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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 00:55

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Entretien réalisé par Fabien Perrier
L’annonce de la fermeture de l’usine Opel a été la goutte d’eau faisant déborder les salariés belges, qui ont manifesté le 30 janvier dernier. Entretien avec Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, syndicat socialiste belge.

A l’issue de la manifestation du 30 janvier, Anne Demelenne a accordé à l’Humanité un entretien dans lequel elle livre son regard sur la situation économique et sociale belge . En Belgique, 12,1% de la population active était au chômage en décembre 2009.


La Belgique est sous le choc de l’annonce de la fermeture du site d’Opel à Anvers. Est-ce cette annonce qui a déclenché cette manifestation ?

C’est l’accumulation de toutes les restructurations que l’on a vécues non seulement en 2009 et qui continuent en 2010. De nombreuses luttes sur le terrain ont été organisées, comme chez InBev. Ce cas est purement et simplement révoltant pour nous, syndicat belge. Inbev réalise un bénéfice avant impôt de 2,5 milliards, distribue 785 millions d’euros de dividendes aux actionnaires et veut donner de plantureux bonus aux dirigeants s’ils réduisent encore les coûts. En plus de cela, il faut savoir qu’Inbev a reçu des déductions fiscales à hauteur de 70 000 euros ! C’est un exemple imbuvable, exemplaire dans le mauvais sens du terme, de ce qu’il ne faut pas faire. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement belge de conditionner les aides publiques au maintien et à la création de l’emploi. On ne peut pas se permettre de gaspiller l’argent de la collectivité pour des entreprises qui n’en ont pas besoin. Une autre chose nous fait réagir : l’Europe est restée jusqu’à présent les bras croisés par rapport à tout ce qui se passe et laisse faire au niveau des Etats-membres. Il faut que l’Europe dégage des moyens pour financer un plan écosolidaire, pour investir dans des filières d’avenir, dans des emplois durables et faire en sorte que les emplois aient un avenir. Nous soutenons la proposition portée par la CES qui consiste à prélever 0,025% de taxe sur les transactions financières pour financer ce plan. Ce dont nous ne voulons pas, c’est que l’Europe sacrifie, dans ses budgets, les aspects sociaux. Nous voulons des moyens supplémentaires, puisés au niveau du monde financier, qui continue sa spéculation comme si de rien n’était.


On peut avoir le sentiment que les salariés sont les victimes d’une forme de concurrence entre les Etats via le versement d’aides nationales…

Le danger réel serait le réflexe protectionniste. Dans certains Etats membres, on assiste à ce retour qui va à contre-sens de ce qu’il faut faire. En tout cas, la solidarité est là au niveau syndical. IG-Metall soutient très clairement, à tout prix, le maintien de l’activité au niveau d’Opel à Anvers. La solidarité existe. Nous le démontrerons d’ailleurs très bientôt. Le problème est que l’Europe doit être aux commandes en matière d’emplois. Ces cas nous démontrent à quel point nous devons continuer notre mobilisation au niveau national et aussi, et surtout, au niveau européen. C’est un enjeu considérable.


Quelles sont les raisons de ces vagues actuelles de licenciement ?

Les deux raisons principales. La crise financière a engendré une crise économique qui est maintenant une crise sociale. Des emplois liés à la consommation et à cette baisse de consommation disparaissent. Mais au-delà, si l’on prend le cas d’Opel Anvers, par exemple, de mauvais choix en matière industrielle ont été effectués : à partir du moment où l’on continue à produire des 4x4 quand l’heure est aux automobiles peu consommatrices en carburant, la politique ne colle pas aux besoins de la consommation. Au-delà, le gros problème est la financiarisation de l’économie. Le cas Inbev est un exemple édifiant, un retour sur investissement est demandé par rapport à un bénéfice qui existe mais qui mange toute la part qui devrait être consacrée aux investissements et aux salaires. Cette financiarisation de l’économie, cette recherche du profit maximum, fait que l’on contraint les entreprises à réduire de plus en plus les coûts, à savoir aussi les coûts du facteur travail. C’est le gros souci. Cette financiarisation de l’économie met l’économie réelle à genou. Et certains profitent de la crise pour restructurer ! L’appétit des actionnaires, des dirigeants, n’est pas adaptée à la situation.

 

 

 


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