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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 16:27

tariq-ramadan.jpgL’islamophobie a été de nouveau excitée par le voile intégral d’une française convertie mariée à un algérien de 34 ans qui gère une boucherie halal, un harem de quatre épouses et douze enfants. Mi-martial, mi-fanfaron face aux caméras, flanqué de gardes du corps et vêtu à la pakistanaise couvert du keffieh palestinien, Lies Hebbadj a fait preuve d’une lamentable lâcheté en qualifiant ses épouses de maîtresses, oubliant que le mensonge est un péché.


Ce fait divers est venu opportunément remplacer à la une des journaux les multiples scandales de pédophilie de l’Eglise catholique qui ont fait vaciller le Vatican.
On peut difficilement trouver pire caricature que ce tartuffe donnant une image surréaliste de musulman «décalé» dans une société occidentale. Comment peut-on être systématiquement et «religieusement» solidaire d’un tel guignol ? Pourtant, le premier à venir le soutenir publiquement est, comme d'habitude, Tariq Ramadan. (1)

 

Comment les musulmans d’Europe en sont-ils arrivés ces dernières années à subir cette avalanche de pitreries médiatico-politiques qui provoquent et accentuent l’islamophobie, alors que l’écrasante majorité respecte les lois et leur environnement dans la discrétion de leur foi et leur intégration sociale ?
Au lieu de crier au loup, cette redondance des soubresauts de l’islamophobie européenne pousse plutôt à s’interroger sur les causes réelles de cet exhibitionnisme islamiste actionné par des courants politico-religieux et leurs leaderships. A la mort du prophète, il n’y avait que deux écoles de pensée et de pratique, les sunnites et les chiites. Aujourd’hui, on se perd entre le wahabisme, le salafisme, les frères musulmans, le tabligh, etc…
Voulant s’émanciper en Afrique du Nord après les indépendances, les mouvements islamistes ont vite débordés sur l’Europe qui leur offrait l’asile politique. Confrontés chez eux à des dictatures sanglantes qui ne leur laissait aucun espace de survie, des opposants islamistes se sont installés dans la durée en Occident où ils ont enfanté une génération hybride qu’on appelle «citoyens européens de confession musulmane».
Tariq Ramadan en est devenu le symbole, le porte-parole et le chef spirituel. Philosophe, beau garçon et beau parleur, crevant l’écran sur la scène médiatique, il a rapidement incarné le modèle et l’inspirateur des jeunes musulmans nés en Europe soucieux de se réapproprier une identité islamique occultée par l’enseignement laïc, et de se démarquer de leurs parents immigrés vivant leur foi dans la simplicité, la discrétion et la tranquillité.
Frère Tariq est sans conteste l’inspirateur attitré d’une mode conservatrice, rigoriste et puritaine de l’islam auprès des jeunes musulmans européens, qui se manifeste ostensiblement par l’adoption d’accoutrements pakistanais, saoudiens ou afghans, en particulier le voile intégral connu sous les noms de niqab ou burqua. Le Maghreb a connu quelques années avant l’Europe cette «mode importée» sous l’impulsion de prédicateurs exaltés et de voyageurs jihadistes revenus du Pakistan, d’Afghanistan, d’Egypte ou du Golfe Arabe.


Tariq Ramadan entretient constamment la confusion sur son identité personnelle. «Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption.»


Il a reconnu être un salafiste: «Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafiste au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman.» (Interview sur la radio Beur FM en novembre 2003).
Pourtant, sa vie et son histoire sont intimement liées au mouvement des Frères Musulmans, fondé par son grand-père maternel Hassan El Banna, et à la Ligue Islamique Mondiale dont son père Saïd Ramadan fut un des membres fondateurs.

 

L’héritage spirituel de Tariq Ramadan 
La nationalité suisse de Tariq Ramadan ne doit leurrer personne. Ce n’est qu’un camouflage cosmétique pratique pour mieux dissimuler son enracinement profondément égyptien et sa vocation de leadership panislamiste.  Tariq est le double héritier spirituel de son grand-père Hassan El Banna et de son père Saïd Ramadan. Il a été élevé, avec ses quatre frères et sa sœur, dans une éducation islamique et un trilinguisme classique chez les aristocrates égyptiens (arabe, anglais, français).
Hassan El-Banna est le fondateur des Frères musulmans. A sa mort, sa fille Wafa El-Banna, mère de Tariq, s'installe en Suisse avec son mari Saïd Ramadan en 1958. Accusé par Gamal Abdelnasser de fomenter un coup d’État, le nouveau leader des frères Musulmans, Sayyid Qutb, fut arrêté, jugé et pendu le 29 août 1966. Saïd Ramadan est au nombre des accusés. Condamné par contumace à trois peines de 25 ans, il perd sa nationalité égyptienne, mais ne prendra pas la nationalité suisse.
Il était enregistré par les suisses comme pakistanais en vertu du passeport diplomatique de ce pays qui le considérait comme son «ambassadeur culturel par excellence». Il fut l'ami du suisse François Genoud, converti à l'islam, connu pour son rôle de banquier du nazisme.

Saïd Ramadan fonde en 1961 le Centre islamique de Genève (CIG), financé en partie par les Frères Musulmans et le prince saoudien Fayçal. Il en est resté le directeur jusqu’à sa mort en 1995. Son fils Hani Ramadan lui succéda et le conseil de direction conserve une composante familiale.
Quelques mois avant la naissance de Tariq, en mai 1962, Said Ramadan joua un rôle-clé dans la fondation de la Ligue Islamique Mondiale (Rabita Al 'Alam Al Islami - World Muslim League - WML), à la Mecque. Le prince Fayçal d'Arabie Saoudite voulait promouvoir le panislamisme en opposition au panationaisme nassérien. Saïd Ramadan voulait aussi créer une chaîne de centres islamiques dans les principales capitales d'Europe (Münich, Londres…).
Saïd Ramadan était doué d'un grand savoir du Coran et des Hadiths, et d’une grande rigueur. Ses enfants témoignent de ses propos : “Si quelqu'un venait à moi et voulait discuter de la manière par laquelle on pourrait amener un changement dans le monde musulman, je lui demanderais d'abord s'il a prié le fajr”.

 

Le parcours et la pensée de Tariq Ramadan 
Tariq Ramadan est né le 26 août 1962 à Genève où il fait ses études à l’Université. Entre 1988 et 1992, il occupe le poste de doyen du Collège de Genève. Ramadan étudie ensuite les sciences islamiques à l’Université Islamique d’Al Azhar au Caire en 1992-1993 puis 1994-1995. Il est professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford, et professeur invité de philosophie à l'université de Casablanca.
Expert consultant dans diverses commissions des Parlements européens, il participe à des groupes de travail internationaux se rapportant à l’islam, la théologie, l’éthique, le dialogue interreligieux et interculturel, le développement et les questions sociales.  Il a été plusieurs fois cité parmi les 100 intellectuels les plus influents du monde par des magazines anglo-saxons.
Marié à une française convertie et père de quatre enfants, Tariq Ramadan se fait connaître du public français à partir de 1992, en donnant des conférences aux congrès annuels de l'organisation d'extrême droite l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF).
Son discours s'articule sur une réflexion philosophique et politique dans le débat concernant la place de l’islam en Occident et dans le monde. Maniant le verbe avec dextérité, il excelle dans le paraître plutôt que dans l’être. Il peut hypnotiser un auditoire qui ressort de ses conférences pas plus instruit qu’en y rentrant, mais avec cette envie forte et diffuse de crier son islamité avec fierté. Sans être un savant, ni un théologien, il est dans la lignée des grands prédicateurs islamiques en vogue depuis les années 80, idolâtré par une jeunesse admirative sous le charme lyrique du verbe islamique. Tariq Ramadan est rapidement devenu un penseur musulman célèbre et populaire parmi les jeunes, qui s’échangent ses discours en cassettes audio et DVD.
Ramadan s’adresse en priorité aux nouvelles générations de musulmans nés et élevés dans les pays occidentaux.
Dans son livre «Peut-on vivre avec l'islam», il écrit que le musulman ne se définit pas seulement par ses croyances mais par ses pratiques. Il prône la stricte observance du Coran et des Hadiths. 
D'après Ramadan, «la chari'a doit s’appliquer dans ma société même si celle-ci n'est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n'ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d'être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d'être fidèle au message et aux principes de l'islam.» 
Tariq se place dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives, et il veut définir les règles de leur cohabitation.

 

Un discours d’enracinement et de conquête
Pour étayer sa pensée, Ramadan a écrit plusieurs livres, qui ne sont en fait que des rééditions revues et améliorées, où il développe et affine sa vision du musulman dans la société occidentale présente et future.
Son œuvre démarre dans «Etre musulman européen» par un questionnement sur la place de l’Islam et des jeunes musulmans dans les sociétés modernes : «Qui sommes-nous donc? Pour ceux qui ont été élevés en Europe, la question devient plus complexe encore… C’est le cas des jeunes de la deuxième, troisième et quatrième génération. Qui répondra? Qui leur rendra les éléments constitutifs et le sens de leur identité? Qui pourrait reconstruire cette identité ou, au moins, leur donner des repères qui leur permettraient de trouver leur voie, consciemment et librement?» 

 

Dans «Musulmans d’Occident», il définit ce que signifie être musulman en Occident: «Il s’agit pour les musulmans de rester tout à la fois fidèles à leurs valeurs et en phase avec leur environnement. Autrement dit : il n’est pas question d’être moins musulman pour être plus occidental ou européen. La thèse ici est qu’il est possible d’être des musulmans convaincus, sincères et pratiquants et d’authentiques citoyens européens.» 
Il développe cet argument dans «Dar ash-shahâda» : «Les musulmans en Occident doivent-ils se considérer sur un sol étranger, gouvernés par la contrainte, avec le seul devoir de se protéger de l’environnement «agressif» ? Ou doivent-ils être et se sentir «chez eux»?»
Dans «La foi, la Voie et la résistance», il exhorte les musulmans à devenir eux-mêmes agressifs : «L’éthique islamique qui devait orienter s’est mutilée en une éthique réduite aux disputes sur les limites du halal et du haram, conduisant les musulmans vers la “tentation minoritaire”, en Occident comme dans le monde. Or, il faut revenir à la source : penser sa présence dans et à partir des références musulmanes. La shahada, c’est porter la foi en Dieu et Son Messager. La shari’a, c’est suivre le chemin de la fidélité, la Voie. Accomplir son devoir de résistance, c’est reprendre possession de son coeur, construire son intelligence et s’engager à promouvoir des projets alternatifs.»

 

Dans «Islam, le face à face des civilisations. Quel projet pour quelle modernité ?», il s’attache à montrer, «en puisant aux sources de la pensée et de la civilisation islamique, que les musulmans ont les moyens de répondre aux défis contemporains sans trahir leur identité. Nourris par leurs références, ils peuvent penser l’époque moderne en proposant une gestion sociale, politique et économique spécifique, attachée à l’éthique, au sens des finalités et à la spiritualité.»
Dans le livre «Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam», Tariq juge définitif l’enracinement des musulmans en Occident : «Les musulmans d’Occident, d’Europe comme des Etats-Unis, se sont aujourd’hui définitivement installés dans leurs pays respectifs. Après des années d’une présence pensée de façon temporaire, le moment est venu pour les jeunes générations d’élaborer une réflexion sur les fondements religieux et éthiques et leur enracinement dans les sociétés sécularisées…»
Tariq Ramadan confirme sa tendance panislamique : «une révolution silencieuse est en marche dans tous les pays occidentaux et elle aura, à terme, une influence considérable sur l’islam mondial.»

 

Tariq Ramadan semeur d’islamophobie 
Ramadan s’offre la paternité de ce qu’il appelle la «nouvelle visibilité» des musulmans et reconnaît lui-même être à l’origine de la montée de l’islamophobie européenne et occidentale, dans son dernier ouvrage «Mon intime conviction» :
«Les controverses se suivent et se ressemblent. Durant les cinq dernières années, je me suis retrouvé au centre de polémiques qui, au-delà de ma personne, révèlent la nature des problèmes qui traversent les sociétés occidentales… En France comme aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, en Angleterre, en Italie, en Espagne, et récemment aux Pays-Bas, j’ai fait face à des controverses nationales dont le point commun était, assez clairement, la nouvelle visibilité des citoyens occidentaux de confession musulmane…
Le point commun de tous ces débats tient à l’installation de générations successives de musulmanes et de musulmans, devenus citoyennes et citoyens de leur pays respectif. Installés, ils sortent de leur isolement géographique, de leurs ghettos sociaux, ou de leur marginalité sociopolitique. Ils sont désormais visibles,…
Dans la proximité, la présence d’autrui perturbe et gêne. Les crises se sont surtout multipliées autour de phénomènes visibles et spectaculaires : foulards islamiques, niqab (voile cachant le visage), burqa, minarets, auxquels il faut ajouter les expressions culturelles ou religieuses perçues comme «étrangères», c’est-à-dire différentes, inhabituelles ou trop «visibles» car pas encore «normalisées»… Tous ces phénomènes cumulés expliquent la situation présente, et la «nouvelle visibilité» des musulmans continue de provoquer son lot de crises cycliques…»
Il persiste dans sa démarche en lançant le défi de la confrontation : «Gardons en tête que cette «nouvelle visibilité» est par nature une situation historique transitoire.»

 

Le double discours de Tariq Ramadan 
En multipliant les conférences et les fréquentations des studios télés, Tariq Ramadan a vite gravi les marches de la notoriété médiatico-politique. Tentant toujours de policer ses propos médiatiques et de «noyer le poisson», son double discours a rapidement été décelé et dénoncé.
En octobre 2003, il s’en est offusqué en rédigeant un pamphlet sur «les (nouveaux) intellectuels communautaires». I
Il essuya un feu de critiques d’anti-sémitisme et tomba dans le piège qui lui fut tendu un mois plus tard le 20 novembre 2003 lors d’une émission sur France 2. Avec la suffisance qui le caractérise, il s’est présenté en dilettante face à l’agressivité, calculée et préparée par des experts en communication, où il a été acculé dans un «guet-apens» sur le foulard et la lapidation. (2)
Hésitant et maladroit, il confirma ce que les observateurs savaient déjà sur son double discours selon les conditions et le public auquel qu’il s’adresse. Comme on peut l’entendre sur cette conférence tenue à l’île de La réunion à propos des relations hors mariage, de l’éducation des adolescents, des piscines mixtes, etc… (3)
Un étudiant en philosophie canadien décrypte en toute simplicité l’anachronisme du double discours de Tariq Ramadan, «celui d'un positionnement net en faveur d'une autocritique de la pensée, et un autre discours prônant implicitement la suprématie des commandements de l'islam sur cette même activité». (4)
Ramadan conseille aux musulmans de ne pas se plaindre d’être victimes de persécution, mais de «maintenir leurs convictions envers et contre tout». Or, il est difficile de concilier l'examen critique de sa propre pensée, avec ce renfermement absolu et entêté de ses convictions religieuses. «Cet appel de M. Ramadan à proclamer ses convictions religieuses «envers et contre tout» illustre une bien pauvre compréhension du dialogue interculturel et de la mutabilité des identités.»
Le double discours de Tariq Ramadan apparaît encore plus clairement dans cette déclaration: «C'est là le chemin dans lequel nous devons nous engager si nous voulons nous sentir chez nous, appliquer de façon positive le principe islamique favorisant l'intégration de tout ce qui ne contredit pas les interdictions, et nous l'approprier».
Ramadan, fidèle à une interprétation «radicale» de l'islam, soutient la préséance des interdictions religieuses sur l'exercice d'une activité rationnelle et autocritique de la part du citoyen musulman : «Ramadan réaffirme l'obligation qu'a le musulman de se soumettre à la loi de sa religion au détriment de ses propres facultés critiques».
Les critiques du double discours sont encore plus féroces du côté des islamistes radicaux qui dénoncent le superflu des discours de Ramadan et sa soumission au lobby médiatique occidental, comme le fait Abou Hamaad Sulaiman Al-Hayiti dans sa «Réfutation des idées de Tariq Ramadan». (5)

 

Qu’est-ce qui fait courir Tariq Ramadan ? 
La question s’est posée de faire taire Tariq Ramadan, comme le relate un livre entretien.(6)
La censure et la disgrâce n’ont pas tardé effectivement à le bannir pendant un certain temps des médias européens. Des pays l’ont même interdit d’entrée, comme les Etats-Unis qui ont annulé le visa de travail qui lui avait pourtant été accordé en mai 2004.
Ramadan s’est alors acharné à attaquer en justice l’administration américaine jusqu’à ce que la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton signe une décision de levée d’interdiction le 20 janvier 2010. Tariq a aussitôt annulé tous ses rendez-vous tout heureux de revenir aux Etats-Unis le 8 avril dernier. Toujours animé de l’idéal panislamiste de ses ascendants, il ambitionne de partir à la conquête de l’Amérique, où le mouvement des Frères Musulmans est déjà implanté de longue date.
Sa tendance narcissique, mégalomaniaque et ethnocentrique est nettement visible sur son blog (www.tariqramadan.com). Il court les plateaux télés comme un intermittent du spectacle court les cachets. Tariq est hyper sollicité et se fait rémunérer ses apparitions, même pour quelques minutes.
Il répond “immédiatement et systématiquement” aux invitations des lobbies médiatiques français pour des interventions très superficielles tournant toujours autour d'épiphénomènes portant gravement atteinte à l'image de l'Islam, et où il doit toujours se défendre de son supposé antisémitisme. On l’entend faire de l’auto-flagellation dans certaines émissions où des animateurs se moquent de lui par des questions d’une banalité affligeante, en lui rappellant avec délectation son humiliation cathodique face à France2.
On en vient à se demander si la multiplicité frénétique des apparitions médiatiques de Tariq visent à “convertir” ses auditeurs, partir en croisade ou à dégrader davantage l'image négative que donnent les médias occidentaux de l’islam. Les lobbies médiatiques en lui redonnant une audience, ont en fait compris le rôle néfaste qu’il joue en défaveur de l’islam. Il apparaît comme le promoteur du niqab, des tenues moyenâgeuses et des pratiques rétrogrades antéislamiques. L’exhibitionnisme et l’accoutrement des ses adeptes donnent une image négative, arriérée et dégradante des musulmans et alimentent l’islamophobie.
Tariq Ramadan vit lui-même un problème d’identité, de légitimité, de représentativité, et d’universalité. Il ne représente en fin de compte que le profil type de l’intellectuel musulman complexé, en quête perpétuelle de reconnaissance dans le monde judéo-chrétien à qui il offre son temps et sa vie, au lieu de l’offrir à ses semblables dans les pays musulmans. Il se situe dans une logique vaine de transcendance de l’identité occidentale par le panislamisme.
Laïcité ou pas, la religion reste une source de jurisprudence. Dans les cas de grave contradiction, comme c’est le cas du niqab et du voile, c’est la religion dominante qui fixe les règles juridiques à respecter. On ne peut en aucun cas reprocher à l’Occident judéo-chrétien de se protéger juridiquement du prosélytisme salafiste, comme le font à juste titre les pays musulmans à l’égard du prosélytisme évangélique.
Comme tout intellectuel musulman, Tariq Ramadan doit faire son auto-critique profonde et se poser aujourd’hui la question existentielle de son (in) utilité en Occident et de son absence des débats sur les crises politico-identitaires et d’ijtihad au sein même des pays musulmans… cause de cet exode perpétuel de leurs élites et de «l’enracinement» de leurs enfants en Occident.  

 

Djamal Benmerad
Journaliste, écrivain
Bruxelles
Portable: 00 32 (0) 471 30 11 01
http://barricades.over-blog.com/

 


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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 13:27


Face à l’émotion soulevée par l’annonce de la prochaine inauguration d’une « Promenade David Ben Gourion » sur les quais de la Seine, le maire de Paris Bertrand Delanoë défend comme il peut sa scandaleuse décision, invitant le public à s’en prendre au Parti Communiste.


Par
CAPJPO-EuroPalestine

Aux centaines de Parisiens indignés par l’hommage rendu au colonialisme israélien, les services du maire ont envoyé par email une réponse standard, que nous publions ci-dessous.

Dans son communiqué, Delanoë ironise notamment sur la réaction archi-tardive du Parti Communiste Français (PCF). Celui-ci a en effet fini par s’élever contre l’initiative il y a quelques jours seulement, alors même que les élus communistes au Conseil de Paris avaient unanimement voté le projet il y a deux ans !

Sur le fonds, Delanoë justifie l’honneur rendu à la mémoire de Ben Gourion par une série de gros mensonges, le moindre n’étant pas celui de présenter le fondateur de l’Etat israélien comme un homme de paix. Delanoë, dont les sources documentaires sont manifestement plus proches du Mossad que de la recherche scientifique, invente par exemple l’idée selon laquelle David Ben Gourion, sur ses vieux jours (l’homme est mort en 1973 à l’âge de 87 ans) aurait fini par devenir plus raisonnable, et aurait préconisé la restitution des territoires conquis par son armée en 1967.

Bertrand Delanoë sait qu’il ment effrontément lorsqu’il écrit cela. Car 37 ans après sa mort, Ben Gourion continue d’être adulé en Israël, notamment pour avoir dirigé l’expulsion sanglante de centaines de milliers de Palestiniens en 1948, et la destruction de centaines de leurs villages, ou encore d’avoir été le parrain de jeunes tueurs, comme le tristement célèbre Ariel Sharon.

Et 37 après, aucun des disciples et successeurs (à commencer par le Président Shimon Pérès, qui est invité à l’inauguration) de Ben Gourion n’a non plus rendu un centimètre carré des territoires palestiniens occupés depuis 1967.

 

 


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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:23


 


La justice bourgeoise répond présent aux sollicitations de la direction de l'organisation politique domiciliée avenue Mathurin Moreau et obtient l'expulsion des communistes de terrain des 1er et 2ème Arrdt.

La Canaille le Rouge relaie leur communiqué:


 Vendredi 12 mars 2010

Déclaration de la section Halles Bourse après la décision de la Cour d'Appel

Nous venons de prendre connaissance de la décision prise le 5 Mars 2010 par la Cour d’Appel qui confirme le Jugement du 22 Juillet rendu par le Tribunal du 2èmearrondissement en vue de notre expulsion. Donc les Juges ont pris le parti du propriétaire, la SCI du 62, rue Montmartre , sans prendre en compte les changements de motivation retenus par celle-ci sur injonction du Secrétaire de la Fédération de Paris Patrice Bessac.

 

Le 3 Avril 2009 Simonne Goenvic a été l’objet d’une assignation en référé devant le Tribunal du 2ème arrondissement par la SCI qui a invoqué qu’elle n’était plus la responsable de la Section des 1er et 2ème .

Nous avons considéré qu’il s’agissait d’une affaire interne au PCF et qui ne relevait pas des tribunaux, nous avons recouru à la Commission nationale des conflits, nous sommes intervenus auprès de la Secrétaire nationale.

 

Nous avons fait valoir nos droits d’adhérents, et d’occupants de locaux acquis et financés par les militants depuis 39 ans . Nous avons précisé que depuis la cession en 1993 de nos locaux à titre gracieux à la SA Rochechouart, en vue de les sécuriser , nous avons consacré plus de 50.000 euros pour toutes les charges y compris celles incombant au nouveau propriétaire.

 

Les recommandations de la Commission nationale des Conflits n’ont pas été respectées qu’il s’agisse du  renouvellement de nos cartes, de la tenue d’une Assemblée pour élire une direction de Section dans les 1er et 2ème. Celle-ci ayant jugé non-conforme l’assemblée du 8 Janvier organisée par la personne désignée par la Fédération.

 

Lors de la deuxième audience le 4 Juin 2009, la SCI a changé sa motivation, faisant valoir ses droits en  tant que propriétaire de mettre à la disposition les locaux du 62 rue Montmartre au représentant désigné par la Fédération du PCF de Paris.

En vertu de cela le Tribunal a pris le parti du propriétaire et a décidé le 22 Juillet 2009, notre expulsion. Cette décision a été appliquée le 14 Janvier  par un huissier et des policiers requis par la Fédération du PCF de Paris.

 

Depuis cette date le local est constamment fermé, ce qui tendrait à prouver que le but de l’opéra tion n’est pas d’y avoir une activité politique.

 

Ainsi en violant les statuts, les règles de vie démocratique, le Secrétaire de la Fédération de Paris pouvait être assuré en recourant à la justice de classe et à la police d’imposer par la force le secrétaire de son choix, et pour nous exclure. La non remise des cartes aux adhérents de la Section Halles-Bourse des 1er et 2ème,  la création  d’une soi-disant section bis, la non tenue d’une Assemblée statutaire, exprime en clair la crainte de Patrice Bessac et de la Direction nationale d’être mis en échec.

 

Aujourd’hui nous pouvons dire qu’ils ont échoué, car la méthode autoritaire, antidémocratique employée est vivement contestée, condamnée par des adhérents du PCF, par des anciens adhérents qui ne renient pas leur idéal communiste. C’est un formidable encouragement pour nous qui n’avons eu de cesse d’exprimer un point de vue communiste en toute circonstance. Nous emploierons tous les moyens à notre disposition pour faire reconnaître nos droits sur les locaux du 62,rue Montmartre.

 

               Mais avec ou sans local nous continuerons à avoir dans les quartiers et dans les                  entreprises l’activité communiste que n’ont pas ceux qui violent les statuts et                           expulsent les militants.




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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 21:35

Par Omar Benderra, Ghazi Hidouci, Salima Mellah,

Algeria-Watch, 24 février 2010

Quelques années après la rocambolesque affaire Khalifa, les médias algériens nous apprennent à nouveau que les grands projets d’infrastructure de la présidence Bouteflika 1 et 2 et la non moins grande « nouvelle percée » de l’Algérie sur les marchés des hydrocarbures donnent lieu à des malversations de grande ampleur. Nous l’apprenons par les fuites d’enquêtes et par des articles de journaux. Convenons qu’autrement, on n’en aurait rien su. Tout serait demeuré dans l’ombre et relèverait purement de l’ordre des conjectures.

Et voila que beaucoup souhaitent entendre les voix de l’« opposition » – ou à défaut celles d’opposants – et s’étonnent des réticences de certains à entrer dans une controverse initiée par le régime. Un étonnement qui en suscite un autre : par quel miracle de simples citoyens, en Algérie comme à l’étranger, auraient-ils les moyens d’investiguer des pratiques par définition occultes, d’apporter les preuves tangibles des détournements et des escroqueries ? Comment croire que les citoyens honnêtes qui, par extraordinaire, détiendraient de telles preuves pourraient les rendre publiques sans qu’eux-mêmes ou leurs familles subissent immédiatement les foudres de la police politique ? Mais à vrai dire, là n’est pas l’essentiel : ce que révèle surtout l’appel à ce que les opposants s’enrôlent eux-mêmes dans la « lutte anticorruption », c’est, pour le dire simplement, une erreur d’appréciation sur le rôle réel de la corruption dans le système de pouvoir algérien, ainsi que celui des campagnes « anticorruption » régulièrement conduites par celui-ci.

Sans grande subtilité, la communication sur ces affaires vise deux objectifs principaux. Le premier objectif martelé, de sorte à ce que nul doute subsiste dans des esprits suspicieux, est que les officiers de « police judiciaire » des services secrets – de fait police politique disposant de pouvoirs exorbitants au droit commun – sont l’expression de la régulation souveraine, une police républicaine qui ne mérite que l’éloge et dont le peuple se doit d’être fier. Le second objectif officiel est que le gouvernement n’est pas en reste, il tente d’apporter des réponses. Lui aussi mérite donc confiance et respect ; il a en effet lancé une vaste campagne de lutte contre la corruption dans ses propres appareils, visant, avec une impartialité émérite, jusqu’à ses propres membres.

Revenue de biens des illusions, l’opinion publique dans toute sa diversité n’est absolument pas surprise par les dérives et les scandales. Les citoyens considèrent très habituellement que le mal est bien plus grand et bien plus profond que ce que les révélations de presse pourraient laisser accroire. L’opinion est également habituée à vérifier qu’au bout du compte, fatalement, seuls des seconds couteaux, voire des innocents, payent. Mais cela n’empêche pas la rumeur publique, cette fois comme les autres, de se mettre en mouvement et d’enfler au fil du temps. Cette réalité sociale mériterait d’être analysée. Cela serait bien plus utile que de perdre un temps précieux dans un débat récurrent qui se résume en fait à n’envisager ces affaires de corruption qu’en tant que spectacle d’une lutte entre le mauvais et le pire ou même entre méchants clans réglant leurs comptes.

En effet, les gens rêvent toujours, s’acharnent à espérer – et c’est bien trop humain pour qu’on puisse le leur reprocher – de la possibilité d’une justice dans ce pays. Ils sont prêts à y croire, même si cette justice se manifeste subrepticement et comme par accident. Pour un honnête homme, soucieux de donner un sens moral à sa vie, il est dans la nature des choses que, de temps à autre, des coupables soient sanctionnés. Qu’il en aille autrement serait désespérant… accepter l’impunité comme allant de soi est partout inadmissible. Le match supposé – toujours plus où moins truqué – vaut donc le coup d’être regardé. Mais, simultanément, c’est très
perceptible, l’opinion n’est pas convaincue ; la qualification officielle des faits, les noms des coupables présumés paraissent peu crédibles et la nature des délits – leur ampleur - fort minorée. La rumeur fait état de dérives qui reflètent mieux l’importance des sommes détournées et désigne davantage de coupables à un niveau élevé de responsabilité dans l’État. La confiance, si tant est qu’elle n’ait jamais prévalu, a précédé les harragas : elle a depuis longtemps déserté nos rivages. L’affaire de corruption change de registre, devient plus politique et les gens en arrivent enfin à oublier presque le scandale pour souhaiter la mise en cause du gouvernement ou, plus exactement, au-delà du gouvernement, du vrai pouvoir qui tire les ficelles et n’exerce aucune responsabilité légale dans la conduite des affaires.

L’opinion n’est pas dupe. Elle devine toutefois que ce pouvoir de l’ombre, non matérialisé, peut toujours, en cas de pourrissement, prétendre qu’il n’exerce aucune autorité et s’afficher comme une alternative. Les citoyens ne sont pas crédules. Ils savent bien que cette revendication ne sera jamais prise en compte, mais ils l’entretiennent pour ne pas perdre totalement espoir et faire comme si le droit au respect et à la dignité leurs étaient toujours reconnu. Un peu comme pour l’équipe nationale de football ; c’est important par défaut et l’illusion tient lieu de stimulant… Il faut bien essayer de vivre, jusqu’à ce que l’exutoire s’évanouisse et que l’on soit amené à penser à autre chose… Tout cela est tellement triste et en même temps compréhensible : nul ne peut jeter la pierre à ceux qui mordent à de tels appâts… Il faut seulement rappeler encore que notre pays n’est pas dans une situation d’État de droit, de respect des libertés, de responsabilité et de justice où la corruption serait un sport pratiqué uniquement à la marge de notre vie sociale par des délinquants marginaux comme le serait, par exemple, le vol à l’étalage. La réalité est que le système politique lui-même n’existe que par effraction ; la délinquance contrôle le politique, la violence d’État et donc les dimensions financières et commerciales de la vie du pays. Qui se souvient de Mohamed Boudiaf ? Symbole de l’innocence politique poussée à un degré rare, l’homme historique de la guerre anticoloniale a cru pouvoir lutter contre la corruption sans changer le système. On sait ce qu’il advint.

Alors où commence et où s’achève la corruption algérienne ? Existe-t-elle vraiment ? Il n’est pas besoin de savantes analyses pour appréhender une réalité brutale connue de tous. Comment nommer corruption la captation criminelle systématique des richesses publiques organisée par ceux-là mêmes chargés de l’interdire et de la réprimer ? Ceux-là mêmes qui libèrent les matraques policières sur les crânes de pacifiques médecins payés au lance-pierre ou de tranquilles enseignants réduits à la misère. Dans l’organisation du pouvoir algérien, le vol est la règle. Ce qui fait exception dans ce système est bien la probité, le sens de l’intérêt général et du bien commun.

Toute l’économie est organisée sur le mode du prélèvement abusif d’autorité. Au XXIe siècle cette pratique ne peut être affichée ainsi qu’elle a pu l’être à d’autres époques, il faut bien faire croire que nous sommes en République et en Démocratie, que la délinquance est comme partout marginale et qu’il y a une police qui s’en occupe.

Signifier indirectement – c’est ce que tente de faire cette campagne de presse – que la corruption est une déviance, par définition circonscrite, équivaudrait à en reconnaître le caractère dérogatoire et suggérer qu’elle est une exception à un ordre régulier, fondé sur le droit et la morale. Il est inutile de poser la question de la nature illégale et illégitime du système algérien, l’exercice serait bien trop formel pour susciter autre chose que l’ennui… Et qu’y aurait-il de moral dans ce système politique ? La question ne peut provoquer que le sourire où un haussement d’épaules quand il est de notoriété publique que même le projet de super-mosquée est une source d’enrichissement illicite…

Le détournement de bien public, la captation illégale des ressources nationales sont la règle et la raison d’être du pouvoir qui régente l’Algérie. Les scandales qui jalonnent à intervalles réguliers la chronique de ce pays sont les péripéties habituelles d’un système qui se régule sporadiquement par élimination de réseaux ou d’individus devenus gênants, comme l’affaire Khalifa, ou relevant de seigneurs de la guerre ayant disparu de la scène, comme pour l’affaire Zeggar. Qui, sous peine de se couvrir de ridicule, pourrait contester ce qui est, de longue date, une vérité d’évidence ? La corruption est bel et bien l’un des aspects naturels du fonctionnement d’un système depuis longtemps arrivé à maturité et stabilisé tant dans ses structures que dans les modalités de sa reproduction.

L’Algérie appartient à quelques chefs de l’armée – notamment ceux qui dirigent les services de police politique – et à leurs hommes d’affaires, algériens ou non, chargés de maintenir les filières et d’administrer les fortunes disséminées à travers le monde, sous toutes les formes possibles. Personne, nulle part, ne rend compte à des institutions réelles : celles qui existent sont des paravents sans aucune autre fonction que purement théâtrale. La gestion économique et administrative quotidienne est confiée aux clientèles et aux réseaux qui opèrent sur un mode prébendier ou de quasi-affermage. Où serait donc la corruption dans un pays où l’État est privatisé de facto depuis des lustres ?

La nature de l’organisation de pouvoir qui tient en joue la société algérienne est connue et, depuis le temps, parfaitement identifiée, même par les plus naïfs. D’autant que ses mécanismes apparaissent de manière visible depuis l’augmentation significative des prix des hydrocarbures en 1999. Les généraux décideurs sont au sommet du système de prédation, ils en sont les pilotes, la tumeur mère qui diffuse ses métastases dans le corps social. Comment cette organisation pourrait-elle admettre, après 200 000 morts, une autre logique que la sienne ? Le chef de l’État (ou ce qui en tient lieu), les ministres et autres figurants d’une cour des miracles politique participent tous d’une économie politique du détournement à ciel ouvert avec toutes les complicités extérieures qu’ils souhaitent. Il est vrai que les dirigeants des grandes démocraties avancées ne sont pas moins vénaux ou cupides que ceux des démocraties spécifiques du tiers monde. La lutte commune contre le terrorisme et le containment de l’islamisme n’expliquent pas tout. Évoluant dans des cadres de droit, l’enrichissement des élites de pouvoir au Nord ne peut provenir que des prélèvements et des rétrocommissions issus des échanges avec des pays comme le notre. Les paradis fiscaux sont fréquentés également par les « civilisés » et les autres. La prédation algérienne est internationale.

Même s’il est également vrai que d’autres pays, y compris ceux qui bénéficient d’États de droit, connaissent le phénomène à des degrés divers, il en est peu où la corruption massive et généralisée se résume, comme c’est le cas en Algérie, à un transfert massif des richesses nationales vers l’étranger. Ce qui se traduit par l’affaiblissement continu et durable du pays et à l’appauvrissement de ses habitants. La corruption n’est pas une fatalité.

Cela a été dit, mais répétons-le : le crime et la délinquance forment le socle d’un pouvoir hors du droit, hors-la-loi, composé d’individus malhonnêtes et incompétents, cent fois coupables de haute trahison envers leur peuple. Attendre comme le font certains, parfois de bonne foi, que l’« opposition » dénonce la corruption selon l’agenda de ce pouvoir, du fait d’une agitation médiatique autour d’arrestations de subalternes par la police politique secrète serait faire preuve, au moins, d’une admirable crédulité. Après tant d’années de mensonges et de manipulations, de crimes de masses et de vol généralisé à visages découverts, on pourrait penser que les plus naïfs, ou les plus aveugles, auraient fini par comprendre l’environnement criminel installé en Algérie. Dans ce système, la corruption est la loi.


 
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 19:35

 

Source / auteur : http://de.indymedia.org/2010/02/273...

mis en ligne samedi 20 février 2010 par jesusparis Traduit de l’allemand par Gachet, HNS-info

 

Depuis maintenant plus de trente ans, l' "union pour la reconnaissance de Dieu (allemande)" (Ludendorffer) se réunit chaque année dans le village de Dorfmark en Basse-Saxe.

Les "Ludendorffer" sont une communauté de vision du monde populiste, raciste et antisémite. Elle se base sur les écrits de Mathilde Ludendorff, épouse du compagnon de putsch d’Hitler Erich Ludendorff. Les "Ludendorffer" divisent les gens en "race lumineuse et race de fosse" et d’après leur théorie "le métissage conduit à la mort du peuple". En outre, on dit dans les écrits de Ludendorff que "le peuple allemand est déraciné par le communisme, les franc-maçons et le christianisme, si bien que Juda a un jeu plus facile ". La "race fosse juive" nuit aux enfants allemands à travers "l’éducation chrétienne enjuivée". Contre cela, les "races de lumière" doivent agir avec leur "droit du plus fort". Avec un tel antisémitisme et un tel racisme ouvertement exprimés, cela n’étonne pas non plus que les rencontres attirent aussi "les nationalistes autonomes".

Malgré ces faits connus, les "Ludendorffer" sont des invités très bien vus de beaucoup de villageois. Ils apportent de l’argent non seulement dans les caisses de l’hôtel "la maison allemande", mais aussi dans les plus grandes pensions privées. Ainsi Ingrid Koch, patronne de "la maison allemande", disait en 2008 : "pour nous se sont des invités très bien vus."

Ces dernières années il y a eu les premières protestations d’antifascistes, soutenues par des participant-e-s du "camp de jeunesse international de Bergen Belsen." Au cours de celui-ci (en 2008), des villageois ont tenu des propos racistes tels que : "dommage que les nazis ne soient plus au gouvernement". La police et les médias locaux ont minimisé ces propos, les qualifiant de "paroles de mauvaise humeur contre les manifestants".

Par ces propos, la presse nationale est venue, ce qui a contraint les politiques locaux et la ville à monter en 2009 une "union contre l’extrémisme", mais celle-ci n’a rien fait contre l’"union (allemande) pour la connaissance de Dieu" ; elle s’est contentée d’un tournoi de sport pour la tolérance et d’une exposition sur les vraies cultures de la jeunesse.

Cette année aussi, du 2 au 5 avril, l’"union (allemande) pour la connaissance de Dieu" tiendra sa conférence à l’hôtel "la maison allemande" à Dorfmark avec environ cent participants. Puisque cette année aussi, la participation des habitants-e-s de Dorfmark à la manifestation antifasciste sera très faible, il est d’autant plus important qu’il soit montré de l’extérieur que dans l’"idylle villageoise" il n’y a pas de place pour le racisme, l’antisémitisme et les théories de la conjuration.

Pour une partie de campagne anti-fasciste ! Sabotons la pâques des Ludendorffer !

 

 

 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 08:38



Par JBB  

Que je te dise, il est des hasards cocasses.

Des coïncidences facétieuses.

Et j’aime voir le doigt farceur du destin s’abattre cruellement sur la nuque d’un prétentieux malappris qui croyait pouvoir se jouer de lui.

Comme je ne goûte rien tant que d’assister à l’explosion du crapaud, celui qui se vantait de pouvoir gonfler encore et encore, mais avait oublié combien ses bajoues étaient fragiles et ses poumons faiblards.

Il est bon que le roi soit nu.

Et qu’importe que l’hypocrite roitelet se trouve en état de mort clinique et se prétende communiste. -

Il y a quelques jours, L’Humanité, quotidien (ci-devant) communiste, commandait une enquête à l’Institut français d’opinion publique (Ifop), entreprise de marketing dirigée par dame Parisot, par ailleurs présidente du Medef.

(En soi, c’est déjà rigolo : que le "quotidien communiste" - lequel multiplie les appels à ses lecteurs pour ne pas mourir - choisisse qu’une fraction de ses maigres subsides aille gonfler les lignes de trésorerie de l’entreprise menée (de main de maître) par la présidente du Medef devrait suffire à faire se retourner papa Marchais dans sa tombe [1].)

Je reprends : l’enquête portait sur « la réquisition par les pouvoirs publics des logements privés inoccupés ».

Et aboutissait à un résultat fort sympathique, 69 % des sondés se déclarant favorables à ladite « réquisition ».

Oui : chouette.

Décidée à rentabiliser un brin son (joli) sondage, la rédaction de L’Humanité a confectionné un (joli) dossier logement.

Avec un (joli) article détaillant les résultats de l’enquête, accompagnés de (jolies) réactions de quelques représentants associatifs.

Avec une (jolie) interview du député-maire (communiste) d’Ivry, lequel appelle, en matière de logement, à une prise de conscience de l’injustice.

Et avec un (joli) compte-rendu des Ve États généraux du logement, de l’habitat et de la ville, qui ont réuni, il y a une semaine à Ivry, des élus communistes et des militants associatifs, tous d’accord pour monter un (joli) front en faveur du droit au logement.

Oui : chouette, derechef.

Je ne doute pas que (le camarade) Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, a participé à ces Ve États généraux du logement, de l’habitat et de la ville, puisqu’il est membre de l’association qui les a organisés (l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, dont il a d’ailleurs longtemps été le secrétaire général).

Et je subodore même qu’il a (peut-être) souscrit à l’une des propositions votée par ces États généraux : « l’abrogation de l’expulsion ».

Ou qu’il a (peut-être) participé à la rédaction de l’Adresse aux forces politiques et sociales - Ensemble, construisons une nouvelle politique du logement pour la France - adoptée à la fin du rassemblement.

Ce serait logique, tant (le camarade) Marc Everbecq fait montre d’une saine vision en matière de droit au logement.

Saine, mais lapidaire : on expulse et on rase (gratis).

Ainsi de la (jolie) expulsion des squatteurs d’un immeuble appartenant à la municipalité de Bagnolet.

Expulsion menée matraque battante, mercredi à l’aube, avec tout plein de policiers (non communistes) virant les quarante occupants de l’immeuble (dont quelques enfants) et les abandonnant dans le froid, sans même leur permettre de récupérer des affaires détruites par un bulldozer en même temps que le bâtiment.

C’est novateur.

C’est efficace.

C’est… comment dire… humain ?

(Le camarade) Marc Everbecq a ainsi une très curieuse conception de « l’abrogation de l’expulsion ».

Et les arguments qu’il invoque en défense - selon la mairie, des « éléments objectifs » expliquent cette évacuation : « trafic de stupéfiants important, conditions de sécurité lamentables, prostitution avérée… » - ne le grandissent pas des masses.

Une consolation, toutefois : dans cette passe difficile, le (camarade) maire de Bagnolet peut compter sur la discrète collaboration de L’Humanité.

Laquelle a su évoquer, avec une diplomatie digne de la défunte Pravda et une semblable façon de maquiller la réalité, « l’évacuation de Bagnolet » [2].

Le quotidien a ainsi réussi ce coup de maître de ne pas nommer une seule fois (le camarade) Marc Everbecq.

A reporté, avec une mauvaise foi épatante, toute la responsabilité de l’expulsion sur la préfecture.

Et a fait largement état de la dénonciation par le Parti (ci-devant) Communiste Français des « méthodes d’un autre temps » usées par la préfecture pour cette « expulsion inacceptable ».

Quel audacieux renversement de perspectives !

Ça, c’est du journalisme honnête et sincère…

-

Je te résume le truc, pour être sûr que tu aies bien saisi.

Un quotidien (ci-devant) communiste qui publie tout un dossier en faveur du droit au logement, puis se livre à la plus grossière des manipulations médiatiques quand, quelques jours plus tard, un élu communiste se comporte en ce même domaine pis que le plus infâme des élus UMP.

Un maire communiste - par ailleurs membre d’une association qui vient d’organiser les États généraux du logement et de réclamer « l’abrogation des expulsions » en une Adresse solennelle - qui envoie des policiers expulser une quarantaine de squatteurs.

Je ne sais pas ce que tu en penses.

Mais je trouve pour ma part que le Parti Communiste et L’Humanité devraient sérieusement songer à changer de nom.

Vite.

Notes

[1] Tu as raison : si ça peut lui rendre le repos éternel un peu moins agréable, c’est toujours ça de gagné…

[2] L’expulsion devient « évacuation » dans les colonnes de L’Humanité : ne pas nommer les choses est la meilleure façon de nier leur existence.

 

Source : ARTICLE XI

 

 

 

 

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:56

Au moment où Nicolas Sarkozy, président de la République française, non sans quelques arrière-pensées politiques pour les prochaines échéances électorales (régionales de 2010 et présidentielles de 2012), s’apprête à faire entrer l’écrivain Albert Camus au Panthéon, imitant en cela son prédécesseur Jacques Chirac, qui honora durant ses mandats André Malraux et Alexandre Dumas, il paraît utile pour nous Algériens de revisiter la « pensée » de cet écrivain pied-noir qui a assisté, bouche cousue, ou à tout le moins avec une certaine désinvolture, au martyre du peuple algérien.

Colonialiste de bonne volonté ?


Par Belaïd ABANE*

Une phrase de Kateb Yacine, au demeurant pleine d’indulgence à l’égard de l’écrivain pied-noir, résume à elle seule la place qui est faite aux « indigènes » dans l’œuvre de Camus : « Je préfère un écrivain comme Faulkner qui est parfois raciste mais dont l’un des héros est un Noir, à un Camus qui affiche des opinions anticolonialistes (sic) alors que les Algériens sont absents de son œuvre et que pour lui l’Algérie c’est Tipaza, un paysage… » Concernant la revendication de liberté et d’indépendance de l’Algérie, le summum du délire camusien est atteint dans L’Express en 1958. « Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale. » Même s’il ne fait que traduire la propagande du bloc colonialiste en périphrases ampoulées auxquelles il a habitué ses lecteurs, Camus fit preuve d’un aveuglement incurable tant sont patents et insupportables la misère et l’écrasement du peuple algérien.

La lutte nationale arrivée à maturité n’avait nul besoin de cette « main étrangère » derrière laquelle se camoufle l’establishment colonial pour occulter un siècle d’abaissement subi sans relâche par les Algériens non sans de nombreuses tentatives de résistance. « L’impérialisme arabe (…) I’Egypte présumant de ses forces » ! Du bla-bla proféré moins de deux ans après l’offensive de l’impérialisme franco-britannique, réel celui-là, et la déroute égyptienne devant l’agression israélienne. « Colonialiste de bonne volonté », disait de Camus le philosophe Raymond Aron ! Colonialiste, certainement. De bonne volonté ? Même pas, comme nous allons le voir. Le plus sardonique est cependant dans la littérature camusienne, qui regorge de poncifs et de clichés racistes. Les livres d’Albert Camus, qui en sont subtilement imprégnés, ont contribué à les propager de manière insoupçonnée. Il est temps de le souligner, l’œuvre de Camus est trempée dans le déni et le mépris colonial envers les indigènes.

Ainsi, dans La peste, « les Arabes » ne sont jamais nommés. Dans L’Etranger, ils apparaissent sous la caricature de « l’Arabe fourbe », « sans densité et sans famille » , une lame effilée à la main. Comme des ombres floues et menaçantes dans L’Exil et le Royaume. Dans la femme adultère (L’Exil et le Royaume), Camus évoque les   «piétinements incompréhensibles » des « Arabes ». Narrant les tribulations de Janine, son héroïne, dans le Sud algérien, il écrit : « Elle s’arrêta, perçut un bruit d’élytres et derrière les lumières qui grossissaient, vit enfin d’énormes burnous sous lesquels étincelaient des roues fragiles de bicyclettes. Les burnous la frôlèrent… » L’écrivain pied-noir a incontestablement participé à la fabrication de cette imagerie réductrice et caricaturale de

« l’Arabe », et a l’incrustation dans l’imaginaire du Français métropolitain de ces représentations coloniales dévalorisantes ou négatives qui résistent encore à l’usure du temps : l’indigène, tantôt burnous ou djellaba en toile de fond, tantôt individu impénétrable et louche, toujours potentiellement dangereux. Il y a pire que le mépris et le déni, la « bestialisation ».

Dans la bouche du colon qu’indispose la promiscuité, les indigènes « pullulent ». « Le langage du colon quand il parle du colonisé, écrit Frantz Fanon dans les Damnés de la terre, est un langage zoologique. On fait allusion… aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au ‘’grenouillement’’, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. » Les mots du bestiaire ne sont cependant pas propres au colon. Albert Camus qui ne manquait pourtant pas de ressources ni de ressort littéraires, n’y échappait pas. Dans sa description de la Misère de la Kabylie, l’écrivain pied-noir évoquait « ces montagnes (qui) abritent dans leurs plis une population grouillante », et osera un parallèle avec les pays d’Europe dont « aucun ne présente un tel pullulement ».

Un « philosophe » à la posture communautariste

Le meilleur viendra cependant après le déclenchement de l’insurrection algérienne, notamment durant le paroxysme de « La Bataille d’Alger ». L’aveuglement de l’écrivain pied-noir nobélisé est total, tant la posture est communautariste aux antipodes de l’universalisme sartrien. Légitimement préoccupé par « le destin des hommes et des femmes de (son) propre sang », l’écrivain pied-noir se refusera à « donner un alibi au fou criminel (sic) qui jettera sa bombe sur une foule innocente où se trouvent les miens ». Evoquant « les représailles et les pratiques de torture » commises par son camp – « de notre côté », écrit-il – Camus les qualifiera de « fautes incalculables… qui risquent de justifier les crimes que l’on veut combattre ». Empêtré dans ce style pompeux qu’il affectionne, l’écrivain pied-noir ajoutera : « Et quelle est cette efficacité qui parvient à justifier ce qu’il y a de plus injustifiable chez l’adversaire…

La torture a peut-être permis de retrouver trente bombes au prix d’un certain honneur mais elle a suscité du même coup cinquante terroristes nouveaux qui, opérant autrement et ailleurs, feront mourir plus d’innocents encore. » Soucieux de la réputation et de l’honneur français, Camus ajoutera : « Même acceptée au nom du réalisme et de l’efficacité, la déchéance ici ne sert qu’à accabler notre pays à ses propres yeux et à ceux de l’étranger. » Froidement pragmatique, Camus propose de « supprimer ces excès (sic) et de les condamner publiquement pour éviter que chaque citoyen se sente responsable personnellement des exploits (resic) de quelques-uns ». Et l’écrivain d’expliquer avec un sens certain de la prémonition – une fois n’est pas coutume – que « ces beaux exploits préparent infailliblement la démoralisation de la France et l’abandon de l’Algérie ».

Conception étroite et partisane, que celle d’Albert Camus. Ainsi, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires, la répression collective dans le bled, toutes ces atrocités, aussi réelles et ô combien plus massives que celles du FLN, Camus les enveloppait dans l’euphémisme de « beaux exploits ». Il ne les déplorait pas au nom de la justice et du droit, ni au nom des valeurs qui fondent l’universel français, ni même au nom de la morale et de l’humanisme, mais pour des raisons d’« efficacité » et de prestige national. Du reste, même quand il lui arrivait d’exprimer quelques récriminations, il prend bien soin de les délayer dans un pur concentré de langue de bois, avec, il faut le lui reconnaître, beaucoup de savoir-faire. Comme en 1951 déjà, au moment où Claude Bourdet dénonçait sans détours ces pratiques de « la Gestapo en Algérie », appliquées à des militants nationalistes n’ayant encore commis aucune violence, Camus ne trouvait alors rien de mieux à faire que d’adresser au président du tribunal une lettre où la manière de noyer le poisson est digne de figurer dans une anthologie du bla-bla. Jugeons en : « La cause de la France en ce pays, si elle veut garder un sens et un avenir, ne saurait être que celle de la justice absolue. Et la justice, en cette occasion, pour être absolue, ne peut se passer de certitudes absolues. Et une accusation qui aurait la faiblesse de s’appuyer sur des sévices policiers jetterait immédiatement un doute sur la culpabilité qu’elle prenait en charge, pourtant de démontrer. » Evoquant le terrorisme du FLN, Camus le qualifiait de « crime qu’on ne saurait ni excuser ni laisser se développer ». « Quelle que soit la cause que l’on défend, ajoute-t-il, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant. » Morale à sens unique, car Camus demeurera aveugle, sourd et muet quand il s’agit de crimes commis par les siens.

Où était-il donc ce 10 août 1956, quand « l’horrible provocation » – pour reprendre une expression par lui utilisée après l’insurrection du Nord Constantinois – fut commise par les siens sur les habitants de La Casbah, mêlant sous les gravats enfants, femmes et vieillards dans le sang et la mort ? Camus redoutait, on se demande pourquoi, « l’humiliation des 1 200 000 (sic) Français » que ne manqueraient pas de générer, selon lui, la négociation avec le FLN et l’indépendance de l’Algérie. Le même Camus préférera pourtant détourner la tête de l’abaissement subi par les Algériens depuis plus d’un siècle. Pis, ses livres qui magnifient le paysage méditerranéen de l’Algérie, sont littéralement expurgés de ces fausses notes que semblaient être à ses yeux, les autochtones, quand ils n’apparaissaient pas sous les traits de spectres menaçants et malfaisants.

Camus regrettera également que les Algériens n’aient pas emprunté la voie de la non-violence active et de la non-coopération, pratiquée par le Mahatma Gandhi. « Gandhi, écrit-il, a prouvé qu’on pouvait lutter pour son peuple et vaincre, sans cesser un jour d’être estimable. » L’écrivain pied-noir ne demande pas au cavalier intraitable d’alléger un peu la charge, c’est à la « monture » éreintée qu’il recommande de continuer à supporter un peu plus, de patienter un peu plus longtemps. Le courage attendu du philosophe qu’il est censé être aurait été naturellement, au nom de la franchise qu’on leur doit, d’interpeller les siens et de les rappeler à l’ordre. Clairement, sans circonlocutions prudentes, sans périphrases tortueuses. Même si « la justice » importe moins que

« la mère », le meilleur moyen de préserver cette dernière est parfois de la protéger contre elle-même, de ses propres excès. Car, côté algérien, on n’a d’autre choix que de se « cabrer » avec l’énergie du désespoir pour tenter de se libérer. Cela peut faire mal. C’est sans doute cela qu’a voulu exprimer Sartre, dans son élan provocateur, avec l’allégorie de « l’homme mort et de l’homme libre ».

Au demeurant, comme le rappellera Robert Barrat, que de fois les Algériens ont eu recours à cette voie gandhienne que conseille Camus : « Qu’avaient fait d’autre… les Algériens depuis cent trente ans… Refus de l’impôt, de la conscription et de l’école française ? Qui sait en France que lors de la guerre contre l’Emir Abdelkader, des volontaires de la mort se présentaient à nos troupes, enchaînés l’un à l’autre comme les Bourgeois de Calais ? Ces moussebiline s’offraient à la vindicte des conquérants, espérant désarmer leur fureur. Mais la race des Bayard et des Turenne était déjà éteinte chez les soldats de l’époque. Ils décapitaient proprement ces martyrs de la non-violence pour s’occuper ensuite en toute quiétude de leurs femmes et de leurs biens… On a vu quel sort l’administration française réserva en 1957 au vaste mouvement de résistance passive déclenché par le FLN avec la campagne de fermeture des boutiques et la grève scolaire. Les enfants de La Casbah furent embarqués de force en camions vers les écoles au son des orchestres militaires… Les rideaux de fer des boutiques musulmanes étaient arrachés par la troupe, le contenu des boutiques dispersé dans la rue et la foule européenne invitée au pillage… De semblables mesures ont-elles jamais été prises contre des fonctionnaires européens grévistes ? »

L’étranger et l’inconscient colonial

En vérité, Camus ne s’est jamais débarrassé de ses réflexes primaires bien enracinés dans son inconscient colonial. Par une de ces formules alambiquées dont il a le secret, il stigmatise « cette partie de notre opinion (les anticolonialistes, ndlr) qui pense obscurément que les Arabes ont acquis le droit d’égorger et de mutiler… des enfants européens ». Diable ! Il ne manquait aux Arabes que ce « droit » non encore inscrit dans le code de l’indigénat. Englué dans le cliché raciste de « l’Arabe égorgeur » qu’il a tant contribué à enraciner dans l’opinion, avec notamment cette « imposture littéraire » - L’Etranger - qui lui a valu le prix Nobel, Camus, étranger lui-même au malheur séculaire des Algériens, éludera toute réflexion, se détournera de toute analyse sur les racines profondes de la question algérienne. Alors que « les exploits » de la 10e DP étaient sur la place publique, était-il aveugle au point de marteler à Stockholm, ce 14 décembre 1957, sa « conviction la plus sincère qu’aucun gouvernement au monde ayant à traiter le problème algérien ne le ferait avec des fautes aussi minimes » ? Etait-il absent ? Non, puisqu’il ne cessera de condamner « le terrorisme qui s’exerce dans les rues d’Alger et qui, un jour, peut frapper (sa) mère et (sa) famille ».

Même s’il dit croire à la justice, Camus raisonnait comme un citoyen lambda pour qui il était normal de préférer les siens aux indigènes et de « défendre sa mère avant la justice ». Comme le lui reprocheront ses amis, le pied-noir avait pris le pas, dès le départ, sur le philosophe, l’esprit communautariste sur l’idéal universaliste. Camus avait-il d’ailleurs jamais senti ou voulu sentir de quel côté soufflait l’oppression ? Il n’est pas incongru aujourd’hui de se poser la question devant le mutisme sélectif d’un philosophe qui demeurera « étranger » aux violences massives subies par le peuple algérien depuis le début de la « pacification », et surtout aux cris déchirants des suppliciés des caves d’Alger, durant l’année 1957. Ses contorsions intellectuelles, ses jongleries rhétoriques et sa compassion forcée sur « les injustices faites au peuple arabe », un prêche dans le désert. Inaudible pour les Algériens, lassés par les discours creux et les promesses d’un avenir sans contours. Inaudible, comme l’était sa « trêve civile », auprès des siens dont une bonne partie n’y retrouvait pas, il est vrai, ses aspirations à la guerre à outrance.

L’écrivain pied-noir ne trouvera pas grâce, même aux yeux de l’intellectuel de droite, « nationaliste de rétraction » qu’est Raymond Aron. Même ce pragmatique, ni juste ni moral, lui reprochera de n’avoir jamais pu « s’élever au-dessus de l’attitude du colonisateur de bonne volonté ». Un immense fossé sépare l’universalisme libérateur de Sartre, de Jeanson, de Curiel et de tant d’autres « justes » réfractaires à une liberté sélective à deux vitesses, des pulsions grégaires d’un Albert Camus frileusement recroquevillé dans le giron de son ethnie. Les inconditionnels de la prose camusienne continueront cependant de s’extasier sur les « ruines de Tipaza » et de présenter comme le summum de l’humanisme, un soi-disant « cri de révolte sur la misère de la Kabylie ».

 
*Belaïd ABANE est Professeur de médecine, auteur de L’Algérie en guerre, Abane Ramdane et les fusils de la rébellion,  L’Harmattan 2008

Références :

Kateb Yacine. Un homme, une œuvre, un pays, entretien à Voies multiples, Laphomic, 1986. Edouard W. Saïd, Albert Camus ou l’inconscient colonial, Le Monde diplomatique, novembre 2000.

Chroniques algériennes, Gallimard. Idem. Ibid.

Dans sa préface à un ouvrage de Frantz Fanon (Les damnés de la terre, Maspero, 1961), Sartre qui est sans doute avec Francis Jeanson, l’intellectuel français qui a le mieux saisi les mécanismes de l’oppression coloniale, écrit : « Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. » L’expression est de Sartre. On ne sait si le philosophe existentialiste critiquait le mode de construction à l’américaine de L’Etranger, son écriture au passé composé, ou s’il doutait du caractère authentiquement fictif de l’œuvre. Avait-il connaissance de ces étranges affinités entre ce roman bizarre qui a rendu célèbre l’écrivain pied-noir, et l’œuvre géniale d’un écrivain juif autrichien, Stefan Zweig. Bizarres autant qu’étranges, en effet, ces similitudes entre Meursault, l’étrange héros assassin de Camus, et le personnage récurrent, L’Etranger, de l’œuvre de Zweig.

Selon Leïla Benmansour (El Watan des 23 et 24 avril 2006), L’Etranger serait non pas une création fictive, mais une construction sur la base des cinq nouvelles de Stefan Zweig (Le joueur d’échec, Amok ou le fou de Malaisie, Lettre d’une inconnue, Ruelle au clair de lune et Vingt-quatre heures de la vie d’une femme).

Pour l’universitaire algérienne, le remords aurait tourmenté Camus au point de « le plonger dans un malaise grandissant, atteignant la dépression, alors que tout lui souriait ». Camus n’aura pas e courage d’évoquer l’œuvre de Zweig. Mais, en parlant de son prix Nobel, lors d’une conférence à Stockholm sur le mensonge dans l’art, il lancera à une assistance intriguée, cette phrase énigmatique : « Cette récompense dépasse mes mérites personnels. » Sartre aurait raillé « la philosophie facile » « pour classes terminales » de Camus. Ce sont des pieds-noirs qui huent Camus, le menacent et torpillent sa conférence sur la trêve civile au début de l’année 1956 à Alger.

Jean Jacques Gonzales, Une utopie méditerranéenne. Albert Camus et l’Algérie en guerre.

Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La guerre d’Algérie. La fin de l’amnésie, Robert Laffont, 2004.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 00:42

A plusieurs reprises, notamment aux meetings socialistes de Toulouse et de Strasbourg, les photojournalistes ont été empêchés de travailler au pied de la tribune comme c’est le cas habituellement dans les réunions publiques.

 

 

Par Christian pour Le Torchon Rouge

Ainsi le 24 avril à Toulouse, dés l’arrivée en scène de la Première secrétaire du PS, Martine Aubry, les reporter photographes ont été repoussés vivement et sans contestation possible vers les côtés de la salle, loin de l’intervenant politique, ou bien face à la tribune, mais très éloignés de celle-ci en fond de salle derrière le public.

Il ne restait alors aux photographes, qui rappelons le sont journalistes professionnels, qu’une seule possibilité et qu’un seul angle de travail : photographier la mise en scène préparée à l’attention des médias, la « belle image » du leader sur fond de drapeaux agités par des militants judicieusement placés « au bon endroit ». Et que ce soit à Toulouse, à Strasbourg ou ailleurs l’image sera la même…

Jusqu'à présent, seule la présidence de la République et son ex-candidat nous avait habitués à ces méthodes. 

 

Restrictions

 

Ces restrictions sont imposées alors que l’emplacement naturel des reporter photographes, au plus prés de l’intervenant, ne gêne en rien la vision des spectateurs et sans qu’aucune raison de sécurité manifeste ou d’impératifs organisationnels ne soit justifiées.

 

Les velléités des communicants politiques d’imposer leurs règles aux journalistes et notamment aux photojournalistes sont de plus en plus fréquentes : déterminer le choix de l’angle pour une prise de vues valorisante et conventionnelle. On sait que le PS loue les services d’une agence de communication pour sa campagne européenne dans le Grand Sud. A quand le photographe unique distribuant à l’ensemble des médias des images choisies et visées par le leader et ses conseillers ?

 

Le contrôle imposé de l’image doit cesser


Aucune censure ni atteinte à la liberté d’informer (et donc au droit du travail) n’est tolérable, que ce soit pour le professionnel comme pour le lecteur. Le journaliste, photographe ou rédacteur, doit pouvoir « écrire », donc décrire l’événement qu’il couvre, de la façon la plus complète, indépendante et libre, avec une liberté de mouvement réelle, dans le respect des règles de déontologie de sa profession.

 

Extrait des Recommandations de la Fédération Européenne des Journalistes relatives à l’accréditation des photographes pour les événements importants adoptées par le Comité Directeur de la FEJ, Zagreb 2007 : « Les photographes et journalistes n’accepteront des restrictions à leurs mouvements que pour des raisons de sécurité manifestes ou de stricts impératifs organisationnels. Ils resteront libres de prendre des photos à tout moment. Leurs seules limites seront celles imposées par les principes éthiques du journalisme, notamment ceux relatifs à la protection de la vie privée ».

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 15:28
La constitution en vigueur dans leurs pays respectifs les empêchant de briguer un troisième mandat présidentiel, Hugo Chavez au Venezuela et Abdelaziz Bouteflika en Algérie ont eu recours au procédé de la révision pour lever cet obstacle.

Dans les deux pays, l'initiative présidentielle a suscité un débat contradictoire au sein de l'opinion publique et une levée de boucliers dans les rangs des oppositions nationales. Les partisans des mis en cause leur ont répliqué en faisant valoir qu'une limitation des mandats présidentiels n'est pas un principe démocratique intangible valant en tout lieu et pour toute situation nationale et d'en donner pour preuve que des pays où existe une démocratie incontestable ont des constitutions dans lesquelles ce principe est ignoré.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a choisi pour faire aboutir son projet de révision la voie du référendum alors que Bouteflika est passé par celle de la votation parlementaire. Les deux procédures ont été respectueuses des dispositions prévues par les constitutions en vigueur. Au terme de la loi donc, les deux hommes n'ont nullement violé ces constitutions. Les deux sont arrivés à leurs fins qui est de pouvoir prétendre à autant de mandats présidentiels qu'ils veulent. Sauf que l'un, le président vénézuélien, y est parvenu après avoir livré un combat à la loyale à ses détracteurs.  Un combat qui a consisté à porter le sujet de discorde devant le peuple et à organiser une consultation populaire régulière et transparente dont même ses ennemis ont admis la réalité.

Alors que le président algérien s'en est tenu à une révision à la sauvette, entérinée par un parlement à la représentation nationale plus que sujette à caution.

Hugo Chavez a toutes les raisons de qualifier de victoire l'approbation populaire qui lui a été librement et démocratiquement octroyée au référendum par une majorité d'électeurs vénézuéliens. Bouteflika est moins crédible quand il revendique la même chose, car doute il y a, s'agissant de l'"adhésion populaire" à sa révision constitutionnelle.
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