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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 22:19

Le chantage de la compagnie « low cost » qui menace de fermer sa base marseillaise après sa mise en examen pour « travail dissimulé », est dénoncé par le PCF, mais soutenu par Jean-Claude Gaudin et Christine Lagarde.

 

Par Pierre Ivorra

 

«Je ne suis pas scandalisée.» C’est ce qu’a déclaré hier, au micro d’Europe 1, Christine Lagarde, à la suite de l’annonce, mercredi, par la compagnie dite «low cost» de son intention de fermer ses installations marseillaises en janvier 2011 après sa mise en examen par le parquet d’Aix-en-Provence pour «travail dissimulé». La ministre de l’Économie a même ajouté : «On a tout intérêt à regarder ce qu’on peut changer» pour éviter que d’autres entreprises étrangères ne quittent à leur tour le territoire français. La veille, le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, avait dénoncé le « comportement irresponsable » des syndicats à l’origine de la plainte.

120 navigants travaillent pour Ryanair sur les quatre Boeing 737 basés à l’aéroport de Marseille-Provence, mais sous contrat… irlandais. La compagnie leur fait le coup du plombier polonais et se justifie en invoquant la directive Bolkestein. Malheureusement pour elle, après les vives réactions suscitées par cette directive, un décret, pris en novembre 2006, limite son application aux seuls personnels temporairement détachés.

Jouant des différences entre le droit du travail irlandais et français, Ryanair réalise une économie de 30 % sur les charges sociales. Ce sont ainsi 4 millions d’euros qui n’entrent pas dans les caisses de la Sécurité sociale française. Déjà, en 2009, la CGT d’Air France avait dénoncé les pratiques de la compagnie en indiquant que le statut « irlandais » des salariés marseillais lui permettait de ne payer aucune taxe parafiscale (taxes professionnelle, d’apprentissage, de formation professionnelle) et aucune cotisation sociale en France, alors qu’elle y réalisait un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros par an. Le syndicat avait en outre révélé qu’à l’échelle européenne elle bénéficiait de 650 millions d’euros d’aides publiques pour un résultat net affiché de 400 millions d’euros.

Ce sont ces pratiques « law cost », à législation allégée, que défendent nos caciques de l’UMP ! Et elles ne sont pas réservées seulement à la France. Début octobre, Ryanair a appelé élus et gouvernement à « retirer le droit de grève » aux contrôleurs aériens en Europe, ajoutant ce commentaire : « Si ces gens ne veulent pas travailler, alors remplaçons-les par des militaires ou d’autres contrôleurs du ciel qui veulent travailler. » En Espagne, avec quatre autres compagnies aériennes « low cost », Ryanair vient en outre d’être épinglé pour « clauses abusives » à l’encontre de clients. Pour sa part, le PCF a dénoncé, hier, « une opération de chantage pur et simple » et il a mis « en garde le gouvernement contre une éventuelle négociation en sous-main », ajoutant : « Le droit du travail français n’est ni marchandable ni négociable. »

 

 

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