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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 15:32

 


Quelle est la place du syndicat dans la société, force d’appoint ou force décisive ? Le droit de grève et les libertés syndicales sont reconnus par la Constitution, l’OIT et le BIT. C’est par les grèves que les travailleurs détiennent une force sociale.Le Snapap a déposé auprès du BIT à Genève une plainte contre le gouvernement pour infraction aux lois du travail et le non-respect des conventions internationales. Le gouvernement a mis en avant une répression d’une rare violence, frappant tout ce qui bouge ou manifeste. Il a inventé la répression judiciaire. Le droit de grève est bafoué par la justice qui n’est plus confiée aux juges, priés d’obéir et de se taire. C’est inadmissible ! Là est la question, une belle question pour le Conseil constitutionnel. L’épreuve de force sociale, d’ampleur nationale, a voulu faire de la grève de véritables purges sociales : révoquer les grévistes et les remplacer.

 

 

Les syndicats autonomes

Ils sont les représentants authentiques des salariés, leur principale fonction est celle de leur porte-parole et de défenseurs de leurs intérêts. Les impulsions et les initiatives sont venues de leurs bases qui ne se sont pas résignées à la condition infantile que leur réservait le gouvernement. Les syndicats libres sont l’indispensable contrepoids aux abus du pouvoir. Ses leaders authentiques, combatifs et responsables, sont apparus dans les grèves menées par les médecins et les enseignants et ont affirmé leur identité. Ils se sont révélés d’une étoffe résistante et persévérante. Leur vigilance ne doit pas être relâchée à aucun moment ; au contraire, elle doit être redoublée à l’égard du pouvoir. Ils ont été entendus lorsqu’ils ont appelé les salariés à refuser la résignation, la passivité, l’acceptation des maux qu’ils subissent. Ils refusent la mise au pas des syndicats autonomes, leur neutralisation par le pouvoir qui veut leur imposer sa volonté. Les syndicats autonomes gardent leur fonction originelle de force d’impulsion démocratique, le contrôle contre l’injustice et l’arbitraire, et de protection des salariés. Ils n’acceptent pas de se laisser enfermer dans des contraintes qui limiteraient leur action. C’est un syndicalisme de protestation et de contestation. Seul le dialogue préalable à la décision doit devenir plus que jamais la règle essentielle. Il est l’émanation réelle de la volonté des travailleurs, le moteur et l’instrument de la promotion sociale. Les médecins et les enseignants veulent connaître le pourquoi des décisions qui les concernent, veulent être consultés et associés à leur élaboration. Le droit à la santé est durement entamé, menacé dans ses fondements-mêmes.


L’unité des syndicats autonomes

Les syndicats autonomes sont une grande école de vie, de fraternité et de solidarité. Ils sont un instrument de libération des salariés. Les derniers mouvements sociaux ont fait la preuve concrète de l’efficacité et de l’exigence de l’unité et de la démocratisation dans l’action. Les syndicats libres sont restés unis et ont été les décideurs et les acteurs de leurs luttes. L’unité, la démocratie, la liberté, la justice sociale, apparaissent autant une aspiration des salariés que la condition essentielle de leur engagement et de l’efficacité de leur action. La démocratie syndicale doit résulter de l’établissement d’un véritable débat interne afin d’accroître la capacité d’information, de réflexion et de rassemblement autour des syndicats autonomes. Le mode de fonctionnement et les méthodes de direction de cette nouvelle centrale syndicale doivent répondre à cette exigence. Il faut qu’à travers les instances de cette union s’exprime et soit véritablement prise en compte la diversité qui compose cette organisation. L’indépendance que les salariés recherchent dans une telle organisation syndicale qui les a accompagnés efficacement dans leurs luttes est à ce prix. Cette réflexion indispensable sur la réalité de ce qu’est et pense la diversité du monde du travail ne peut être que le résultat d’un véritable débat démocratique. L’avenir du syndicalisme est fonction de la capacité des syndicats libres à porter ce débat pour devenir une centrale syndicale puissante et déterminée que les salariés souhaitent. Cette centrale veut créer avec ceux qui veulent un espace syndical unitaire une unité d’action concrète, un effort de recherche de convergences, une volonté constante de dépasser les blocages, de faire front ensemble dans le dialogue et l’enrichissement réciproque. L’utilité et la nécessité de cette centrale doivent mieux apparaître. Les syndicats agissent dans le même sens, se retrouvent ensemble, cherchent tout ce qui peut les rassembler. Il n’y a d’autre voie que le combat syndical, et il faut agir dans ce sens. C’est un combat pour les libertés qui concerne non seulement les salariés mais tous les démocrates. Il faut élargir les espaces de liberté afin de permettre à la conscience populaire de se développer, aux forces sociales de jouer leur rôle.

La cécité du pouvoir est frappante

Il ne reste au pouvoir qui a renoncé à tout effort de réflexion et fait uniquement confiance à la force, à l’argent et à ses intérêts, son mépris des idées puisqu’il n’est pas en mesure de comprendre la société qu’il est censé gérer ni lui apporter le projet dont elle a besoin. Quel projet ? Quel avenir pour les jeunes, les femmes, les chômeurs, les retraités ? La capacité à résoudre les questions sociales, donc à assurer la concorde entre les citoyens est faible. L’avenir n’appartient ni à ceux qui se cramponnent à des privilèges injustifiés ni à ceux qui caressent l’illusion de conserver longtemps encore le pouvoir. Le gouvernement a choisi son camp, celui des injustices sociales maintenues, de l’argent et des inégalités aggravées. L’idéologie sécuritaire lui permet de trouver une cohérence pour combattre les dirigeants syndicaux socialement repérés. Il porte une lourde responsabilité dans la détérioration du climat social. Il est plus préoccupé d’assurer et de préserver des situations de rente et de monopole que de promouvoir les libertés. Il se refuse à la négociation, préfère la dérive anti-syndicale. Il est clair qu’il ne peut vivre en harmonie avec le peuple : œuvrer pour que tous les Algériens, hommes et femmes, soient regardés et traités comme égaux en droits et en devoirs. Chacun et chacune constatent l’échec de la politique du pouvoir en examinant l’école, l’emploi, les logements, la santé. Le monde du travail a exprimé le ras-le-bol à l’égard d’un système politique dépassé.


La politique sociale est injuste et inefficace

Les salariés ressentent l’absence de liberté syndicale comme la privation d’un droit naturel, comme une humiliation qui est contraire à la dignité humaine. Quand des catégories de gens gagnent en un mois ce que les salariés ne gagnent même pas en un an, il faut voir dans un tel écart de revenus un danger pour la paix sociale. Qu’a fait le gouvernement pour atténuer les inégalités et les injustices sociales ? Comment se fait la répartition du revenu national ? Qui a la part du lion ? Pourquoi ? Les inégalités sociales sont excessives, l’éventail des salaires est très large, les riches sont toujours plus riches et puis il y a les pauvres qui observent l’insolence du luxe, le non-respect de la dignité du travail, des valeurs humaines et du sens de la vie, qui demandent la satisfaction de leurs revendications les plus légitimes. Le contraste est saisissant entre l’avalanche de bienfaits pour les privilégiés et la rigueur imposée aux salariés. Privilèges c’est, disent les dictionnaires littré et Robert : « Un droit particulier accordé à une catégorie d’individus en dehors de la loi commune ». Il faut prendre en compte le énormes disparités sociales qui mènent le pays à la léthargie et conduisent les salariés à supporter à eux seuls les poids des charges et des sacrifices. Le gouvernement a oublié de prévoir pour ces derniers leur place pour le banquet de la vie. Augmenter les salaires bas et moyens, c’est appliquer la politique de l’accordéon qui réduit les inégalités par les deux bouts. Les gros salaires peuvent se priver de leur superflu pour aider ceux qui n’ont pas un revenu minimum garanti pour vivre. Il ne s’agit même pas de justice sociale, tant la situation est scandaleuse, mais d’obtenir les conditions minimales d’existence. Il est inconcevable, inacceptable que le smig ne soit pas indexé sur le coût de la vie. La tétine vide que l’on tend au bébé pour le calmer un moment, est-ce la solution entre la faim et le biberon ? Inflation et hausse galopante des prix se conjuguent. Les prix augmentent, alors que le niveau de vie de la population ne cesse de se dégrader. On ne peut masquer la réalité de l’inflation qui sacrifie le pouvoir d’achat. L’augmentation des salaires ne sert à rien, si l’inflation qui est à 5,5% reprend le gain obtenu. Les salariés sont déçus et amers, rien n’a changé à leur situation avec les augmentations des salaires annulées par l’inflation et la cherté de la vie. Le pouvoir d’achat fond du fait de l’inflation. Il s’agit de ne pas pénaliser les femmes dans leur emploi et dans leur carrière. Dans ce pays qui se fracture, craque de partout, le silence des intellectuels sur le plan social témoigne-t-il de leur indifférence, de leur incompréhension, de leur impuissance, ou de la satisfaction d’eux-mêmes ? Celui qui n’a pas développé en lui-même la capacité de compatir, de ressentir la souffrance d’autrui, est un être malheureux.

 


 


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