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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 20:10



Par Nadir Amar, pour Alger Républicain


Trouvé sur le site d'Alger Républicain. Repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



En Algérie les droits des femmes ont progressé quand les forces de progrès étaient plus influentes et détenaient l’initiative dans la mobilisation des masses. Ils ont régressé avec l’emprise absolue des courants réactionnaires sur les appareils d’État.

 

En Algérie les droits des femmes ont progressé quand les forces de progrès étaient plus influentes et détenaient l’initiative dans la mobilisation des masses. Ils ont régressé avec l’emprise absolue des courants réactionnaires sur les appareils d’État.


La participation des femmes, sous les formes les plus diverses, au combat politique ou armé pour la libération nationale a eu pour résultat des avancées importantes dans leur place dans la société après l’indépendance.


A l’époque coloniale peu de femmes travaillaient. De toutes façons le chômage massif était la règle dans une société où toutes les richesses appartenaient aux « Cent seigneurs ». Parmi les femmes rangées par le recensement de 1951 dans la catégorie des occupées, plus d’un million d’entre elles étaient des « aides familiales » agricoles. Cette rubrique permettait de masquer l’étendue du chômage en considérant comme « occupée » la femme qui trait une chèvre ou ramasse les œufs de poules ! En novembre 1954 il n’y avait en réalité que 30.000 femmes qui exerçaient une activité économique hors de l’agriculture. Encore faut-il préciser que 24.000 d’entre elles étaient des femmes de ménage ! Voilà le « bilan positif » de la colonisation pour les femmes algériennes.


Le droit au travail a été proclamé à l’indépendance. L’Algérie indépendante a fait plus en quelques années pour l’instruction des filles et l’emploi des femmes à de dignes postes de travail que la colonisation en 132 ans.


Il y a aujourd’hui des milliers d’ingénieur(e)s et de techniciennes supérieures, ainsi que des dizaines de milliers d’ouvrières qualifiées. Plus de la moitié des enseignants, des médecins et des magistrats sont aujourd’hui des femmes. Le travail est un facteur d’émancipation quoi qu’en disent les adeptes d’un féminisme étroit. La preuve c’est l’irruption extraordinaire des femmes dans les grèves des enseignants et des médecins de ces dernières semaines. Une grande révolution mentale et intellectuelle qui prépare le terrain à d’autres révolutions à venir, des révolutions plus radicales !


De 1962 à 1984, année du Code de la famille, la femme pouvait se marier sans avoir besoin de tuteur. L’acte de mariage était établi par l’officier d’État-civil en présence seulement des deux époux accompagnés de leurs deux témoins. La femme a obtenu en 1962 pour ainsi dire « naturellement » le droit d’ouvrir un compte bancaire et de détenir un carnet de chèque sans difficultés, au même titre que l’homme. Dans la Tunisie qui avait pourtant interdit la polygamie, l’autorisation de l’époux était exigée jusqu’à une date récente, pour accéder à cet acquis naturel de la femme algérienne. Dans le secteur public le salaire de la femme est égal à celui de l’homme à qualification identique.


Le virage à droite des années 1980, expression du renforcement des puissances d’argent et de la montée d’une réaction qui voulait donner un coup d’arrêt aux promesses révolutionnaires, n’a épargné aucun secteur : article 120 destituant les responsables des organisations de masse s’ils ne sont pas membres du FLN, centaines de cadres jetés injustement en prison, début de la lente destruction du secteur public économique et arrêt de l’industrialisation, renforcement des liens avec les USA et les monarchies du Golfe, remise en cause de la révolution agraire, intrusion massive du religieux dans le contenu du manuel scolaire et … promulgation du Code de la famille. C’est une période de réaction globale qui s’est ouverte en 1980 et se poursuit encore.


En dépit de leurs tentatives de confiner les femmes à leur foyer, les forces conservatrices n’ont pas réussi à enrayer complètement le travail des femmes. Plus de 1,3 millions de femmes sont occupées en dehors de l’agriculture. C’est plus de 40 fois plus par rapport à 1951. Il est vrai que le pourcentage des femmes occupées demeure faible, 15,3% selon l’ONS. La cause de cette faiblesse est liée à la politique d’un pouvoir dominé par les importateurs et refusant de promouvoir les secteurs productifs.


Les femmes qui travaillent dans le secteur privé sont exploitées de façon éhontée. Aussi bien dans le privé que dans le public, elles subissent des vexations et brimades de toutes sortes et notamment le harcèlement sexuel, dans le contexte de la domination des courants réactionnaires de la société et du spectre d’un chômage propice à tous les chantages odieux.


Les femmes se heurtent à l’obscurantisme, aux conceptions religieuses dépassées, aux préjugés profondément ancrés chez une majorité d’hommes n’acceptant pas que leur femme travaille. Leur combat pour la pleine égalité devra se poursuivre en liaison avec les luttes sociales.

Sur le site d'Alger Républicain, cf aussi l'article Le combat pour l’égalité effective est indissociable de la lutte pour le socialisme.

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