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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 18:48

  Un nouvel espoir pour le traitement du cancer.Un mécanisme nouveau mis en jeu par un gène ouvre le chemin à de nouveaux traitements.

Par B. Mokhtaria - source : algeria-net

Cette avancée importante dans le domaine médical est le fruit des années de recherche d’un groupe de chercheurs, avec à leur tête le docteur Habib Boukerche, d’origine algérienne, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de l’Inserm, en collaboration avec un groupe de chercheurs de l’Université de Commonwealth en Virginie.

Reconnu dans le domaine du cancer, Habib Boukerche a découvert un nouvel acteur indispensable au développement des métastases : c’est le gène de la synténine, encore appelé mda-9. La synténine est un élément clé de la malignité du mélanome, c’est pourquoi cette découverte ouvre la voie au développement de nouvelles pistes thérapeutiques pour le mélanome et d’autres cancers.

La tendance aujourd’hui est donc aux multithérapies personnalisées. Un véritable défi pour la recherche !

Ces multithérapies individualisées consistent à viser, avec précision et simultanément, plusieurs cibles de la tumeur afin de l’attaquer de tous côtés et de l’empêcher de récidiver. En somme, il s’agit d’éviter que les cellules malignes parviennent à envahir le tissu sain et former des métastases qui mettraient en danger le malade. En dépit des progrès récents réalisés dans le domaine du cancer, les métastases posent un des difficiles problèmes en thérapeutique anticancéreuse car elles sont souvent inaccessibles à la chirurgie et résistantes à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. Lorsque le mélanome est détecté assez tôt à un stade peu développé (quand la tumeur n’est pas trop épaisse et inférieure à 0,75 mm), il peut la plupart du temps être guéri sous anesthésie locale par exérèse. En revanche, diagnostiqué tardivement, le mélanome est souvent mortel car il s’étend rapidement à d’autres parties du corps (diffusion de métastases). Les traitements existants sont alors peu efficaces.

Pour expliquer comment les cellules normales d’un organisme deviennent dans certaines conditions malignes, le Dr Boukerche revient sur l’évolution de la recherche dans ce domaine. Il souligne qu’on a longtemps cru que le cancer n’était qu’une histoire de cellules folles, puis que le tueur était un virus et qu’il se cachait dans le noyau de la cellule. Il suffisait donc pour gagner la guerre d’élaborer des thérapeutiques rationnelles visant à cibler ce virus pour le détruire. Sans résultat. Pourquoi ?

«Parce qu’on a acquis la certitude, dans les années 70, qu’aucun virus particulier n’est à lui seul cause de tous les cancers». Cet échec a en fait stimulé considérablement la recherche dans le monde dans de nombreux domaines en biologie, mais la guerre n’est cependant pas encore gagnée car, dira le même spécialiste, «on ne conquiert pas le cancer comme on a conquis l’espace ! Au moment où fut lancé le plan d’aller sur la lune, les astronautes américains disposaient déjà d’une théorie de la gravitation acquise depuis Newton, c’est-à-dire la notion qu’il faut atteindre une vitesse donnée pour échapper à l’attraction terrestre. «Ce qui était loin d’être le cas pour les cancérologues dans les années 70…», estime le chercheur.

Depuis une trentaine d’années seulement, chercheurs et médecins disposent d’une théorie du cancer qui explique de manière cohérente comment peut naître la maladie, c’est-à-dire comment les cellules normales d’un organisme deviennent dans certaines conditions malignes. C’est de cette manière qu’une nouvelle vision du cancer s’est développée.

Pour ce spécialiste, on est passé du concept d’unicité vers celui de complexité.

On pensait qu’il y avait d’un côté les cellules saines et de l’autre la tumeur maligne «qu’il fallait éliminer à tout prix !». Les médecins recouraient donc à la chirurgie, à la radiothérapie et à la chimiothérapie traditionnelle qui «attaquent la cellule maligne au cœur de son centre névralgique, l’ADN, mais affectent aussi les cellules saines et provoquent ainsi de nombreux effets secondaires», précise le Dr Habib Boukerche.

Pendant des années, les cancérologues ont considéré les tumeurs comme une entité indépendante et autonome qui agit pour son propre compte. De ce fait, ils ont bombardé les cellules cancéreuses de la tumeur frontalement et sans un véritable discernement avec une artillerie lourde.

Aujourd’hui, les médecins disposent désormais, grâce à cette théorie du cancer, des armes thérapeutiques intéressantes et encore plus précises, à «faible dommages collatéraux !», spécialement conçues pour remplir leur rôle sur le champ de bataille.

La recherche sur le cancer, entre-temps, a fait un bond en avant phénoménal lors de la décennie écoulée, dira le spécialiste, et c’est l’entrée en scène de nouveaux acteurs de lutte contre le cancer qui ont changé de toute évidence aujourd’hui la donne, avec un nouvel espoir aux malades.

Les cancérologues s’attaquent donc non seulement aux cellules malignes mais aussi à leur micro-environnement en les privant de ravitaillement en oxygène ou en glucose, c’est-à-dire de sang.

 Asphyxiée et privée de vivres, la tumeur se désagrège et meurt. «C’est la thérapie dite anti-angiogénique», explique le chercheur.

Cette thérapie a prouvé son efficacité et a décroché sa place dans la thérapie anticancéreuse.

Quelques médicaments sont déjà apparus sur le marché et beaucoup font aujourd’hui l’objet d’essais cliniques afin d’optimiser leur utilisation dans le but ultime d’éradiquer les cellules cancéreuses, selon le même spécialiste.

D’autres pistes sont également explorées, tel le blocage du système de transmission des cellules cancéreuses pour provoquer leur mort. Schématiquement, une cellule reçoit en continu des ordres provenant de l’extérieur et doit à tout instant juger de l’importance des messages reçus avant de les traduire.

En bloquant certains circuits d’information de la machinerie cellulaire, il est désormais possible de détruire sélectivement les cellules cancéreuses. «Ces cibles, qu’on appelle des kinases, assurent la transmission du signal.

Un certain nombre d’entre elles sont actives dans la cellule cancéreuse et ont été déjà repérées par les chercheurs afin de les bloquer».

Vers des traitements personnalisés, les multithérapies

«Ce qui est frustrant, c’est de constater qu’un traitement fonctionne chez certains malades mais pas chez d’autres», précise le cancérologue.

Du coup, les chercheurs tentent aujourd’hui de cerner la cellule cancéreuse en l’attaquant sur plusieurs fronts en même temps. C’est dire que pour espérer gagner la guerre contre le cancer, on s’achemine désormais - comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans le domaine des maladies infectieuses ou du sida - vers les multithérapies.

Il s’agit en quelque sorte de prescrire les médicaments ciblés en complément des chimiothérapies classiques.

La gamme de médicaments disponibles sur le marché ouvre la voie à «une série de combinaisons qu’il faudra certainement adapter à chaque malade», résume Habib Boukerche.

Le grand enjeu des années qui viennent va en quelque sorte consister à utiliser à bon escient tous les anticancéreux ciblés dont on dispose. Pour le chercheur, «chaque tumeur d’un malade a ses propres voies de transmission, qui dépendent non seulement de l’organe qu’elle colonise, mais aussi de son «histoire» propre et de son stade d’évolution». D’où la nécessité d’adapter un traitement individualisé à chaque patient.

La tendance aujourd’hui est donc aux multithérapies personnalisées.

Un véritable défi pour la recherche ! Ces multithérapies individualisées consistent à viser, avec précision et simultanément, plusieurs cibles de la tumeur afin de l’attaquer de tous côtés et de l’empêcher de récidiver. En somme, il s’agit d’éviter que les cellules malignes parviennent à envahir le tissu sain et former des métastases qui mettraient en danger le malade.

L’approche a déjà fait son entrée dans la pratique clinique avec «l’arrivée des puces à ADN», explique le docteur Habib Boukerche. Ces puces établissent le portrait moléculaire de chaque tumeur et en décrivent toutes les anomalies qui caractérisent la tumeur de chaque patient. Ainsi, on proposerait au patient des médicaments qui cibleront spécifiquement ces anomalies.

A l’avenir, fera-t-on systématiquement le portrait moléculaire de la tumeur avant d’envisager un traitement ? Pour le chercheur, ce sera vraisemblablement le cas pour une majorité des tumeurs, hormis évidemment celles qu’on peut guérir par chirurgie ou par radiothérapie. Il y aura des thérapies à la carte. Ce sera «un patient, une tumeur, un traitement», souligne le spécialiste.

Chaque année, entre 30.000 et 35.000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en Algérie avec une incidence globale estimée à 120 cas par an pour 100.000 habitants. Parmi ces nouveaux cas, 80% des malades se trouvent déjà au stade terminal. Selon les derniers registres du fléau, le cancer des bronches et des poumons, dominé par les cancers du larynx, occupe incontestablement, et ce depuis quelques années, la première place chez les hommes, alors que le cancer du sein constitue l’une des causes de mortalité les plus virulentes pour les femmes.

 


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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 20:36

La mise en examen de la sénatrice française Alima Boumediene, inquiétée par la justice pour avoir promu le boycott de l’Etat israélien et de ses produits, fait des vagues de l’autre côté de la Méditerranée. A preuve, le lancement d’une déclaration de soutien, rendue publique mercredi, par le sénateur algérien Mostefa Boudina, accompagné d’une quarantaine de premiers signataires.

Par CAPJPO-EuroPalestine

 Mostefa Boudina a quelques références, c’est le moins que l’on puisse dire, quand il est question de colonialisme. Jeune combattant lors de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, il passa en effet les dernières années de la guerre dans la cellule des condamnés à mort d’une prison française, pour n’être libéré qu’en 1962, quand l’occupant comprit enfin, et laissa l’Algérie aux Algériens.

En route pour l’Afrique du Sud, pour une session du Parlement Pan-Africain où il informera ses collègues de tout le continent du scandaleux procès engagé par le gouvernement français à l’encontre des citoyens français solidaires du peuple palestinien, Boudina nous a fait parvenir le texte de la déclaration, que voici :

DECLARATION DE SOUTIEN ET DE SOLIDARITE A ALIMA BOUMEDIENE-THIERRY SENATRICE (VERTS) AU SENAT FRANÇAIS ET TOUS LES MILITANTS QUI SOUTIENNENT LA CAUSE PALESTINIENNE EN FRANCE

Nous, Parlementaires et personnalités de la société civile Africaine.

Venons de prendre connaissance des poursuites engagées contre la sénatrice ALIMA BOUMEDIENE et les militants de la cause palestinienne et du boycott des produits israéliens sur le marché français, suite à des accusations sordides d’un maître chanteur, le dénommé Sammy GHOZLAN, connu et vomi dans l’opinion publique internationale.

Nous tenons, ici, à exprimer notre indignation quant aux méthodes employées, par les tenants d’une politique et d’une justice, à deux vitesses, pour bâillonner, jusque dans le Sénat, tous ceux qui expriment leur soutien, à la lutte du peuple palestinien, par des actions concrètes.

Nous condamnons énergiquement cette machination judiciaire qui vise, en outre, à décrédibiliser cette Sénatrice qui est à l’avant-garde avec tous ceux qui représentent réellement la conscience et les véritables idéaux et valeurs de la France des droits de l’homme.

Nous soutenons son juste combat qui est le nôtre, en faveur de la cause du peuple palestinien contre l’Etat terroriste d’Israël qui continue à massacrer tout un peuple et occuper son territoire depuis plus de 60 ans.

Halte à la confusion !

L’esclavage, le féodalisme, le colonialisme, le fascisme, le sionisme et l’apartheid ont constitué, pour l’humanité, un même mal criminel condamné par l’histoire.

Le judaïsme est une religion que nous respectons comme toutes les autres religions.

Nous soutenons cette sénatrice et nous lui exprimons notre sympathie et notre solidarité agissante car nous connaissons son itinéraire plein de luttes.

* Contre toutes les formes de racisme et de discrimination. * Elle s’est rendue, plusieurs fois, à Gaza pour apporter son soutien au peuple palestinien. * C’est une militante d’avant-garde pour la cause des peuples, la liberté, la justice et les droits de l’homme.

Nous savons que cette honteuse machination vise à la faire condamner à l’inéligibilité pendant cinq ans, pour l’empêcher de se représenter prochainement, pour un deuxième mandat au Sénat.

Sénateurs français, n’êtes-vous pas moralement tenus d’être solidaires avec votre collègue ?!

Nous appelons tous les hommes et femmes épris de justice et de liberté, en Afrique, à rejoindre ce mouvement international de solidarité, pour faire échouer cette machination fomentée par les supporteurs de la colonisation israélienne qui massacrent tous les jours le peuple palestinien.

PS : les signatures de cette déclaration sont déposées auprès de l’honorable BOUDINA Mostefa, Président de Commission au sein du Parlement Africain. Tél/Fax : 021 74 60 29 - 021 71 86 20 Email : boudina1939@yahoo.fr

LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES DE LA DECLARATION

1. BOUDINA Mostefa, Sénateur

2. BOULESNANE Abdallah, Sénateur

3. HANOUFA Ahmed, Sénateur

4. CHARA Bachir, Sénateur

5. DRAOUI Mohamed, Sénateur

6. MILOUD OuCherif, Sénateur

7. SOUILAH Boudjemaa, Sénateur

8. SARI Chaabane, Sénateur

9. BENTEBBA Mohamed, Sénateur

10. BOUMESLAT Touhami, Sénateur

11. EL OUED Mohamed, Sénateur

12. BOULAHIA Brahim, Sénateur

13. BELKHELKHAL Abdelkader, Député

14. OMARI Hocine, Député

15. HACENE Saïd, Journaliste

16. ZIANE Abdelhamid, responsable associatif

17. DRAFLI Ali, responsable associatif

18. CHELLIG Messaoud, responsable associatif

19. BENAYAD Kaddour, responsable associatif

20. BELABED Mohamed, responsable associatif

21. TOUIZA Mohamed, responsable associatif

22. ABID BENYAMINA Abdelouahab, responsable associatif

23. MALLEM Mohamed Salah, responsable associatif

24. BOULAHLIB Saïd, responsable associatif

25. CHEURFI Salah, responsable associatif

26. KACI Mohamed, responsable associatif

27. BAHRI El-Hacen, responsable associatif

28. BENMILOUD Driss, responsable assoc iatif

29. BENMISRA Snoussi, responsable associatif

30. HOUACINE Lahcen, responsable associatif

31. DAMERDJI Nadjia, Enseignante

32. DJENATI Rabah, Ingénieur d’Etat

33. MOUMENINE Sarah, Etudiante

34. CHEROUATI Lies, Retraité

35. OUDJEDI Ahmed Toufik, Fonctionnaire

36. OUADAH Noureddine, Fédération Pétrole UGTA

37. MALLEM Hocine, Douanier

38. ARAR Zouhir, Pr d’Univesité, Tlemcen

39. KHEDIM Toufik, Pr d’Université, Tlemcen

40. BOUDINA Samy, Etudiant

41. BENAYAD Brahim, Commerçant

(liste provisoire au 29/09/2010)

 

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 09:12
Par Martine Gozlan - Marianne | Vendredi 17 Septembre


Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, dérange ses coreligionnaires. Surtout depuis qu'il a publié un livre, «Pour l'Islam de France», dans lequel il prône un islam modéré qui se vit en harmonie avec la République et non contre elle. Un discours qui lui vaut d'être persécuté par les islamistes et leurs alliés objectifs.


(mrehan-flickr-cc)
Mohammed Moussaoui, le président du Conseil Français du culte musulman, est gêné. Au téléphone, on sent bien que l’affaire sur laquelle Marianne2  lui demande son avis l’embarrasse. L’affaire, c’est à dire  un livre et l’homme qui a écrit ce livre : Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy qui  publie «Pour l’Islam de France » ( éditions Le Cherche-Midi ). Un pavé de 400 pages  venu fracasser les pesantes et bien-pensantes certitudes sur la seconde religion de France, ses  manipulateurs et ses boutefeux qui  étouffent  la voix de la majorité silencieuse. Car on ne veut pas les entendre, ces Français de religion musulmane  dégoûtés par l’intégrisme, affolés par la montée des slogans obscurantistes mais réduits au mutisme par les complicités politico-médiatiques. En théorie, c’est le Conseil français du culte musulman –CFCM- qui les représente et Mohammed Moussaoui serait leur porte-voix. En réalité, l’institution  mise en place par Nicolas Sarkozy reprend le schéma et les erreurs des précédentes tentatives faites de longue date par tous les  gouvernements. Socialistes compris ! Car ce ne sont pas des esprits indépendants et novateurs qui représentent les musulmans de France  en ces temps difficiles mais des organisations inspirées par les Frères Musulmans  comme l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France.  Comme la  représentativité au sein de ce Conseil est calculée selon les mètres carrés de mosquée- chaque lieu de culte dépendant par ailleurs étroitement pour son développement d’un mécénat étranger, saoudien ou maghrébin-  on saisit les aberrations du système !

Hassen Chalghoumi, lui, ne fait pas les cent pas pour mesurer carrelages et tapis. Il a une autre ambition. Il veut réconcilier la France et l’Islam en disant haut et clair ce que nos concitoyens, de toutes confessions, athées compris bien sûr, ont besoin de savoir : les musulmans se battent contre l’asphyxie islamiste, ils veulent, non pas de fanatisme  importé des brasiers orientaux .  Et il faut les soutenir dans cette bataille.
Entendons-nous bien : c’est un religieux qui parle et non un libre penseur. Que cet homme de foi professe qu’il faut la métisser avec la loi, pour le plus grand bien de ses coreligionnaires et de leur pays, est précisément ce qui fait peur à ses adversaires.  «  L’espace musulman, dit Hassen Chalghoumi,  est pris en otage par l’islamisme et par le nihilisme. Il faut savoir le réparer et le structurer avec l’islam de l’humanisme...Je ferraille contre les pétrifications idéologiques  et les pesanteurs dogmatiques...Je ne suis pas l’imam du sérail mais un imam de la République... »

L’imam, en Islam, est celui qui conduit la prière à la mosquée. Dans son livre  - superbement écrit avec la complicité du journaliste Farid Hannache-  l’imam de Drancy conduit une réflexion pour la cité. Elle nous concerne tous car c’est une réflexion interdite. Sinon, pourquoi  Mohammed Moussaoui  nous dirait-il qu’il n’ a « rien à dire » sur le sujet, tout en glissant par ailleurs que «  la démarche de Mr.Chalghoumi  est contre-productive » ?

L'imam de Drancy n'est pas le seul à payer cher son Islam

Logique :  Chalghoumi est depuis longtemps dans le collimateur des islamistes comme des organisations qui les protègent ou  les redoutent. Sa maison a été saccagée en 2005 parce qu’il s’était rendu au mémorial de la déportation à Drancy :  «  J’avais appelé les musulmans à respecter l’histoire de la Shoah ». Pendant la guerre de Gaza, en janvier 2009, les menaces se sont intensifiées. Cet homme refuse l’importation des conflits moyen-orientaux sur le territoire français et dénonce les amalgames entre une synagogue de Seine-Saint-Denis et un char de Tsahal. Il  dérange donc  terriblement.  Il réclame justice pour la Palestine, une cause chère à son cœur, mais il « combat les télescopages entre la situation de là-bas et celle d’ici ». «  Je refuse que la colère m’abrutisse, scande-t-il, je refuse toutes les comparaisons et les raccourcis entre Gaza et la banlieue, je suis partisan de la lutte contre la guerre et la colonisation mais je refuse que l’on compatisse à la souffrance de là-bas par la violence ici ».   Au printemps  2009, il décide d’écrire. Pour transmettre, pour espérer, pour partager avec les musulmans et les autres. Pour l’avenir français de ses enfants et de leurs camarades.

Déferlement de haine. Dès qu’on sait le livre-manifeste  achevé et communiqué à d’autres imams susceptibles de co-signer ses engagements et de soutenir Hassen Chalghoumi,  groupuscule intégriste (le collectif «  Cheikh Yassine »)  et propagande institutionnelle se liguent contre lui . Fleuve de boue, torrents de rumeurs se déversent pour noyer la parole de ce musulman rebelle dans les abysses de la médisance.

Vieille histoire : cela fait presque vingt ans que les voix dissidentes, réellement représentatives des musulmans laïques  de notre pays, sont  ostracisées et persécutées par les islamistes mais aussi - et voilà le pire !- dédaignées et marginalisées avec une condescendance aveugle par les gourous médiatiques et les leaders politiques. Il en fut ainsi de l’ex-mufti de Marseille Soheib Bencheikh, auteur d’un beau livre (« Marianne et le Prophète »,  Grasset) qui dirige aujourd’hui l’institut supérieur des sciences islamiques. Ennemi déclaré de l’islamisme, fervent militant de la laïcité, ce défricheur inlassable de la pensée musulmane au nom de « l’ijtihad » (l’effort de réflexion et d’interprétation novatrice des textes) a subi lui aussi bien des menaces et des mises à l’écart. Il reste le témoin, résumait-il,  de « l’invisibilité de la majorité silencieuse musulmane décrétée par les médias et les politiques »... Comme Hassen Chalghoumi. Peut-être aussi, dans le champ universitaire cette fois,  comme un grand philosophe, Mohamed Arkoun,  qui vient de s’éteindre le 15 septembre à l’âge de 82 ans. Auteur prolifique et penseur impressionnant ( Lire en priorité  «  Pour une critique de la pensée islamique » chez Maisonneuve et Larose),  célèbre parmi ses pairs pour son originalité et son indépendance , il n’a pourtant  jamais eu l’audience médiatique  que méritait son œuvre.
Et dire qu’on nous répète sur tous les tons que seuls les islamistes parlent, que tous les autres se taisent !
C’est qu’on les fait taire.


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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 07:25


http://socio13.files.wordpress.com/2009/11/khaled.jpg

La Campagne de Solidarité du FPLP du Parti des Travailleurs de Nouvelle Zélande a organisé une interview avec la Camarade Leila Khaled, membre du Bureau Politique du FPLP en avril 2010. Les vidéos de l’interview, via le

programme de communication vidéo Skype, sont disponibles sur le site Web de la Campagne. L’interview, présentée ci-dessous, aborde le droit de retour, le rôle de l’OLP, le danger des négociations et la nature des régimes réactionnaires arabes.

 

Communiqué de presse de la Campagne :

La Campagne de Solidarité du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) est heureuse d’annoncer la publication de la première partie d’une interview avec Leila Khaled. Le coordonnateur de la Campagne de Solidarité du FPLP Mike Walker a réalisé l’interview via Skype avec Leila chez elle à Amman, en Jordanie, le 6 avril cette année.

Leila Khaled est souvent appelé terroriste par ses ennemis, les États-Unis et l’état d’Israël. Mais, dans les Territoires Occupés, la bande de Gaza et les innombrables camps de réfugiés disséminés dans le monde arabe, elle est un héros révolutionnaire, un combattant de la liberté et l’incarnation de la lutte militante palestinienne contre le Sionisme et l’Impérialisme au Moyen-Orient et pour la liberté et l’autodétermination.

Leila Khaled et le FPLP ont frappé l’attention internationale lorsque Leila est devenue la première femme à détourner un avion le 29 août 1969. Leila a fait détourner par le pilote l’avion sur Haïfa, où elle est née, mais qu’elle n’a jamais été autorisée à visiter, permettant finalement à l’avion d’atterrir à Damas, Syrie. Les passagers ont été débarqués et l’avion a explosé en face de la presse internationale. Golda Meir avait déclaré en juin que "Les Palestiniens, ça n’existe pas ", mais Leila Khaled et le FPLP avaient placé fermement la lutte palestinienne sur la scène mondiale, où elle ne pourrait ne plus être ignorée désormais.

Aujourd’hui, Leila est un membre central du FPLP et de son Politburo, s’occupant principalement du droit au retour des réfugiés palestiniens. Walker a déclaré que «Leila est une vraie femme révolutionnaire qui a consacré sa vie à la lutte des Palestiniens pour leur droit à l’autodétermination et à rentrer chez eux». «Leila est une source d’inspiration pour nous tous», a-t-il poursuivi.

Leila Khaled a terminé l’entrevue en affirmant qu’elle avait "un message pour les Néo-Zélandais". Elle a ensuite averti que nous devrions tous "prendre garde au Sionisme. Le Nazisme a causé la perte de vingt deux millions d’humains et la destruction de l’Europe. Que pensez-vous que fera le Sionisme, avons-nous besoin d’une troisième guerre ? Nous devons arrêter l’expansion de la politique et l’idéologie sioniste.»

 

Texte complet de l’entretien :

Pouvez-vous me parler de votre rôle aujourd’hui au sein du Front Populaire pour la Libération de la Palestine et de la politique palestinienne en général ?

Maintenant, je suis un membre du Politburo du FPLP et je suis responsable des dossiers du comité des réfugiés et du Droit au Retour, ce qui signifie que nous avons un programme et un plan pour généraliser et mobiliser les citoyens sur le Droit au Retour. Parce qu’aujourd’hui, et depuis des années, les Israéliens tentent de mettre fin à l’idée du Droit au Retour. C’est négliger et ignorer le Droit de Retour des Palestiniens dans leurs foyers. C’est pourquoi il s’agit d’un dossier important dont je m’occupe et dont je suis responsable au sein du FPLP.

Dans un document de l’OLP récemment divulgué, on voit qu’en décembre 2009 Mahmoud Abbas était prêt à concéder le droit au retour en autorisant uniquement 150 000 Palestiniens à revenir sur une période de 10 ans, en laissant le reste pourrir dans les camps de réfugiés ou en tant qu’invités indésirables dans les états arabes voisins. Quelles sont vos idées à ce sujet ?

Personne ne peut interdire le droit du peuple, même s’il est Mahmoud Abbas ou tout autre personnage officiel palestinien. Ils ne peuvent pas [remplacer] le droit de retour par leur propre vision. Il y a une grande opposition contre cela. Le peuple, que ce soit dans la diaspora ou en Cisjordanie et à Gaza, est contre ces déclarations et contre une telle attitude, parce que le droit de retour est un droit personnel, c’est un droit populaire, c’est un droit légal pour les êtres humains comme les Palestiniens qui ont été chassés de leur patrie par la force. Et souvenez-vous que la Résolution 194 de l’Organisation des Nations Unies appelle Israël à respecter la loi internationale qui dit dans cette résolution qu’Israël sera accepté en tant que membre de l’Organisation des Nations Unies à condition que les Palestiniens reviennent dans leur patrie et dans leurs villages et leurs propriétés d’où ils ont été chassés par la force en 1948. Ainsi aucun personnage officiel ne peut pas, ou n’a aucunement le droit de changer le droit de retour en une idée que quelques uns des Palestiniens pourraient revenir en Palestine.

Et il y a deux jours, nous avons eu Salam Fayyad, qu’on dit être le Premier Ministre, car nous n’avons pas une souveraineté sur nos terres pour avoir des Premiers Ministres ou un gouvernement ou quoique ce soit. De sorte qu’il y a une grande discussion maintenant parmi les formations, parmi les citoyens et leurs représentants au sein de l’OLP ou partout dans le monde, qu’ils n’ont pas le droit de dire que le droit de retour pour les Palestiniens n’est plus désormais une question réaliste et aussi longtemps que la lutte continue, et que ce conflit se poursuit, cela signifie que la clé de la solution est le droit au retour. Ainsi Il n’est pas juste de modifier cette question et ce droit selon leur vision.

 

Dans votre livre "Mon peuple va vivre" vous avez dit que les actes de violence visaient à "expulser la cire des oreilles de libéraux occidentaux sourds". Le détournement d’avion et autres tactiques violentes ont certainement concentré l’attention du monde sur la cause palestinienne mais seriez vous d’accord que la cire bouche toujours fermement les oreilles des libéraux occidentaux lorsqu’il s’agit des droits palestiniens ?

Je pense que maintenant il n’y a pas de cire. Ils l’entendent, mais ils n’agissent pas encore conformément à ce qu’ils entendent. Le problème n’est pas ce qu’ils entendent. Le problème, c’est d’ être convaincu que les Palestiniens ont le droit d’avoir leur propre État indépendant avec Jérusalem sa capitale et que les Palestiniens sont soumis à l’occupation. Les Palestiniens sont toujours des réfugiés dans leur pays et dans la diaspora alors il faut de plus en plus lutter pour convaincre non seulement, non pas les gouvernements parce que nous savons que les gouvernements sont inclinés du côté d’Israël. Nous sommes dépendants du mouvement populaire dans différents pays, en particulier à l’Ouest, et nous avons constaté l’escalade des appels pour Boycott Désinvestissement et Sanctions contre Israël.

De quoi l’Occident a-t’il plus besoin que de l’holocauste des Palestiniens à Gaza ? Que faut-il de plus à l’Occident qu’une résolution de la Haute Cour de Justice de la Haye jugeant que le mur de l’apartheid qu’Israël construit en Palestine est illégal et que les colonies sont illégales ? Que leur faut’ il de plus, alors qu’ils ont vu qu’Israël a utilisé toutes sortes d’armes de destruction massive dans la bande de Gaza dernièrement, pour être convaincu que les Palestiniens ont besoin de leur liberté, ils ont besoin de leur souveraineté sur leurs terres, ils ont besoin du soutien pour leur lutte car notre lutte est une lutte légale, et c’est un devoir pour nos concitoyens et pour nous que de lutter contre l’occupation qui est la plus inhumaine action contre les peuples ? C’est pourquoi je vous dis qu’il n’y a pas de cire dans les oreilles de l’Occident, mais c’est qu’ils ne sont pas convaincus qu’ils doivent changer leurs idées. De toute façon nous dépendons du peuple, des campagnes de solidarité de différents peuples, y compris les parlementaires et les organisations populaires ou de masses, qui appellent toujours à soutenir les Palestiniens.

 

En 1974 le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) a quitté l’Organisation de Libération de la Palestine pour former le Front du Rejet avec d’autres gauche groupes en réponse au programme en dix points du Fatah qui est apparu comme la première étape de la reconnaissance de l’état d’Israël. Cela est arrivé à nouveau lorsque l’OLP est entré dans les négociations qui ont abouti aux accords d’Oslo, le FPLP cette fois rejoignant/formant l’Alliance des Forces Palestiniennes avec les groupes laïques de gauche et des groupes islamiques tels que le Hamas et le Jihad islamique. Le FPLP n’est plus un membre de l’Alliance des Forces Palestiniennes ; pouvez vous donner une idée de cette décision de devenir une fois de plus actif dans l’OLP lorsqu’elle continue à contredire un des principes de base du FPLP de ne pas négocier avec l’ennemi ?

Le FPLP fait partie de l’OLP, et l’OLP est le seul représentant des Palestiniens et le représentant légitime des Palestiniens. Maintenant c’est l’institution où nous pouvons, en tant qu’ opposition, lutter pour le changement de l’attitude du Fatah et de la direction de l’OLP, maintenant, ceci d’un côté. De l’autre côté, nous avons de nombreuses connexions avec le Hamas et le Jihad car ceux-ci font partie des composants de notre société et des organisations de notre société et nous ne disons pas que nous n’avons rien à voir avec eux ou que nous n’avons pas de relations avec eux. Nous entretenons des relations avec toutes les formations, parce que nous sommes à un stade, le stade de libération et avec les règles qui gouvernent, ou qui nous donnent le droit d’avoir des relations avec toutes les formations, y compris les formations islamiques. Parce que la principale contradiction est avec l’occupation israélienne et non avec les composants de notre société. C’est pourquoi nous sommes toujours dans l’OLP parce que nous sommes les fondateurs de l’OLP, bien que nous ne soyons pas la principale direction de l’OLP.

Mais nous sommes toujours opposés aux accords d’Oslo ; nous sommes opposés à la division qui a eu lieu à propos de l’utilisation des armes entre le Hamas et le Fatah, nous avons condamné l’utilisation des armes parce que depuis le début de la révolution après 1967 nous sommes parvenus à être d’accord que les contradictions entre les formations ne peuvent être résolues que par le dialogue et par les discussions et non par les armes. Les armes sont utilisées uniquement contre l’ennemi. C’est pourquoi nous sommes dans un endroit où nous sommes à la même distance entre les deux formations, entre le Fatah et le Hamas, mais en même temps nous avons beaucoup de choses en commun. Par exemple, les colonies, le mur, les questions des prisonniers, les questions traitant de la politique israélienne, même si nous sommes contre les négociations. Et dernièrement nous sommes, avec d’autres, contre les négociations indirectes tenues à la suggestion américaine de tenir des négociations indirectes sans arrêt des colonies et nous avons réussi à faire que même Abbas n’a pas pu accepter les pourparlers indirects... il a accepté au début, mais il s’est arrêté en raison de l’opposition. Nous dirigeons cette opposition en tant que FPLP.

 

Pourquoi, lorsque le Fatah et Mahmoud Abbas ont constamment trahi la cause palestinienne à la demande des Israéliens et des impérialistes, ont-ils toujours apparemment un soutien populaire ?

Je pense que Mahmoud Abbas a encore un soutien, mais pas dans la mesure de trahir la cause palestinienne. Nous entendons toujours une critique, une forte critique maintenant venant de différentes formations et de personnalités différentes, également de syndicats critiquant l’attitude de Abbas, ce qui signifie qu’il est en train de perdre sa popularité depuis qu’ il a été élu président de l’AP. C’est pourquoi je pense que s’il poursuit sa politique en direction des négociations je pense qu’il va perdre beaucoup.

 

Et le Fatah ?

Bien entendu, il est le chef du Fatah et le Fatah perdra tout d’abord à partir de ses effectifs des bases du Fatah, car les bases du Fatah, jusqu’à présent, sont avec la résistance, et non contre elle. Mais en raison de la situation en Cisjordanie entre les Israéliens et l’appareil de sécurité de Abbas, les gens sont arrivés à un point où ils ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent faire parce qu’ils seraient arrêtés soit par l’appareil palestinien soit par les Israéliens. Ce qui signifie qu’ils sont en train de pousser les gens eux-mêmes à exprimer leur attitude. Mais quand cela arrive à des colonies ou à des constructions, en détruisant les maisons à Jérusalem, nous avons été témoins que les gens sortiront pour déclarer leur attitude à Hébron, à Jérusalem, à Naplouse, dans différentes villes de la Cisjordanie en condamnant les étapes israéliennes vers le changement de Jérusalem, ce qui signifie que le peuple ressente beaucoup de colère contre cette politique et cela a fait qu’ Abbas soit revenu de son acceptation des négociations indirectes avec Israël.

 

Comment le FPLP voit-il le rôle de la classe ouvrière israélienne, et le FPLP maintient-il des liens avec les anti-sionistes israéliens et les groupes socialistes juifs?

Nous avons des liens avec certaines personnalités et nous considérons également la classe ouvrière comme une classe ouvrière libre. La classe ouvrière en Israël participe à l’occupation - jusqu’à présent. Cette classe ouvrière est trompée par l’idéologie sioniste, et c’est pourquoi nous regardons du côté des Israéliens comme La Paix Maintenant ou Arrêt du Mur , ceux qui soutiennent notre peuple contre le mur, qui expriment leur solidarité chaque semaine dans les manifestations dans différents villages comme Bil’in et Nilin, mais ce n’est pas un large mouvement qui est le courant principal dans la société. Parce que nous avons vu il y a deux ans, ou moins que ça, lorsque les élections ont eu lieu en Israël une majorité de la classe ouvrière en Israël a voté pour l’extrême droite, ce qui signifie que jusqu’à maintenant la classe ouvrière en Israël a des illusions sur l’aile droite en Israël au gouvernement. Cela signifie que nous avons besoin de plus de temps pour atteindre une vision commune de la classe ouvrière également en Israël, que l’occupation est inhumaine, qu’elle est illégale et qu'elle est contre la société elle-même, parce que je dois dire que les travailleurs palestiniens en Israël, leurs employeurs ne payent parfois pas les travailleurs palestiniens à leur prix. La Histadrout qui représente la classe ouvrière ne défend pas les travailleurs palestiniens ce qui signifie que, jusqu’à présent, cette classe ouvrière participe à l’occupation.

 

Quel est analyse du FPLP sur le mouvement anti-impérialiste croissant en Amérique du Sud, dirigé par Hugo Chavez au Venezuela et Evo Morales en Bolivie, qui tous deux ont récemment coupé toutes les relations diplomatiques avec Israël et expulsé les diplomates israéliens ?

Dès le moment où Chavez a été élu et puis ensuite Morales et leurs politiques et morales nous avons vu plus d’espoir et de plus de force pour affronter l’impérialisme américain et depuis ce temps, nous avons de bonnes relations avec les partis là-bas et avec les gouvernements du Venezuela et de la Bolivie. Cela nous donne aussi la force de dire à nos masses non seulement en Palestine, mais aussi en Irak, en Égypte, dans les pays arabes que l’impérialisme américain n’est pas notre destin et donc que nous pouvons y faire face. Et maintenant les gens peuvent voir que l’on espère arrêter l’occupation en Palestine et également en Irak. Car il y a maintenant deux pays arabes qui sont occupés par les Israéliens et les Américains. Donc ces gens au Venezuela et en Bolivie ont changé l’idée et l’attitude de l’administration américaine selon laquelle l’Amérique du Sud est le jardin derrière la Maison Blanche. Ils l’ont modifiée parce ce qu’il s’agit de pays libres, de gens libres, qui luttent pour leurs droits de l’homme, pour leur progrès. Cela nous donne plus de patience, plus de courage pour continuer notre combat.

Je dois dire que dans les manifestations de l’an dernier pendant la guerre contre Gaza, le peuple, les nôtres, ont porté des portraits de Chavez, car ils le considéraient comme un héros, non seulement pour le Venezuela, mais également pour tous les peuples qui recherchent leur liberté. Ce qui montre que notre peuple a compris directement que de telles personnalités dans l’histoire, même s’ils sont loin géographiquement, cela signifie pour nous que ces personnes ont apporté la liberté dans leur pays et ils aideront ceux qui vivent sous l’ occupation en Palestine et aussi en Irak.

 

Pouvez vous donner un aperçu du rôle actuel des différents régimes arabes, et y a-t-il des mouvements populaires de masse dans le monde arabe qui pourraient aider à contester le statu quo ?

Lorsque nous parlons des régimes arabes en général, et à quelques très rares exceptions près, comme la Syrie, les autres régimes comme l’Egypte par exemple ou l’Arabie Saoudite ou ceux qui soutenaient la question palestinienne, nous avons vus maintenant au dernier sommet en Libye, ils n’ont même pas refusé quoi que ce soit de la politique américaine en Palestine occupée ou en Irak; les régimes arabes en général, ils se sont conformés , ils se conforment à la politique américaine dans notre région car ils ne prennent pas leurs décisions eux-mêmes. On leur ordonne toujours de rendre leur politique conforme aux intérêts américains/israéliens dans notre région.

Et depuis les années où Shimon Peres a appelé à un nouveau Moyen-Orient où le monde arabe et les cerveaux juifs puissent ensemble générer un Moyen-Orient florissant, c’est dans son livre The New Middle East, ce qui signifie que les Arabes doivent accepter Israël comme faisant partie de leur avenir. Désormais, les Américains ajouté le grand Moyen-Orient, pour construire un nouveau Moyen-Orient plus grand ce qui voulait dire l’occupation de l’Irak, l’occupation américaine de l’Irak, cela signifie créer une région selon les intérêts américains dans cette région. Je pense donc que le mouvement populaire des partis, les partis arabes tentent de faire une sorte d’unité entre eux, une telle unité pour avoir une seule voix contre leurs régimes, mais en l’absence de démocratie dans ces pays, je pense que cela signifie que nous avons besoin de beaucoup de travail et beaucoup de lutte pour modifier les régimes. Les régimes arabes doivent être des régimes démocratiques dans notre région, en particulier ceux autour de la Palestine elle-même.

Maintenant le dernier sommet dont il a été déclaré qu’il s’agit d’un sommet pour Jérusalem. Deux jours durant les régimes arabes viennent de dire qu’ils doivent payer, qu’ils souhaitent payer la moitié d’ un milliard de dollars pour Jérusalem à condition que [inaudible} cela signifie qu’ils ne vont pas payer. Mais est-ce là un problème d’argent uniquement dans Jérusalem ou une attitude politique uniquement pour travailler à un niveau international pour utiliser le pétrole comme l’une des armes que nous basons ces politiques ? Ils ne font pas cela et donc nous ne voyons pas dans les régimes arabes un facteur de soutien de leur peuple, parce que ces pays, quand ils parlent de démocratie ils parlent théoriquement et non littéralement, comme d’un moyen effectif de construire des sociétés. Il y a beaucoup de violations des droits de l’homme. Vous pouvez voir que de nombreux activistes sont mis en prison en raison de leurs attitudes dans différents pays arabes. Il y a deux pays qui ont des relations diplomatiques et économiques et des relations militaires et qui coordonnent leur sécurité avec Israël, comme l’Egypte et la Jordanie. L’Égypte est en train de construire, selon l’ordre américain, le mur d’acier entre Gaza et l’Égypte, et elle ne va pas aider à nos options. Nous ne comptons pas sur ces régimes, mais nous comptons sur leurs masses pour changer ces régimes.

Je dis qu’il y a une exception avec la Syrie. Elle est toujours contre l’occupation et la domination américaine et israélienne dans la région. C’est pourquoi nous avons de bonnes relations avec la Syrie, qui s’est avérée être un pays et un gouvernement, une direction, qui soutiennent toujours la lutte palestinienne et la résistance comme un droit du peuple au Liban, en Palestine et en Irak.


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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:16

Désolé. J'aurais voulu répondre à votre message mais je n'ai pas votre adresse.

Dj. B.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 19:02

Selon une étude de la KUL, de l’UCL et de l’ULB, les électeurs francophones croient davantage que les électeurs flamands à la scission du pays.

Par Ricardo GUTIERREZ - Le Soir - mardi 07 septembre 2010

Crédible, le scénario de la scission du Royaume de Belgique ? Les électeurs francophones y croient, en tout cas, davantage que les Flamands. C’est le constat que dressent des chercheurs en psychologie sociale de la KUL, de l’UCL et de l’ULB, au terme d’une étude sur la perception du conflit communautaire.

L’enquête a été menée au départ d’un questionnaire mis en ligne du 4 au 27 mai 2010. Les chercheurs ont enregistré 1.450 réponses. L’effectif initial a été ramené à 1.078 participants, afin de constituer un échantillon représentatif de l’électorat. Objectif : définir l’attitude et le sentiment des principales communautés linguistiques du pays. Il s’agit d’aller au-delà des discours des hommes et femmes politiques, qui « ne peuvent que fournir une caricature des états d’âme de leurs électeurs ».

Interrogé sur le « futur probable » du pays, l’échantillon opte massivement (en Flandre, comme côté francophone) pour l’option qui envisage une autonomie accrue des régions linguistiques dans le cadre d’un Etat fédéral. Le scénario de la scission de la Belgique en Etats indépendants est minoritaire, mais – surprise – elle compte davantage de convaincus dans les partis francophones que dans les formations néerlandophones… Ce sont les électeurs du FDF qui y croient le plus mais cette conviction est aussi davantage partagée au PS et chez Ecolo qu’à la N-VA. Les partisans du CDH et du MR sont aussi plus nombreux que tous les autres partis flamands à estimer plausible le fractionnement du Royaume.


L’électeur de la N-VA ne privilégie pas la séparation


Pensable, cette scission est-elle pour autant souhaitable ? A cette autre question des chercheurs, seuls les sympathisants de la N-VA et du FDF apportent un niveau d’adhésion significatif…

Mais, là encore, le scénario de la séparation n’est pas dominant : les électeurs de tous les partis francophones et de Groen expriment majoritairement le souhait de voir « les régions linguistiques se rapprocher pour fonder un gouvernement plus unifié ».

Les partisans de toutes les formations flamandes, à l’exception de Groen, souhaitent avant tout l’essor de régions linguistiques plus autonomes, avec maintien de l’Etat fédéral… Les électeurs de la N-VA sont ceux qui privilégient le plus cette option autonomiste, loin devant l’hypothèse séparatiste.



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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:39

Par -  07/09/2010

Je suis intervenue ce lundi 6 septembre sur le rapport du Parlement européen portant sur l’insertion sociale des femmes appartenant à des groupes ethniques minoritaires, qui passait en plénière en première lecture:

Le rapport de Mme Parvanova sur l’intégration sociale des femmes appartenant à des minorités ethniques tombe à point nommé, quand le gouvernement français se lance dans une vaste opération d’expulsion des Roms, hommes, femmes et enfants – les citoyens européens les plus démunies, les plus discriminés…

Les Femmes Roms sont victimes d’une double discrimination, en raison de leur origine et de leur sexe – discrimination dans l’exercice des Droits Fondamentaux que sont le droit à l’éducation, à l’emploi, à la santé.

La violence dont elles sont victimes en tant que femmes constitue une autre forme de discrimination.

Il nous faut exiger de tous les États-membres le respect des Droits Fondamentaux de la plus grande minorité ethnique en Europe et en premier lieu de ses Femmes !

Travail forcé, traite, stérilisation forcée, mariages précoces, avortements nombreux caractérisent la vie de ces femmes. Et, ce n’est pas en les pourchassant de ville en ville, en les déplaçant d’un bout à l’autre de l’Europe que leur condition s’améliorera.

Chaque État-membre, y compris la France, se doit d’assurer l’éducation des enfants Roms, garçons et filles. C’est la clé de leur liberté et de leur autonomie !

Pour cela, ils ont besoin de stabilité et de soutien. Et, les expulsions sont inacceptables !


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 13:17

J’ai participé ce samedi 4 septembre à un rassemblement aux écluses de Bernouët à Saint-Jean d’Angély.  Il s’agissait de dénoncer le problème de la monoculture du maïs. Le maïs est une plante tropicale inadaptée aux sols et au climat de Poitou-Charentes, qui a besoin d’énormes quantités d’eau en plein été.  Cette culture assèche donc tous les étés les rivières de la région et vide les nappes phréatiques.

Voilà le discours que j’ai tenu à cette occasion:

« En tant que députée européenne, je suis ravie d’être avec vous aujourd’hui pour mieux comprendre ce qui se passe et stupéfaite de l’ampleur des dégâts.

Bretonne, je connais très bien la situation extrêmement dégradée de l’eau et des rivières de Bretagne et de son littoral.

Par mes amis Verts et nos campagnes électorales ou de sensibilisation communes je connaissais les difficultés de Poitou-Charentes.

Je ne reviendrais pas sur les données chiffrées que nos amis des associations et les élus d’ici qui osent partager publiquement leur diagnostic nous ont données à l’occasion de cette manifestation. Vous avez clairement posé les problèmes et donné des pistes d’action. Et je ne doute pas que vous ayez tenu le même discours dans les instances de concertation sur l’eau. Ce courage vous honore.

Je retiens quelques éléments forts de cette matinée et des informations qui y ont été partagées :

– Si le préfet de Poitou-Charentes avait un quelconque respect pour les engagements européens de la France en matière de droit à l’eau et à un environnement de qualité il ne pourrait pas soutenir, comme il le fait publiquement depuis sa prise de fonction, qu’entre les demandes des irrigants, qu’il rencontre bien plus volontiers et souvent, et celles des associations sont choix est fait… au profit des irrigants et d’une certaine conception de l’économie agricole que nous dénonçons.

Il aurait en tête l’impératif du retour au bon état biologique des nappes et rivières de son territoire pour 2015.

Il aurait en tête que l’Europe n’est pas là pour financer à la fois des politiques désastreuses pour l’environnement, comme la version de la PAC mise en place en France, et les réparations de ces dégâts. Bien au contraire, le mouvement de fond et nous le soutiendrons au Parlement européen lors des discussions sur la réorientation de la PAC, est d’abord de mettre en place des politiques qui protègent durablement notre environnement, la qualité des eaux et le respect des flux naturels ainsi que la biodiversité. Ceci n’est pas incompatible avec une politique agricole forte et nourricière pour l’Europe, bien au contraire.

Mais ce préfet de France, en digne représentant du gouvernement français, soutenu par M. Bussereau, président de ce département de Charente-Maritime, ancien ministre de l’agriculture, a pour vision, et sans doute pour consigne, de soutenir sans relâche la mise en place de ces fameuses bassines. Bassines si bienvenues pour les travaux publics et pour quelques dizaines d’irrigants privilégiés qui n’ont que faire du désarroi de leurs très nombreux collègues agriculteurs qui n’auront jamais accès à ce privilège de l’eau payé sur fond public pour un profit privé. Ce sont là des millions d’euros qui ne vont pas aux céréaliers, éleveurs, maraîchers ayant fait des choix conventionnels plus sobres en investissement ou celui de l’agriculture biologique. Ce sont là des distorsions de concurrence et d’accès aux fonds publics inacceptables.

– C’est pour soutenir l’économie affirment tous les élus et leurs amis du syndicat agricole majoritaire qui voient dans le productivisme agricole la clé de l’avenir. On m’a dit pourtant que sur le seul bassin de la rivière Boutonne, en Deux-Sèvres, dans les secteurs de première catégorie, la pêche à la truite représentait avant l’irrigation une attraction et un chiffre d’affaire de 15 millions d’euros par an, tombé à presque zéro aujourd’hui. De même, j’ai appris que la moitié des éleveurs laitiers ont cessé leur activité et que l’activité lait est même totalement menacée ne serait-ce que par la trop faible densité des producteurs gonflant les coûts de ramassage.

La Charente-Maritime et les Deux-Sèvres sont des départements mis à l’index européen pour la mauvaise qualité des eaux au même titre que la Bretagne sinistrée. La France risque des amendes coûteuses et justifiées, mais qui seront à la charge du citoyen comme d’habitude.

– Enfin je constate qu’ici comme en Bretagne les activités du littoral souffrent. En Bretagne les algues vertes menacent gravement le tourisme littoral. Ici ce sont les ostréiculteurs et les mytiliculteurs de la Baie de l’Aiguillon et des Pertuis charentais qui sont touchés. Une eau de mauvaise qualité, des quantités qui n’arrivent plus naturellement aux bons moments dans les phases naturelles de développement des mollusques et c’est le drame d’une profession qui voit s’effondrer ses capacités de production (jusqu’à 90% de mortalité des naissins d’huîtres) et ses effectifs.

En quoi cela est-il profitable à l’économie régionale ? Comment peut-on argumenter que les bénéfices de l’irrigation sont supérieurs à tous ces problèmes graves ?

Si je suis désolée des constats que je fais ici sur l’utilisation par la France des fonds agricoles européens, je suis heureuse de savoir que je vais pouvoir partager non seulement avec le groupe des élus Verts mais aussi avec bien d’autres députés de tous pays et de sensibilités diverses la conviction que cela ne peut plus durer. Vous pouvez compter sur la détermination de notre groupe écologiste et l’engagement pour faire bouger les lignes lors de la prochaine révision de la PAC en 2013. Mes collègues de la Commission Agriculture y travaillent déjà d’arrache pied. Et les combats que vous menez ici sur le terrain vont nous aider. Je sais que vous êtes de plus en plus nombreux. Nous comptons sur vous et vous pouvez compter sur nous.«  

Nicole Kiil-Nielsen, le 6 sept. 2010


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 12:10

 

Barack Obama peut prétendre avoir relancé le «processus de paix» entre Palestiniens et Israéliens. Il a quelques raisons électorales de faire croire que cette fiction a une quelconque substance. Car les négociations directes de Washington permettent surtout de l'absoudre de l'accusation d'avoir «osé» tenter d'influencer Israël.


Par K. Selim - Le Quotidien d'Oran

En l'occurrence donc, tout est dans l'ordre des choses. Hillary Clinton a annoncé, le sourire aux lèvres, que son pays n'exercerait aucune pression pour une solution. Or, même les «modérés» arabes, si soucieux de la relation avec les USA, estiment que des pressions sur Israël sont nécessaires pour avancer vers un compromis déjà peu favorable aux Palestiniens.

Ce qui se passe à Washington est la victoire manifeste du lobby israélien qui peut se targuer d'avoir étouffé dans l'œuf les velléités de Barack Obama d'imposer le principe minimaliste d'une suspension de la colonisation des territoires occupés. Les Etats-Unis peuvent à nouveau jouer le rôle de façade de «parrain impartial» du processus de paix. L'engagement de ne pas déranger Israël étant acquis, tout le reste est permis, c'est-à-dire rien.

Benyamin Netanyahu a, lui aussi, de bonnes raisons de faire mine de croire qu'un «processus de paix» est engagé. Pourquoi s'en priverait-il, alors que grâce au lobby israélien à Washington, il a eu gain de cause contre Barack Obama qui n'évoque plus la colonisation ? Pourquoi Netanyahu bouderait-il son plaisir alors que ce processus se déroule, comme il l'a exigé, sans «conditions préalables»?

En indiquant la fin du moratoire sur la colonisation, le Premier ministre israélien fait beaucoup mieux : il dicte ses conditions. Il exige que le très faible Mahmoud Abbas accepte une autre concession de taille : celle de reconnaître Israël comme un «Etat juif». Le chef de l'Autorité palestinienne, dont la légitimité est à tous égards très discutable, est sommé de proclamer que les Palestiniens de la diaspora n'auront pas le droit de retourner chez eux et d'avaliser que ses concitoyens restés à l'intérieur des frontières de 1948 ne sont plus chez eux. Netanyahu a intérêt, malgré les opérations du Hamas, à entretenir l'illusion d'un processus de paix dont la seule logique est de trouver des Palestiniens assurant la cogestion de l'occupation.

Il existe, il faut bien le reconnaître, une étroite base sociale palestinienne, composée d'une caste de nantis et de quelques milliers de fonctionnaires qui vivent des aides financières octroyées à l'Autorité de Ramallah. Si l'on voit parfaitement l'intérêt de Barack Obama et de Benyamin Netanyahu à ces négociations en trompe-l'œil, on ne voit pas où se trouve celui de Mahmoud Abbas. Lui et son équipe d'éternels négociateurs savent qu'ils n'y a rien à espérer de ces gesticulations. Pourquoi y souscrire ? Pour continuer à percevoir les «aides» qui maintiennent une Autorité fictive et une police palestinienne à la main très lourde ?

Analysée en termes de bénéfices et de pertes, l'attitude de Mahmoud Abbas et de son Autorité paraît strictement irrationnelle. La seule explication possible est que les responsables de Ramallah ont décidé d'aller à contrecourant de l'opinion majoritaire des Palestiniens et de devenir, avec l'aide des Occidentaux et l'appui des Etats de la région, un autoritarisme arabe de plus. Mais, comble de l'absurde, un autoritarisme sans Etat.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 12:00

Non, la démocratie n’est pais le moins pire des systèmes. Cette formule a été inventée par le grand Capital. Le moins pire de systèmes est à construire.

Par Djamal Benmerad

Les opportunistes ont pour habitude de dire que « Ce n’est pas la girouette qui tourne, mais que c’est le vent qui change de direction ». Ainsi, si le vent prend une direction capitaliste, il faut le suivre quand même.
Donc, cette lettre s’adresse au vent.

Les plus acharnés à défendre la rotation de la girouette accrochée sur le minaret Algérie, sont sans aucun doute et on le comprend bien, ceux qui ont quitté un bord pour rejoindre celui d’où l’on mène actuellement le pays. Il est vrai qu’il est confortable d’être dans une opposition qui ne s’oppose qu’aux islamistes dont le programme économique, pourtant, ne diffère nullement de celui du RND, du FFS, du MDSL, du RCD… et de celui de Bouteflika. Tous ces sigles ne sont que les feuilles de vigne de la social-démocratie qui se battent entre elles pour mériter le statut de moquette du FMI.

Le Cheikh Abdelhamid Ben Badis, qui a dit, il y a plus de deux siècles, que « Le communisme est le levain des peuples » ne s’y est pas trompé, lui qui prônait un islam à dimension humaine. Cependant, des partis anciennement communistes, prennent en ce début du 21ème siècle « la direction de vent » et, sous couvert de « se rapprocher des réalités », se muent en cache-sexe de la social-démocratie qui, telle une gueuse, guettait la crise du capitalisme pour lui succéder…un autre capitalisme.
La social-démocratie a l’avantage d’attacher son fourgon de 1ère classe de la locomotive du capitalisme sans s’embarrasser du mot honni "capitalisme". Elle fait alors un cocktail savamment dosé avec les ingrédients qu’il faut : elle prend deux mots, social et démocratie, les accole et les met au frigo, prêts à servir aux idiots. Or, la démocratie est un luxe et, comme tel, est réservée aux puissants. Comment proposer la démocratie à un citoyen qui, parce qu’inculte et/ ou analphabète, ne distingue pas la différence entre un télégramme et un bulletin de vote ? N’oublions pas que c’est cette démocratie-là qui a permis à Hitler d’arriver au pouvoir ; cette démocratie a coûté 50 millions de morts à l’Humanité, dont 23 millions de soviétiques et que c’est la même démocratie qui a mis en place, dans la majeure partie de la planète, des potentats...élus ! La démocratie et son succédané, le parlementarisme, servent aujourd’hui à émasculer l’aspiration des peuples à la justice Les femmes de ménage françaises et autres téléspectateurs de Star academy qui ont voté pour une paire de talonnettes en paient aujourd’hui douloureusement les frais. En Algérie, la démocratie a fait près de 200.000 tué(e)s durant la décennie rouge.

A nos camarades progressistes Maghrébins nous serons porteur de mauvaises nouvelle : ils ne prendront jamais le pouvoir par la voie électorale. Ils continueront à faire ce qu’ils font : de l’électoralisme, donc du sur-place. Les cadres des partis politiques maghrébins, en général, le savent, mais ils continuent à berner leurs militants parce parce qu’ils ont besoin des cotisations de ces derniers et des subventions de l’Etat qui leur assurent une rente et les transforment en "chômeurs de luxe".

L’autre cas de figure est celui où un mouvement révolutionnaire parvient au pouvoir par la voix des urnes, ce qui n’arrivera qu’exceptionnellement dans le monde arabe et en Afrique. Mais dans ces contrées, au moins la dictature n’est pas élue comme c’est le cas en Occident.

Nous avons exprimé notre désaccord à nos camarades Vénézuéliens et Nicaraguayens concernant cette coquetterie de riche qui consiste à maintenir la démocratie des urnes après avoir pris le pouvoir. Que compte un Parti révolutionnaire fort de quelques millions de militants contre un Parti milliardaire qui possède une chaîne de télévision et des tas de journaux ? Lénine ne s’y est pas trompé en affirmant « Donnez-moi un journal et j’en ferai un Parti ». Et c’est qui fut fait à travers le journal l’Iskra. (l’étincelle)

Pour les révolutionnaires, il s’agit d’employer les moyens démocratiques là où ils existent pour prendre le pouvoir. Une fois la révolution au pouvoir, elle doit se défaire de ce gadget de riches - qu’utiliseront les riches pour reprendre le pouvoir - et offrir au peuple mieux que la démocratie : l’alphabétisation, afin de le rendre autonome, et la justice sociale.

Un autre cas de figure encore : l’Algérie de Boumediène. Plusieurs années après sa mort, on continue à tomber à bras raccourcis dans une critique haineuse de Boumediene et son règne « anti-démocratique ». C’est quoi, la démocratie ? Pour les révolutionnaires, c’est la Santé et la Culture, dont l’Education, gratuites, d’abord, sinon comment faire la critique d’un régime en étant analphabète ? Boumediène a "crée" ses pourfendeurs les plus acharnés en leur donnant les moyens de le faire : l’Education et, pour beaucoup, des bourses de formation supérieure aux USA et en Union soviétique à l’époque où ce pays avait le record des prix Nobel dans le domaine des sciences. Le régime de Boumediène a, sur le plan social, offert cela et bien d’autres acquis encore à son peuple comme, sur le plan international, il a offert le soutien effectif de l’Algérie aux mouvements de libération qui, sans l’aide de l’Algérie, auraient vu se prolonger de quelques années la domination étrangère.

Mise en garde : toutes les formations politiques qui invoquent aujourd’hui « la conjoncture », « le réalisme », « le pragmatisme », « le modernisme » ne font que se donner e la social-démocratie, ce capitalisme du 21ème siècle encore plus redoutable - car plus vicieux - que l’ultralibéralisme en voie d’extinction pour cause de ménopause … si la Chine, ce futur impérialisme et faussement communiste, lui laisse le passage.

Les transfuges sont accueillis avec liesse par la social-démocratie, car elle sait que les anciens révolutionnaires font d’excellents droitiers, voir rubrique Gorbatchev.
L’auteur de ces propos sera, à coup sûr, taxé de « ringard », voire de « cryptocommuniste », ce qu’il n’est pas vraiment. Il s’y attend, mais il préfère ces accusations à celles de « Harki de la révolution  ».

 

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