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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:05

Des députés allemands ont proposé à la Grèce de céder des îles à l’Allemagne pour éponger ses dettes. Et certains font ouvertement l’éloge de la sanglante dictature des colonels comme preuve qu’il y a moyen d’imposer des mesures antipopulaires.

 

 

 

Par Cécile Chams

Les transports, les ports et aéroports, les entreprises et grands magasines et même les hôpitaux avaient rejoint le mouvement de grève, organisé par le PAME. (Photo KKE)

Mais le peuple grec est entré en résistance : manifestations et grèves se succèdent pour bloquer le pillage des revenus des travailleurs et des familles.

« L'Etat grec doit renoncer à sa participation dans des sociétés, et vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles inhabitées », déclare le député libéral (FDP) allemand Frank Schäffler.

Pour Marco Wanderwitz (CDU, parti d’Angela Merkel), « Si l'Union européenne et donc l'Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait que celle-ci consente des garanties en échange… Quelques îles pourraient ainsi faire l'affaire ». Le quotidien populaire Bild résume l'idée : « On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou ».1

Le député allemand au parlement européen Jorgo Chatzimarkakis, d’origine grecque, cite en exemple la période de la Junte des colonels, preuve qu'il est possible de faire accepter les mesures préconisées par le gouvernement du PASOK (social-démocrate) et soutenues par l’Union européenne.2

Ces provocations allemandes ont ravivé la colère des Grecs. Certains journaux ont répliqué en évoquant l’époque où la croix gammée flottait sur le Parthénon et où Corfou était occupée par les fascistes italiens.

Des dizaines de milliers de manifestants

Le gouvernement social-démocrate grec adoptait vendredi 5 mars un premier train de mesures antipopulaires, avec le soutien de l’extrême-droite. Ces mesures imposent la réduction des salaires et des pensions, la réduction de 30 % des congés payés et primes de Noël et Pâques dans les services publics, l’augmentation des taxes d’une série de produits, de l’électricité, la réduction des subventions des services sociaux et de l’enseignement. D’autres sont encore en préparation, comme l'abrogation des conventions collectives de travail, y compris celles déjà en application.

« Ces mesures sont nécessaires pour sauver le pays, pour éviter la faillite », martèle le gouvernement. Les députés du Parti communiste (KKE) ont quitté l’assemblée, en réaction à des lois à ce point hostiles aux travailleurs.
Au même moment, des dizaines de milliers de manifestants encerclaient le parlement, à l’appel du PAME, le front syndical militant, animé par le KKE. D’importantes manifestations se sont déroulées à Athènes et dans 61 autres villes. L’appel à la grève du PAME a été largement suivi, notamment par les employés des transports publics d’Athènes, qui traditionnellement se limitaient aux mots d’ordre des centrales traditionnelles. Des piquets de grève ont été organisés dans un grand nombre d’entreprises.3 Le PAME annonce une nouvelle journée de grève le 11 mars.


1. Bild, 3 mars 2010
2. Phönix Runde, 10 février, cité par Avante !, 18 février 2010.
3. Communiqué KKE, 7 mars 2010.


Les 14 mesures prévues

1. Réduction de 30 % des congés payés et des primes de Noël et Pâques dans les services publics.
2. Réduction de 12 % des traitements des fonctionnaires.
3. Réduction de 7 % des rémunérations dans les organismes subventionnés par l’Etat.
4. Gel des pensions des secteurs public et privé
5. Augmentation de la T.V.A.
6. Augmentation du prix de l’essence et du diesel (0,08 € et 0,03 € le litre).
7. 20 % d'augmentation des accises sur les cigarettes.
8. 20 % d'augmentation des accises sur les boissons.
9. Augmentation des tarifs de l’électricité.
10. Réduction de 10 % du financement des fonds publics de solidarité et de sécurité sociale.
11. 200 millions de coupes dans l’enseignement.
12. Suspension du recrutement dans le secteur public en 2010.
13. Une seule embauche pour 5 cinq départs à la retraite dans le secteur public en 2011.
14. Réduction de 5 % soit 500 millions du programme d'investissement public.
Source : Rizospastis, 7 mars 2010

 

 


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