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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 08:38



Par JBB  

Que je te dise, il est des hasards cocasses.

Des coïncidences facétieuses.

Et j’aime voir le doigt farceur du destin s’abattre cruellement sur la nuque d’un prétentieux malappris qui croyait pouvoir se jouer de lui.

Comme je ne goûte rien tant que d’assister à l’explosion du crapaud, celui qui se vantait de pouvoir gonfler encore et encore, mais avait oublié combien ses bajoues étaient fragiles et ses poumons faiblards.

Il est bon que le roi soit nu.

Et qu’importe que l’hypocrite roitelet se trouve en état de mort clinique et se prétende communiste. -

Il y a quelques jours, L’Humanité, quotidien (ci-devant) communiste, commandait une enquête à l’Institut français d’opinion publique (Ifop), entreprise de marketing dirigée par dame Parisot, par ailleurs présidente du Medef.

(En soi, c’est déjà rigolo : que le "quotidien communiste" - lequel multiplie les appels à ses lecteurs pour ne pas mourir - choisisse qu’une fraction de ses maigres subsides aille gonfler les lignes de trésorerie de l’entreprise menée (de main de maître) par la présidente du Medef devrait suffire à faire se retourner papa Marchais dans sa tombe [1].)

Je reprends : l’enquête portait sur « la réquisition par les pouvoirs publics des logements privés inoccupés ».

Et aboutissait à un résultat fort sympathique, 69 % des sondés se déclarant favorables à ladite « réquisition ».

Oui : chouette.

Décidée à rentabiliser un brin son (joli) sondage, la rédaction de L’Humanité a confectionné un (joli) dossier logement.

Avec un (joli) article détaillant les résultats de l’enquête, accompagnés de (jolies) réactions de quelques représentants associatifs.

Avec une (jolie) interview du député-maire (communiste) d’Ivry, lequel appelle, en matière de logement, à une prise de conscience de l’injustice.

Et avec un (joli) compte-rendu des Ve États généraux du logement, de l’habitat et de la ville, qui ont réuni, il y a une semaine à Ivry, des élus communistes et des militants associatifs, tous d’accord pour monter un (joli) front en faveur du droit au logement.

Oui : chouette, derechef.

Je ne doute pas que (le camarade) Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, a participé à ces Ve États généraux du logement, de l’habitat et de la ville, puisqu’il est membre de l’association qui les a organisés (l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, dont il a d’ailleurs longtemps été le secrétaire général).

Et je subodore même qu’il a (peut-être) souscrit à l’une des propositions votée par ces États généraux : « l’abrogation de l’expulsion ».

Ou qu’il a (peut-être) participé à la rédaction de l’Adresse aux forces politiques et sociales - Ensemble, construisons une nouvelle politique du logement pour la France - adoptée à la fin du rassemblement.

Ce serait logique, tant (le camarade) Marc Everbecq fait montre d’une saine vision en matière de droit au logement.

Saine, mais lapidaire : on expulse et on rase (gratis).

Ainsi de la (jolie) expulsion des squatteurs d’un immeuble appartenant à la municipalité de Bagnolet.

Expulsion menée matraque battante, mercredi à l’aube, avec tout plein de policiers (non communistes) virant les quarante occupants de l’immeuble (dont quelques enfants) et les abandonnant dans le froid, sans même leur permettre de récupérer des affaires détruites par un bulldozer en même temps que le bâtiment.

C’est novateur.

C’est efficace.

C’est… comment dire… humain ?

(Le camarade) Marc Everbecq a ainsi une très curieuse conception de « l’abrogation de l’expulsion ».

Et les arguments qu’il invoque en défense - selon la mairie, des « éléments objectifs » expliquent cette évacuation : « trafic de stupéfiants important, conditions de sécurité lamentables, prostitution avérée… » - ne le grandissent pas des masses.

Une consolation, toutefois : dans cette passe difficile, le (camarade) maire de Bagnolet peut compter sur la discrète collaboration de L’Humanité.

Laquelle a su évoquer, avec une diplomatie digne de la défunte Pravda et une semblable façon de maquiller la réalité, « l’évacuation de Bagnolet » [2].

Le quotidien a ainsi réussi ce coup de maître de ne pas nommer une seule fois (le camarade) Marc Everbecq.

A reporté, avec une mauvaise foi épatante, toute la responsabilité de l’expulsion sur la préfecture.

Et a fait largement état de la dénonciation par le Parti (ci-devant) Communiste Français des « méthodes d’un autre temps » usées par la préfecture pour cette « expulsion inacceptable ».

Quel audacieux renversement de perspectives !

Ça, c’est du journalisme honnête et sincère…

-

Je te résume le truc, pour être sûr que tu aies bien saisi.

Un quotidien (ci-devant) communiste qui publie tout un dossier en faveur du droit au logement, puis se livre à la plus grossière des manipulations médiatiques quand, quelques jours plus tard, un élu communiste se comporte en ce même domaine pis que le plus infâme des élus UMP.

Un maire communiste - par ailleurs membre d’une association qui vient d’organiser les États généraux du logement et de réclamer « l’abrogation des expulsions » en une Adresse solennelle - qui envoie des policiers expulser une quarantaine de squatteurs.

Je ne sais pas ce que tu en penses.

Mais je trouve pour ma part que le Parti Communiste et L’Humanité devraient sérieusement songer à changer de nom.

Vite.

Notes

[1] Tu as raison : si ça peut lui rendre le repos éternel un peu moins agréable, c’est toujours ça de gagné…

[2] L’expulsion devient « évacuation » dans les colonnes de L’Humanité : ne pas nommer les choses est la meilleure façon de nier leur existence.

 

Source : ARTICLE XI

 

 

 

 

 

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