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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 17:17


Plus d’un siècle après le début de la lutte pour l’instauration de la journée de huit heures, mesure qui a sans doute sauvé plus de vies que le ministère de la Santé, notre devoir est de poursuivre et d’intensifier le combat pour le respect de l’ensemble de la main d’œuvre mondiale.

 

 

Par Michel Chartrand 

Huit heures de travail, huit heures d’éducation et huit de repos. En 1884, au congrès de Chicago, il a été résolu par la Federation of Organized Trades and Labor of United States and Canada que huit heures de travail constituent, à partir du premier mai 1886, la durée légale de la journée de travail normale.

« Nous recommandons aux organisations syndicales de ce pays de promulguer des lois conformes à cette résolution, à partir de la date convenue », propose G. Edmonston de Washington, appuyé par Thomas J. Doran, de Chicago.

Il faut être redevable aux ouvriers américains d’avoir inauguré la série des manifestations du Premier Mai. En fin d’après-midi du 3 mai 1886, environ sept à huit mille grévistes se rendent à Chicago pour manifester à la sortie de l’usine Cyrus McCormick. La compagnie vient de renvoyer 1200 travailleurs pour les remplacer par des scabs, des jaunes et des voleurs de travail.

Ils sont accueillis à coups de revolver par les agents de la firme Pinkerton et à coups de fusil à répétition par les policiers d’État. Six morts, 50 blessés. Des accusations sont portées. Le 8 août 1886, huit ouvriers sont condamnés à la pendaison. Le 4 novembre 1887, on pend Parson, Spies, Engel et Fisher.

Alors, les éditorialistes comme toujours occupés à lécher la main qui les nourrit, écrivent que « le travailleur devrait se guérir de son orgueil et être réduit au rôle de machine humaine ». On pousse même le cynisme jusqu’à prétendre que le plomb « est sans doute la meilleure nourriture qu’on puisse donner aux grévistes ». Le Chicago Times ose également écrire « La prison et les travaux forcés sont la seule solution possible à la question sociale. Il faut espérer que l’usage en deviendra général. »

Depuis 1969, le Québec préfère célébrer la Fête des travailleurs le premier mai plutôt que la Fête du travail le premier lundi de septembre. La preuve en est que le 1er mai 1969, des petits groupes socialistes et de gauche célèbrent la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses à la salle St-Stanislas à Montréal. Le 1er mai 1972, la fête est célébrée par le Comité intersyndical de Montréal (CRIM), le Conseil du travail (FTQ), le Conseil central de Montréal (CSN), ainsi que par l’Alliance des professeurs de Montréal (CEQ), le tout se déroulant au Centre Paul-Sauvé.

D’année en année, la fête des travailleurs et des travailleuses a pris de l’ampleur. Mais la plus grande victoire des syndicats est encore d’avoir arraché aux exploiteurs dans plusieurs pays la reconnaissance d’un congé férié, le Premier Mai.

 

Source : L'AUT' JOURNAL (Québec)


 

 


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