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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 17:28

 

Par Mao Tse Tung - Mars 1927 - Le Drapeau rouge (Canada) n°236 du 17 juillet 2010

Devenues l'autorité suprême, les unions paysannes ferment la bouche aux propriétaires fonciers; elles ont réduit en poussière leur prestige - cela revient à dire qu'on a jeté à terre le propriétaire foncier et qu'on lui a mis le pied dessus. [...] La foule fait irruption dans les maisons des despotes locaux et des mauvais hobereaux qui sont contre les unions paysannes; on égorge les cochons, on rafle le grain. Il arrive que les paysans viennent chez les despotes locaux et les mauvais hobereaux et se prélassent un moment sur les lits incrustés d'ivoire de leurs filles et de leurs brus. Ils arrêtent des gens à la moindre occasion, les coiffent de grands bonnets de papier et les promènent à travers le village, en disant: «Tu sais à présent à qui tu as affaire, sale hobereau! » Les paysans font ce qu'ils veulent.

C'est le monde renversé, et une espèce de terreur règne ainsi à la campagne. C'est ce que certains appellent commettre des «excès», «courber en sens inverse aux fins de redresser», «commettre des actes scandaleux». En apparence, de tels jugements semblent raisonnables; en réalité, ils sont tout aussi erronés. En premier lieu, si les paysans ont commis de tels actes, c'est qu'ils ont été poussés à bout par les despotes locaux, les mauvais hobereaux, les propriétaires fonciers coupables de forfaits.

Ces gens ont de tout temps usé de leur pouvoir pour tyranniser et écraser les paysans; c'est pourquoi ceux-ci ont réagi avec tant de force.
Les révoltes les plus violentes, les désordres les plus graves se sont invariablement produits là où les despotes locaux, les mauvais hobereaux, et les propriétaires fonciers coupables de forfaits se sont livrés aux pires outrages. L'œil du paysan voit juste. [...]

Deuxièmement, la révolution n'est ni un dîner de gala ni une œuvre littéraire, ni un dessin ni une broderie; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. [...] Pour redresser quelque chose, on est obligé de le courber en sens inverse; sinon, on ne peut le rendre droit. Bien que l'opinion de ceux qui critiquent les «excès» se distingue apparemment de celle du premier groupe, elle procède au fond du même point de vue: c'est la théorie même des propriétaires fonciers, au service des seuls intérêts des classes privilégiées. Aussi devons-nous combattre résolument cette théorie qui fait obstacle à l'essor du mouvement paysan et qui, en dernière analyse, sape la révolution.

Mao Tse Tung (mars 1927)

 


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