourtant décidé de désigner comme candidat Jean-Pierre Delannoy (métallurgie du Nord-Pas-de-Calais). Ce dernier était toutefois monté au feu comme avaient chargé les légionnaires à Camerone : pour la beauté du geste. Bernard Thibault, largement soutenu en interne, était assuré d’être réélu pour un quatrième mandat et la candidature de Delannoy a été qualifiée de “symbolique” car, n’est-ce pas, “tout était ficelé”.

On avait pu d’ailleurs, à propos de symbolique, constater la pugnacité plutôt faiblarde de Thibault quand il s’était agi de soutenir les CGT de Continental traduits devant les tribunaux et en particulier leur leader, le très charismatique Xavier Mathieu qui pour avoir dit ce qu’il pensait de la mollesse, pour ne pas dire le couillemollisme1 de la nouvelle icône du syndicalisme modernisé, s’était retrouvé au dernier moment déprogrammé d’un débat à la fête de l’Huma 2009.

Bon, maintenant connaissez-vous Sophie de Menthon ? Si l’on dit souvent que Bernard Thibault est coiffé comme Mireille Matthieu, Sophie de Menthon, elle, a quelque chose d’une héroïne des Feux de l’amour, avec l’image de l’executive woman telle que l’on s’imagine dans les maisons de retraite. Blonde, souriante et impitoyable. D’autant plus impitoyable que, comme un reflet inversé de Bernard Thibault qui voudrait faire avaler la fable d’un syndicalisme réformiste façon CFDT, Sophie de Menthon, elle, veut faire croire à quelque chose d’encore plus énorme : la possibilité d’un capitalisme moral. Sophie de Menthon n’a pas peur des oxymores. Elle a sans doute acquis cet aplomb dans le comité d’éthique du Medef. Elle a même crée, sans doute inspirée par ce joli mot aristotélicien un mouvement qui est aussi un acronyme, Ethic et qui signifie Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance. Si Bernard Thibault fait semblant d’oublier la lutte des classes, Sophie de Menthon, elle, fait semblant d’oublier la tendance à la concentration monopolistique de l’économie de marché et que la “taille humaine” se trouve souvent chez des sous-traitants étranglés, obligés de réduire les coûts pour garder des marchés qui sentent sur leur nuque le souffle des grands groupes quand ce n’est pas le talon de fer des multinationales. Mais nous savons qu’Orwell et Machiavel sont déjà aux portes de la Ville et que les mots ne veulent plus dire grand chose, voire adoptent assez perversement le sens contraire. On commence juste, par exemple, à comprendre malgré les économistes de garde médiatiquement corrects que le mot réforme prononcé par un membre du gouvernement ou un patron, même affilié à Ethic, veut dire recul social et adaptation aux exigences de plus en plus délirantes du marché.

Mais Sophie de Menthon, dans sa croisade pour un capitalisme à visage humain (on vous interdit de rire dans la salle, surtout ceux du fond à gauche) a trouvé un allié dans le monde syndical et pas n’importe qui. Bernard Thibault lui-même. Si, si, ils viennent même de signer un communiqué ensemble. Bon, il y a aussi la CFDT mais il y a longtemps que l’on est habitué à la collaboration de classe pratiquée depuis Nicole Notat par cette centrale toujours prête aux compromis de toutes sortes pour avoir l’air respectable et mendier un satisfecit de Madame Parisot.

Et sur quoi porte donc la nouvelle alliance entre Ethic et la CGT : une augmentation générale des salaires ? Allons, allons, nous sommes entre gens sérieux. De nouveaux droits pour les représentants syndicaux au sein des comités d’entreprise ? Cessez, je vous prie, cela devient indécent.

Non, vous semblez oublier que nous avons affaire à deux grandes consciences morales, humanistes, et tout et tout. Sophie et Bernard ont cosigné d’une grande générosité dont le titre vous dira assez suffisamment ce dont il s’agit : “Approche commune sur les conditions de régularisations des travailleurs sans-papiers”. Pour résumer, main dans la main, Sophie et François, la bouche en cœur, vont aller proposer à Xavier Darcos que toute cette main-d’œuvre assez massivement et honteusement employée dans des secteurs comme le BTP et la restauration, soient traités à égalité de droit puisqu’ils cotisent déjà pour la retraite et la sécu.

On peut être certain que Bernard Thibault est persuadé qu’il a fait une bonne opération, qu’il va être applaudi à deux mains et par le patronat pour son ouverture d’esprit et par la gauche morale, tellement morale, qu’elle passe son temps à sangloter sur le sans papier comme figure ultime de l’oppression. Le problème, c’est que Thibault semble avoir oublié un vieux proverbe latin : “Timeo Danaos et dona ferentes” (je me méfie des Grecs, même quand ils font des cadeaux). Le libéralisme, par essence, adore la libre circulation. Celle des capitaux, des marchandises et des corps. Il faut être naïf comme un identitaire pour croire que l’économie de marché a une nation. L’immigration clandestine, c’est l’armée de réserve du capitalisme ou, selon les circonstances ses tirailleurs sénégalais, pendant la guerre de 14, envoyés en première ligne pour qu’on ait le temps de se réorganiser à l’arrière. Et, de fait, un moyen comme un autre de faire baisser les salaires et les droits, de maintenir la pression contre les revendications.

À la limite, dans cette histoire, la néo-libérale Sophie de Menthon est cohérente avec elle-même. C’est Thibault qui sur ce coup-là, encore une fois, semble oublier au nom du “réalisme” qu’il vient de se faire complice d’un mauvais coup contre le monde du travail.

Et que, de Benoît Frachon à Henri Krasucki, on doit, ces temps-ci, se retourner dans les tombes rouges de l’émancipation. Les tombes sur lesquelles pleure désormais une jolie fille abandonnée par presque toute sa famille. Une jolie fille qui ne connaissait ni Noirs, ni Blancs, ni Arabes, mais seulement le prolétariat. Une jolie fille qui ne faisait pas dans la moraline. Une jolie fille qui s’appelait lutte des classes.
“La CGT, on les a pas vus. Les Thibault et compagnie, c’est juste bon qu’à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute cette racaille.”


 

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