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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 12:34

Le fils d’un des compagnons du colonel Gilles est sommé de prouver son identité française.

 


Par Dominique Bègles pour l'Huma

Repris de http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/

L ’histoire semble dramatiquement bégayer jusqu’à l’impensable. Les nouvelles consignes données aux services préfectoraux par le régime sarkozyste font désormais obligation de donner la preuve de son identité française, même si celle-ci ne fait pas de doute depuis plusieurs décennies. Ainsi, un simple renouvellement d’une carte d’identité fait figure de parcours de combattant pour nombre de Français nés sur ce sol si le moindre doute existe quant à la nationalité de leurs parents  : l’acte de naissance sur le sol français, justification suffisante d’état civil jusque-là, ne suffirait plus, selon les Besson et les Hortefeux. Les cas se multiplient et chacun d’eux soulève l’indignation.


Il en est des plus significatifs que d’autres. Parce qu’ils ont partie liée avec la Résistance, la défense, puis la libération de la France. Alors d’étranges et inquiétantes connexions se mettent en place avec, précisément, cette époque où des lois iniques faisaient obligation aux juifs de prouver leur nationalité française, à partir d’un certain 22 juillet 1940 de sinistre mémoire. Armand Gorintin participe de cette histoire. Son nom à lui n’est pas même difficile à prononcer. Son père, David, était engagé volontaire pour la France en 1939. Il fut compagnon d’armes de Joseph Epstein, héros de la Résistance FTP de Paris, instigateur de la guérilla urbaine, connu sous le pseudonyme de colonel Gilles, fusillé à trente-trois ans au Mont -Valérien le 11avril 1944. Se souvenir de l’Affiche rouge. Joseph Epstein comme David Gorintin avaient refusé le fascisme et la misère. Le second sera rapidement arrêté. Le premier, de Tours à Bordeaux en passant par Paris ou Lyon, rencontrera Lucie et Raymond Aubrac, Lise London, Maurice Kriegel-Valrimont.

 La captivité permettra à David d’échapper à la mort. Au nom de quoi refuse-t-on à son fils, né français, en France, en 1949, le renouvellement de ses papiers  ? « L’exigence de prouver ma nationalité, sans être totalement identique, renvoie singulièrement à la loi de 1940, l’une des premières lois xénophobes du gouvernement de Vichy », constate-t-il. Il y a David, le père, et il y a Esther, la mère, récemment décédée. En mars 1942, elle sera enfermée dans le camp de Mérignac, près de Bordeaux, puis emprisonnée au fort du Hâ. L’évasion sera son salut. Esther et David, chirurgien-dentiste, s’installeront rue de Rivoli, avec leur fils Armand. Armand auquel, aujourd’hui, on refuse de reconnaître son identité française. Et qui résiste. « Étant dès lors moi-même sans papiers, écrit-il au préfet de police de Paris, j’ai donc l’honneur d’exiger de vos services ma régularisation à laquelle j’ai droit en vertu de l’article 21-13 du Code civil, qui stipule que la nationalité de ceux qui ont vécu en tant que Français depuis plus de dix ans, ne peut plus être contestée. » Et il souhaite que les dizaines de milliers de Français d’origine étrangère dans le même cas que lui en fassent autant. À

commencer par Nicolas Sarkozy lui-même  ?



lu sur le site rezo.net


Source : http://cocomagnanville.over-blog.com/

 

 


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