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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 00:25

Par Djamal Benmerad - http://barricades.over-blog.com/

C’est à Ryad, en Arabie saoudite, que naquit Oussama ben Laden (Usamah bin Muhammad bin Awad bin Ladin) le 10 mars an l’an de grâce 1957 d’une riche famille originaire du Yémen. Il aura 54 demi-frères et sœurs. Son père était propriétaire de plusieurs entreprises de bâtiment et travaux publics regroupés dans le holding Saudi bin Ladin Group. Oussama ben Laden héritera de l’une de ses filiales : la Baud Telecom Company (BTC Networks). Son père l’inscrit à l’université de Djeddah pour y entreprendre des études commerciales. Il quittera ses études avant terme, au milieu des années soixante-dix, pour vivre la vie des riches et oisifs saoudiens. Cependant, il se montrera très pieux et étudiera les textes principaux du wahhabisme et non pas, comme on pourrait le croire, ceux de l’Islam, c’est-à-dire le Coran. Il faut dire que cela est valable pour tout saoudien vivant à l’intérieur du royaume.

En 1979, l’ex-Union soviétique intervient en Afghanistan à l’appel du Président Babrak Kamal en butte aux menaces de déstabilisation étatsuniennes via les Talibans. Babrak Kamal était, successeur de Hafizullah Amin, dirigeant communiste assassiné, selon certaines sources, le 27 décembre 1979 par le Spetsnaz, la branche Action de l’ex-KGB, parce que le Kremlin le trouvait « trop mou ».

L’Arabie saoudite sera, bien avant les Etats Unis, le premier pays à se déclarer ouvertement contre « le communisme athée ». C’est là que le chef des services secrets saoudiens, le prince Fayçal al Turki prendra attache avec Oussama ben Laden et lui demandera d’organiser le départ, à partir de différents pays, de « volontaires » islamistes vers l’Afghanistan et de leur assurer la logistique nécessaire. Ben Laden, flatté d’être ainsi sollicité par un membre de la famille royale, s’empressera d’exprimer sa disponibilité.

C’est à partir de cette date que commencera le mythe « Ben Laden », mythe que le service Agit-prop’ de la CIA se chargera d’entretenir jusqu’à demain. Il deviendra, pour tous les islamistes et les apprentis islamistes du monde, une idole, une référence, pire : un modèle.

Une fois à Peshawar, ville-frontière avec l’Afghanistan, il sera pris en charge par l’ISI (Inter-Service Intelligence), services secrets pakistanais qui sont, dans la région, le relais actif de la CIA. Le Pakistan aux appétits expansionnistes et lorgnant le Cachemire, ne dédaignant pas d’y commettre régulièrement des attentats, et désireux plus que tout de prendre le rôle de leadership dans la région jusque là occupé par l’Inde, s’est mis tout naturellement sous l’aile des Etas Unis protecteurs des Talibans. Ces derniers bénéficieront donc de ma manne financière et colossale du régime saoudien et de la logistique pakistanaise. Les ordres, eux, viendront de Washington. Cerise sur le gâteau pour Ben Laden : le régime qu’appliquent les Talibans dans les zones qu’ils occupent sont les mêmes que celle en vigueur en Arabie saoudite, son pays natal :

-         interdiction de toute participation à une vie publique ou professionnelle pour les femmes.

-         Obligation pour elles de porter la burqa sous peine d’être flagellées en public.

-         Obligation pour tout(e) afghan(e) d’assister à la prière.

-         Obligation pour les hommes de porter la barbe.

-         Interdiction de se tailler la barbe.

Ben Laden s’occupera donc d’envoyer des jeunes - et parfois des adolescents - au combat aux côtés des Talibans dont l’Emir était le mollah Omar contre les soviétiques et contre les forces de l’Alliance du Nord dirigées par le Commandant Massoud, en prenant soin de ne jamais participer lui-même aux différentes batailles. Il se fera néanmoins - et pour la frime - filmer en train de tirer à l’aide d’une Kalachnikov. On remarquera, sur la vidéo prise ce jour-là, la maladresse avec laquelle il maniait cette arme, l’arme la plus facile au monde après le fusil de chasse.

Il n’aura aucun lien direct avec la CIA. Ses contacts seront ceux qu’il aura avec son parrain pakistanais : l’ISI.

 

Il mourra en 2001 à Peshawar d’une maladie des reins, selon certaines sources. D’autres sources prétendent que devenu encombrant, il aurait été supprimé par l’ISI sur ordre de la CIA. Il est mort sans avoir eu un seul jour le courage de mettre le pied en territoire afghan.

 

Mais le mythe continue, entretenu par ses anciens parrains.


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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 21:22

Afin de comprendre les événements historiques à la charnière des vingtième et vingt-et-unième siècles dont nous redécouvrons depuis quelques décennies seulement la nature, j’ai suivi l’enseignement de mon maître, le chef de file des pléistoriens : B. Bubo. En me tournant ainsi du côté de la littérature, j’ai croisé un roman dont le titre, 1984, correspondait à ma période de recherche. En fait, c’était un roman d’anticipation que son auteur, George Orwell, avait écrit en 1948. Pour autant, j’ai été bien inspiré puisque la lecture s’en révéla passionnante et m’a fourni le point de départ formel pour ce mémoire.

Par Raymond Caroubier

 

La liberté c’est l’esclavage


Ce slogan imaginé par l’écrivain britannique pour le Parti totalitaire dont son roman montre le mécanisme et la victoire sur le héros, fait référence aux divers fascismes de la première moitié du XXe siècle. Néanmoins, un demi-siècle plus tard et mutatis mutandis, ce paradoxe était tout aussi vrai.
Il faut bien voir que, contrairement à l’exemple canonique de la chute de Rome, paradigme de toute décadence depuis Edward Gibbon et Montesquieu ; et contrairement à la même idéologie décadentiste remise à la mode par Oswald Spengler puis Arnold Toynbee, les démocraties occidentales n’entrèrent pas en déclin à la fin du XXe siècle. Il semble acquis depuis l’étude de Vithaya Kalimbong intitulée : "Réseaux impériaux et convergences macro-économiques : un truisme entre 1950 et 2020" [1], que les démocraties renées après la Seconde guerre mondiale furent mises en coupe réglée avant même les accords de Bretton Woods. Le basculement qui intervint, comme on sait, dans la décennie 2010, était préparé depuis fort longtemps. Il ne tint qu’à la duplicité ou au cynisme des dirigeants occidentaux d’envoyer à leurs peuples des leurres de vitalité démocratique jusque dans les années 2000.
Selon un recensement des Annales de pléistoire (XIX, 2, fall 2099, pp. 35-48), une des lectures dont l’atypicité [2] est la plus révélatrice dans les cursus de MBA et de hauts fonctionnaires de l’époque est un extrait des Frères Karamasov de Fédor Dostoievski intitulé « La légende du Grand inquisiteur ». Il s’agit d’un récit selon lequel les peuples préfèrent celui qui les tourmente mais leur épargne le poids d’une liberté de penser et de vivre qu’ils seraient incapables d’assumer, à celui qui vient leur offrir la liberté et la responsabilité.
Voici quelques passages parmi les plus commentés :
« ...jamais les hommes ne se sont crus aussi libres qu’à présent, et pourtant, leur liberté, ils l’ont humblement déposée à nos pieds. » [ceux de l’Inquisition].
« Sans nous, ils seront toujours affamés. Aucune science ne leur donnera du pain, tant qu’ils demeureront libres, mais ils finiront par la déposer à nos pieds, cette liberté, en disant : ‘’ Réduisez-nous plutôt en servitude, mais nourrissez-nous.’’ Ils comprendront enfin que la liberté est inconciliable avec le pain de la terre à discrétion, parce que jamais ils ne sauront le répartir entre eux ! Ils se convaincront aussi de leur impuissance à se faire libres, étant faibles, dépravés, nus et révoltés. [...] Ils s’étonneront et nous croiront des dieux pour avoir consenti, en nous mettant à leur tête, à assurer la liberté qui les effrayait et à régner sur eux, tellement à la fin ils auront peur d’être libres. »
« Il n’y a pas, je te le répète, de souci plus cuisant pour l’homme que de trouver au plus tôt un être à qui déléguer ce don de la liberté que le malheureux apporte en naissant. Mais pour disposer de la liberté des hommes, il faut leur donner la paix de la conscience. »
« Nous rendrons tous les hommes heureux, les révoltes et les massacres inséparables de ta liberté cesseront. Oh ! nous les persuaderons qu’ils ne seront vraiment libres qu’en abdiquant leur liberté en notre faveur. Eh bien, dirons-nous la vérité ou mentirons-nous ? Ils se convaincront eux-mêmes que nous disons vrai, car ils se rappelleront dans quelle servitude, dans quel trouble les avait plongés ta liberté. L’indépendance, la libre pensée, la science les auront égarés dans un tel labyrinthe, mis en présence de tels prodiges, de telles énigmes, que les uns, rebelles furieux, se détruiront eux-mêmes, les autres, rebelles, mais faibles, foule lâche et misérable, se traîneront à nos pieds en criant : ‘’Oui, vous aviez raison, vous seuls possédiez son secret et nous revenons à vous ; sauvez-nous de nous-mêmes !’’ (...) Ils comprendront la valeur de la soumission définitive. Et tant que les hommes ne l’auront pas comprise, ils seront malheureux. » [3]

Il s’agissait, à la façon du Grand inquisiteur, de rassurer les futurs dirigeants quant à leurs décisions et aux conséquences en découlant. Voilà qui augmentait singulièrement leur orgueil d’avoir mieux compris que la masse où résidait son bonheur ; leur vanité de se savoir à leur tête s’accroissait d’autant. D’un autre côté, en se glissant dans ce rôle, ils abdiquaient eux-mêmes leur libre arbitre et se déchargeaient de toute responsabilité. Le contenu chrétien du texte de Dostoievski répondait à la mentalité des classes dirigeantes encore très empreinte des schémas de pensée judéo-chrétiens. Le concept de liberté majoritairement opposé au déterminisme quasi scientiste de l’époque [4] restait marqué du sceau du péché tel que le livre des monothéistes l’avait instauré plusieurs millénaires auparavant [5].
Le rôle de la « Légende du grand Inquisiteur » était de régler son compte au concept de « Servitude volontaire » développé par Etienne de la Boétie auparavant et de déconsidérer toute révolte, même dans des pays de révolution comme l’Angleterre, la France et les Etats-Unis d’Amérique. Par un procédé que George Orwell avait fort bien analysé, on dévoya le sens des mots. Ainsi, preuve en fut donnée dès la fin du XXe siècle, le libéralisme économique s’apparenta très vite à de l’esclavage : la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits civiques, tout devint otage puis esclave d’un capitalisme aux mains d’une oligarchie ploutocratique. La prospérité des états occidentaux s’appuyait sur la traite d’un ‘tiers monde’ représentant plutôt les deux tiers, voire les trois quarts de la population mondiale d’avant la Grande pandémie de 2018, ainsi que sur l’exploitation de leurs propres populations dont la survie était malignement liée à l’exploitation des peuples du reste du globe.
La société hiérarchisée ainsi légitimée par le haut ne pouvait être pérenne que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.

 

L’ignorance c’est la force


Quoique le terme de prolétaire ait été banni du vocabulaire politique dans les années 1990 à 2020 sous l’influence du libéralisme que la notion dérangeait, dans les faits il existait un prolétariat intérieur (les citoyens occidentaux) et un prolétariat extérieur (le reste du monde). L’un et l’autre étaient plus ou moins corvéables à merci en raison de la dégradation constante des droits du travail sous couvert de sécurisation économique et de nécessité marchande. Ecrit au début (1948) de la période et s’attaquant à un modèle de planification économique de type stalinien, le roman d’Orwell illustre pourtant très bien la situation des prolétaires considérés au sens large :

« Aussi longtemps qu’ils continueraient à travailler et à engendrer, leurs autres activités seraient sans importance. Laissés à eux-mêmes, comme le bétail lâché dans les plaines de l’Argentine [6], ils étaient revenus à un style de vie qui leur paraissait naturel, selon une sorte de canon ancestral. Ils naissaient, ils poussaient dans la rue, ils allaient au travail à partir de douze ans [7]. Ils traversaient une brève période de beauté florissante et de désir, ils se mariaient à vingt ans, étaient en pleine maturité à trente et mouraient, pour la plupart, à soixante ans. Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile. [...]
Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux les plus grands échappaient invariablement à leur attention. » [8]

Entretenir cet esclavariat (selon le mot de Alejandro Tola) dans sa « bienheureuse misère matérielle, intellectuelle et morale » [9] était l’occupation d’une partie de l’industrie dite de divertissement : spectacles sportifs de masse, cinéma, reality show, etc. dont les acteurs entraient pour une bonne part dans le maintien de l’ordre. En canalisant les velléites de révolte dans un patriotisme sportif allant du chauvinisme local à un fairplay olympique moribond (derniers jeux olympiques modernes : Gatestown, 2020), le tout associé à un système de loterie dont le chiffre d’affaire, en 2015, dépassait le budget européen - les « caporals de la néoféodalité » (Tola) furent des rouages efficaces des dictatures qui suivraient.
Une des principales caractéristiques du système « librecarcéral » [10] fut son activité constante sur le front du savoir. Une synergie entre monothéismes et industries de la sapience permit de discréditer au sens propre (supprimer le financement) et au sens figuré (dévaluer) la culture et l’érudition. Après un premier échec dans les années 2000 pour faire entrer l’éducation au sein du secteur marchand [11], l’exécutif européen parvint, à l’occasion du sommet exceptionnel de l’OMC à Toronto (2009), à ouvrir le système éducatif au mécénat privé et confessionnel. Dans le même temps, une offensive concertée des monothéismes eut lieu la même année à Jérusalem contre les théories biologiques et psychanalytiques, lesquelles furent mises à l’index. L’acte précurseur en la matière avait été l’interdiction en 2008, aux Etats-Unis d’Amérique, de l’enseignement de la théorie de l’évolution. Un surcroît d’activité médiatique à l’échelle planétaire autour des points communs du christianism e et de l’islam en matière ‘scientifique’ (campagnes publicitaires, synodes œcuméniques, fictions télévisées et films produits par la Secte du Seul Vrai Dieu [12]) porta un coup terrible à la recherche scientifique. A cet égard, la situation de clandestinité à laquelle la recherche médicale fut contrainte dès 2013 favorisa la pandémie de 2018.
L’appauvrissement des diverses langues afin de réduire les possibilités de penser permit bientôt la création d’une langue artificielle nommée « Nar », que l’on a justement qualifiée depuis de « despéranto » [13]. Avant le tournant du siècle et la célébration quasi simultanée et paradoxale de la fin de l’Histoire et du Millenium (trade mark), Gilles Châtelet avait dénoncé, dans Vivre et penser comme des porcs (1998), la vaste entreprise de décérébration mise en œuvre par la « démocratie-marché ». Discours de Cassandre puisque le phénomène ne fit que s’amplifier et qu’après la ‘culture de masse’, les plus virulentes attaques ciblèrent les milieux universitaires. Les cursus durent servir d’antichambre aux entreprises et abandonner (« Il faut regarder la réalité en face ») leurs invraisemblables prétentions à l’excellence, à la culture et à l’érudition. La médiatisation, par les groupes monopolistiques, de quelques figures d’intellectuels « triées sur le mollet » [14] contribua à museler les philosophes et les écrivains, ce d’autant plus que des procès en diffamation se multiplièrent contre eux avec l’aval des gouvernants.
Il faut enfin signaler combien notre discipline fut malmenée. En effet, dans le monde du ‘tout-communicant’ (G. Châtelet), seules comptaient les nouvelles ‘fraîches’ et l’actualité du jour chassait celle de la veille, sans que cette dernière ne s’accumule sur celle de l’avant-veille : l’instantanéité demandait l’oubli. Un autodafé renouvelé quotidiennement. Pas d’Histoire possible dans ces conditions. Ce qui restait, au début du XXIe siècle, de conscience historique, en dépit (ou à cause selon certains) de la manie de célébrer sans arrêt tel ou tel événement - fut ébranlé puis dissipé. Ainsi avait-on vu de plus en plus fréquemment le négationisme avoir droit de cité, encouragé, il faut le rappeler, par la tendance de nombreux hommes d’état à nier l’évidence, même devant leurs juges [15]. Les génocides furent contestés ; les crimes contre l’humanité, selon l’appellation de feue l’ONU, requalifiés ; l’impérialisme et le colonialisme valorisés : toutes pratiques remises en appli cation lors de ce demi-siècle entre le premier choc pétrolier et la Pandémie de 2018. Du coup, l’histoire n’avait rien de mieux à offrir que le présent. Elle fut remplacée par l’interactive reality [16].


La guerre c’est la paix


Un des concepts les plus en phase avec la ‘réalité interactive’, élevée au rang de pratique sociale, fut la surveillance généralisée : le développement de la biométrie permit de suivre les citoyens presque où qu’ils aillent, repérables qu’ils étaient grâce aux caméras installées dans tous les lieux publics et de nombreux lieux privés (par peur des agressions), grâce aux communications satellitaires, grâce aux satellites eux-mêmes et aux drones. La culture de la surveillance se développa tous azimuts. Après la mise au pas des collèges et lycées par l’implantation de commissariats, l’incitation à la délation entre élèves et le repérage des futurs délinquants et déviants dès l’école maternelle, le reste fut facile à faire accepter.
L’hystérisation constante des foules entretenue par les médias et les sports de masse créait une frustration aisément orientée vers un ennemi désigné et changeant. Le summum intervenait lors de grand-messes sportives. Un système de loterie permettait l’accès aux matchs et à la consommation de boissons alcoolisées. Dans le même temps, les médias redoublaient de messages fortement érotisés et associés à l’événement. La frustration engendrée par l’impossibilité d’assister aux spectacles ou par la défaite était canalisée de la façon suivante : des milliers, parfois des dizaines de milliers de baraquements étaient installés aux alentours des lieux où se déroulaient ces jeux. La prostitution qui s’y donnait cours (vaste système de loterie encore) offrait aux consommateurs des prisonniers de droit commun et des étrangers qu’on avait mis en situation irrégulière pour l’occasion. Chaque pays traitait son prolétariat de la même façon, et les rois du stade n’étaient pas les derniers à m ontrer l’exemple. Les nouvelles des conflits armés par lesquels le complexe militaro-industriel s’autolégitimait insistaient sur l’inhumanité et les tortures que l’ennemi faisait subir aux braves soldats. Le journalisme d’investigation ayant disparu, il était impossible de prendre conscience (les citoyens l’eussent-ils voulu) de la mise en scène pratiquée sur ordre de l’état major [17]. Les soldats se travestissaient en ennemis, et vice versa, pour donner libre cours à leur barbarie. Les meilleures prises de vue étaient primées. Les meilleures prises de guerre étaient envoyées au pays et finissaient, en vertu de la Loi de réparation [18], victimes de supporters avinés auxquels elles étaient réservées.
L’objet de ces guerres menées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur était de maintenir intacte la structure de la société, comme Orwell l’avait pressenti [19]. Le gouvernement par la peur, timidement testé en son temps (mais avec efficacité) par l’administration états-unienne Bush (2000-2008), généra une hystérie guerrière telle que le bellicisme reste pour nos contemporains la caractéristique principale du XXIe siècle. La guerre de tous contre tous (Bellum omnium contra omnes) menée à une aussi grande échelle et sur une aussi longue période au profit d’un groupe tellement restreint qu’il ne remplirait pas un de ces petits stades de l’ancien temps, reste unique dans l’Histoire.
Puisse cet hapax signifier aussi que les cataclysmes qui nous séparent de cette époque qui n’est pas si lointaine ne se renouvelleront pas.

ps:

La version abrégée du mémoire de R. Caroubier que nous donnons ici était une ébauche de son magistral ouvrage, qui paraîtrait cinq ans plus tard : L’enfer de la démocratie librecarcérale (2111).

[1] Vithaya Kalimbong, Malacca, Argon éditeur, 2103, 422 pages.

[2] Calculée par l’algorithme de Nipar.

[3] Fédor Dostoievski, Les frères Karamasov, Deuxième partie, livre V, chap. V.

[4] Qui se souvient maintenant des excès des ultra-darwiniens du XXe siècle qui profitèrent du libéralisme économique pour expliquer (eugénisme revisité) que les systèmes de sécurité sociale entravaient la saine sélection naturelle ? Pourtant leur idéologie collabora au renforcement des inégalités sociales, fertile terreau de la dictature.

[5] Si l’homme a un libre arbitre donné par un dieu, il est responsable de tous ses actes, et donc pécheur, et donc punissable ou repentant : dès lors le libre arbitre demande le recours suprême à un dieu. C’est une cage théologique. A la fin du XXe siècle, un philosophe comme Michel Onfray fut bien seul à dénoncer les monothéismes.

[6] A cette époque, la pampa argentine n’avait pas encore été ravagée par les Trois Fléaux (pour mémoire : 2011-2012 ; 2015 ; 2021) et déclarée insalubre.

[7] Voir Okoé M’Tébé, Children at Work in Europa : the slavery strikes back (2010-2020), Owendo, Chailu ed., 2075, 210 p.

[8] George Orwell, 1984, Paris, Folio, 2005, pp. 99-100 ; jamais réédité depuis.

[9] Alejandro Tola, Un economicida : el gobierno por la pobreza, Tenochtitlan, Quetzal editor, 2078, p. 22.

[10] Article « Bonétat » du Dictionnaire critique nar-français, 3e éd., Papeete, Francofonéditions, 2093, p. 6.

[11] AGCS : Accord Général sur le Commerce et les Services.

[12] Secte qualifiée alors de ‘mouvement charismatique pour la vraie paix entre croyants’ et dirigée par un triumvirat rotatif où juifs, chrétiens et musulmans se partageaient la manne.

[13] Emmanuelle Lurdat, Le servage par le langage, 1ere partie « Le ‘nar’ : un cas d’école », Kourou, Tupipress, 2077. L’expression ‘despéranto’ est employée par l’auteur pour la première fois dans le Bulletin des études sectaires, 2073, VII , 3, p. 15,

[14] Expression aujourd’hui désuète relative à la nécessité, pour ces ‘intellectuels’ autoproclamés, d’accourir à l’appel de leur maître et d’échapper à leurs détracteurs.

[15] Cf. Warren Crawford, Lie as you buy - Governing in the late XXth and early XXIth, Dacca, Noo Ed., 2072, 350 pages ; surtout les chapitres consacrés à la France, à l’Italie et aux Etats-Unis d’Amérique.

[16] Pour ceux qui seraient un peu surpris par la profondeur d’un tel concept, nous signalons que son inventeur écrivit un ouvrage de 112 pages pour ‘expliquer’ ce qu’il entendait par là (Tom Tuttle, La réalité interactive : être, voir et interagir ou comment j’ai inventé l’avenir de la culture, London et Paris, 2010).

[17] De nombreuses études ont mis cela en évidence depuis. Citons, pour leur impartialité : Meriem Gibran, Les esclaves sexuels des armées d’occupation, Addis Abeba, Lebes Ed., 2075 et Raùl Gutierez, Análisis de trece casos de désinhibition en el momento de la guerra en el Cáucaso, Caracas, El mismo ed., 2090.

[18] Version civile de la loi du talion qui permettait de faire subir, sans autre forme de procès, à quelque ennemi désigné à la vindicte policière, les actes dont on l’accusait. Instaurée en 2019 en Grande Franquie, elle fut adoptée par tous les gouvernements occidentaux dans l’année qui suivit.

[19] George Orwell, op. cit., p. 26.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 17:46

 

 

 Par Jeune Afrique
Nicolas Sarkozy et des chefs d'État africains lors du sommet de Nice, en mai dernier.
Nicolas Sarkozy et des chefs d'État africains lors du sommet de Nice,
en mai dernier. © AFP

Contrôler les dirigeants africains, leurs richesses et leur influence, et en faire des alliés privilégiés de la France : bienvenue au cœur de la Françafrique, un monde où tous les coups sont permis.

Rien n’a changé, dans les rapports franco-africains, depuis l’accession du continent à l’indépendance jusqu’à nos jours. C’est ce que veut démontrer le documentaire Françafrique* réalisé par Patrick Benquet qui dévoile les arcanes d’une diplomatie de réseaux plus ou moins occultes. Avec les conseils du journaliste Antoine Glaser, il a retracé l’histoire des relations entre la France et l’Afrique (banalisées sous le terme devenu péjoratif de « Françafrique »). Des relations orchestrées dès 1960 par Jacques Foccart, le conseiller Afrique de Charles de Gaulle, et qui se sont poursuivies jusqu’à aujourd’hui.

L’avocat Robert Bourgi, conseiller de Jacques Chirac et désormais proche de Nicolas Sarkozy, témoigne : « En 2002, au lendemain de la victoire de M. Chirac, avant que ne soit constitué le gouvernement, le président Chirac a dit : “Il serait bon, Robert, que vous présentiez au président Bongo [Omar Bongo Ondimba, aujourd’hui décédé, NDLR] les hommes de l'avenir”. On s'est retrouvés dans l'appartement de Bongo [à Paris, NDLR], il y avait François Fillon, Jean-François Copé, Pierre Bédier. Il les a interrogés […], à la fin de l'entretien, il a pris son papier à lettres et couché les noms des élus. Il a dit : “Tu portes ça à Jacques.” Il y avait sept noms et parmi les sept, cinq sont devenus ministres du gouvernement Raffarin. »

Et lorsque le réalisateur lui demande si ces pratiques le choquent, il répond, en riant : « Non, ça m'amuse ! »

Inédit

Ces tractations d’alcôve menées par des « visiteurs du soir » invisibles, sont en effet devenues des secrets de polichinelles. Mais c’est la première fois qu’autant de personnalités économiques ou politiques directement impliquées dans cette « diplomatie  parallèle » acceptent de se confier devant une caméra. « Certains n'avaient jamais parlé et d'autres n'avaient jamais parlé comme ça », souligne le réalisateur.

Maurice Delaunay, ex-ambassadeur au Gabon, décédé depuis, décrit ainsi sans retenue les manœuvres qui l'ont conduit à favoriser l'accession au pouvoir d'Omar Bongo Ondimba ou, plus tard, la protection qu'il apporta au mercenaire Bob Denard après une tentative de coup d'État manquée au Bénin.

Albin Chalandon, PDG de la société Elf de 1977 à 1983, raconte, lui, comment il « arrosait » généreusement le financement des campagnes électorales des grands partis grâce aux énormes revenus générés par le pétrole africain. « Pour les législatives de 1978 et la présidentielle de 1981, dit-il, cela fait 7 millions de francs, partagés à égalité au nom du principe d'impartialité d'une entreprise publique entre la gauche et la droite. »

Continuité

« J'ai voulu montrer que de De Gaulle à Sarkozy, il y a une continuité, explique à l'AFP Patrick Benquet. Les gens connaissent un certain nombre de choses - le Biafra, les diamants de Bokassa, Bob Denard, l'affaire Elf… - mais ne font pas le lien. Tout cela s'inscrit pourtant dans une cohérence. »

 

 

Voir un extrait de "Françafrique" :


FRANÇAFRIQUE - Extrait 1
envoyé par Phares-Balises


Loïk Le Floch-Prigent, lui aussi président d'Elf (1989-1993) explique en effet que ces pratiques sont toujours monnaie courante. Lui revient sur le financement des guerres en Angola et au Congo-Brazzaville auquel il a participé afin de favoriser les desseins de sa compagnie…

Pourtant, si la Françafrique existe encore, le rapport de forces s’est inversé ces dernières années, explique Patrick Benquet. Après avoir été faits et défaits par la France, les dirigeants africains ont pris le dessus. Ils font notamment jouer la concurrence avec Américains et Chinois pour l'exploitation des matières premières.

« L'Afrique, ce n'est pas la tasse de thé de Sarkozy, explique-t-il. Mais il doit effectuer des allers-retours afin de jouer les VRP pour Bolloré, Bouygues ou Areva. » (avec AFP)
__

*Françafrique sort en DVD le 2 décembre. Deux épisodes de 80 minutes, qui seront aussi diffusés les 9 et 16 décembre sur France 2.
 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:33

Dans un entretien exclusif accordé à France24, le président irakien Jalal Talabani a affirmé qu'il ne signerait pas l'acte de condamnation à mort de Tarek Aziz, ancien vice-Premier ministre de Saddam Hussein.

Par France24 F RANCE 

Dans un entretien accordé à France 24, le président irakien Jalal Talabani, réélu le 12 novembre, a annoncé mardi qu'il ne signerait pas l'acte de condamnation à mort de Tarek Aziz, ancien vice-Premier ministre de Saddam Hussein. "Non je ne signerai pas la condamnation à mort de Tarek Aziz, je ne signerai aucune condamnation à mort car en tant que socialiste-démocrate, je suis contre celle-ci, par principe", a-t-il affirmé.

Le chef de l’État irakien, qui était de passage à Paris pour une réunion de l'Internationale socialiste, s’est dit "assez sensible à la situation de Tarek Aziz". Depuis sa condamnation à mort le 26 octobre 2010, par la justice irakienne, la communauté internationale presse Bagdad de ne pas appliquer la peine capitale contre l'ancienne figure du régime du raïs irakien. "C'est un irakien chrétien et il ne doit pas être exécuté, et c'est un vieil homme dont l'âge a dépassé les 70 ans. C'est pour toutes ces raisons que je ne signerai jamais sa condamnation à la peine capitale", a précisé Jalal Talabani.



Syndicats
Suzannah Horowitz
Journaliste
http://barricades.over-blog.com/


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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:21

Du fait du mouvement de grève pour les retraites, la manifestation prévue en novembre à Lannemezan pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah a été reportée au 4 décembre . Nous rappelons ce rassemblement.

Les camarades de Libérez-les avaient eux prévu de manifester dans le Nord et ont pu maintenir leur initiative. C'est ainsi que la mairie de Calonne-Ricouart a accueilli sur son fronton une banderole demandant la libération de ce militant communiste libanais, plus ancien militant politique en France.

http://a7.idata.over-blog.com/0/51/50/28/Georges-Ibrahim-Abdallah/manifestation-giabdallah.jpg

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 23:50

 Diaspora Saaraui - Asociación para la defensa de los derechos del pueblo saharaui

Ma photo

12 novembre 2010 

Ould Salek : Des cadavres dans les rues d'El Aaiun : l

a situation rappelle celle du régime d’Augusto Pinochet au Chili


Les quartiers d’El Aaiun occupée majoritairement peuplés par les Sahraouis sont pleins "des corps tranchés et des cadavres percés par balles, dont des enfants", une situation, a-t-il dit "très difficile à identifier qui rappelle le "temps du régime du dictateur Augusto Pinochet au Chili", a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ould Salek dans une déclaration rendue publique mardi.

La capitale occupée du Sahara occidental, El Aaiun connaît un "état de terreur", "les responsables marocains laissent les cadavres dans les rues pour semer la panique au sein la population sahraouie", a regretté le chef de la diplomatie sahraouie.

Tous ces actes ont eu lieu à El Aaiun après l’assaut perpétré lundi par les forces armées marocaines sur le camp de Gdeim Izik.

"La télévision marocaine montre des images des zones apparemment calme, c elles des colons, mais dans les quartiers sahraouis où les marocains tuent des gens et les laissent traîner dans la rue la situation est vraiment horrible, qui rappelle ce que c’était passé au Chili au temps d’Augusto Pinochet", a déclaré le ministre.

"L'armée et la police marocaine brûlent toutes les voitures des Sahraouis, a souligné Ould Salek, précisant que "des dizaines de policiers en civil et des colons marocains armés de couteaux et de bâtons ont dévasté des maisons sahraouies, battu les locataires et enlevés plusieurs personnes dont le sort demeure inconnu".

"Nous attendons du Conseil de sécurité d'adopter une condamnation claire et forte des faits et dépêcher une mission d'enquête dans la région", ainsi que l’élaboration d’un rapport détaille sur ces crimes de la part de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) qui se trouve depuis 1991 au Sahara occidental.
(SPS)

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 20:18

          Pyromanie

                                 A Teryel

Pour dire adieu aux larmes
j'ai mis le feu à l'exil
qui dure et qui tue
j'en ai retiré des flammes
que j'offre au lecteur complice
ce poète qui n'écrit pas.

     Djamal Benmerad
Extrait de "Perdre le Nord"
          Edition Biliki


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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 09:16

Par Djamal Benmerad

Un évènement de la taille d'une prison pour femme vient nous secouer, comme il ne manquera pas de secouer nos lectrices et lecteurs, au point de nous poser la question : combien de pétrodollars coûte une voix à l'ONU ?
l'Arabie saoudite, cette entreprise familiale, vient d'être "élue" au conseil exécutif de l’Onu-femmes”. 
Cette toute nouvelle agence de l’ONU se consacre à la défense des droits des femmes et à la promotion de l’égalité des sexes.
Rappelons qu'en Arabie Saoudite, ce pays qui - comme chacun sait - est champion des droits de la femme, ladite femme ne peut étudier, sans la présence d’un tuteur  mâle (ou gardien), accéder à des services de santé, se marier, voyager, avoir une entreprise, pratiquer de nombreux métiers ou simplement accéder à une ambulance dans une situation d’urgence, les victimes de viol sont souvent condamnées par la justice à la prison et à des coups de fouet, la polygamie est autorisée, les petites filles sont mariées à des hommes mûrs, les hommes reçoivent le double des femmes lors du partage d’un héritage, un mari a le droit de battre ou violer sa femme …

Installer l'Arabie saoudite au Conseil exécutif de l’Onu-femmes, c'est comme donner à Dracula les clefs d'une banque de sang.

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 22:32

Par VIVA LALGERIE

  Le RCD a annoncé avoir déposé plainte pour diffamation contre le quotidien arabophone El Bilad qui a publié dans son édition du 13 juillet dernier un article sous le titre : “Saïd Sadi est un fils de harki.” Le journal reprenait des propos tenus par le Lakhdar Bensaïd, l'ancien président de l'Organisation des enfants de chouhada. En matière de diffamation, la responsabilité d'une publication est engagée quand elle reprend des propos condamnés par la loi, fussent-ils tenus publiquement.

L'attaque qui vise à discréditer l'auteur du livre sur l'illustre chef de la Révolution, Amirouche, a été orchestré par Bouguerra Soltani dont est proche El Bilad, accuse le RCD pour qui “le charlatan en chef (…) défraie la chronique régulièrement par ses frasques politiques ou financières”.
Le RCD rappele que “les services de sécurité qui ont rejeté la candidature du patriarche du MSP ont fait la même enquête sur Saïd Sadi” sans pouvoir conclure à sa disqualification, puisqu’il a été deux fois candidat à la présidentielle. Quant au père de Saïd Sadi, aujourd’hui décédé, ceux qui le connaissaient savent qu’il avait été emprisonné à deux reprises par l’armée coloniale et que “la maison familiale a été un refuge de l’ALN pendant trois ans avant que l’armée française n’en découvre la fonction suite à une dénonciation”.

 


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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 15:44

Rencontre maghrébine des femmes écrivaines

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Source : Nour   La romancière algérienne Maïssa Bey, modératrice du 2e Forum euromaghrébin

La romancière algérienne Maïssa Bey, modératrice du 2e Forum euromaghrébin

La deuxième rencontre euromaghrébine des femmes écrivaines se  tient les 18 et 19 octobre à l’auditorium de l’Institut National Supérieur de Musique d’Alger.

Entrant dans le cadre de la coopération entre le ministère de la Culture algérien et la délégation de l’Union européenne à Alger, avec le concours de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et des services culturels des ambassades des Etats membres de l’UE à Alger, cette rencontre littéraire compte la participation de quatorze femmes écrivaines algériennes, marocaines, tunisiennes et européennes.

 

C’est sous le thème «Récit, fiction et poésie comme contribution des femmes à la pensée» que ces écrivaines échangent leurs expériences et points de vue au sein de trois ateliers-conférences consacrés à chacun des genres retenus : «Le récit de vie comme expression de la réalité», «La fiction comme expression de rêve et de changement» et «La  poésie comme espace de liberté».

Dans son discours inaugural prononcé hier matin à l’INSM, Laura Baeza, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Algérie, a soutenu que «l’écriture constitue un des domaines où les femmes ont su imposer leur style et leur signature, avec comme particularité une sensibilité débordante. S’il est historiquement établi que les femmes sont les initiatrices d’une écriture romanesque, l’écriture au féminin se conjugue aujourd’hui sur tous les tons. Des femmes de différents pays, de différentes cultures et traditions viendront enrichir ce dialogue interculturel qui se veut un moyen de rapprochement entre intellectuels, de part et d’autre de l’espace commun qui nous unit, la Méditerranée».

La  matinée d’hier a été caractérisée par le passage de six auteurs qui, à tour de rôle, ont débattu sur «Le récit de vie comme expression de la réalité». Dans sa communication intitulée «Revivre en écriture», l’universitaire oranaise Fatima  Bekhai a indiqué que le monde est saturé d’informations et d’images souvent partielles, de clichés réducteurs. La littérature permet d’avoir une autre approche de l’autre. La connaissance réduit l’appréhension. «Au XIIe siècle, confie-t-elle, Ibn Rochd s’inquiétait déjà de la condition des femmes. A l’époque, la culture était strictement conjuguée au masculin alors que des  voix de femmes existaient.»

Les sociétés ont évolué. Les conteuses étaient recherchées et respectées. «Les poétesses de grand talent qui ont contribué à la pensée,  si on les admirait, on ne souhaitait pas le déploiement de leur don hors des murs de la maison. C’était une manière insidieuse et détournée de distiller toute création féminine. Cela a permis aux femmes de construire l’imaginaire.» Pour la conférencière, les femmes ne se contentent plus de raconter, mais elles écrivent et se font éditer. Le phénomène a commencé après la Seconde guerre mondiale quand la gent féminine a eu accès à l’éducation.

«En Algérie, dit-elle, avant la colonisation, la majorité des femmes n’était pas analphabètes. Peut-être que certaines ont écrit des choses et que les hommes se les sont appropriées. Les femmes ont eu accès à l’espace public.  En effet, après l’indépendance, elles ont investi tous les créneaux, notamment la littérature. Aujourd’hui, elles dévoilent ce qui était chuchoté par le passé. Elles revivent à  travers l’écriture. Ce sont des bâtisseuses de mots.»

Absente de la rencontre, la communication de  l’Autrichienne Anna Kim a été lue aux présents. Partant du personnage central d’un grand classique autrichien, incarcéré pendant la guerre, Anna Kim  estime qu’une personne disparue est représentée par une photo.  Son passé est occulté. Après avoir terminé un de ses romans axé sur les conséquences de la guerre, les mots qu’elle a utilisés alors avaient un sens différent. Anna Kim a reflété le sens des mots. «Plus les mots sont forts, plus ils ont un lien avec la fidélité», argue-t-elle.
Dans son intervention «Que font les femmes des histoires de vie ?» la sociologue Fatima  Oussedik a soutenu que le travail d’écriture n’est jamais solitaire.

L’écrivaine tchèque Tereza Bouckova  a, dans sa communication «Une raison  à soi», fait une réflexion sur son œuvre 82 ans après le récit Une Chambre à soi de Virginia Woolf, fait le parallèle entre sa vie privée et le roman de Virginie Woolf. Selon elle, ce qui se passait dans les années 1928 s’applique de nos jours. Il est impératif de ne pas renier les valeurs.  L’écriture de V. Woolf est fragmentée ; elle replace les choses dans son contexte. En partant de sa vie d’écrivaine, Tereza  le le voile sur sa vie de mère. Une vie de mère qu’elle ne regrette point, même si V. Woolf soutient que les  meilleures auteures n’ont jamais eu d’enfant.

La conférencière a dénoncé les difficultés d’écrire sans subir les pressions des hommes. Selon elle, si Virginia Woolf disait que les femmes qui ont écrit de beaux livres n’ont pas eu d’enfant, Tereza Bouchova dira alors : «Moi j’ai eu trois enfants.» Le roman doit être accordée au corps.Il est à noter que la journée d’aujourd’hui s’annonce des plus riches. Plusieurs communications sont attendues, dont «Forces et périls de l’autofiction» de la Tusinienne Azza Fillali, «Expressions au féminin» de l’Algérienne Zineb Laouedj, «Faits divers» de la Belge Françoise Lalande et «Récit de vie aux prises de l’écriture» de la Marocaine Rachida Madani.

 

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