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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 22:22
Par
Djamal Benmerad   PUBLI-SCOOP   email site


DATE DE CRÉATION DE L'ARTICLE : 4 janvier 2013

 
A l’origine, le compagnonnage était une réaction ouvrière contre les toutes-puissantes corporations qui réservaient à la tchi-tchi (jeunesse dorée) de l’époque et aux fils de patrons, l’accession à la maîtrise.
Sans qu’on puisse préciser la date exacte de sa naissance, à quelques décennies près, il fut créé en France un réseau clandestin de sièges et de relais qui permettaient à ses adeptes de travailler et surtout de découvrir des techniques nouvelles, malgré les conditions de la clandestinité, car le simple fait de voyager sans l’autorisation de son employeur déclenchait une répression policière et des poursuites judiciaires. Chaque « spécialité » avait son association centrée sur l’entraide (1). A ce titre, le compagnonnage peut se définir comme un mouvement de solidarité. C’est pourquoi nous y voyons l’ancêtre probable du syndicalisme, de la mutualité, voire de la franc-maçonnerie qui présente, à l’évidence, beaucoup de similitudes avec le compagnonnage. D’éminents observateurs du mouvement ouvrier situent au XVIe siècle, la naissance de ce mot noble et offensif : « syndicat ». Ce mot était pris et est encore pris dans le sens de « groupement de défense des salariés ». Au XIXe siècle, c’est précisément la naissance et l’essor des syndicats qui ont enlevé au compagnonnage une grande partie de son rôle social. Nous allons voir quel processus il a pris. Rappelons, en passant, que les islamistes ont « accusé » le président algérien Boudiaf d’appartenir à la franc-maçonnerie sans que ceux-ci ne sachent ce que c’est, d’une part, et en feignant d’ignorer, dans le même temps, le plus célèbre franc-maçon du monde arabe et du continent africain, l’Emir Abdelkader, d’autre part. Les islamistes ont, on le sait, comme pires ennemis, les francs-maçons, la juiverie mondiale et les croisés (comprendre les chrétiens). Si pour ces derniers ils arguent de justifications historiques, des seconds un antisémitisme puant, on ne peut mettre la haine qu’ils ont pour la franc-maçonnerie que sur le compte de l’ignorance la plus crasse.

Du compagnonnage aux syndicats : la franc-maçonnerie

Ce type de société, clandestine vu les idées qu’elle professe et la cruelle intolérance de l’époque, rassemblant des individus qui prêchent des principes de fraternité basée sur la liberté et la tolérance, semble être apparue dans la seconde moitié du XVIIe siècle en Grande-Bretagne, au sein de sociétés secrètes (qu’on appellera plus tard les Loges ) de maçons et de tailleurs de pierre, métiers nobles s’il en est. De simples confréries professionnelles, ces sociétés se muèrent en écoles de pensée qui, toujours dans le plus grand secret, commencèrent à se fédérer à partir de 1917, sous le nom de Grande Loge de Londres. Elles fera tâche d’huile et se répandra aux Indes, aux Antilles et, surtout, dans les colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Elle passera ensuite sur le continent européen, en Espagne (1728), en Allemagne (1733), au Portugal et aux Pays-Bas (1735), en Suisse (1740). En 1773, il y eut une scission au sein de la Grande Loge de Londres, scission qui donna naissance à ce que nous connaissons sous l’appellation de Grand-Orient. Il n’est pas inintéressant de rappeler que la Révolution française, qui a durement malmené la franc-maçonnerie, s’est pourtant inspirée de l’essentiel de sa philosophie et lui a emprunté sa devise : « Liberté, égalité, fraternité ». Tout comme la franc-maçonnerie, les syndicats ont vu le jour en Grande-Bretagne qui connaissait alors la révolution industrielle. Ce n’est donc pas par hasard mais parce que ce pays, en cette moitié du XVIIIe siècle, était le plus développé du monde, à l’époque où la France était ce qu’on appelle aujourd’hui le tiers-monde. A l’origine, ils prirent le nom de trade-union ou « union de métiers ». Les premières associations ouvrières se constituèrent parmi les travailleurs de l’industrie lainière, dans l’ouest de l’Angleterre, et chez les tisserands du centre. Tolérées, puis fortement réprimées, les trade-unions, à force de luttes ouvrières, furent reconnues par une loi de 1825, mais uniquement pour traiter des problèmes de salaires et de temps de travail. Dans cette situation, les trade-unions décidèrent de se fédérer et tinrent ainsi leur premier congrès national à Manchester en 1884. De ce congrès naquit le premier syndicat au monde.
Toute cette odyssée pour aboutir, dans les pays occidentaux, à l’obstruction capitaliste de l’exercice du droit syndical, et dans les pays du tiers-monde à l’incarcération de nombreux syndicalistes. Il faut signaler que dans le tiers-monde, les autorités craignent davantage les syndicats libres que les partis dits « d’opposition » qui sont en fait une clientèle de leur pouvoirs respectifs.
1 - A l’exemple de notre fameuse touiza, maintenant quasi disparue en Algérie.

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