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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:57

 


Travailleurs, étudiants, féministes, syndiqués et démunis descendent dans la rue pour dénoncer le gouvernement Charest


Quelques milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier pour dénoncer le gouvernement Charest.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir


Par Lisa-Marie Gervais - 2 avril 2010 - Québec
 
Le Devoir.com
 
  
Quelques milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier pour dénoncer le gouvernement Charest.
Une grande vague populaire a déferlé sur le centre-ville de Montréal hier après-midi alors que plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour dénoncer avec une rare ferveur la privatisation des services publics et les hausses de tarifs. Même si le rassemblement était prévu depuis longtemps, le budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, a fourni en munitions ces marées de travailleurs, d'étudiants, de femmes, de représentants syndicaux et des classes sociales les plus démunies qui ont fustigé le gouvernement libéral de Jean Charest.

Défilant sous un soleil radieux dans une atmosphère bon enfant, portant pancartes et slogans à bout de bras, les protestataires portaient pour l'essentiel tous le même message de justice sociale. « La richesse existe! Prenons-la où elle est ! » pouvait-on lire sur la banderole verte tenue par les membres de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics, qui ouvraient la marche.

«On constate que le gouvernement a complètement ignoré nos revendications. Son message est clair. Les vaches sacrées, ce n'est pas Hydro-Québec, la santé et l'éducation, c'est les impôts, les grandes entreprises et les plus riches», a déploré Marie-Ève Rancourt, porte-parole du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MEPACQ).


Présente à la manifestation, Manon Massé, ancienne candidate pour Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, a vertement critiqué le gouvernement Charest pour l'impact «dévastateur» qu'auront ces nouvelles hausses de tarifs, notamment celles d'Hydro-Québec et dans le milieu de la santé. «Les femmes vont en être victimes premièrement parce qu'elles y travaillent, mais aussi parce qu'elles vont se retrouver à faire gratuitement des tâches dans des domaines dans lesquels on a fait des gains historiques. Ça ne devait pas être les femmes qui devaient porter sur leurs épaules la santé et les services de garde, par exemple», a souligné celle qui travaille au Centre des femmes de Laval.


Au-delà du fait que les orientations du gouvernement écorchent le modèle éconmique québécois, Mme Massé condamne de façon plus pragmatique l'impact de la hausse de la TVQ, qui n'aura pas le même impact pour tous. «Les plus grands économistes savent qu'une hausse de taxe de vente, c'est régressif. Mais ça se fait quand même alors qu'on aurait pu choisir une répartition par l'impôt, a-t-elle noté.
«l'État a un rôle à jouer dans la répartition de la richesse, c'est une question de justice fiscale. C'est ça que Bachand est en train de faire basculer, on n'est pas d'accord et on est venu le dire.»

Un budget injuste


Plusieurs comités et regroupements pour le logement social venus de différents endroits au Québec étaient aussi de la partie pour manifester leur désaccord avec le budget Bachand. La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, a trouvé ridicule l'offre de 3000 logements sociaux sur cinq ans proposée dans le budget, alors «qu'une personne sur cinq n'arrive pas à se loger convenablement». Selon elle, les besoins sont plutôt à une hauteur de 50 000 logements sociaux. Coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain, François Saillant a qualifié le budget «de profondément injuste», notamment en regard de la nouvelle franchise santé que veut imposer le gouvernement aux utilisateurs des soins de santé. «Charger 200 $ en contribution pour la santé, c'est le même 200 $ pour tous. Que tu gagnes moins de 25 000 $ avec deux enfants ou que tu gagnes 250 000 $», a-t-il insisté.

Quant aux étudiants, l'annonce de la hausse des droits de scolarité dès 2012 leur est restée en travers de la gorge. Christian Pépin, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), ne peut pas se résoudre à voir s'envoler en fumée un projet de société qui ne devait pas rendre l'école inaccessible pour une question d'argent. «On est là pour dire qu'il y a des alternatives pour renflouer les coffres de l'État. La richesse existe et on va aller la prendre là où elle est», a-t-il dit. C'est-à-dire dans les poches des entreprises, des grandes sociétés minières, des contribuables à plus haut revenu avec un nouveau palier d'imposition et d'autres mécanismes de redevances, explique M. Pépin. «Aujourd'hui, la contestation prend son envol comme jamais», s'est-il réjoui.


Les manifestants sont partis du carré Phillips au centre-ville et ont suivi la rue Sainte-Catherine jusqu'au siège social d'Hydro-Québec pour terminer leur «chemin de croix» devant le carré Victoria, entre le Centre de commerce mondial qui abrite les bureaux montréalais du ministre des Finances et la tour de la Bourse. Aucun incident majeur ne s'est produit, sinon qu'une poignée de manifestants ont fracassé une porte du Centre de commerce mondial. 

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